ANNALES DES SCIENCES NATURELLES --; - uU ' ■■■, ^ PARIS, IMPRIMÉ PAR FEUGUERAY, RUE DU CLOÎTRE SAINT-BENOÎT , n" 4- ANMtES DES ; \ SCIENCE:S.NAJpilELLES, P A R MM. AUDOUIN, AD. BRONGNIART et DUMAS, COMPREKAKT lA PHYSIOLOGIE ANIMALE ET VÉGÉTALE , l'aNATOMIE COMPARÉE DES DEUX RÈGNES , LA ZOOLO&IE , LA BOTANIQUE, LA MINÉRALOGIE ET LA GÉOLOGIE. TOME HUITIEME, ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES IN-4'\ '-«•>A «^ ;^6;^, - ^:î^ PARIS. CROCHARD , LIBRAIRE - ÉDITEUR CLOITRE SAINT-BENOIT, N» 16, ET RUE DE tORBOMNE , n° 3. 1826. Wm^y * t ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. Recherches anatomiques sur les Carabiques et sur plusieurs autres Insectes coléoptères; Par M. Léon Dufodr. ( Suite, ) CHAPITRE TROISIÈME. Organes des sécrétions excrémentitielles. La nature a accordé à divers quadrupèdes, tels que la Civette, le Putois , la Fouine, les Mouffettes , des glandes particulières placées dans le voisinage de l'anus et desti- nées à sécréter des humeurs spéciales d'une odeur fétide plus ou moins exaltée. Nous retrouvons ce même plan d'organisation dans les insectes. Plusieurs d'entr'eux ont vers la partie postérieure de la cavité abdominale , des glandes dont les conduits excréteurs s'ouvrent de chaque côté de l'anus et émettent une liqueur plus ou moins irri- tante qui devient pour eux un moyen de défense ou d'éva- sion. Ainsi XAptinus et le Brachinus lancent avec (6) explosion une vapeur blanchâtre d'une odeur d'acide nitrique, le Carabe éjacule une liqueur acre et péné- trante , le Djtisque une humeur d'une fétidité particu- lière où l'on démêle celle de la vulve et du gaz hydrogène sulfuré , \esMéloés et les Mylabres distillent par les ar- ticulations des pattes un liquide onctueux jaune , le Blaps émet une sorte d'huile empyreumatique , le Staphjlin fait jaillir par deux vésicules anales une rosée d'une odeur singulière d'élher sulfurique, le Cimex exhale une huile des plus subtiles et irritante , le Frelon et VA- beille inoculent un véritable venin ^etc. L'existence d'un appareil des sécrétions excrémenli- lielles , forme un des traits les plus caractéristiques les plusconslans dans l'oi^ganisa lion des Coléoptères carnas- siers , notamment des, Carabiques. Je l'ai rencontré dans toutes les espèces de cette dernière tribu qui ont été l'ob- jet de mes recherches anatomiques. Il est commun aux deux sexes et binaire, c'est-à-dire qu'il y en a un semblable de chaque côté du corps. On y distingue Yorgane pré- parateur, la vessie ou réservoir , et le conduit excréteur. § P'. Organe préjjarattur. Il se compose dans les Carabiques i ". d'utricules secré- taires i 1^. de canaux éfférens. 1°. Utricules secrétaires . (le sont elles qui constituent essentiellement la glande ou Torgane destiné à la sécré- tion de ''humeur excrémenlitielle. Elles fout ici l'office des reins des animaux des ordres supérieurs. Excepté dans VOmophron et peut-être VElaphrus , elles sont réunies en une ou plusieurs grappes qui s'enfouccm dans (7) la pulpe adipeuse delà partie postérieure de rabdomeii. Ces utricules dont la figure , le nombre et la disposition varient dans quelques genres , sontd'uue petitesse le plus souvent microscopique, diaplianes ou à peine jaunâtres. Sphériques dans le plus grand nombre des carabi- ques , elles sont ovalaires ou oblongues dans VAptinuSy les Chlœnius vestitus et tibialis , X Ahax , les Nehria ,• allongées et plus ou moins boursoufflées sur leurs bords dans le Brachinus ^ le Chlœnius velutinus. Dans tous , à l'exception de rv^/?fiVîU5 et du Brachinus , elles sont munies de pédicelles propres bien distincts. Il n'existe dans Y Omophron qu'une seule utricule sécrétoire. C'est une espèce de rein ovalaire , assez grand comparativement aux autres , et son enveloppe est épaisse, chai'nue , opaque. Elle est pareillement unique et de, même structure dans Y Elaphrus. On en compte douze à quinze seulement dans VAnclionienus , le Ca~ lathus, VArgutoiy VAbax,\GPterostichus^\eZabrus. Elles sont infiniment plus nombreuses et plus petites dans les autres genres. Les Carabus les ont agglomérées en grappe oblougue comme un raisin. Dans VAptinus, elles paraissent ran- gées comme les corollules d'une fleur composée et for- ment trois tiges distinctes dont chacune porte quatre fleurs pédicellécs. Celles du Brachinus sont allongées , les unes simples , les autres avec une ou deux courtes digitalions , et disposées en un faisceau étoile. Une forte lentille du microscope fait reconnaître que ces utricules sont marquées de stries transversales et d'une raie médiane (jue je crois être un filet trachéen. Le Cjniindis les a «igglouiérées en quatre grappes pédonculées. Celles du ( 8 ) Chîœnius velutinus imitent un élégant arbuscule très rameux , chargé de chatons allongés. Elles sont ovalaires et pareillement disposées en ramifications dans les deux autres espèces de Chîœnius. Les figures qui expriment ces diverses dispositions rendent superflus d'autres détails sur ce point. 2°. Canaux efférens. Ils représentent les uretères des quadrupèdes. Il yen a trois bien distincts de chaque côté dans Vyiptinus et un seul dans tous les autres carabiques. Ce conduit forme la lige lubuleuse des divers pédicelles, rameaux et bi'anches des grappes glandulaires. Il est flexueux , fin comme un cheveu et d'une longueur plus ou moins considérable suivant les genres. Ainsi il est trois ou quatre fois plus long que le corps dans les Sphodrus. Il est moindre dans les autres genres. Celui deV Omophron est le plus court de ceux que j'ai dissé- qués. Son point d'insertion au réservoir a lieu vers la partie postérieure ou moyenne de celui-ci. J'exposerai ces différences dans le paragraphe suivant. La texture organique du canal eiTérent ne varie point. A travers ses parois diaphanes on reconnaît , au mici'o- scope , vin tube inclus très-délié , d'une nuance plus obs- cure et finement strié en travers. La tunique extérieure ou la gaine de ce tube inclus, offre des rides transver- sales qui m'en imposèrent d'abord pour une structure analogue à celle des trachées , et cette illusion était d'au- tant plus facile que ce canal observé à la loupe simple paraît nacré comme les vaisseaux aériens. Je nie suis as- suré depuis que ces rides ne sont eu effet que des rugo^ sites d'un tissu contractile. Je n'ai pas acquis la même certitude relativement aux fines stries du tube interne. ( 9 ) lesquelles ne sont peul-èlre qu'une Iracliée spliérokle qui entoure celui-ci. § II . l'essie ou réservoir. C'est une bourse tantôt ovoïde ou pyriforme , tantôt oblongue , quelquefois triangulaire , rarement obronde , blanchâtre, d'une consistance comme élastique, d'une texture musculo-membraneuse. Sa gi-osse extrémité , qui est antérieure , est libie et arrondie , excepté dans VAr- gutor et le Pterostichus où ce réservoir légèrement dé- primé a uno échancrure en devant. L'organe conserva- teur de l'humeur excrémentilielle se comporte en arrière de différentes manières suivant les genres. Ainsi dans les Car-abus , les Clilœnius , le Pterostichus , VArgutor , le Zahrus, V Elaphrus , les Nebria, YOmophron, il dé- génère insensiblement en un col qui est le conduit excré- teur, et alors le canal efférent s'insère à l'origine de ce dernier. Cette extrémité postérieure est en forme de cul- de-sac assez court dans le Cyinindis , le Platinus, VAn- chomenus , l'Agonum, les Sphodrus , le Calaûius , les Hujpalus , VOphonus , le Stenolophus , et dans ce cas, le canal efférent et le conduit excréteur s'implantent à côté l'un de l'autre à la naissance de ce cul-de-sac. Le Brachinus et YAptiiius, ou les carabiqucs bom- bardiers , présentent cette bourse sous deux aspects irès- différens , suivant qu'on l'observe contractée ou dilatée. Dans le premier cas , c'est un corps irréguiièremcnt ar- rondi , à parois molles, épaisses, plus ou moins ru- gueuses. Dans le second, il est tellement gonilé par de l'air qu'il ressemble à un ballon oblong , rénitcn: , occu- ( 10 ) pant presque toute l'étendue de la cavité abdominale. Dans une légère échancrure qui est vers son milieu , il reçoit les canaux elTérens. En ouvrant ou en déchirant le réservoir des carabi- ques on peut se convaincre qu'il est composé d'une tuni- que externe, épaisse, cliarnue , contractile , et d'une bourse interne, membraneuse, pellucidc, semblable pour son organisation au tube inclus du canal efférent. Celte bourse interne se dessine souvent à travers les pa- rois extérieures , et l'on l'econnaît ainsi que celle du Pte- rostic/ius et du Zabrus est échancrée comme son enve- loppe. § III. Conduit excréteur. On peut le comparer à l'urètre des quadrupèdes. Dans tous les carabiqncs « oumis à mes recherches , à l'excep- tion du Brachinus ei de Y jiptinus , c'est tout simple- ment un conduit filiforme qui sert de col ou de pédicule au réservoir. Dans les uns il est , comme je l'ai déjà dit, un prolongement tubuleux du réservoir; dans les autres , il s'implante vers le milieu de ce dernier. Il a la texture organique de celui-ci. Il s'engage au-dessous du rectum et va s'ouvrir aux côtés de l'anus sur la membrane sou- ple et rétractile où celui-ci est pratiqué. La forme et la structure du conduit excréteur sont bien dltlérentes dans les carabiques bombardiers. Le ré- servoir ne dégénère pas postérieurement en un col. Après l'insertion des canaux efférens, il s'abouche im- médiatement dans une capsule sphérique brune ou rou- geâtre , d'une texture comme papyracée , d'une forme constante et invariable. Cette curieuse petite bombe est ( ^ï ) placée sous le dernier anneaii dorsal de l'abdomen où elle estcontiguë à celle du côté opposé. Elle oifre en ar- rière un tube membraneux d'une extrême brièveté , qui s'ouvre tout près de l'anus par une valvule formée de quatre pièces conniventes. Celles-ci , malgré leur peti- tesse , deviennent évidentes à la loupe lorsqvi'on exerce avec précaution sur ce globule une compression expul- sive. La liqueur excrémentilielle que les carabiques lancent par la partie postérieure de l'abdomen est ou transpa- rente, ou à peine jaunâtre. En général, elle a une odeur pénétrante et une âcreté particulière. Mais ces qualités éprouvent des modifications suivant les genres et même les espèces. Si , au moyen d'une pince , on saisit par le corselet un carabe vivant, et si on l'irrite, on verra , eu observant attentivement contre le jour le bout de l'ab- domen , que l'insecte lance par celui-ci , souvent à la dislance de plusieurs pouces et sans bruit appréciable, , des jets instantanés d'un liquide transparent d'une odeur essentiellement acre et comme ammoniacale. Cette odeur est bien diflerente de celle de la liqueur brunâtre et fétide que ce coléoptère vomit en même temps. Dans le Spho- drus terricola l'humeur excrétée sent Télher sulfuriquc, tandis que dans le Sphodrus planas l'odeur est à peine marquée et toute diflerente. Les Chlœnius en répandent une sui generis fort tenace. Celle qui s'exhale du Har- palus nificornis est légèrement ammoniacale et très-fu- gace. Dans le Chlœnius tibialis elle a une odeur forte de fromage gàté- L'humeur excrémentilielle des carabiques bombar- diers est bien difttrenlc de ( elle des autres genres , soit ( lO par sa nature soit par son mode d'excrétion. Je vais ex- poser ce qui est relatif à Y Aptinus displosor , la plus grande des espèces européennes. Surpris dans sa retraite, ce eoléoptère , tout en cherchant à se dérober par la fuite , lance avec explosion par la région anale imc fumée blanchâtre dont l'odeur forte et piquante a , comme je J'ai dit, la plus grande analogie avec celle qu'exhale l'acide nitrique. C'est une vapeur caustique qui produit sur la peau la sensation d'une bnilure , et y détermine sur-le-champ des taches rouges qui passent promptemeut au brun et persistent plusieurs jours malgré qu'on se lave souvent. Il serait fort intéressant de soumettre à l'analyse chimique cette vapeur singulière qui rougit aussi le papier blanc. iLi^yéptinus pressé , inquiété^ pevit fournir à dix ou douze décharges bien conditionnées ) mais après qu'il a été fatigué , l'explosion avec bruit n'a plus lieu, et au lieu de fumée , il ne peut plus répandre qu'une liqueur jaune ou brunâtre qui se fige ou se concrète aussitôt sous la forme d'une légèue croûte et qui observée immédiate- ment après son émission laisse échapper des bulles d'air comme si elle fermentait. L'insecte a la faculté de diriger sa fusée dans tous les senS;, soit à raison de la mo- bilité particulière des dernier» anneaux de l'abdoraeu qui ne sont point recouverts par les élytres , soit par le jeu des diverses pièces ou panneaux de la valvule exté- rieure. Ainsi l'irrite-^t-on en dessous du corps? il courbe en bas l'extrémité de son ventre et lance entre les pattes sa fumée caustique. Sent-ilquec'estsur le corselet qu'on l'inquiète? il réfléchit l'anus en dessus et la surface de ses élytres est bientôt saupoudrée d'une poussière jaunâ- tre déposée par le nubécule. ( i3) Le Êrachine, quoiqu 'ayant le même genre de vie et sans doute les mêmes ennemis à combattre ou à éviter que Y^plinus , n'est cependant pas capable de produire des détonnations aussi fortes ni aussi nombreuses que ce dernier. Mais remarquons que cette arme offensive ou défensive avait besoin de bien plus d'énergie dans VyJp- fmu^ qui , entièrement dépourvu d'ailes, est contraint de combattre toujours à pied et dans des conditions inva- riables, que dans le Brachine , auquel ses ailes donnent la faculté d'esquiver son ennemi en s'élançant dans les airs. Aussi la nature, dans sa prévoyante sagesse, a-t-ellc dédommagé le bombardier aptère par un triple organe sécréteur qui put fournir abondamment et sans relâche l'humeur excrémentitielle , tandis que ce même organe est unique et simple dans l'insecte ailé. Lorsque je découvris les élégantes grappes qui cons- tituent l'organe préparateur de l'appareil des sécrétions excrémenlitielles , je me rappelai l'extase de Galien qui , en voyant pour la première fois la texture de l'utérus de la femme , remercia les dieux d'avoir pu contempler une disposition aussi merveilleuse. C'est dans une sem- blable dissection que le zootomiste a besoin de s'armer d'une patience imperturbable , de toute l'acuité de sa vue et de ce zèle qu'inspire un ardent amour de la science. Enlacées par d'innombrables ramifications tracbéennes et nerveuses qui contribuent puissamment à l'exercioe de leurs fonctions, et plongées au milieu d'une atmos- phère graisseuse qui n'y est pas étrangère , les grappes utriculaires absorbent , sucent , daus le fluide ambiant , les élémens de leur sécrétion. Ceux-ci successivement soumis à l'action vitale des utricules dont la texture or- ( ^n ganique semble , au microscope , cclluleuse ou spon- gieuse , el à l'espèce d'oscillalion que leur impriment les divers tubes dont la confluence forme les canaux elTérens j ces élémens , dis-jc , sont de plus en plus élaborés. Ces derniers canaux ne sont point passifs en transmettant au réservoir le fluide sécrété. Leurs parois dont les rides microscopiques annoncent la faculté contractile exer- cent sur celui-ci une action qui en hâtant sa progression dans ses replis flexueux perfectionne aussi ses qualités. La bourse destinée à tenir en réserve le produit immé- diat de la sécrétion oflre une organisation qui me parait propre à remplir deux fonctions principales. Sa tunique externe épaisse et musculeuse , très-expansible dans les bombardiers , doit, en se contractant, imprimer au liqui- de contenu , ce mouvement de projection que l'animal dirige à son gré hors du corps. La poche incluse dans le panicule extérieur a sans doute les caractères d'une membrane muqueuse. Elle ne se prête pas seulement au séjour delà liqueur sécrétée 5 elle doit encore augmenter ses qualités irritantes par le mélange de quelque humeur fournie ou par des cryptes , ou par une simple exhala- tion. D'après la simplicité de la structure du conduit ex- créteur des carabiques , à l'exception des bombardiers , il est permis de croire que le liquide excrémentitiel ne subit aucune modification dans sou trajet depuis le ré- servoir jusqu'aux pores qui le filtrenlau dehors. Je pré- sume que , dans le Brachmus et Y^ptinus , c'est dans la petite bombe qui précède l'anus que se forme la va- peur expulsée. Avant de passer à l'examen de l'appareil des sécrétions excrémentitielles dans les coléoptères étrangers à la tri- ( I5) hu des carabiques , je ferai une remarque qui n'aura pas sans cloute échappé au lecteur et que j'ai déjà faitpres- sentir. C'est que l'on ne saurait s'empêcher de recon- naître une grande analogie cuire cet appareil et l'organe urinai re des quadrupèdes. Ne retrouve-t-on pas en effet dans les carabiques , ainsi que dans ces derniers , les mêmes parties essentielles pour concourir au but de cette sécrétion ? N'y voyons-nous pas des reins granuleux , des uretères, des 'vessies, des urètres? Ces organes n'occupent-ils pas la même région du corps dans ces deux classes d'animaux? Le liquide sécrété n'est-il pas doué de qualités acres et ne s'évacue-t-il pas aussi par des oavertures placées au voisinage de l'anus ? Les cai^abiques ne sont pas les seuls coléoptères dans lesquels existe un appareil des sécrétions excrémenti- tielles. Je l'ai rencontré aussi dans un petit nombre d'au- tres , et je vais donner un aperçu rapide de mes recher- clies à ce sujet. Parmi les Pentamjîres nous retrouvons cet appareil dans la tribu des Hydrocanthares qui , comme on sait, fait partie avec les carabiques de la famille des carnas- siers. Il est également situé de chaque côté de la région postérieure de l'abdomen et fournit une humeur d'une fétidité remarquable. Dans les Djtisques , il se compose, I**. d'un vaisseau sécréteur filiforme, blanchâtre, flot- tant, très-reployé et comme aggloméré , absolument dé- pourvu des grappes utriculaires qui s'observent dans les carabiques , long de près de deux pouces dans le Djt. Roeselii, et s'iasérant à l'origine du conduit excréteur ; a°. d'une vessie ovoïde ou oblongue, ayantdes parois char- nues assez épaisses 5 Z^. d'un conduit excréteur qui n'est (i6) tjue le prolongement luLulevix du réservoir et qui a la même texture que celui-ci . La liqueur que les Djtisques lancent par les côtés de l'anus est d'une puanteur vul- vaire insupportable. Elle est incolore et bien dillérente de cette humeur lactiforme également fétide que ces mêmes insectes l-épandent principalement entre la tète et le coi'- selet, et dont je ne connais point les organes sécréteurs* L'organe qui produit l'humeur excrémentitielle a , dans le Gjrin, la même forme et la même structure que dans les Djtisques. Mais, comme on le pense bien , ces parties sont d'une extrême gracilité. Je les ai cependant bien mises en évidence. Le vaisseau sécréteur est simple, filiforme j assez gros , aminci vers son insertion qui a lieu non pas à l'origine , mais près de l'extrémité du conduit excréteur. Celui-ci et la vessie ressemblent à ceux du Dytisque. La liqueur que les Gjrins excrètent est in- fecte et un peu ammoniacale. Je l'ai vue se concréter sur le dernier anneau dorsal de l'abdomen sous forme de poussièi'e blanche. Les Brachélytres ont l'habitude , lorsqu'on les sur- prend dansleur retraite, de s'enfuiren relevant en are leur abdomen , et quand on les saisit on voit saillir par le bout de celui-ci , deux vésicules dont il s'échappe une vapeur subtile qui , dans quelques espèces , sent forte- ment l'éther sulfurique. Je vais décrire plus spéciale- ment l'appareil qui produit cette humeur dans le Sta- phjlinus erjthroptej'us. On trouve , dans la région pos- térieure de la cavité abdominale, deux vessies , vme-pour chaque côté, tandis qu'on ne rencontre pour ces deux ré- servoirs qu'un seul vaisseau sécréteur. Celui-ci est un. tube capillaire fort long qui , en approchant de son bout ( '7 ) flotlant, se reploie en plusieurs flexuosilés rapprochée^ et coriliguës, ainsi que l'exprime la figure. Ce vaisseail, placé sous la lentille microscopique , offre un tube in- clus et une tunique externe de texture contractile. Les vessies sont en partie enclavées entre le dernier segment dorsal et une plaque sous-jacente qui recouvre le rec- tum. Elles semblent composées de deux tissus différens. L'un est une capsule oblongue membrano-coiiacée , l'au- tre un panniculc incolore , expansible. Dans la nombreuse famille des Seriucornes , qui suc- cède à la précédente , je n'ai encore pu découvrir aucune trace de l'cxislence de cet appareil. Les Silpha sont les seuls parmi les Clavicornes où l'on observe cet organe , et il y offre cela de particulier qu'il n'est point binaire et que le conduit excréteur se dégorge directement dans le rectum, comme l'urètre des oiseaux. Le vaisseau sécréteur est simple , flottant , flexueux , presqu'aussi long que le corps , et quelque- fois aussi gros que l'intestin dans le Silpha litLoralis. Il s'insère à l'origine du conduit excréteur. La vessie est ovalaire ou oblongue , lisse ou ridée suivant son degré de plénitude , ordinairement roussàtre. Le conduit ex- créteur est fort court et s'ouvre sur le côté du rectum tout près de l'anus. Ces insectes répandent par celui-ci un li- quide roux d'une odeur infecte de charogne. L'immense famille des Lamellicornes qui termine les coléoptères pentamères m'a paru entièrement dépourvue de l'appareil des sécrétions excrémenlitielles. Nous allons voir cet appareil dégénérer insensible- ment dans les Héïéromères et enfin disparaître tout- à-fait dans les TÉTUAMliRES Ct IcS TrIMÈRES. VIII. a ( >s) Parmi les Mélasomes je n'ai pu encoie bien étudier cet organe que dans les B laps. Il est double, mais d'une toute autre structure que dans les Pentamères. On trouve dans la région postérieure de l'abdomen deux vessies as- sez grandes, oblongues , situées tout-à-fait au-dessous des viscères de la digestion et de la génération , de manière qu'il faut enlever tout le paquet de ces vicères pour les mettre en évidence. Ces vessies fort rapprochées l'une de l'autre, ont des parois diaphanes d'une grande ténuité, et sont entourées de replis vasculaires adhérens et plus ou moins boursoufflés que je présume appartenir au vais- seau sécréteur. Mais l'adhéreuce et l'extrême délicatesse de ces replis rendent impossible leur déroulement, de ma- nière que j'ignore leur point d'insertion. J'en puis dire autant des conduits destinés à évacuer au dehors le liquide sécrété. Ils sont cachés par une sorte de diaphragme membraneux, roussâtre , scarieux, tendu , appliqué à l'aide d'un pannicule charnu sur le dernier segment ven-' tral de l'abdomen. Quand on saisit entre les doigts l'a- , nimal vivant et que, tout en l'irritant, on l'observe at- tentivement contre le jour pour découvrir paroù il éja- cule la liqueur excrémentitielle, on aperçoit les jets de celle-ci sortir par les côtés , et non par l'extrémité du dernier anneau du ventre. Cette liqueur est lancée jus- qu'à sept à huit pouces de distance. Elle a une odeur pénétrante sui generis , vme âcreté fort irritante, une couleur brunâtre. Si on la recueille dans un verre de mon- tre , on reconnaît à la loupe qu'il y a des points plus fon- cés , plus compacts, ronds comme des gouttelettes d'huile. Tantôt cette liqueur rougit le papier bleu et tantôt elle n'y produit aucune altération. ( 19) Les trois genres de la famille des Taxicornes dont j'ai fait la dissection m'ont offert aussi un organe propre à la sécrétion d'une humeur excrémentitielle. Ces insectes exhalent un odeur semblable à celle des Blaps. Dans Y Hjpoplilœus les deux vessies sont oblongucs, lisses, remarquables par leur grandeur, vu la petitesse de ce coléoptère, et renferment un liquide d'un brun verdâtre. Je n'ai su reconnaître aucune trace du vaisseau sécréteur. Les réservoirs du Diaperis sont ovales-oblongs , lisses , mais striés en travers quand on les étudie au microscope. A l'aide de ce dernier instrument, on découvre à la base des vessies des filamens vasculaires courts dont je n'ai pu déterminer ni le nombre ni la disposition. Les ves- sies de V Eledona sont oblongues et l'odeur de Blaps que répand cet insecte est bien plus prononcée que dans les deux autres Taxicornes. Mes dissections ne m'ont absolument rien appris con- cernant l'organe qui secrète cette liqueur onctueuse et jaune que les Méloés et les Mjlahres répandent en abondance par les articulations des pattes. On sent que la dissection de celles-ci doit èlre d'une difficulté insur- toontablci CHAPITRE QUATRIÈME» Organes de la respiration. La fonction respiratoire s'exécute chez lesCARAsiQUES, comme dans tous les autres insectes, au moyeu de Stigt- MATEs et de Trachées. C'est dans le Carnbus auratus principalement que je vais examiner ces organes. ( 2-} § P'". Des S li g maie s. Ces oriGces extérieurs de Tappareil de la respiration sont au nombre de neuf paires disposées le long des côléa du corps.| Il y a une seule de celles-ci au thorax et huit à Tabdomen. Nous allons les examiner séparément dans ces deux régions. i'*. Stigmates thoraciques. Ils sont situés en arrière de l'articulation de la première paire de pattes sur la peau fibreuse et tenace qui joint le corselet à cette partie delà poitrine désignée par M. Audouin sous le nom de méso- thorax. Ils ne peuvent être mis en évidence qu'en tirani eu sens contraire ces deux dernières parties. Placés obliquement à l'axe du corps , ils ont une conformation extérieure difierente de celle des stigmates abdominaux. Bien plus allongés, plus minces et moins saillans que ceux-ci , leurs valves sont légèrement échancrées sur les c6tés. 2". Stigmates ahdoniinaux. Ils sont placés de chaque côté de la région dorsale de l'abdomen sur cette mem- brane assez épaisse, mais souple et plus ou moins ridée, qui unit les segmens du dos aux plaques du \ entre. Ils correspondent aux huit premiers anneaux. Ce sont de petits boutons ellipsoïdes, saillans, bruns, lisses, lui- sans , durs , cornés , formés de deux valves ou panneaux dont l'entr'ouverturc est creuse ou béante. Ils sont blan- châtres , mais d'une configuration semblable , dans les Chlœnius , plus ronds , plus ouverts dans les Sphodrus. Ces ostioles pneumatiques, soit du thorax soit de l'ab- domen , oiîVent entre les deux valves qui les constituent une scissure des plus étroites , une fente presqu'imper- ( -''' ) ■ceptible pour l'inhalation de l'air. Lorsqu'on parvient à fixer convenablement cet organe sous une forte lenliilc du microscope on découvre que le pourtour de la scis- sure est garni d'un duvet excessivement fin , Lien plus marqué dans le stigmate ihoracique que dans les autrer. Toutes ces bouches respiratoires sont abritées des in- fluences extérieures par les élytres et par la coutiguité du thorax avec la poitrine. Je vais signaler les différences que j'ai reconnues dans les stigmates de quelques autres familles de coléoptères. Dans le Dytiscus marginalis , le Melolontha vulgaris , le Lucanus cervus , V Hamaticherus héros , et sans doute dans la plupart des genres qui appartiennent aux fa- milles dont ces insectes sont les types, les stigmates, au lieu de se présenter sous la forme de boulons bivalves et protubérans , offrent ordinairement un disque oval ou oblong entièrement découvert , quoiqu'entourc d'un mince rebord corné nommé péritrcme par M. Audouin. Ce disque , observé attentivement avec une loupe ordi- naire , parait marqué de petites ligues transversales , à- peu-près parallèles , d'une couleur plus foncée. Le mi- croscope fait reconnaître que ces lignes , disposées sur deux rangées opposées , prennent naissance des deux bords contraires du rebord corné, et que leurs extrémités libres se regardent en laissant entr' elles un intervalle linéaire qui parcourt le grand diamètre du stigmate. Cha- cune de ces ligues est un tronc simple ou bifurqué dont les côtés et les bouts émettent des fascicules , des liouppes de ramifications comme les nœuds de certaines conferves. Ces petits pinceaux sont inégaux en longueur dans le Dytiscus et l'intervalle qui sépare les deux rangées ne ( 2^' ) partage point le disque en deux parties égales. Dans le Lucanus et V Haniaiichcras cet intervalle est parfaite- ment dans la ligne médiane. Les figures que je donne des stigmates de ces coléoptères mettent en évidence ces traits. Sprengel , dans un mémoire sur l'organe respiratoire des insectes , mémoire fort remarquable et accompagné d'excellentes figures , a observé une structure analogue à celles que je viens de décrire dans le stigmate de YHy- drophilus caraboïdes. La figure que ce même auteur donne de cet orifice trachéal dans le Djtiscus circum- flexus , espèce extrêmement voisine du D. marginalis, cadre fort bien avec celle que j'offre ici(i). § IL Des Trachées. Les Carabiques n'ont que des trachées tubulaires ou élastiques , c'est-à-dire en forme de tubes divisés et sub- divisés à la manière des vaisseaux sanguins. Leurs rami- fications nacrées vont s'étaler en élégantes broderies sur tous les viscères , sur toutes les surfaces. Elles débutent à chaque stigmate par ini tronc gros et court divisé dès sou origine et s'abouchant à une trachée latérale d'où, partent d'innombrables branches. Les vaisseaux aériens des coléoptères étrangers aux Carabiques ne m'ont présenté des différences de configu- ration et de structure que dans un petit nombre de fa- milles de la section des Pentamères seulement. (i) CcRTii Sprengel, C omnwnturiiis de paiiihus quibus Insecta spiritus ducunt, cum tab. Lipsiœ, i8i5; tab. ii, fig. aa ; tab. m, ( ^3 ) Dans la Iribu des Carnassiers terrestres , composée des Cicindclètes et des Carabiques , ils sont tout-à-fait ana- logues à ceux de ces derniers, c'est-à-dire tubulaires. Mais dans les Carnassiers aquatiques , qui comprennent les Dytiscus, j'observe une ou deux utricules pneuma- tiques dans la poitrine , tandis que les trachées de toutes les autres parties du corps ressemblent à celles du Ca- rabus. Les tracliéesdesBuACHÉLYTRES sont toutes tubulaires. Parmi les SEnracoRNES les Buprestides ont des utri- cules aériennes fort nombreuses , soit dans la poitrine, soit dans l'abdomen , tandis que les Elatérides, les Lam- pjrides , les Meljrides et les Ptiniores qui sont rangés dans cette même famille ne m'ont offert que des trachées tubulaires. Tous les CLAvicoRNEsque j'ai disséqués n'offrent non ■plus que cette dernière espèce de vaisseaux respiratoires- Les Palpicorwes et la riche famille des Lamelli- cornes ont une quantité prodigieuse de bourses tra- chéennes ellipsoïdales , d'un blanc mat , communiquant ■entr' elles par des branches tubulaires. Les trachées dans les espèces assez nombreuses d'HÉ- TÉROMiiUÉs , de Tétramères et de Trimères soumises À mon scalpel sont toutes tubulaires ou élastiques. Dans les Priones , et probablement dans les autres genres de la famille des Longicornes , je découvre dans la poitrine un organe trachéen particulier ou du moins une disposition toute spéciale de ces vaisseaux aériens. L'intérieur de celte cavité est tapissé par une couche assez épaisse d'un tissu blanc . d'un aspect moelleux , mais d'une texture cohérente. On petit, en le saisissant ( 24 ) avec une plnco et le tirant à soi avec précaution , Tcn- levcr tout d'une pièce , car il ne paraît avoir de con- nexions essentielles qu'avec les deux stigmates qui for- ment son origine et sa terminaison. Examiné de plus près, cet organe pulmonaire se trouve composé i**. de deux Ironcs trachéens considérables connivant entr'eux , d'une part au stigmate tlioracique, de l'autre au premier stigmate abdominal ou pectoro-abdominal -, -îP. d'un lacis inextricable de ramuscules aérifères nés des deux troncs précités et de lobules adipeux qui leur sontadhérens, en un mot d'une sorte de parenchyme. Ce rudiment d'or- gane ;9u/mo«an'e pectoral que j'ai aussi découvert dans les PjmrtiVe^ ules. J ou comptai plus de cent, ils obsliuaient non- seulemeut la cavité abdominale , mais encore celle du' métalhorax. Ils s'échappaient par l'incision pratiquée au uos de l'insecte et gagnaient bien vite le fond de l'eau. Examinés de plus près , ces corps sont des bourses sphéroïdes , enduites en dehors d'une couche muqueuse, grisâtre , quelquefois nulle, et remplies d'une pulpe ho- mogène, très-blanche. J'ai long-temps cru qii'ils n'a- vaient aucune connexion organique avec le tissu ambiant ; mais à force de persévérance , je parvins , à l'aide du mi- croscope , à découvrira plusieurs d'entr'eux un col tubu- leux plus ou moins prononcé , plus ou moins boursoufflé, dont Texlrémité effilée se perd ou prend naissance dans le tissu graisseux où ils sont plongés. Mais il paraît que ce col finit par s'oblitérer, s'eifacer, et alors la bouise est, ou tovU-à-fait sphérique ou terminée par une petite pointe conoïde. Les figures jointes à mon travail expri- ment ces divers états. Dans les Carabes ouverts en automne, j'ai remarqué que ces globules étaient généralement dépourvus de col, et libres. J'observai aussi que quelques-uns d'entr'eux étaient en partie transparens , comme si la matière qui les remplissait n'avait pas acquis l'élaboration convenable ou sa parfaite maturité. Jefis encore une autre remarque sur ces mêmes individus d'automne , c'est qu'ils étaient bien moins agiles qu'au printemps ou en été , qu'ils n'avaient presque pas de tissu adipeux splanchnique et que leurs viscères étaient sans énergie , comme flétris. Quelles peuvent être la nature et les fonctions de ce& bourses sphéroïdes ? Faut-il les considérer comme le ré- sullal d'une altération pathologique analogue à ce!!e ( -^^ ) flos loupes cnkistccs, ou doit -ou les rcgairJer comme des réservoirs dégraisse pour les temps de diselte? Les eirconslances qui accompagnent leur plus grande abon- dance à l'époque marquée par la nature pour le terme ordinaire delà vie du Carabe porteraient assez à croire qu'elles sont l'effet d'une sécrétion morbide ou insolite. D'un autre côté, l'on sait que sur la fin de l'automne cet insecte disparaît de la surface du sol pour s'enfoncer dans des clapiers où la plupart des individus succombent, tandis que je présume que quelques autres , sans doute ceux qui n'ont pas salisfiii à la reproduction de l'espèce, pnssent la saison des froids dans un état de torpeur , hi- bernent en un mol. ]N''esl-ce pas plutôt pour le maintien de celte existence en quelque sorte passive que la nature a destiné les ]>our.scs adipeuses qui nous occupent? Ce qu'il y a de sur, c'est que la graisse qu'elles renferment a un caractère tout particulier de iluesse et de parfaite élaboration, et qu'elle paraît avoir les conditions les plus fa\ érables à cire absorbée pour la nntrition. Mais je reviens au tissu adipeux splanchnique. Il existe dans tous les Coléoptères dont j'ai scruté l'organi- sation intérieure , et dans les insectes en général. Comme j'en al déjà fait la remaïque , il n'offre que des vestiges purement membraneux dans ceux qui mènent une vie très-aclive et qui parcourent habituellement les airs, tandis qu'il abonde dausla plupart des larves et dans les insectes qui ont moins d'énergie vitale. Il revêt dans les Dytlscus les caractères d'un véritable épiploon o\x d'un utéscntèrc II y est formé de feuillets membianeux plus ou moiiis plissés , peu chargés de pc- lotles graisseuses et dont que!(jncs-uus très-déliés et eu (33) quelque sorte roulés sur eux-mêmes en imposent pour des conduits tubuleux. Un de ces feuillets, bien plus con- sidérable que les autres , se fixe , dans le D. marginalis , à l'origine du ventricule cliylifique et s'étend sur lui en un tablier flottant qui m'a paru formé d'une double membrane. Dans la larve de ce même Dytiscus , le tissu adipeux splancbnique est constitué par des sachets bru- nâtres qui répandent , quand on les crève , une humeur de cette nuance. Il est également bien marqué dans le Gyrinus et ses lambeaux éguenillés sont, par fois, cy- lindroïdes. Ce tissu dans les Brâchélytres est quelquefois si abondant qu'il enveloppe l'appareil digestif et rend sa dissection très-difficile. C'est ainsi du moins que je l'ai rencontré dans les grandes espèces de Staphjlinus. Il est formé d'une pulpe grumeleuse blanche , où l'on re- connaît tantôt des lobules courts , tantôt une sorte de disposition réticulaire. Il consiste dans les Pœderus en quelques flocons rares. Parmi les Serkicornes, il est presque nul dans les deux petits Bupreslis (\ue']W disséqués. Dans les Elater il offre quelques lambeaux membraniformes semi -dia- phanes , médiocrement abondans. La pulpe adipeuse du Lycus remplit principalement le corselet et semble con- sister en petites ulriculesqui laissent échapper un liquide blanc laiteux d'un odeur de pomme de terre crue. Dans le Lawpyris femelle , elle est finement granuleuse, et celle qui est contenue dans le corselet et la poitrine a une couleur rose piesque vermillon. Mais dans la larve de ce même Lampjris , la pulpe adipeuse a une struc- ture qui la rapproche davantage d'un véritable orgaue. viii. 3 (, H ) Elle s'élend soit en dessus soit en dessous des viscères en nappes d'une certaine roideur, toutes couvertes de pe- tits grains ronds , uniformes, contigus , assez semblables à des oeufs de poisson , mais non entassés. Ces grains ont une consistance un peu solide. L'espèce de canevas sur lequel ils reposent est si mince , si diaphane qu'il échappe à l'oeil armé de la loupe. J'ai trouvé la pulpe graisseuse d'un jaune safrané dans le Thelephorus fuscus , tandis qu'elle est blanchâtre dans le T. lividus , ainsi que dans le Malachîus. Dans la famille des Clavicornks les Clerus ont un tissu adipeux de couleur rosée el peu abondant. Il est presque nul dans le Histcr. Dans les Silpha, ce sont des grumeaux blancs , abondans , formant une sorte de matelas au-dessous du tube alimentaire. Le Thjmalus l'a bien plus rare , mais il y existe. h' Ilydrophilus , le seul Palucorhe que j'aie étudié, a la pulpe adipeuse floconneuse blanche , très-abon- dante. Parmi les Lamellicornes les Scarabéides ont cette pulpe presque nulle , tandis que dans la larve de YOryc- tes nasicornis il y a de nombreuses et larges nappes de gra- nulations arrondies comme dans celle du Lampyris. Les Lucanus ont ce tissu bien plus prononcé que les Scara- béides. Quelquefois il se présente sous l'apparence de sachets très-blancs, ovales, oblongs, ou cylindroïdes, en- filés par des trachées et disposés en grappes élégantes qui convergent à la ligne médiane. Mais quand on cherche à vérifier leur texture , on voit que c'est une simple couche de graisse très - fine qui enveloppe les utriculcs tra- cliéennes de ces coléoptères. C'est sous cet aspect que (35) j'ai rencontré la pulpe adipeuse clans plusieurs individus du Lucanus parallelipipedus . Dans la section des Hétéromîîues, les Mélasomes ont un tissu adipeux splancliniquc , abondant , déchiqueté , blanchâtre. Les Taxicoknes , tels que VHjpophlœus et le Diaperis , l'ont fort rare , tandis qu'il est bien marqué dans ï Eledona. Il est médiocrement abondant chez les Sténélytres et d'un jaune orangé dans Y OEdeniera cœ- rulea. Il est à peine apparent dans le Mjcterus. Parmi les Trachéltdes les Mjlabris ont ce tissu graisseux com- posé de granulations arondles , surtout celui qui est au- dessous des viscères. Il est peu abondant et d'un rouge pâle. Cette pulpe est plus considérable dans le Sitaris que dans le Zonitis. Les Tétramères offrent des vai'iations sous ce rapport. Ainsi les Rhincophores n'ont que quelques lambeaux membraniformes ou grumeleux d'une graisse fine ou blanchâtre ou jaunâtre. \iQ Pachigaster, qui a les habi- tudes sédentaires et apathiques des Piméliaires , a aussi plus de tissu adipeux que les autres Curculioniles. Les Xylophages et les Platysomes l'ont fin , blanc , rare. Il est bien plus prononcé dans les Lougicorwes^ surtout dans le Cerauibjx moschatus où il m'a paru être le ré- ceptacle de ce parfum à la rose qui caractérise ce co- léoptère. Je l'ai trouvé fort rare dans les Eupodes et pres- que diaphane. Il abonde dans les Cycliques où ilest gru- meleux , tantôt blanc , tantôt coloré en jaune ou en safrané. C'est surtout dans la lente et paresseuse Ti~ marcha qu'il se fait remarquer par son abondance. Les coléoptères Trimères , malgré leur petitesse, sont aussi pourvus «l'une pulpe adipeuse qui est jaunâtre dans les Coccinelles. ( 36 ) Résumé des caractères anatomiques propres aux Co- léoptères en général et aux Carabiques en particu- lier. J'ai déjà dit dans le préambule démon travail, que mal- gré de nombreuses dissections de coléoptères , je n'avais pas jugé à propos de m'élever à des considéi'ations géné- rales sur l'anatomie comparative des diverses familles qui composent cet ordre d'insectes. Sans m'écarler de cette circonspection que j'ai adoptée pour règle dans l'exposi- tion de mes recherches , je crois avoir les données suffi- santes pour offrir un tableaii éuccinct des traits anatomi- ques qui caractérisent les coléoptères en général , et de ceux qni sont propres aux Carabiques. § 1". Caractères anatomiques des Coléoptères en général. L'appareil nutritif des Coléoptères se compose d'orga- nes manducatoires 1 quelquefois de glandes salivaires^àa. tuhe digestif et des vaisseaux biliaires. Ces insectes sont broyeurs , ils ont par conséquent des iustrumeus propres à saisir des alimens plus ou moins résistans, aies inciser, les triturer , les mâcher en un mot pour les réduire en une pâte avant d'en opérer la déglutition. Leur bouche est munie â cet effetd'une paire de mandibules cornées, tan tôt simplement tranchantes, tantôt dentelées, mobiles trans- versalement 5 de deux mâchoires ^ d'une lèi^ie 5 rarement d'une langue •, enfin de quatre ou de six palpes qui sont on quelque sorte des organes de dégustation. Les glandes salivaircs qui dans plusieurs autres ordres d'insectes , tel» (37) cfiieles Orthoptères, les Hémiptères, etc., revêtent tous les caractères qui constituent un organe, ne semblent que rudimentaires dans le petit nombre de coléoptères qui en sont pourvus. Elles consistent en vaisseaux paires, fili- Ibrmes, plus ou moins repliés, flottans par un bout , insérés par l'autre dans l'arrière -bouche , et essentiel- lement formés d'un canal inclus enveloppé d'une tuni- que contractile. Ils renferment une salive incolore. Je ne les ai rencontrés jusqu'à ce jour que dans quelques genres des familles des Mélasomes , des Taxicornes , des Sténélytres , des Trachélides , des Rhincophores , des Aphidiphages. Le tube digestif a une étendue qui varie singulièrement suivant le genre de vie et conséquemment suivant les familles de ces insectes. Dans les uns il n'ex- cède presque pas la longueur du corps : c'est le plus petit nombre 5 dans les autres il la surpasse de plusieurs fois. On y distingue vni œsophage ordinairement court 5 un jabot plus ou moins prononcé 5 dans quelques familles un gésier garni intérieurement de pièces de trituration j un 'ventricule chjlijique d'une grandeur variable, ou gla- bre ou hérissé de papilles; un intestin g^reZe plus ou moins long 5 un gros intestin consistant le plus souvent en un cœcum dilatable que suit un rectum qui dans certaines femelles s'allonge beaucoup. La texture du tube digestif est musculo - membraneuse et se compose de trois tuni- ques contiguës dont l'épaisseur varie. Les vaisseaux bi- liaiies ouhépatiques s'insèrent constammentà l'extrémité postérieure du ventricule chylifique. Ils sont fort longs, très-déliés , singulièrement reployés , et d'une texture celluloso-membraneuse. Leur nombre et leur mode de connexion varient suivant les familles et les genres. Ils ( 38) sont toujours paires. Il n'y en a jamais moins d'une paire et jamais plus de trois. Tantôt leur insertion se borne au ventricule cliylifique, et dans ce cas, ou bien ilssont libres et flottans par un bout, ou bien ils forment un arc diver- sement replié dont les deux extrémités s'implantent au- tour d'un même cercle. Tantôt cette insertion est double 5 elle a lieu d'une part au ventricule chylifîque et de l'au- tre au coecum , soit que ces vaisseaux s'implantent iso- lément, soit qu'ils confluent en un ou plusieurs troncs. La bile qu'ils contiennent varie pour sa couleur depuis le violet foncéetlebrun jusqu'au jaune, au blanc ou au diaphane. Les Coléoptères ont , ainsi que les autres insectes , deux sexes séparés , et l'acte de la reproduction est nu véritable accouplement , c'est-à-dire qu'il y a introduc- tion de la verge dans le vagin et émission d'une liqueur spermatique. L'organe générateur mâle se compose 1^. de deux testicules formés, soit par les replis agglomérés d'un seul vaisseau spermatique , soit par un ou plusieurs sachets , soit enfin par des utricules dont le nombre, la configuration et la grandeur varient suivant les familles 5 de 2*^. deux canaux déférevs variables pour leur lon- gueur , quelquefois reployés en épididyme ; '6^. de vé- sicules séminales plus ou moins nombreuses , et de for- mes diverses suivant les genres de Coléoptères 5 \^. d'un conduit éjaculateur tantôt fort long, tantôt très -court ; 5**. d'une verge rétractile renfermée dans une armure copulatrice dont la conformation se modifie à l'infini. On distingue dans l'organe générateur femelle de tous les Coléoptères 6*^. deux ovaires dont chacun se compose d'un calice plus ou moins marqué et d'un nombre , va- ( 3i) ) riable suivant les genres , dégaines ovigères uniloculai- res ou multiloculaires , terminées le plus souvent par une pièce charnue où se fixe un ligament suspenseur-^ •j". une glande sébacée d'une structure diversement compliquée , insérée à l'origine de l'oviductc et destinée à fournir une liumeur propre à lubréfier ou à enduire les oeufs à l'époque de la ponle 5 8°. un oviducte plus ou moins long qui se continue eu un vagin \ 9°. une vulve souvent accompagnée de pièces copulatrices ; 10°. des <£i dans le mùnic village, on l'avait atteint à 20 met. de profondeur. Je me rendis aussitôt sur l'emplacement de ce puits , et je vis encore sur place le monceau de sable blanc et les grès qui en avaient été extraits. Suivant les détails qui me furent donnés , on avait traversé : 1 » . Terre •■ 2™^'> 66 <=• 2° . Calcaire blanc marneux , ou tuf. i 33 3°. Calcaire blanchâtre solide. 3 33 4° • Calcaire blauc marneux , ou tuf. • • 1 4 oo 5". Grès. Le banc était rompu et disjoint o 33 6o. Sable blanc très-pur. 8 oo Total. 29aièt. 65 '• A cette profondeur, l'eau affluant avec abondance , on ne creusa pas davantage , et on ne sait sur quelle roche repose le sabloj J'ai encore retrouvé les grès près du hameau de Mai- son-Rouge (pi. 22), entre Aufferville et Bougligny, dans un vallon à peine sensible qui est l'origine de la vallée dtv Fay, dont j'ai déjà fait mention. Ce ne sont pas des masses isolées, mais un banc en place sur un large espace, et dont on suit la continuation en remontant depuis le Fay 5 il disparait sous le sol d'eau douce de la plaine qui prend de la hauteur vers Bougligny. Près des hameaux de Foljuif et de Quenouville , la nappe de grès disparait encore sous le terrain d'eau douce. A l'est de Bougligny , et au point le plus élevé de la (% ) plaine , il a été établi vin télégraphe qui répond, au nord, à celui dePuiselet, et au midi à celui de Chàleau-Landou, dont je n'étais alors éloigné que d'i\n demi - myriamètre (•aviron. Malgré cette distance , j'en découvrais si bien Téglise , le lélégraplie et les maisons, que tout concourait à m'alTermir dans l'idée que la plaine de Chàteau-Landon était une plaine élevée. Tout le sol de la plaine de Bou- gligny est de terrain d'eau douce; et persuadé que jus- qu'à Chàlean-Landon je no devais plus retrouver appa- rente la formation des sables et des grès, je m'informai si les puits de Bougligny ne l'auraient pas fait connaître. Leur profondeur est de 5o mètres environ, et entre i^ et 18 mètres à partir de leur ouverture , ils atteignent les sables et les grès. De Bougligny à Chenouteau , tout le sol de la plaine est encore de terrain d'eau douce , et l'abaissement du terrain réel , quoique peu sensible. Le puits de ce ha- meau n'a que 3i mètres de profondeur, et, comme ceux de Bougligny, il perce les sables et les grès : il n'est point muraille jusqu'au fond. Au-dessous du banc de grès il a une vaste excavation dans le sable. Son fond, d'après les détails qui me furent donnés par un ouvrier qui y est descendu plusieurs fois , est creusé dans de la mauvaise pierre ou Cliquart. Tandis que mes observations ne lue faisaient plus con- naître que du terrain d'eau douce , mes informations me démontraient toujours au-dessous la formation des sables et des grès , et le même ouvrier qui m'avait donné des détails sur le puits de Chenouteau m'affirma qu'en me rendant à Chàteau-Landon je trouverais en plaine des ex- ploitations de sabic. Ce jcnseiguemenl me faisait cou- (6o ) rlure que la formation des sables cl des giès , que j'avais vue disparaître à Maison-Piougc , à Foljnii cl à Quenou- \ille, sous le terrain d'eau douce de la plaine, et que j'avais suivie sans la voir à travers les puits d'idiy, de Bougligny et de Chenouteau, devait reparaître du coié de Châleau-Landon. Rempli de l'espoir de convertir ce ren- seignement en fait irrévocable, je me dirigeai sur Bu- leau. Dans la partie de plaine que je traversai pour m'y rendre, en laissant Clienou à ma gauche , le sol en cul- ture était souvent semé d'éclats de calcaire d'eau douce, et en si grande abondance, qu'ils annonçaient que la couche de terre végétale était bien mince. Enliii j'arrivai au hameau de Buteau (pi. 28 , coupe CD), où près de la première maison, et depuis un temps immémorial, on exploite le sable. Le lieu où celte exploitation est ouverte m'olïrit la coupe suivante. 1°. Terre végétale o ">«•• 5o *• 2^. Calcaire blauc sans consistance o 66 3". Calcaire blancliâtre solide , en bancs irréguliers. o 33 4°. Calcaire blancbâtre solide écailleux , eu bancs réguliers. . o 5o 5". Sable blanc pur o 33 6». Sable et grès coquillier i 33 7'. Sable blanc pur , 4 ^5 8°. Grès non coquillier o 33 Total. 8 "et. 53 c. Une formatlou d'eau douce à la surface du terrain, et en place , est ici hors de toute contestation 5 elle se lie sans aucune interruption quelconque à celle que j'ai re- connue au-dessus des sables et des srès aux rochers du (6. ) tiiauVAis passage , dans la foret de Fontainebleau, sur I.t route de Malesherbes. Au-dessous on retrouve la for- mation des sables et des grès dont le puits de Cbe- nouteau , à trois kilomètres seulement de distance, a constaté la présence. La partie supérieure du sablo offre ici une particularité : elle est coquillière ou con- tient des grès coquiilicrs. Les coquilles que j'y ai obser- vées autorisent à établir que les sables et les grès marins supérieurs existent en cet endroit. Je n'ai pu voir ce qu'il y a sous le sable , mais d'après les reuscigneine7is quej'ai obtenus des ouvriers , on trouve au-dessous une l'oche dure qui n'a pas été percée. A ?.oo mètres environ, plus vers le midi, une se- conde excavation présente une coupe à-peu-près pareille, seulement la formation d'eau douce de la surface est plus épaisse. De Maison-Rouge , de Foljuif , et de Quenouville à Buteau , la distance est-elle trop grande pour croire que les sables et les grès qui se trouvent dans cette dernière localité n'appartiennent pas à la même formation que les sables et les grès des trois premières , lorsqu'on voit la continuation des uns et des autres dans la partie intermé- diaire, par la perforation des puits de Cougligny et de Chenouleau. De Buteau au Ménil , le sol de la plaine ne varie point ; le calcaire d'eau douce est en éclats dans la terre. A peu de distance du Ménil, et au sud-est, en tête du vallon qui descend par Brusel à Chàteau-Landon , en cernant cette ville par le noi'd , je trouvai , comme à Buteau , lo sable sous la formation d'eau douce : il est mis à jour el extrait dans plusieurs places peu éloignées lés unes dcis (G2 ) autres , mais je n'y ai point trouvé , comme à Buicau , Ir grès coquillier. Je n'étais alors qu'à trois kilomèlres au plus de Châleau-Landon, e! j'avais acquis la conviction d;; l'existence des sables et des j^rès sous une grande étendue; de plaine d'un terrain d'eau douce non interrompu de- puis la forêt de Fontainebleau. Du Ménil à Chàleau-Landon , le sol de la plaine , au nord du vallon de Brusel , et de celle qui est au midi , où est le télégraphe qui correspond à celui de Bougligny , est toujours de la même formation d'eau douce. L'épaisseur que cette formation acquiert est bien visible dans le val- lon de Brusel à Chàteau-Landon (pi. aS , coupe CD) sur la pente gauche , dans les champs en culture. Ce sont d'abord des roches qui percent çà et là la terre , et ensuite des bancs réguliers d(mt on a tenté l'exploitation à di- verses époques. Je ne m'arrêle point aux caractères mi- néï'alogiques de ces roches , parce qu'ils sont ceux des roches calcaires de Chàteau-Landon. Encore quelques pas de plus, et j'atteignis une vaste ex- ploitation en grande activité. La nature des bancs calcai- res et des blocs qu'on en tirait ne pouvait plus tue laisser de doute , et j'étais fondé à croire quej'étais dans la car' rière de Chàteau-Landon, qui, depuis plus de vingt ans , a fourni tant de pierres pour Paris ^ je n'étais cependant encore que dans une exploitation toute récente , celle de Brusel ou du télégraphe, mais en quelque sorte sous les murs de Chàteau-Landon. Deux bancs y sont présenîo- ment exploités : le plus bas contient quelquefois dans sa partie inférieure des silex roulés : c'est celui par lequel on a commencé l'exploitation-, le supérieur s'est montré pevt à peu en décombrftnl davantage vers In plaine , et on (63) K l'espoir de voir s'établir un troisième banc supéricm' aux deux précédens. Des niouvemens ronsidérablos de terre et de déblais, que j'aperçus à un kilomètre environ nu nord-est de Cli/(- teau-Landon^ sur la gauclie du vallon que je venais dr suivre , mais plus bas relativement à son cours , fixèrent alors toute mon attention , et maichant constamment sur le sol d'eau douce , j'entrai enfin dans les carrières de Chàleau-Landon , celles d'où on tire toute la pierre qui vient à Paris sous cette désignation , ou celles qui onl éié ouvertes pour le compte du gouvernement, sous le n>i- nistère de M. Cretet. C'étaient moins les carrières de Cliâteau-Landon et la formation d'eau douce supérieure qui devaient alors in'arrèler cl attirer mes recherches, que toute la plaine où ces carrières onl été ouvertes, et la base de cette plaine ; c'est-à-dire que je devais alors avoir pour but de décou- vrir les formations inférieures à la formation d'eau douce. Mes observations ont été Irès-multîpliées , et m'ont con- vaincu que l'emplacement où ces carrières onl été ou- vertes n'est qu'un point de la grande et haute plaine de Château-Landon , qui n'est qu'une fin des vastes plaines du Gatinais et de la Beauce. Sous celte dénomination de grande et hante plaine de Chàleau-Landon , je comprends (pi. 22) l'espace qui est borné au midi par la vallée du Susain , à l'est par la vallée- du Loing , et qui se rattache au nord , malgré la dépres- sion de quelques légers vallons à la plaine de Besigny «-t delà Madelaine, et à l'est à celle de Chenou. En présentant la plaine de Cliàtcau- Landou comme une plaine haute et élevée, je dois pnivenir que je niaii- C H ) que (les données suffisantes pour fixer sa vérllaLle liaulcbi' au-dessus du zéro du pont de la Tournelle , à Paris ; aussi ne l'ai -je indiquée que d'une manière approxima- tive et sujette à rectification. J'y suis parvenu d'après la pente connue de la Seine , qui est de i4ni.5 t)o,o du zéro du pont de la Tournelle , à Paris , jusqu'à Saint-Mamert, à l'embouchure du canal du Loing (pi. 23), et de celK; du canal du Loing , qui est de /^n^-, 83o du lieu de son embouchure , que je viens d'indiquer, jusqu'à son ori- gine à la fin du canal d'Orléans, au -dessous de Mon- targis. D'après le nombre des écluses et leur chute de Saint-Mamert à Soupes et au port Crelet , au-dessus de Grand- Moulin, il n'était pas difficile d'avoir, relative- ment à Saint-Mamert, la hauteur de ces deux endroits , situés sur le canal à une dislance moyenne , entre son origine et son embouchure. .Te l'ai fixée , pour le pre- mier , à 24 mètres , et pour le second , à 26 met. -, par conséquent, la véritable hauteur de Soupes ;, au-dessus du zéro du pont de la Tournelle, sera de 38»-, 62 (pi. 23 , coupe .4 B}, et celle du port Cretet sera de 40,62 (pi. 23, coupe C D). Quant à la hauteur de la plaine de Chàteau-Landon , au-dessus de Soupes et du port Cretet , je n'ai connais- sance d'aucune donnée quelconque pour l'établir ; je l'ai évaluée à 5o mètres au-dessus du canéJ du Loing à Sou- pes -, conséquemmenl , sa hauteur au-dessus du zéro du pont de la Tournelle sera de 88m-,62 (pi. 23, coupe .:/^, et coupe CD). Il suit de là que celte hauteur pourra être contestée ; mais en attendant qu'elle soit assignée par ck-s nivellemens et des observations barométriques, je me crois fondé à la maintenir. Un fait qui aller mit (05) encore dans l'idée que la plainede Cliâteau-Landon, d'un niveau presqu'uniforme , est d'une grande hauteur, c'est qu'elle a été clipisie pour y placer un télégraphe, et que la bâtisse qui le porte a fort peu d'élévation (pi. 2,2 et 28 , coupe CD). Les carrières de Château-Landon sont au bord de la plaine (pi. 23, coupe ^i?) et exploitées à ciel découvert. Les bancs calcaires se montrent à jour par place, àgauche, au haut du vallon de Saint-Severin, qui vient de Brusel , et sur le bord gauche de la vallée du Susain. Ils ne sont d'abord recouverts que par une terre brune argileuse ; mais à mesure que l'exploitation avance vers la plaine, des bancs de calcaire blanc marneux , sans consistance, et de calcaire blanc solide , qui n'est d'aucun emploi , s'interposent entre la terre argileuse brune et les bancs calcaires exploités. li en résulte que les déblais deviennent de plus en plus considérables en avançant vers la plaine. La carrière ouverte pour le compte du gouvernement est la plus vaste , celle qui a le plus attaqué la formation d'eau douce , et celle qui fait bien connaître sur quelles roches cette formation repose. J'y ai remarqué , de haut en bas , les couches sui- vantes : 1°. Terre végétale et terre argileuse brune, d'une épaisseur variable , m^s qu'on peut tvaluer à- o"*'' 5o «. 2°. Calcaire blanc marneux I > î 5o 3". Calcaire solide écailleux fendillé. | 4°. Premier banc exploité i 00 5°. Deuxième banc exploité 3 00 G^. Troisième banc exploité ; il est coloré » £0 7^. Banc d'argile jaunâtre qui manque souvent. . . o 16 8\ Poudingue i 34 Total. gmiu 00 «• VUI. ■'> ( 66 ) Toutes les diverses couclies de la foi'malion d'eau doue» vont en s'arnincissant et se perdant de la plaine vers le bord de la vallée. En entrant en exploitation, les bancs calcaires sont fort minces et très-souvent réduits à un seul. Après lo, 20 à 3o mètres environ d'exploitation vers la plaine , ils se pégularisent. Jusque-là leur surface est très - inégale , et ils sont constamment rompus 5 les bords des masses disjointes sont arrondis , Usés , et les intervalles qui les séparent sont remplis de la terre ar- gileuse brune inférieure à la terre végétale. Dans le banc calcaire marneux n*^ 2 , et dans le banc calcaire solide écailleux fendillé, n*^ 3, je n'ai remarqué aucun silex et aucun corps organisé fossile. La nature des trois bancs exploités , n° ^, 5 et 6 , est tellement connue ( Descript. géolog. des empirons de Paris.) p. 290) que je ne m'y arrêterai point : il en sera de même pour les coquilles qu'ils contiennent ( même ou- vragé, p. 291). Ces bancs présentent des fissures et des ruptures qui déterminent , lors de l'exploitation , le volume des blocs ; il n'est pas rare d'en voir de 8 à 9 met. cubes. Le plus volumineux qui ait été extrait était de 62 met. 5 il a été débité sur place , faute de moyens de transport. Les fissures dans les bancs sont si multipliées que des espaces assez étendus ne donnent point de blocs. 11 suit de là que tout ce qui est mis au rebut l'emporte de beau- coup pour la masse sur celle qui représente les blocs qui seront employés. Ce fiiit n'est pas à dédaigner, il se lie à celui dont j'ai fait mention précédemment, la rupture et la disjonction des bancs calcaires à leur apparition sur le bord de la valk'r. (67 ) Âurtiessous du troisième banc, le banc inférieur ou le banc coloré , on trouve par place une couche d'argile jaunâtre de o", i6 c. qui repose sur un poudingue de i™, 34c. d'épaisseur (pi. 28, coupe AB)^ ouune couche de silex roulés liés par une pâte sableuse et siliceuse. La description du poudingue siliceux du Fay , pag. 292 de la description minéralogique des environs de Paris, est applicable à celte couche de silex qui fait le fond de la carrière , et qui est constante. Elle paraît à jour sur le flanc de la vallée du Susain , et duvallonde Saint-Severin qui est la prolongation de celui de Brusel , ou par l'im- mensilé de cailloux roulés qu'on observe à une certaine hauteur, ou par des masses qui sont restées aggrégées, ou par d'autres masses sans consistance qu'on découvre pour peu qu'on fouille la terre. Plus bas enfin parait la craie. Elle règne sur une assez grandelongueurdansle vallon de Saint-Severin qui cerne la ville pur le nord (pi. 22). Elle contient un grand nombre de silex. Le passage immédiat delà couche de cailloux ou du poudingue à la craie y est difficile à juger. Il est plus facile à saisir à la coupe de terrain faite ré- cemment sur la grande route en sortant de la ville , et montant dans la plaine pour aller à Soupes. Le cap aigu et élevé qui porte Chàteau-Landon (pi. 22) , et qui résulte de la réunion du vallon de Saint-Severin avec la vallée du Susain , offre de ses deux côtés la craie avec silex. Supérieurement elle estuu peu jaunâtre. Les ouvriers lui donnent le nom de castine, Inférieu rement elle est blanche, et ils l'appellent blanc. Je ne saurais trop fixer l'attention des géologues qui ont fait une élude spéciale du bassin de Paris , sur cetlo (68) craie jaunâtre désignée à Chàteaii-Landon sous le nom de casline. N'est-clle que de la craie, ou est -elle un passage de la craie à une des formations qui lui sont su- périeures , et notamment au calcaire grossier marin , ou au calcaire siliceux ? c'est une considération que je ne dois pas omettre : mais toujoursest-il certain qu'il ne sem- ble plus devoir rester de doutes sur les roches sur les- quelles repose la formation d'eau-douce de Chàleau-Lan- don. S'il en était ainsi , les faits nouveaux que je vais ex- poser les dissiperaient complètement. Toutle pourtour de la plaine, dont l'emplacement des carrières de Chàteau-Landon n'est qu'un point, présente des carrières pareilles à celles de Chàteau-Landon. De celles-ci à ces diverses exploitations, soit anciennes soit nouvelles , la continuation de la même formation d'eau douce est sans aucune interruption. Ce sont celles du haut de la côte du port Cretet au nord-est de Mocque- pois (pi. 22, et pi. 23 , coupe CD), delà plaine de la My- Yoye entre Chàteau-Landon et Soupes , et du cap qui est circonscrit par le vallon de Chausepois et celui de la My-voye (pi. 22, -et pi. 23 , coupe AB). Dans ce dernier endroit la plaine baisse vers la vallée du Loing , les bancs calcaires éprouvent le même mouvement , et ils finissent n'élantplus recouverts que d'une terre argileuse brune semblable à celle qui recouvxe le commencement des bancs calcaires dansles carrières de Chàteau-Landon. Outre cela, leur surface est très-irrégulière, et ils présen- tent des perforations de diverses grandeurs dont quel- ques-unes sont susceptibles de recevoir le bras. Ils of- frent en un mot tous les effets d'une grande action dcs- iructive. Les fossiles sont les mêmes qu'à Chàleau-Landoa ( %) La couche de poudiugue ou de cailloux roulés , in- férieure à la formation d'eau-douce dans les vastes car- rières de Châleau-Landon, paraît s'étendre sur toute celle plaiue de formation d'eau-douce jusqu'à la vallée du Loing. Je l'ai reconnue j 1°. Sur tout le coteau gauche de la vallée du Susain , depuis Chàteau-Landon jusqu'à son embouchure dans la grande vallée du Loing, en passant par le hameau de Pont-freau ( pi . 22 j. 2**. Sur la pointe de la plaine du hameau deMocque- pois ( pi. 1-3., et pi. 23 , coupe CD) où les cailloux roulés semblent former luiiquement le sol de celte plaine. Après bien des recherchesj und'eux m'a présenté une empreinte d'oursin. 3°. Sur divers points le long de la côte du port Cretet et de Grand-Moulin ( pi. 22 et pi, 23, coupe CD). 4°. Dans le vallon qui descend de la plaine de la My- voye à la vallée du Loing (pi. 22 ). 5*^. Enfin à la coupe récemment faite sur la droite de la grande roule, en descendant de la plaine de Châleau- Landon au pont de Soupes , et dans le vallon de Chause- pois(pl. 22, et pi. 23, coupe ^^). Avoir constaté , que la formation d'eau - douce de la haute et vaste plaine de Château - Laudon , liée sans interruption quelconque avec les terrains d'eau douce supérieurs de la forêt de Fontainebleau , repose sur une couche de poudingue ou de cailloux roulés dans une pâte siliceuse , est-ce simplifier ou compliquer la ques- tion de savoir à quelle formation d'eau douce il faut Hîpporter le calcaire de Chàteau-Landon , et à quoi peut (70) répondre ce poudingue dans les diverses formations du bassin de Paris? La difficulté pourrait devenir excessive si de nou- veaux faits ne venaient se grouper encore aux précé- dens. En elFet, après avoir constaté i°. que ce n'est qu'à trois kilomètres environ à l'ouest, et au nord -ouest de Château-Landon , que la formation des sables et des grès cesse d'être visible, et 1°. que la formation d'eau douce de Château - Landon repose sur une couche de poudingue 5 en multipliant encore mes observations, j'ai reconnu que le poudingue est superposé aux sables ou aux grès. Je dis d'abord qu'il repose sur les sables : c'est de toute évidence 1°. à la coupe récenie que j'ai déjà indiquée en descendant par la grande route de Château-Landon au pont de Soupes , et 2°. dans un lieu opposé dans le vallon qui descend de la plaine de Mocquepois à Pont- freau , dans la vallée du Susain (pi. 22). Je dis ensuite qu'il repose aussi sur les grès 5 c'est ce qui n'est pas moins évident dans le vallon qui descend de la fermedelaMy-voyedanslavalléedu Loing (pi. 22, et pi. 23 , coupe ^B). Des masses de grès, encore en place, y sont surmontées par des masses de poudingue d'une grande ténacité. Ce fait , qui s'olîViià nroi pour la première fois dansce vallon, me le fit rechercher ailleurs, et je le retrouvai à peu de dislance dans le vallon qui re- monte de Soupes à Chausepois (pi. 22). Dans le bas je vis d'abord des masses de grès , de poudingue , et de cal- caire d'eau douce isolées et confondues; mais à une certaine hauteur le grès en place sort du flanc du vallon , et il e&l couronné par le poudingue. Plus haulje \is des, ro- ( 7î ) «lies de calcaire d'eau douce formaîit un banc coutinu', . et j'enlrai dans la plaine de Chausepois cjui se lie im- médiatemexit à celle de Châteai' Landon. Les grès d'une part , qui sont encore eu place el cou- ronnés par les poudingues , et de l'autre ces sables qui sont aussi surmontés de ces mêmes poudingues sont-ils contemporains, et de la même formation ? c'eslprobalile: et n'appartiennent- ils pas à la formation, des sables et des grès qui disparaît à Maison-Tlouge, à Foljuif, à Que- nouville (pi. ni), mais reparaît par les puits d'Ichy, de Bougligny , de Chenouteau (pi. 22), et les fouilles de Buteau et du Ménil (pi. 22, et pi. 23 , coupe C D) ? c'est y encore probable. A la vérité je n'ai pas vu les grès et les sablessous le poudingue des carrières de Chàleau-Landou; mais peut-on refuser d'admettre qu'ils se prolongent i**. du Ménil à Pontfreau et à la montagne qui descend au pont de Soupes, deux localités où se voient les sables ; et 2°. du Ménil aux deux vallons, de la My-voye et de Chau- sepois, deux autres localités ou se voient les grès? J'ai encore observé quelques grès sur la droite de la vallée du Susain dans un léger vallon près des Gantiers , «nfacede Chàteau-Landon. Jedoute qu'ils soient en place, mais je dois les indiquer pour les naturalistes qui pour- raient étendre leurs observations plus loin que les mien- nes. Toute la plaine au-dessus de ce léger vallon est de terrain d'eau douce , que je ne puis hésiter un seul instant de rapporter à la même formation que celui de Chàteau-Landon. L'immensité de cailloux roulés que je vis encore en ra'élevant de la vallée dans la plaine cons- tate que la couche de poudingue s'étend de ce côté. Au biiii du coteau la craie est à jour et exploitée. Je n'ai pai (7^) étendu mes observations au-delà de ce canton qui (aii la limite de ma coupe A B. La craie règne encore constamment , 1°. Sur la gauche de la vallée du Susain , depuis Chà- teau-Landon jusqu'à son embouchure dans la vallée du Loing (i>l. 32 )•, 2°. En descendant sur toute la gauche de la vallée du Loing(pl. 22). A Grand-Moulin près du port Cretet , elle est très-relevée. Dans le bas elle y est exploitée pour convertir en blanc d'Espagne. Dans le haut elle est jaunâtre, d'une cassure très-écaillçuse , et semblable à celle qui est désignée à Château-Landon par les ouvriers sous le nom de castine. Ici , comme à Chàteau-Landon , faut- il voir dans cette couche do castine un passage de la craie à mie des formations qui lui sont supérieures? c'est un point à discuter. 3°. Dans le bas de la montagne qui descend de la plaine de Chàteau-Landon ;> et de la ferme de la My-voye au pont de Soupes (pi. 22 , et pi. 28 , coupe A B). La coupe toute récente de la montagne de Soupes pour adoucir la pente de la grande roule qui va à Cliàteau- Landon, et qui s'élève sur le côté droit du vallon qui vient deChauscpois, ne semble au premier abord présenter que de la confusion et du désordre ; mais après m'y être arrêté plusieurs fois , et avoir rapproché , compai'é tout ce qu'elle présente avec ce que j'avais observé sur les autres points du pourtour delà plaine de Chàteau-Landon, j'ai vu que l'ordre le plus parfùt y règne , et que la stratification^ en allant de bas en haut, de la craie, du sable, du poudingue et du terrain d'eau douce , y est bien régulière, malgré la tiès-graude oudulalion de ces di- ( 73) verses formations qui sont coupées autant, de fois que leurs ondulations sont apparentes. De toutes mes observations et de tous les faits pré- côdens je me crois autorisé à conclure que la stratifi- latioude la haute et vaste plaine de Château-Landon ne peut plus être contestée, et premièrement qu'elle se compose de bas en haut des formations suivantes (pi. 23 , coupes AB ^ et CD). i*^. De la craie. 2°. Du sable et du grès. 3°. Du poudingue. 4°. Du terrain d'eau douce supérieur. Secondement , quq le terrain d'eau douce superficiel doit incontestablement être admis pour appartenir à la formation d'eau douce supérieure, pour la raison qu'il se lie sans aucune interruption quelconque avec les ter- rains d'eau douce de formation supérieure de Fontaine- bleau , de Malesherbes et d'Etampes , par les terrains d'eau douce des plaines intermédiaires , aussi de forma- lion d'eau douce supérieure, et sur lesquels on ne peut éleverle plus léger doute, puisqu'on voitla grande forma- lion des sables et des grès supérieurs se transmettre sous toutes ces plaines jusqu'auprès de Chàteau-Landon , et qu'on la retrouve au-delà, aux Gautiers , à Pontfreau, et dans le vallon de la My-voye et de Chausepois. Troisièmement , que le poudingue ou la couche de cailloux roulés dans une pâte sableuse et siliceuse , sur lequel repose la formation d'eau douce de Château-Lan- don , n'est que le couronnement ou !a pariie la plus élevée de la gr;i.ude formation des sables et des grès supi^rienrs, (74) cl que les cailloux roulés de ce poudingue diminuent de volume à mesure qu'où approche de Fontainebleau. Quatrièmement, enfin, que malgré toutes mes recher- ches je n'ai pu découvrir sur la gauche de la vallée du Susain jusqu'à son embouchure dans la vallée du Loing , sur la gauche aussi de celle-ci jusqu'au pont de Soupes , et à la coupe de la droite du vallon de Chause- pois , pour adoucir la grande route qui monte de Soupes à Château-Landon , aucun indice de terrain d'eau douce moyen , à moins qu'on ne veuille admettre qu'il soit représenté par celte portion élevée de la craie à Château- Landon et à Grand -Moulin que les ouvriers appellent castine , et que j'ai proposée un moment de regarder comme un passage de la craie à une des formations qui lui sont supérieures. Si cette idée pouvait un jour pré- valoir , cette zone de craie ou de castine ne pourrait en aucune manière établir la liaison du terrain d'eau douce de Château-Landon avec les terrains moyens de Fontaine- bleau et de ses environs , par la raison qu'elle est infé- rieure aux sables et aux grès , et au poudingue qui en- trent dans la stratification de la plaine de Château- Landon. Le calcaire d'eau douce moyen des deux vallées du Fay et des Châtaigniers {Descript. géolog. des env. de Paris, pag. 292), au sud de Nemours, peut-il autoriser à rapporter celui de Chàleau-Landouà la même forma lioni^ De nouvelles observations me semblent indispensables pour prononcer affirmativement , tant le désordre de ces deux vallées me parait grand et la liaison de leur terrain d'eau douce moyen avec celui de Château-Landon encore j>€u établie. ( 75 ) L'analyse cliimîque en(in serat-clle plus puissante? Dômonti cra- t-elle assez de silice dans le calcaiied'eau douce de Chàlcau-Landon pour le maintenir dans le calcaire si- liceux? Non : par la raison que M. Berthier , ingénieur au corps roval des mines , n'y a pas Uouvé un centième de silice. Mille parties de ce calcaire d'eau douce con- tiennent, d'après son analyse, 970 de carbonate de chaux, 20 de carb. de magnésie, el 10 de silice , alumine et oxide de fer (1). Si je ne suis point assez heureux pour faire tomber l'incertitude qui subsistait sur le terrain d'eau douce de Chàteau-Landon , et si je me suis de plus en plus enfoncé dans l'erreur , en voulant faire prévaloir sur l'opiniou de ses maîtres celle de leur élève , que le terrain d'eau douce de Chàteau-Landon appartient aux terrain s d'eau douce déformation supérieure, au moins seia-t-il recon- nu et me sera-t-il accordé que dans la question qui serait encore indécise , j'y aurais apporté de nouveaiix faits qui viendraient la compliquer, et par conséquent ré- clamer pour la résoudre tous les efforts Ùe3 géologues qui font une étude spéciale du bassin de Paris. (i) annales des M'uub, luni. vit , [i;ig. '^6\. Bèponse à la Note sur les Graminées de M. J. J. C, de La Harpe , insérée dans le numéro de septembre i825 ; Par M. Raspail. Lorsqu'on cherc])e dans la science à découvrir des vérités et non à usurper une réputation , on ne peut que s'applaudir des objections qu'on rencontre dans sa mar- che , et c'est avec un vif sentiment de reconnaissance, qu'on s'applique à en résoudre les difficultés. C'est dans cet esprit que nous allons répondre aux faits que M. de La Harpe oppose à notre système , tant en son nom qu'au nom d'autrui 5 et si nous n'avons pas répondu plus tôt, c'est que nous avions des travaux à pu- blier dont nous ne pouvions pas interrompre le cours. « M. de La Harpe a trouvé sur le Phalaris canarien- » sis et sur toutes les Graminées à tige rameuse des » feuilles paiinerviées éloignées souvent d'un pouce de la M base du chaume, qui d'apiès nous appartient à la même )) articulation qu'elles , et ne formait , dans le principe » de sa végétation , qu'un même système avec elles. » La manière dont M. de La Harpe a généralisé le fait nous portait à croire que l'auteur avait pris une toute autre feuille pour la feuille parinerviée (nob.). Car ce fait est bien loin de se présenter sur toutes les grami- nées à tige rameuse , ainsi que l'a avancé l'auteur , soit qu'on entende par tiges rameuses les tiges aériennes dont les bourgeons se développent en rameaux , soit qu'on en- tende les liges gazonnantes. D'un autre côté, nous avions expliqué un fait analogue , quatre mois avant la (77) publication de la note de M. de La Harpe , dans une note lue à la Société d'Histoire naturelle , et nous avions distribué des individus ofi'rant ce phénomène. M. de La Harpe était présent ; et pourtant il ne nous a pas opposé cet exemple qui aurait fixé l'état de la ques- tion , dans le cas où il aurait entendu parler d'un phé- nomène analogue. Comme nous croyons cependant que c'est de ce fait que M. de La Haipe a voulu parler, et que le doute qu'il a fait naître dans notre esprit ne vient que de la généralité de l'application ; nous nous ferons un plaisir de consigner dans cette réponse l'explication que nous avions donnée à la Société d'Histoire naturelle -, nous y joindrons en outre la figure^ pi. ^4 , fig. i- Lorsqu'on fait germer dans l'eau des graines de Zea mays , expérience que nous avons été obligés de répéter bien des fois depuis que nous nous occupons de la fa- mille des Graminées , on voit dans le principe les deux nervures de la feuille parinerviée s'insérer exactement sur le point où s'insère la nervure médiane du cotylédon. (Ces deux nervures donnent souvent naissance à leur base à deux radicelles qui se glissent de bas en haut entre cette feuille et notre cotylédon. ) Mais quelque temps après ces deux nervures herba-. cées commencent à séparer leur base de celle du coty- lédon , et cette séparation s'accroissant de jour en jour forme une espèce d'entre-nœud (fig. i, su) entre la feuille parinerviée et la base de cotylédon. Cet entre-noeud donne même naissance à une foule de radicelles (poo, fig. i) qni partent de chacune des nervures intérieures qu'il recèle. Ce fait-là, au premier coup d'oeil , semble contrarier le ( :8) principe que nous avons appuyé, au jugement Ac M. â-" La Harpe, sur des fnils nombreux, clairs et irrécusables. Cependant ce n'est ici qu'une apparence bien capable , il est vrai, d'en imposer, si l'on s'arrête là , mais bien facile à expliquer si l'on applique aux recherches végétales la méthode sans laquelle la zoologie n'aurait pas fait un pas; je veux dire les dissections anatomiques qui pour- suivent un vaisseau jusqu'au point le plus caché de son origine. On admettra avec mol i°. qu'une feuille de Grami- nées, quelle qu'elle soit, s'insère toujours sur une articu- lation. 2° Que le tissu cellulaire de deux organes concen Triques peut s'agglutiner en un seul tissu , et que pour la distinction des organes, on ne doit tenir compte que de la distinction des vaisseaux. Or, en coupant par ron- delles successives et de haut en bas l'entre-nœud dont nous parlons (fig. i, s,t, u), et en commençant au point où les deux nervures herbacées disparaissent aux yeux (s) on pourra s'assurer que ces deux: nervures , bien loin de s'insérer sur l'articulation qui semble les supporter, descendent au-dessous de l'articulation elle-même (l). On peut les suivre distinctement jusqu'à une dislance plus ou moins voisine du cotylédon. Il est vrai qu'elles dimi- nuent en diamètre; mais qui ne sait pas que plus uu vaisseau , une nervure , un chaume même , s'éloigne du contact immédiat de l'atmosphère pour s'enfoncer dans les tissus ou dans les enveloppes , plus son diamètre décroît? L'imporlant en ceci est qu'on puisse distinguer les ner- vures des autres vaisseaux de la tige bien au-dessous de l'articulation qui paraît inimédiatement au-dessus du co- tylédon , pour cju'on soit eu droit de conclure qu'elles (79) s'iusèrenl sur rarliciilalion du cotylédon lui-même, el dès-lors l'objection est réfutée. Il faut se rappeler que les nervures ne se distinguent bien à l'œil nu que par les deux lignes vertes qui les bor- dent; quand ces deux lignes ne se forment pas, ce n'est qu'au microscope qu'on peut reconnaître une nervure (vaisseau) ; c'est pourquoi les deux nervures de la feuille parinen'iée , dans le fait que nous décrivons , se distin- guent bien au-dessus de l'articulation où la matière verle s'est formée (/>'), et cessent d'être apparentes sur la partie inférieure qui est restée presque étiolée (tu). Nons désignons le Zea mnys , parce qu'il est plus propre, à cause de son volume , à ces sortes d'investiga- tions. Ces faits se présentent aussi assez souvent sur les plantes qui germent dans la terre. On n'en rencontre presque jamais d'exemple sur les tiges fameuses, c'est-à- dire , sur les û§es aériennes dont les bourgeons se sont développés en rameaux 5 mais au contraire et presque exclusivement sur les tiges souterraines , ou bien encore, quoique plus rarement, sur les tiges gazonnantes, c'est- à-dire , sur celles qui produisent des rameaux parleurs bourgeons basilaires. Nous croyons que c'est de ces der- nières que M. de La Harpe a voulu parler. Quoi qu'il en soit , voilà l'explication que des dissections rigoureuses nous permettent d'en donner. L'auteur nous objecte ensuite que notre principe sur les rapports de la feuille parinerviée avec le chaume ne sauraient s'appliquer aux dicotylédones. Il est éton- nant qu'on fasse à notre système un reproche qu'on n'a jamais osé faire à aucun système antérieur; et qu'on veuille no^us réfuter par les dicotylédones, tout en avouant ( 8o ) que la distance entre celles-ci et les monocolylédoii<''fl est immense. Cependant, afin de ne rien laisser à désirer à nos adversaires , nous essaierons d'appliquer ici en deux mots nos principes aux dicotylédones , en nous ré- servant de fournir d»i plus amples renseignemens dans 'un mémoire spécial. On observe à la base du pétiole du Melianthus minor deux stipules séparées. Nous soutenons que ces deux sti- pules correspondent aux deux nervures de la feuille pa- l'inerviée des Graminées, et ne sont, comme elles, qu'une attenance delà feuille à la base de laquelle ces stipules s'insèrent. Veut -on une pieuve convaincante de celle analogie? elle nous sera fournie par le Meliantlius ma- jor (fig. 3 et 4 - p)- Ce ne sont plus ici deux stipules séparées, c'est une feuille rigoureusement parinerviéc , semblable en tout à une feuille parinerviéc des Grami- nées j ici ce n'est pas de sa base que s'élève la tige ou le pétiole de la feuille (t); mais ce pétiole ne se détache d'elle que vers la moitié de sa longueur, et c'est de ce point qu'elle devient parinerviéc. Quant à l'ordre d'al- ternation, et à la disposition des oi'ganes caulinaires , le Melianthus major ( qu'on me passe l'expression ) est une véritable Graminée , avec la seule dilîerence qu'en général dans les Graminées les nervuies médianes ne se détachent que dans le sein d'une feuille qui gaide elle-même son intégrité , et que dans le 3Ielianthus au contraire les nervures médianes de toutes les feuilles se détachent les unes, pour devenir les pétioles de feuilles ailées avec impaires (t) , et les autres pour devenir une lige (u). Nous ajouterons que dans toutes les espèces dicoty- ( «I ) lédones à une seule stipule {Poljgonum, OinhelU- fcres , etc.), celte stipule est toujours marquée d'une large lacune à la partie qui fait face au pétiole. Quand cette lacune membraneuse s'oblitère , la base du pétiole paraît munie de deux stipules. Ce n'est pas ici le lieu de donner plus de développe- meni à ces idées , qui sont aujourd'hui pour nous de la plus grande évidence, mais qu'il serait nécessaire de faire précéder par une démoïislraliou d'un ordre diffé- rent. Nous avons lieu d'être étonnés seulement que l'on trouve singulier qu'une nervure médiane, qui n'est pas un organe simple, mais lui organe aussi composé, quoique moins riche , que la tige la plus grosse , puisse devenir ilorifère. Celte prétendue singularité se rencontre dans tout le système des végétaux- La nervure de la bractée du tilleul ne donne-t-elle pas naissance à un corymbe.^ Cliaque nervure des feuilles des Xjlophjlla ne produit- elle pas un bouquet de fleurs ? M. de La Harpe fait entendre qu'il lui serait possible de prouver que la pression d'un organe voisin suffit pour détruire un vaisseau ; jusqu'à ce que M. de La Hai'pe tienne sa promesse, la foule de nos raisons subsiste, et nous nous contenterons de leur ajouter ici la citation de la fig. i3. de la planche i4 de notre premier mémoire. On y voit que le cotylédon a supporté une forte pression de la part de la plumule , puisqu'il porte vine empreinte profonde-, et pourtant sa nervure médiane est intègre •, la feuille parinerviée qui a exercé cette pression , perd la sienne , et ses deux nervures latérales qui exercent la même pression subsistent dans toute leur intégrité. Ce vni. 6 ( 82 ) n''est donc pas à la compression qu'on peul allrlbucr l'absence d'un organe. Enfin l'analogie que nous avons établie enlrc la panicnlc et le stigmate paraît non moins singulière; il nous serait impossible de répondre à des impressions que la lecture de notre Mémoire aurait pu faire naître : nous ajoute- rons seulement que la nature semble se charger chaque joixr du soin de répondre pour nous. Qu'on lise la mé- tamorphose si bien décrite par M. Dupelit-Thouars d'une foule de trophospermes et de styles changés en tiges feuil - lées(BuU. delà Soc. phil. p. ii'j, 1819). Nous sommes arrivés à la partie que M. de La Harpe reconnaît appartenir à M. Gay -, et dans tout ce que nous avons encore à dire, on sent que ce n'est plus à M . de La Harpe que nous allons répondre. L'auteur établit d'abord que les écailles et les étamincs forment deux systèmes séparés, l'un supérieur et l'autre inférieur. Comme il n'apporte aucun fait en faveur do son opinion, les faits nombreux sur lesqviels nous avons appuyé l'opinion contraire ne peuvent manquer de sub- sister. Il compare le système des écailles au périgone interne des joncs \ nous admettons cette comparaison et même nous retendrons bientôt à des organes d'un ordre supé- ïieur 5 mais le périgone interne des joncs alterne avec le périgone externe d'un côté et de l'autre avec les trois étamines ; qu'on nous démontre cet ordre d'alterualiou ( que nous regardons comme invariable ) à l'égard des écailles , et dès lors nous conviendrons que les écailles forment dans les Graminées un système séparé de l'appa- reil des étamines. La forme des écailles du Bainbusa ( 83 ) parait à l'.iiUeur le type normal de toutes les écailles des Graminées; il nous semble qu'il aurait fallu prouver pi'emièremenl celte idée avant de l'employer comme preu- ve. Car en rétinissant au genre Bainhusa notre genre Stipa qui comprend le Pipiatherutn et l' Olyra^ et eu y ré- unissant même V ^nindo festucoïdes de Desf. , ce qui for- merait environ une vingtaine de bonnes espèces, nous de- manderons comment, sans auire preuve, on peut i-cgarder le type particulier à vingt espèces comme le type normal d'une famille qui renferme des milliers d'espèces à type différent? Nous demanderons secoudement comment il se fait cpie l'écaillé médiane des trois que possèdent ces vingt espèces , et cjui , d'après l'auteur, repi'ésenteiait la nervure médiane des autres bractées , comment il se fait , dis-je , qu'elle soit toujours plus courte cjue les autres et qu'elle soit toujours la première à s'oblitéi'er ? Eufiu nous admettrons que les écailles ternées sont le type normal des écailles des Graminées ; mais que fait cette supposition à notre théorie? Il aurait fallu prouver d'avance qu'en l'admettant comme prouvée , notre opi- nion devenait inexplicable : or, c'est ce qui n'est pas , ainsi que nous lavons déjà démontré dans notre Mémoire d'une manière, je pense, satisfaisante, quoique abrégée. JNous ne croyons pas abuser de l'attention de nos lec- teurs en proUtant de cette circonstance pour donner plus d'étendue à la démonstration. Les écailles ne formant entre elles qu'un seul et même système , que nous avons comparé à une corolle , opi- nion que nos adversaires adoptent , il est évident que pour rcconnaitre le point médian qui alterne avec le sys- tème inférieur, ce n'est plus aux divisions do cette co- ( «4 ) rolle qu'on doit avoir recours. Car le Cohœa scandens divise sa corolle en cinq au sommet 5 mais on peut tous les jours rencontrer une foule de ses corolles qui se divi- sent en quatre et même en trois jusqu'à la base. Or serail- on eu droit de regarder ces scissures du tissu cellulaire comme des types normaux? La paillette inférieure du Deschampsia divise son sommet en quatre dents; serait- on en droit d'admettre que le nombre pair est essentiel à ce geni-e? La nervure médiane qui devient une arête basi- laire réfuterait , je pense , cette supposilic|n. Enfin c'est le tissu cellulaire qui, en sedécliirant, fournit ces divisions, et ce n'est point sur le tissu cellulaire que se fonde l'ordre d'alternation. Or, pour mettre la démonstration dans tout son jour , je me servirai de la paillette imique du Mihora , qui est une véritable corolle monopétale composée de tissu cel- lulaire et li^aversée de nervures parallèles , ainsi que la corolle du Cohœa scandens. Je suppose maintenant que trois de ces nervures se détachent, soit comme arêtes , soit pour devenir filamens des étamines \ l'espace qu'elles occupaient longitudinalemeut ne sera plus qu'une la- cune que la tension des autres nervures et le développe- ment des organes de la fructification fendra du haut en bas. Dans celle circonstance on aura trois vaisseaux iso- lés et trois divisions pétaloïdes alternant avec eux , c'est- à-dire , on aura les écailles et les étamines des Stipa , Olyra^ Piptathennn. Si les tilamens se forment aux dé- pens des deux vaisseaux extrêmes de celle espèce de corolle , ces deux vaisseaux n'étant presque pas sépa- rés entre eux , au lieu de trois divisions pélalôïdes , ou n'eu aura plus que deux et trois vaisseaux isolés, et ce ( <'^^> ) sera là le type des Trilicuni, Broinus , Avena, etc. On voit que toutes ces difficultés prétendues s'expliquent le plus facilement en admettant nos principes, et que, sans eux , elles ne présenteraient que des anomalies inexpli- cables. En résumé , ce sont les vaisseaux et non les divisions du tissu cellulaire qui doivent établir l'ordre d'alter- nalion, et l'auteur ne nous a opposé ici que ces der- nières formes ; tous les exemples cités ensuite se trou- vaient déjà expliqués dans notre premier et notre second Mémoire : il serait inutile de nous y arrêter de nouveau. Mais M. Gay, d'après M. de La Harpe , oppose à la masse des faits que nous avons apportés sur le point d'in- sertion des étamines , un fait qu'il a observé sur le Zea ma/y s ; il a pu suivre les étamines plongées dans la sub- stance du réceptacle, au-dessous du point d'insertion des lodicules (écailles). Cette observation ne s'est faite , je pense , que sur les fleurs mâles , en général les fertiles étant femelles et sans aucune trace d'élamines. Nous avions d'abord cru qu'il y avait ici une faute d'im- pression, elc[URU.\ieu de au-dessous, il fallait lii'ertu->) , ei qu'au lieu de s'insé- rer comme auparavant sur la base du cotylédon , elle semble ne partir que de l'articulation {s). Cette insertion n'est qu'apparente et ne pro- vient que de la soudure de son tissu cellulaire avec la tige qu'elle en- gaîne. Car si l'on coupe en {s) une tranclie horizontale (fig. 2 , x s), on verra non-seulement dans le centre les rudimeus de nœuds vitaux qui doivent s'éloigner les uns des autres par le progrès de la végéta- tion ; mais ou apercevra encore sur les bords les deux traces des deux nervures de la feuille parinerviée , séparées par une lacune occasionée par le détachement, d'après nos principes , de la nervure médiane du cotylédon. Si l'on fait inféjieurcmeut à cette première irauche horizontale une tranche au point (t), par exemple , on aura la Irauche ( fig. i , l p) , sur laquelle on retrouvera encore les traces des deux nervures (p) , séparées par une lacune. Dans le centre il n'existe pas la moindre image de nœud vital. On peut, en faisant d'autres tranches infé- iicures il [t), suivre ces deux nervures jusqu'en ( 11 , fig- i ) est le bourgeon enveloppé par la feuille parinerviée et qui s'épanouit rarement dans nos climats ; [x') est le bourgeon enveloppé encore par la feuille parinerviée [p') et qui doit s'épanouir. Ce .bourgeon (.r') , dans les Graminées , est enveloppé par une feuille intègre , c'cst-à- tlire , dont la nervure médiane ne s'est pas organisée séparément eu pétiole. Cependant dans les locustes vivipares ou trouve une (ouïe d'or- jiauisations semblables h celle du Melianthits. ( 90 ) Hemarques sur quelques Oiseaux pelagiens , et particulièremerit sur les Albatros ; Par M. Marion ue Procé, CoiTespondant de la Société d'Histoire naturelle de Paris. Après tout ce qui avait été écrit sur les Oiseaux pela- giens , les naturalistes des deux dernières expéditions de découvertes entreprises par 1e gouvernement français , aidés des travaux de leurs devanciers , ne pouvaient plus, à ce c[u'il semble , s'occuper de ces oiseaux sans fixer d'une manière précise lu ^lomenclalure de leurs espèces, les liaLitudes qui les di Jliaguent , et la patrie propre à chacune d'elles. Il n'en a point été fiinsi. Les Mémoires qu'ils viennent de publier sur ce sujet offrent des dissidences assez mar- quées pour qu'apiès leurs travaux il reste encore bien des doutes à éclaircir sur les divers points queje viens de signaler. C'est dans l'espoir d'éclaiixir quelques - uns de ces doutes , et particulièrement ceux qui ont trait à l'histoire des Albatros , queje me propose de jeter un coup d'oeil sur les faits consignés par MM. Quoy et Gaimard dans le N° d'août dernier des Annales des Sciences natu- relles , et par M. Lesson, dans le N° suivant du même recueil. C'est avec raison , à mon avis , que les premiers de ces naturalistes n'ont compris dans les oiseaux pelagiens , proprement dits , que les Albatros et les Pétrels. C'est à tort , par conséquent , que M. Lesson y a joint les Paille- ( 91 ) en-qucue. Comment , en efTet, peul-il les ranger parmi les oiseaux de haule-mer? Les a-t-il jamais vus séjour- ner sur les flols , s'y reposer, y dormir, comme le font les premiers? Il dit les avoir rencontrés au milieu des es- paces les plus dégarnis de terre 5 mais il n'indique pas pré- cisément dans quels parages et à quelles distances des côtes , ce qu'il était important de noter. La plupart des navigateurs s'accordent à dire que les Paille-en -queue ne s'éloignent pas à plus d'iuie centaine do lieues des terres. Quand il serait vrai que M. Lesson en eut aperçu à des distances plus éloignées , ce qu'il ne dit pas , ce fait isolé ne prouverait rien contre mie foule de faits attestés par des témoins recommandables ; ce ne serait qu'une exception d'autant moins concluante qu'il ne suffit pas qu'un oiseau se montre à cent et deux cents lieues deterie pour qu'il doive être rangé parmi les oiseaux pélagiens -, il faut encore que lès habitudes de cet oiseau prouvent qu'il peut rester dans cette situation pendant des jours , des mois et même des années 5 sans cela , rien n'empêche- rait que certains oiseaux de terre , les hirondelles , par exemple , ne pussent être classés parmi les oiseaux péla- giens. La séparation que MM. Quoy et Gaimard font des Pé- trels et des Albatros d'avec les autres oiseaux marins , sous le lili'e d'oiseaux pélagiens proprement dits , semble annoncer que ces naturalistes ont bien compris la ma- nière de vivre de ces palmipèdes. On pourrait cepeiidant concevoir des doutes à cet égard , lorsqu'on lit en propres termes , dans leur Mémoire , que la présence des Alba- tros et des Pétrels n'est point un indice assuré de l'ap- proche des terres ^ ce qui laisserait à penser que c'est du (9^ ) moins un indice (3e quelque valeur. Une pareille asser- tion est évidemment luie erreur : rien, en eflet, n'est mieux constaté aujourd'hui que la présence des Albatros et des Pétrels à toute distance de terre , dans la ^^ste por- tion de l'hémisplière austral qui s'étend au-delà du So*^ de latitude. Sans dire que j'en ai continuellement ren- contré dans la vaste mer qui s'étend entre le Si*' et dg^ parallèle sud, depuis o° de longitude jusqu'à 102" de longitude orientale, je pourrais citer les voyages de Gook, de Vancouver, de Lapej^rouse, de Labillardièrc , de Pé- ron, etc., et appeler en témoignage une foule de maiûns, pour prouver que les Pétrels et les Albatros se rencontrent partout dans la vaste ceinture de mer de l'hémisphère austral, qui s'étend depuis le 3o^ jusqu'au 66® paral- lèle. On eût pu désirer que , dans un Mémoire qui avait pour principal objet de fixer la patrie des oiseaux mai'ins, MM. Quoy et Gaimard ne se fussent pas contentés de dire que, bien que les Albati'os appartinssent plus spé- cialement à riiémlsphère antarctique, oji prétendait qu'il y en avait beaucoup au Kamtschalka. Le fait, pour le dire en passant, est assez patent aujourd'hui pour ne plus devoir être cité comme une simple opinion. J'ajoute qu'il eût été intéressant de s'assurer si l'Albatros du Kamts- chatka est réellement , comme le dit Pennant , le Dio- medea eoculans , et, dans ce cas , d'expliquer comment , en opposition à une loi qui ne souflre guère d'exception, un oiseau des hautes latitudes australes a pu se transpor- ter dans les hautes latitudes de l'hémisphère du Nord. Quant à la nomenclature des espèces du genre Alba- tros , les auteurs des deux Mémoires que j'examine ne (93) sonl nullcfiienl d'accord. MM. Quoy et GaimarJ réu- nissent le Diomedea exulans et le Diomedea spadicea, pour n'eu faire qu'une espèce, et admettent ensuite, comme espèces distinctes, le Diomedea cldororhjncus^ Gm. , le Diomedea fuh'ginosa , Gm. , et le Diomedea sinensis , L. , tandis (]ue M. Lesson admet comme espè- ces distinctes le Diomedea exulans et le Diomedea spa- dicea ('ju'il appelle à tort Albatros fuligineux, au lieu d'Albatros couleur de chocolat), et ne reconnaît, en outre , que le Diomedea chlororhjncus et une espèce qu'il a découverte , et à laquelle il donne le nom d'Al- batros à épaulettes (Diomedea epom.ophorà). J'avoue que je suis tout-à-fait de l'opinion de MM. Quoy et Gaimard sur ce point , et que je m'étonne cjue M. Les- son ait pu se décider si facilement à mettre en doute l'existence du Diomedea fuliginosa et du Diomedeei si/iensis ,• il lui eut suffi de jeter un coup d'œil sur la col- lection du IMuséum du Jardin du Roi pour maintenir ces espèces et pour se bien persuader qu'en mer il n'au- rait pas pu confondre le Diomedea fuliginosa avec le Diomedea spadicea. J ai eu occasion de voir beaucoup d'Albatros fuligineux , particulièrement par d()° de lati- tude sud et 60'' de longitude orientale, et je puis affirmer qu'en raison de leurs couleurs , de leurs formes et de leur port en général , il est impossible , à l'œil le moins exercé , de les confondre avec n'importe quelle autre espèce d'Albatros. Quant à celle que M. Lesson décrit sous le nom de Diomedea epomophora , je crois qu'on doit attendre de nouvelles observations avant de décider qu'elle n'est pas tout simplement une de ces variétés innombrables qui ( 94 ) s'observent dans l'espèce que l'on a désignée sous It .^ noms de Dioniedca exulans et de Diomedea spadicen . J'ai dit que j'adoptais volontiers la nomenclature di; MM. Quoy et Gaimard et que je pensais que le Dloiv.c- dea spadicea et le Diomedea exulans ne formaifnt qu'une seule espèce. C'est une opinion que j'avais déjà émise dans lui Mémoire que j'eus l'honneur de commu- niquer à la Société philomalique , dans l'une de si;s séances de l'année 1822. Je pense qu'il ne sera pas dé- placé de reproduire ici ce que je disais alors sur les ha- bitudes elles variété^ de plumage de ces grands volaliles. « Par les 34° de latitude sud et 91° de longitude orien- tale nous rencontrâmes un grand nombre d'Albatros , attirés par l'appât que leur ofïrait le cadavi'e d'un énorme cétacé. Arrivés tout auprès de cette masse infecte, nous nous trouvâmes entourés de ces oiseaux ; les uns volaient majestueusement autour de notre navire ; d'autres , re- posés sur l'eau , le regardaient passer avec indiflérence ; quelques-uns s'enfuirent , mais la plupart reslèrent au- tour du cadavre qu'ils étaient occupés à dépecer , sans paraître s'apei^cevoir de notre passage. Le canot mis à la mer, nous fûmes bientôt au milieu des Albatros : là nous pûmes choisir nos victimes. On les eût pris à la main si on n'avait pas craint leurs morsures 5 mais pour éviter ce danger, sans risquer de gâter le beau plumage de ces oiseaux que nous nous plaisions à contempler, nous les étourdissions à coup d'aviron , et nous les hissions en- suite dans notre canot : de cette manière nous en prîmes huit en moins d'un quart d'heure. M L'ignorance où ces oiseaux pouvaient être de la puis- sance de l'homme n'était pas la seule cause qui les era- (95) pèchàlde fuir; ils ont tant de peine h prendre leur voî, quand ils sont une fois reposés sur l'eau , que pour en- treprendre de le faire , il faut qu'ils y soient contraints par un motif très-puissant. On les voit alors courir sur Feau l'espace de plus de quarante à soixante toises avant de réussir à s'élever : il est vrai qu'en nageant ils fuient avec une grande vitesse, et que , plusieurs fois , nous avons vainement essavé d'atteindre à force de rames ceux que nous avions blessés. » Lorsque nous avions frappé l'un de ces gros oiseaux, on le voyait promener pi'écipitamracnt sa tête de côlé et d'autre , et chercher autour de lui la cause de la don- leur qu'il éprouvait. On a comparé le cri de cet animal au braiement de l'àne : je trouve qu'il tient à la fois du grognement du cochon et du hennissement du cheval. M Ces huit Albatros , et tous ceux qui arrêtèrent notre attention , parmi les deux à trois cents individus dont se composait leur troupe , me parurent de la même taille, et j'oserais dire de la même espèce , quoiqu'il n'y en eût pas deux qui présentassent exactement les mêmes cou- leurs. C'est cette diversité extrême qui me porte à croire c[u'on ne doit pas chercher dans leur plumage un carac- tère pour la distinction des espèces. Enefi'et, il y en avait d'entièrement roux , d'autres l'oux sur le dos , avec la tête et le ventre blancs; plusieurs étaient bruns , avec la partie antérieure de la têle et le dessous des ailes du plus beau blanc-, d'autres avaient seulement le dos gris; quelques-uns enfin étaient tout blancs. Que l'on ne croie pas , au surplus , que ces dilférences provinssent de celles de l'âge ou du sexe -, tous , je le répète , étaient delà plus grande taille, de dix à onze pieds d'envergure. ( ',t>7. Le maximum de température paraît avoir lieu à la fin d'août et être compris entre 16° et 1^** cen- tigrades. Dans ces mêmes mois on observ-e des variations considérables dans la température , et le iliermorfnèire parait s'abaisser souvent pendant la nuit à 0° , et peut- être mêmeà — 1° ou — a''. Quant au minimum de tem- pérature pendant l'hiver, il a été impossible de le déter- miner. Toutes ces circonstances assimilent assez exacle- ment ce climat à celui des pays compris entre 65° et 70*^ de latitude nord. La sommité du pic se découvre de neige vers le milieu ou la fin de juin , et c'est vers celte époque , et surtout au commencement de juillet, que les premières fleurs se développent : ce sont principalement les Véroniques et les Primulacées. En août, la floraison devient gé- nérale ; c'est l'époque des plantes d'élé : en septembre ( 99 ) elle se soulicul encore ; c'est le monieut de la floraisou des plantes automnales : elle cesse à la fin de ce mois. Ainsi les huit à neuf mois pendant lesquels dure la vé- gétation dans les plaines qui occupent le pied de ces montagnes sont réduits à trois à cette élévation. i33 plantes composent toute la f^lore des sommets du pic , savoir : Ga Cryptogames et 71 Phanérogames ; encore M. Kamond pense -t- il que plusieurs des premières , quelques lichens imperceptibles, des mousses dépour- vues de fructification , ont échappées à ses recherches. Les lichens composent la majeure partie des Cryptoga- mes ; 5 I espèces y ont été ohservées , tandis que les hé- patiques , les mousses et les fougères ne préseutenl que Il espèces. Les 7 1 espèces de Phanérogames appartiennent à 5o genreseï à aS familles -, de ces familles les principales sont : Les Synanii-érées , qui forment ^ du total des Pha- nérogames ; Les Cypéracées et les Graminées réunies , ^ Les Crucifères , Les Caryopbyllées , Les Primulacées, Les Saxifragées , Les Rosacées , Les Légumineuses , Les autres familles sont réduites à i ou 2 espèces , et le seul végétal ligneux de cette petite Flore est le Salix retusa . Sur ces ^i .espèces phanérogames, cinq seulement sont annuelles , une parait bisannuelle , et les 65 autres sont vivaces. ( loo ) Après avoir ainsi formé le tableau de la végétation du pic , M. Ramund la compare à celle des régions arcti- ques , el il prend pour terme de comparaison Tile Mel- ville, située sous le 74° ^^ laiitude, dans le fond du golfe de Baffin , et dont les derniers voyageurs anglais nous ont fait connaître la triste végétation. L'aspect général des végétaux de celle lie et de ceux du pic du midi , les familles auxquelles ils se rapporteur, les genres même dont ils fout partie «ont presque eu tout semblables ; plusieurs espèces sont même identi- ques ou diffèrent à peine , el sont pour ainsi dire les re- présentans les unes des autres 5 cependant les propor- tions des diverses familles sont en général fort ditîéren- tes. Ainsi les Caryopliyllées et les Rosacées sont les seules familles dont le nombre proportionnel soit à-peu- près le même •, les Cypéracées , les Graminées , les Saxifragées , les Crucifères , sont beaucoup plus nom- breuses à nieMelville-, les Composées , lesPrimulacées, les Légumineuses, au contraire, sont plus fréquentes sur le sommet du pic du midi. Il en est de même des Cryptogames ; ce sont les Lichens qui prédominent sur le sommet des Pyrénées 5 à l'ile Melville ce sont les Mousses. Ces différences semblent annoncer que si l'a- nalogie des deux climats a déterminé le développement de végétaux appartenant aux mêmes familles , des diffé- rences sensibles dans plusieurs des circonstances atmo- sphériques ont produit le plus ou moins grand dévelop- pement de certaines familles. ( ior ) Notice sur le terrain d'uàlençon et de ses environs ; Par M. Hérault, Ingénieur en chef au corps royal des Mines. Dans plusieurs quartiers d'Alençon , et particulière- ment dans celui du Cours , il existe , près de la surface du sol , une couche d'argile jaunâtre dont l'épaisseur est d'environ quatre mètres. Comme elle n'est recouverte que par la terre végétale ou le pavé , il n'est pas possible d'assigner d'une manière bien certaine à quelle forma- tion elle appartient : on pourrait présumer cependant qu'elle fait partie du terrain oolilhiquc qu'elle recouvre. Elle contient quelquefois des groupes de cristaux de ba- ryte sulfatée. On trouve assez souvent de ces masses cristallines en creusant les caves des maisons à Aiençon 5 leur diamètre moyen varie de 3 à aS centimètres : elles sont d'un jaune sale à l'extérieur , et légèrement bleuâ- tres dans leur intérieur. La couche d'argile qui les ren- ferme se rencontre également dans quelcpies portions du territoire de Damigny, et notamment dans la terre de M. de Villers. Elle contient aussi , mais beaucoup plus rarement, des fragmens plus ou moins volumineux de spath calcaire. Elle repose , partout où l'on a eu occasion de l'observer, sur les couches d'un calcaire oolilhique, ordinairement très-blanc, et quelquefois grisâtre ou bru- nâtre, qui correspond, je crois, à la partie inférieure de celui auquel on a donné dans le Calvados le nom de Cal- caire à polypiers. ( 102 ) Cette oolilhc offre fréquemment des géodes tapissées de cristaux de chaux caibonatée métaslalique , qiii sont presque toujours accompagnées de baryte sulfatée crêtée. On voit au -dessus , dans les carrières voisines de l'an- cienne route d'Argentan , trois petites couches de marne; dans celles du pont du Frcsne, elle renferme beaucoup d'encrinites et repose immédiatement sur le granité. Je dois à l'obligeance de M. Meurgar , notaire à Alençon , un échantillon de cette dernière roche , sur laquelle on voit des ooliihes. Sur le chemin de la Poolé , un peu avant d'arriver Aux exploitations de granité du Hertré , on trouve ime carrière qui est ouverte dans un calcaire presque entiè- rement formé de lamelles spathiijues , et parfaitement semblable à celui que présente souvent, dans les arron- dissemens de Caen et de Bayeux , la partie moyenne du calcaire à polypiers. Les carrières qui sont proches de l'ancienne roule d'Argentan offrent aussi plusieurs bancs qui contiennent également beaucoup de lamelles de la même nature. Des bancs calcaires , analogues à ceux que je viens de décrire , se présentent aussi très - fréquemment dans le calcaire à oolithes supérieur (oolithe d'Oxford); mais comme , d'après les observations de M. Jules Desn.oyers, l'oolithe des environs de Lisieux, qui fait partie de ce ter- rain, est la même que celle de Mortagne, et que cetle der- nière est de beaucoup supérieure à l'oolithe de Mamers , laquelle se lie avec le calcaire d'Alençon , il s'ensuit naturellement que celui-ci ne peut pas appartenir au calcaire à oolithes supérieur. Dans le quartier du Cours , à Alençon, les oolithes ( '-^ ) blanches pures sont superposées à un grès quarzeux à grains fins, parsemé de gros grains et même de petits galets de quarz laiteux et de quarz gris ordinaire. Ce grès a «ri ciment qui est en partie calcaire ; il contient des géodes qui sont tapissées , comme celles des couches qui le recouvrent , de baryte sulfatée crêlée et de cris- taux de chaux carbonatée mélastatiques : seulement ces derniers sont , en général , un peu plus petits que ceux que renferment les géodes du calcaire oolithique. On y voit encoi'e des ammonites , des térébratules lisses et plissées , une très-grande coquille bivalve , ainsi que des fragmens madréporiques gris ou d'un bleu grisâtre , que Ton confond au premier aspect avec les gros gi'ains quar- zeux. La même roche renferme deux bancs d'un autre grès quarzeux à grains fins, gris-noirâtre _, à ciment quarzeux, et qui ne contient cpie queli[nes petits grains calcaires. Au - dessous on trouve une troisième variété de grès quarzeux qui est cellulaire , friable , roussâtre ou brii- nâire , et dont les parties calcaires paraissent avoir été enlevées, presque en totalité, par un dissolvant. Il est infiniment probable que , si on creusait davantage , on ne tarderait pas à rencontrer le granité, A l'entrée (du côté de la ville) du faubourg de Mon- sort , sur la rive gauche de la Sarthc , le grès quarzeux à grains fins , parsemé de gros grains , n'est recouvert que par une couche d'argile mélangée de fragmens de calcaire oolithique ; il présente plusieurs bancs fort durs, que l'on exploite auprès de l'ancienne Sénatorerie pour faire des pavés. On en extrait aussi, pour le même usage , de diverses carrières situées les unes dans le voi- ( »o4 ) sinage de la roule de Bretagne , et les autres dans le dé- parlemenlde la Sarllie. A la sortie du faubourg précité, du côté de Mamers , toutes les carrières que l'ou ren- rontre sont ouvertes dans un calcaire oolithique peu con- sistant. Dans une Histoire d'Alençon , imprimée en i8o5, ou donne au grès quarzeux de cette ville les noms de pou- dingue et de granitin , et on indique qu'il contient des gryphites , des huîtres , des pétoncles , des buccins , des oursins, etc. D'après ce qui précède , il paraît que le sol sur le- quel est bâtie la ville d'Alençon appartient au calcaire à polypiers , ou partie supérieure du système inférieur d'oolitlies. ( Voyez mon Mémoire sur les Terrains du Calvados , édition de 182(3.) Ce terrain s'étend à une assez grande distance au nord , à l'est et au midi de la même ville ; mais à l'ouest , son étendue est très - bor- née , et l'on trouve , à moins de 2 ou 3 kilomètres , le granité passant souvent au pegmatite , qui renferme le kaolin , le cristal de roche , dit diamant d'Alençon , et l'émeraude , qui ont été cités dans plusieurs ouvrages : Carrières du pont du Fresne , commune de Damignj. 1°. Terre végétale o"^»- 33<:- 2". Plaques minces et non continues de calcaire à oolitlies blanches ou grisâtres , mélangées de sable oolitliique contenant beaucoup d'articles de l'encrinite pentacrinite , avec quelques pe- tites couches d'argile 3 » 3\ Ooolithes blanches ou grisâtres, en bancs peu épais , avec quelques petites couches d'argile. 3 16 4". Granité « « ( io5 ) Puits creusé dans la rue du Cours , à Alençon. 10. Argile jaunâtre , barytifèrc ^ /J mit. « c. 3". Onze bancs d'oolithes blancbes pures, très-fines. 3 65 3°. Grès quarzeux, parsemé de gros grains de quarz laiteux ou ordinaire o 64. ,4°. Grès quarzeux à grains fins , noirâtre o 5(i 5". Grès quarzeux , parsemé de gros grains de quarz laiteux ou ordinaire i 3o G^i. Grès quarzeux à grains fins , noirâtre o 5o 9°. Grès quarzeux cellulaire, friable et brunâtre, con- tenant beaucoup de gros grains de quarz. . . i » Carrière du faubourg de Monsort, près de V ancienne Sénatorerie. 1". Argile mélangée de fragmens oolithiques 1 met. » c. 1° . Plusieurs bancs très-durs de grès quarzeux , par- semé de gros grains de quarz » » jN^ote sur la Naturalisation de la Cochenille en Espagne ; ( Extrait d'une lettre adressée à l'Acadéinie des Sciences. ) Par M. le colonel Bory de Saiwt-Vincest. Je reçois de Madrid , par la voie du respectable bota- niste, M. Pavon , la note ci-joiute qui , je crois , mérite tout l'intérêt de l'Académie. « D'après l'édit que le consulat royal de Malaga publia le 29 mars de la présente année , on a vu dans les envi- rons de cette ville , avec intérêt et admiration , la natu- salisatioii complète de l'insecte de la Cochenille. Elle est maintenant assurée à jamais. (io6) « M. le docteur Joseph Présas , déjà connu en Europe pour avoir élë le secrétaire particulier de la reine actuelle de Portugal lorsque sa majesté était au Brésil, écrivit une Instruction fort détaillée pour faire connaître le mode de culture du Nopal , ainsi que la manière d'élever la Cocheuille. Celte instruction , recueillie par de zélés espagnols , fut publiée à Malaga vers le comflièncémént de 1825. Dès -lors on songea à s'y approprier l'une des principales richesses du Nouveau -Monde : on fit des plantations de cactes , on se procura la Cochenille , et les personnes qui songèrent à s'adonner à ce genre de cul- ture ayant suivi scrupuleusement les procédés de l'in- struction , ont été payées cette année de leurs soins d'une manière incroyable. Elles ont procuré à l'Espagne une source de richesses que nulle autre partie de l'Europe ne possède et ne pourra peut-être posséder. )) M. le docteur Présas a non - seulement prouvé de grandes connaissances en histoire naturelle par la pu- blication de son Mémoire , mais encore son patriotisme par le zèle et l'activité qu'il a mis à diriger lui - même l'entreprise dont on a retiré déjà de grands fruits. » Ayant été plusieurs fois à Malaga en diverses saisons, je puis ajouter à la note que je dois à M. Pavon quelques renseignemens qui prouveront à l'Acadénîie combien ce doyen des botanistes espagnols a raison , quand il re- garde comme à jamais assurée dans sa patrie l'acclima- tation d'im insecte si précieux. La température de Malaga est l'une des plus égales de l'Espagne : il n'y gela jamais , le thermomètre u'y descendit au-dessous de 8° de Réau- mur dans aucune circonstance , et le sucre s'y cultive en pleine terre , ainsi que le colon , dont on tire depuis C 107 ) t|uinze ans de grands revenus. J'y ai vu le Schinus molle; portant des fruits, le bananier et l'anone, mûrissant partout en pleine terre. Il est peu de plantes de la Flore atlantique de notre savant confrère M. Desfontaines, que je n'y aie retrouvées , et les cactes y couvrent natu- rdlement tous les rochers maritimes. La quantité de ceux-ci y est si considérable , que Tan n'avait même ja- mais pris la peine d'en cultiver, encore que dans la sai- son les fruits de ces plantes , appelées vulgairement Jigues de Thunas , fussent la nourriture d'une grande partie de la pauvre population. Ce sont des enfans et des femmes qui vont recueillir ces fruits le long d^s rivages ou sur les x;6tes rocailleuses , pour en alimenter les mar- chés publics. Comme au Nouveau-Monde , il est tel es- pace pierreux où ces cactes sont si pressés qu'on n y pourrait pénétrer sans s'exposer à de terribles piqûres. En considérant qu'il ne pleut presque jamais à Malaga , et en aucune circonstance vers l'époque où la Cochenille pourrait redouter l'humidiié , on sent que nul lieu ne pouvait être mieux choisi pour rivaliser avec le Mexique. Au reste, pour donner une idée exacte du climat fortuné de cette ville , je me bornerai à dire à l'Académie qu'an temps où mon ami feu Zéa en était préfet, nous plantâmes ensemble dans son jardin deux pieds de café , que nous avions fait porter des serres de Madrid , et que nous avions semé une planche à'Indigofera anil qui , ayant merveilleusement prospéré et passé deux hivers sans nccidens , étaient en pleine floraison et fructification quand nous évacuâmes Je pays. ( 1-8 ) Additions au Mémoire ^e M. Gîroii de Buzarein- gues , sur V Jnjliience que le père et la mère exercent dans la production des sexes. Nous avons fait connaître précédemment {^Ann. des Se. nat. , lom. v , p. 21) les recherches curieuses de M. Girou. Depuis celte époque, les résultats auxquels il est parvenu nous ont fourni de fréquentes occasions d'en discuter les conséquences avec des personnes très- versées dans l'élude de la statistique, et nous les avons toujours trouvées dans les dispositions les plus favo- rables pour le système que cet habile observateur cherche à établir. Nous pensons , en conséquence , que nos lec- teurs nous sauront gré de les tenir au courant des re- cherches de M. Girou sur celte importante question. Voici les principaux faits que nous trouvons dans uu Mémoire qu'il vient de nous adresser. On a fait, dit-il, aux observations que j'ai publiées sur la reproduction des animaux domestiques le juste reproche de n'être pas assez nombreuses : ou eut pu ajouter que les faits qui en étaient l'objet n'étaient pas authentiques. Afin de prévenir ce second reproche, j'ai conçu le des- sein de faire une série d'expériences que seraient appe- lés à constater des commissaires désignés, soit par l'au- torité , soit par les Sociétés d'agriculture. Animé de ce dessein, j'ai donné connaissance aux Comices agricoles de Sévérac , dans leur séance du i3juin 1825, des observations qui ont paru depuis dans quelques journaux , et , après leur avoir annoncé qu'une partie de mon troupeau , qui était déjà marquée , mo ( 109 ) donnerait au prochain agnelage un pins grand nombre relatif de femelles que Taulre partie , j'ai prié l'associa- tion de charger deux de ses membres de constater le ré- sultat de cette expérience. Ce soin a été confié à MM. Al- bert Molinier et Cournuéjouls. Lorsque l'agnelage a commencé , j'en ai donné avis à ces deux commissaires, qui ont pris la peine de vérifier les résultats de l'expérience-, et, comme ils ont bien voulu me laisser des notes signées de leurs recensemeus, je puis , dès ce moment , en présenter le relevé comme authentique; mais je dois rapporter l'expérience avant d'en dire les résultats. Au commencement de juin 1820 , et immédiatement apiès la tonte , j'ai marqué avec du noir de fumée dé- layé diins de l'huile de noix une centaine de brebis qui n'avaient pas poi lé î'aiiuée précédente , et qu'à cause de remborqioinl (pii est une suite de cette circonstance , oj» ap[)clle turgos dans l'idiome du pays, mot dérivé, sans doute , du latin tuigeo ; je leur ai donné de suite quatre bélifis amenais. C'est de celte partie du trou- peau que j'attendais le plus de femelles ^ le restant , en nombre à -peu -près double, se composait des portées de 18 24' Je me proposais de confondre ces deux divisions , après que la monte de la première serait censée termi- née , et de substituer alors aux béliers antenais des bé- liers de quatre ans, très - vigoureux 5 mais, obligé de m'absenler pendant les derniers jours de juin , et les mois de juillet et d'août, je n'ai pu suivre la monte, et l'agnelage m'a appris que mes brebis largues n'ont pas été létoudées par leurs béliers amenais , soit qu'ils ue (nu) fussent pas assez forts , soit parce que , d'ordinaire , ces sortes de brebis ne sont fécondées qu'après avoir été saillies à différentes reprises \ enfin elles n'ont retenu qu'après que tout le troupeau a été confondu et soumis à la monte des béliers de quatre ans. L'inHuence des bé- liers est donc nulle sur les rapports qui ont été l'objet de cette expérience. Mon troupeau se compose de mérinos de pure race et de métis. Ainsi , au moment de l'agnelage , mes brebis ont été divisées en deux parties : i". targues de 1824 ; 2**, non turgues , et chacune de ces parties en deux sec- lions : 1°. mérinos ; 1^. métis. La première partie a donné : 1** section 9 mâles , 24 femelles. 2' section 27 mâles, 29 lemelles. Total iSG mâles, 53 femelles. La seconde partie a donné : jTs section 28 mâles, 32 femelles. section ti2 mâles , 54 femelles. 2' Total 90 niâles , t>6 femelles. Or 36 : 53 : : 90 : i32,5. Il faudraitdonc ajouter qua- rante-six femelles à la deuxième partie pour (ju'il y eût égalité de rapports. On observera que le nombre relatif de lemelles a été plus grand dans chacune des sections de la première par- lie que dans les sections correspondantes de la seconde. J'ai fait remarquer dans les observations que j'ai déjà publiées que les mérinos me donneraient plus de fc- ( ITI ) melles que les mélisses , ei j'ai dit pourquoi. Ici les mé- rinos ont donné cintjuanle-six femelles et trente -sept mâles-, tandis que les métisses ont donné quatre-vingt- trois femelles et quatre-vingt-neuf mâles. Noie sur la prétendue Mine d'étaîn de Segur ( Correze ) ; par M. Brard. Depuis environ huit ans , on ne cesse de parler d<'»n'? le Département de la Coi'rèze d'une mine d'Etain décou- verte dans la cave d'un auberge de la petite ville de Segur. On cite à l'appui de celte décoaverle l'existence de deux chandeliers fabriqués avec Téiain provenant du minerai trouvé dans ce singulier gîle. Voici la version générale : « En creusant la fondation de l'escalier de la » cave de l'aviberge de l'Aigle d'or, les ouvriers remar- )) quèrentplusieurs niasses pierreuses, pesantes, extrême- » ment irrégulières et que l'on compare à du mâchefer ^ » leur pesanteur extraordinaire réveilla l'idée d'une » substance métallique; on en porta des fragmens sur la )) forge d'un maréchal et l'on obtint presqu'aussitôt un » métal blanc que l'on reconnut aussitôt pour de l'étain. » Quelques jours après on en fit deux chandeliers qui » ont été vus par M. l'ingénieur Gardien et qui n'exis- » tent plus aujourd'hui. » Plusieurs ingénieurs _, plusieurs capitalistes ont visité le gîte de celte prétendue mine , et n'ont pas peu contri- bué à accréditer cette découverte supposée. J'avoue que le récit même quej'ai rapporté ci-dessus m'avait prouvé d'avance que celte prétendue mine n'en était point une, que l'étain que Vou avait réellement trouvé dans celte cave était le produit d'une fonte de cloche , d'un incendie ou de tout autre accident 5 l'examen des lieux m'a confirmé dans cette opinion. La roche est un Gneiss brun , traversé de loin en loin par des filets de quarz et par des fentes droites plus ou moins larges ; l'une de ces fentes passe en travers de la cave en question. Je n'ai rien trouvé dans ces fissures ; et de l'aveu même des personnes qui ont trouvé les masses métalliques dont il est ici question , elles n'étaient point contenues dans les fentes , en sorte qu'il faut écar- ter toute idée de filons. J'avais eu soin de me munir de quelques échantillons d'étain d'Angleterre , de Saxe, et je les montrai à ceux là-mème qui avaient vu le préten- du minerai de Segur, et ils n'y ont pas trouvé la plus légère analogie. Enfin , pour dernier trait , je dirai que le maître de l'auberge m'a dit que l'on avait trouvé un Pic d'acier ^armi les masses d'étain. Voilà donc, suivant moi, quelles sontles raisons qui doivent prouver que celte prétendue mine d'étain n'est autre chose que du métal fondu par l'art. 1°. La facilité avec laquelle le métal s'est réduit sur la forge d'un simple maréchal. a'*. La non-ressemblance avecles vraismiueraisd'étain. 3°. L'absenceactuelle et totale des indices de minerai. 4°. Enfin la trouvaille du pic à la place même où l'un a trouvé ces masses stanifères. J'ai cru devoir, dans l'intérêt de la science, publier ces détails minutieux, afin de mettre un terme aux bruits qui sont accrédités dans le pays et qui n'auraient pas tardé à passer dans les ouvrages de minéralogie. ( ii3 ) De l'Arkose. — Caractères minéralogiques et Histoire géognos tique de cette roche; Par Alexandre Brongniart , De l'Académie royale des Sciences ; Professeur de minéralogie au , Jardin du Roi , etc. Les géognosles de l'école de Freyberg , de celte école qui , sous le professorat de Werner, a établi les vrais fondemens de la géognosie , n'ont d'abord distingué les z'oches les unes des autres que parleurs positions respec- tives dans la croûte du globe. L'époque de formation d'une rocbe , et tout ce qui tenait à celte considération géognostique , suffisait pour caractériser ce qu'ils appe- laient un gebirge, ce que nous avons rendu par le mot de roche , c'est-à-dire un teiTain en grandes masses , et ce que nous aurions dû rendre par le mol terrain, ainsi que nous le fesons maintenant. Il en résultait que ces ter- rains ( gebirge ), composés de roches diftérentes (^e- birgsart ou gebirgstein) , ne pouvaient avoir des carac- tères minéralogiques. Les granités, pour ces géognosles, ne solit pas uniquement des roclies composées de quarz , de felspath et de mica , mais bien des terrains composés de différentes roches, dans lesquelles celle que nous dé- finissons ainsi est dominante. J ai cru qu'il ne fallait pas confondre des considéra- tions aussi différentes que celles de la position géolo- gique et de la composition minéralogique , et qu'on sai- sirait plus clairement, plus complètement de quelles masses minérales simples ou composées était formé un YH. — Juin 1826. 8 ("4) lorrain , si ces masses ôiaiciit préalablement bien définies ou caractérisées , et décrites sous tous les rapports. L'es- sai de classiticalion minéralogiquedes roches composées, que j'ai proposé en i8i3 (i) , avait pour objet d'établir celte distinction , d'eu exposer les règles et d'eu pré- senter l'application. Ce travail était imparfait 5 le titre dressai devait le faire pressentir. J'ai chcrclié à le perfec- tionner, en rendant les définitions plus précises , et eu établissant de nouvelles sortes, lorsque les conditions que je m'étais imposées me permettaient de le faire (2). Ces conditions exigent que le mélange par cristallisa- tion confuse ou par aggrég:Uion mécanique, qui constitue les roches composées , soit à-peu-près le même, tant eu nature qu'en proportion des parties, sur une grande étendue de terrain , et dans plusieurs lieux assez éloignés ou séparés les vins des autres , pour qu'on ne puisse pas regarder les roches de ces lieux comme faisant partie d'une même masse. On va voir que la spécification de l' Arkose répond aux deux classes de conditions exigées , les unes par les géo- gnostes qui ne veulent pas faire d'espèce de roches si elles ne constituent en môme temps un terrain ou une forma- tion particulière : les autres par les oryetognostcs qui ne demandent que des caractères de composition conslans (i) Journal îles I\Iines , iSi3 , lom. 34 , u" 199, p. 5. (2) Plusieurs de ces moditieatioDs , que j'ai (iù considérer comme des e;iiétioiations , ont été publiées dans le Dictioiinsire des Scieuces ualu- relles aux articles de ces roches , dans leur ordre alphabétique. Ou peut; en voir des exemples aux mots eurite , hyaloniicU , lauc , macigno , uie- laphrre, mirnrypJtyre, noiile, ophlolile, ophite, peperine, pliyllade , psam- itlite , psephiie , etc. ( I15 ) Jans un graïul nombre de circonstances. Pour établir cette proposition , je vais décrire les arkoscs sous le point de vue orjctognoslique et sous le point de vue géognos- tique (i). Art. i". Description niinéralogique des Arkoses. L'Arkose est une roclic à texture grenue, formée principalement par voie d'aggrégation mécanique. Elle est essentiellement composée de gros grains de quarz liyalin et de grains de feispalli, ou laminaire, ou compacte , ou argiloïde : ces deux corps y sont souvent mêlés en quantité «î-peu-près égale, mais plus souvent le quarz est dominant. Elle renferme , comme partie constituante accessoire , du mica , de l'argile lithomarge et du kaolin : ces parties y sont toujours en quantité in- férieure au qnarz hyalin et au felspath. lues parties accidentelles qu'on trouve disséminées ou engagées dans l'Arkose sont : La collyrile. La sléalite. Le fluoré (chaux fluatée) en cristaux implantés dans ses cavités , ou disséminés dans quelques parties de sa masse. Le calcaire spalhique de la même manière. (i) Le besoin de cette spécification avait déjà été senti par plusieurs naturalistes qui , remarquant que cette roche n'était ni un grès , ni ce que les Allemands appellent une grauwacke , ni un granité , ne savaient comment la désigner. M. Lesclievin exprime très-bien cet embarras dans son Mémoire sur le chrome oxidé du département de Saône-et-Loire. {Jouin. dci Mines , tom. 27, p. 355, uotc.) (ii6) L'arragonite , delà même manière (à Verlaison). Le calcaire jaunissant. La barytine ( baryte sulfatée ) , en cristaux implantés ou en veinules. La pyrite , en petits cristaux ou petits amas tlisscminés. Le fer oligisle sanguinu. Le fer hydroxidé. Le fer carbonate. Le cuivre pyriteux. Le cuivre rouge. Le cuivre azuré , en nodules cristallins et en vei- nules. Le cuivre malachite, de la même manière. ' La blende. La galène , en grains disséminés. Le plomb blanc. Le plomb phosphaté. Le mercure natif. Le cinnabre. Le chrome oxidé (les Ecouchets , près Châlons-sur- Saône). L'anthracite. Le phtanitc ? Celte roche n'offre aucune structure dhlmcle en petit , rarement même en grand , et c'est alors vme structure stratifiée en bancs puissans. Sa texture est essentiellement grenue, à grains an- guleux , au moins milliaii'es, au plus pisaires. La masse de la roche a été évidemment formée par voie d'«^re- ^ation mécanique; la forme irrégulière et angulaire des grains , et surtout leur limitation parfaite , telles cpi'ils ( "7 ) ïîc se pénètrent jamais , en est la preuve : néanmoms l'ac- tion chimique a eu souvent une grande iniluencc sur la formation de cette roclae. La forte adhérence de ses grains entre eux , les reflets lamellaires qu'on aperçoit quelque- fois dans les petits espaces qui les sépaient , les minéraux cristallisés répandus dans la masse et qui enveloppent les grains , les fîssui'es ou druses tapissées de cristaux , les veines de matière métallique ou pierreuse qui la traver- sent, sont des preuves aussi nombreuses qu'évidentes de parties formées par voie chimique ou de cristallisation ^ mais on voit aussi que ces actions n'ont pas été simultanées el que les parties cristallines sont de formation posté- rieure aux parties aggrégées. La cohésion est souvent très-puissante dans les arkoses et leur donne les qualités convenables pour être em- ployées comme pierre de construction et surtout comme pierres à meules de moulin. Ces roches ont souvent assez de ténacité ; leur cassure est droite , quelquefois grenue, quelquefois raboteuse , et quelquefois même unie. Les Arkoses présentent dans certains cas la durcie da grès ; mais comme le felspath est abondant et altère cette dureté, elle est très-inégale j elles ne sont jamais sus- ceptibles de prendre le poli. La couleur dominante des Arkoses est le gris pâle: quelquefois ces roches sont d'un blanc assez pur ou lé- gèrement bleuâtre, quelquefois elles passent au brun , même au jaunâtre ou au rougeâtre , mais ces couleurs sont rares , pâles et sales. Lorsque les Ai^koses présentent quCTqucs couleurs tranchées, elles le doivent aux oxides métalliques qui y sont comme parties accidentelles. (i.S) ^ Elles sont généralement infusibles au moins dans leur masse , et quelquefois même dans toutes leurs parties , lorsque le felspalh altéré est complètement à l'état de kaolin; aussi les emploie-l-on comme quelques psammi- tes dans la construction des chemises des fourneaux de fusion. Elles ne font jamais efjeivescence avec les acides dans toute leur masse. Lors(jue ce phénomène a lieu , il est dû au calcaire spathique interposé comme partie acciden- telle. Les Arkoses se désagrègent quelquefois lorsque leur felspalh esta l'état de kaolin , ou qu'il est susceptible d'y passer. Les p3'rites y font naître des taches ferrugineuses, mais elles ne sont pas ordinairement assez abondantes pour les désagréger ( Arkose de lloer en Scanie). Les Arkoses , quelquefois si nettement caractérisées qu'on ne peut les confondre avec aucune autre roche, présentent dans quelques cas des caractèxes vagues , in- certains ou incomplets. Lorsqu'elles sont très-riches en quarz hyalin et pau- vres en felspath, elles passent au quarzite ou quarz en roche, ou si le quarz est en petits grains, on ne peut plus le distinguer des grès proprement dits. Lorsque le quarz est en grains petits , presqu'arrondîs, que le mica devient plus abondant , que le felspath ne se montre plus que comme des petites taches ou des points blancs terreux, elles passent au psammile commun, et c'est leur passage le plus fréquent dans les terrains de sédiment inférieur. Elles ont quelquefois, par l'agréga- tion puissante de leurs parties , par la couleur de leur felspath , et par la présence du mica , tant de ressem- ( "9) blaiicc avec le granité , qu'elles semblent y passer (A val- lon , les Ecoucliels). Les Arkofics sont , par la conlinuité de leur masse , leur solidilé , la facilité qu'on a de les tailler, employé-es comme pierres de constructions et comme pierres à meules. Nous citerons comme exemples les carrières d'Arkoses de Montpeyroux, en Auvergne. Celle de Blavosy, près du Puy-en-Velay, Celle de Hoer, en Scanie , qui ont avec la précédente l'analogie la plus complète. Celles de Waldsliut , sur les bords du Rhin , etc. VARIÉTÉS. Les variétés que présentent ces roches sont peu nom- breuses et peuvent se réduire aux suivantes. I. Arkose COMMUNE ( Psammite quarzcux , Classif. min. des Roches , etc.). Composée de grains de quarz hyalin et de grains de felspalh , avec très-peu de mica : le quarz dominant. Couleur grisâtre ou blanchâtre. Exemples. — Remilly entre Vittcaux et Dijon. Le quarz y est dominant et le felspalh rosaire : il y a nu peu de calcaire. Elle renferme , disséminés , du fluoré y de la barytine , de la galène et des pyrites : il n'y a point de mica (i). Maries de Vayre , près Clermont en Auvergne. — • Elle renferme de l'arragonile et du bitume. Blavosy, près le Puy-en-Velay. — Les grains de (î) Leschevih, Journal des I\/ines , loin. 35 , p. 'Jo. ( 120 ) felspatU et de quax'z y sont Lien distincts ; il y a un ci- ment Irès-peii abondant et ocracc. Waldsliut sur les bords du Rhin, au-dessous de Schaff- liouse. — Elle renferme du calcaire spalhique, du fluoré, du fer oligiste sanguine. Carlsbad en Bohème. — Elle est presque entièrement quarzeuse» mais la séparation nette des grains de quarz hyalin , et la présence du kaolin tout près de cette roche , peuvent décider à la placer parmi les Arkoses. Weinlieim , pxès Bade. — Le quarz y est rosàtre , et le felspalh en petits grains blanchâtres kaoliniques. Hoer en Scanie , en Suède. — Le quarz y est domi- nant ; il y a des grains de felspath rares, mais surtout des grains et des nodules d'argillite et des pyrites dissé- minées. 2. Arkose grAwitoïde (Psammite granitoïdc, Class. min. des roch. inel.). Grains de quarz , de felspath lamellaire et de mica , à-peu-près disposés comme dans le granité 5 le felspath dominant. Cette roche ne diffère du granité que parce qu'elle est évidemment formée par voie d'agrégation. Exemples. — Les Écouchets , près Chàlons-sur- Saâne. — Pénétrée dans sa masse ou enduite sur ses fissu- res , d'oxide vert et siliceux de clu-ome. Avalon. — Pénétrée de barytine lamellaire. Chateix , près Royat , et Montpeyroux , en Auvergne. ■ — La première renferme des cristaux de barytine , qui tapissent ses fissures et cavités 5 la seconde est i'ou- geâtre. ( 121 ) 3. Arkose miliàire. Grains de quarz et de felspath , tout au plus gros comme' la graine de millet ; argile colorée , disséminée ; le qnarz dominant j à peine du mica. Celte Arkose passe par des nuances insensibles au psammite commun, et ne s'en distingue bien que lors- qu'elle réunit nettement l'ensemble des caractères que l'on vient de présenter 5 alors c'est réellement une Arkose, qui ne diffère de la commune et de la granitoïde que par la pclitesse de ses grains , mais qui est d'ailleurs trop différente du psammile commun bien caractérisé pour y être réunie. Exemples. — Chessy, près Lyon. Mercuer, près d'Aubenas. Moschellandsberg , dans le Palaiinat. Art. 2. Caractères géognostiques des Arkoses , et description de quelques terrains d' Arkose. J'ai dit que cette roclie n'était pas moins distincte des autres roches d'agrégation par ses particularités géo- gnostiques ou de gisement que par ses caractères minéra- logiques. Les exemples et les circonstauces de gisement que je vais décrire, et les généralités que j'en déduirai ap- porteront les preuves de cette proposition. Les Arkoses , telles que je les ai définies minéralogi- quement, paraissent se présenter dans deux, et peut- être même dans trois sortes de terrain , d'époques géo- gnostiques différentes , à en juger par les circonstauces qui les accompagnent. Les premières , qui sont les plus nombreuses et l'objet ( Ï22 ) principal de celte notice^ sont placées sur le granité j immédiatement ou presque sans intermédiaire , el indi- quent par difl'érenles particularités une époque de forma- lion assez ancienne. Les secondes sont plus éloignées de ces roches, et font souvent partie du terrain houiller ; les troisièmes ont une position plus incertaine; elles ne paraissent pas séparées du granité , du moins par aucun terrain caractérisé, mais elles semblent, par des circonstances de gisement, ap- partenir à une époque géognoslique beaucoup plus ré- cente que les deux autres. Je réunirai, aussi exactemeut qu'il me sera possible, les terrains d'Arkose , cpie je vais décrire , eu groupes correspondant à ces trois divisions. Les caractères géo- gnostiques que chacun de ces exemples va présenter me fourniront les moyens de déterminer avec, plus de siirelé à quelle époque géognoslique on peut rapporter chacun des terrains où TArkose est la roche dominante. Je choisirai ces exemples principalement dans les lieux que j'ai visités, et ensuite dans ceux dont la description peut cire rendue plus claire et plus certaine , au moins pour moi, au moyen des séries d'échantillons que j'ai sous les yeux. Je citerai peu d'exemples de lieux qui ne me présenteraient pas l'une ou l'autre de ces garanties. § l*^"^. Avhoses de la première division. Les Arkoses suivent ordinairement et prcsqu'immédia- tement les granités, les syénites , les gneiss, peut-être même les porphyres anciens , et dans ce cas elles passent au miniophyre. Elles semblent être le résidu de la cris- ( 1^3) tallisaliou de ces roches j elles en pix'senleiit en eflel les débris ou les parties , d'abord séparées par une sorte de trituration et de désagrégation mécanique , et ensuite réunies , non pas par simple juxta-posilion , mais plutôt à l'aide , soit de la dissolution elle-même, soit d'une autre dissolution qui en a cimenté les parties et qui a intro- duit dans leur mar.se les nsinéraux cristallisés dont on a donné plus haut l'énumération. Ce fait est un des plus généraux , et par conséquent des plus caractéristiques et des plus inlércssans de l'his^ toire géognostique des Arkoses de cette première divi- sion. Il faut se représenter ces roches comme formées par agrégation de deux des élémens du granité , le felspath et le quarz qui n'ont pu , comme le mica , èlre facilement ou détruits ou entraînés. C'est bien une sorte de granité reforme , moins le mica, mais reforme par agrégation et non pas par cristallisaîion 5 par conséquent ce n'est pas , comme on l'a dit, ni un granité régénéré , ni uu granité secondaire , puisque le granité est essentielle- ment une roche de cristallisation. Néanmoins , la force qui en a réuni les parties n'était pas uniquement mécanique ; la force chimique ou de dissolution agissait encore , car ces roches sont presque toujours accompagnées de minéraux cristallisés , de la classe des pierres ou des sels dans l'ancienne acception 'de ces mots , tels que la baryte sulfatée , la chaux flua- tée , la chaux carbonatée, et de minéraux cristallisés de la classe des métaux, tels que le fer oxidé , la galène, le zinc , le cinnabre , le cuivre azuré et pjriteux , le fer pyriteux , le chrome , etc. ( 1^4 ) ^ Ces Arkoses ne montrent ordinairement qu'une slra- liGcation imparfaite en bancs très - puissans \ quelque- fois elles n'en présentent aucune. Elles renferment, mais fort rai'ement, quelques débris du l'ègne végétal , et même quelques-uns du règne animal. Je présume que les exemples suivans peuvent être tous rapportes à celte première division géognoslique. Arkose d'Aubenas. — C'est au N.-O. de cette ville, près le village de Mercuer , que se montre le terrain dont l'Arkose fait partie essentielle. Ce terrain est d'autant plus instiuclif pour déterminer la position géognoslique de cette rocbe, qu'il offre une réunion de circonstances rares en gcoguosie , car on voit dans le même point la roche reposer immédiatement sur le terrain qu'elle a recou- vert , et recouverte immédiatement de celui qui l'a suivie. Le terrain inférieur , ou recouvert , est un granité ; l'Arkose est bien caractérisée et présente les variétés principales de celte roclie. Le terrain supérieur , ou recouvrant, est un calcaire qui renferme des métaux et quelques pétrifications. Le profil et la coupe joints à cette note , et l'énumé- ralion des roches qui composent ces terrains , vont dé- velopper ces faits généraux et en donner la preuve. Le terrain et les positions sont des plus favorables à l'observation. Un vallon (fîg. 3 , a, C), dont les deux pentes sont composées des deux roches superposées dans le lieu où est le pont de Mercuer (o) , fait voir claire- ment, et sur deux points, celte superposition. Une grande route {b) , celle de Mercuer à Aubenas , a produit sur la croupe de la colline (fig. 2) une coupe étendue qui per- met d'observer sans inlcrruplion , et clairement, la su- ( 125 ) perposition des couches. Quelques carrières à pierres à chaux , et à pierres à bâlir, creusées dans cette coupe , ont mis encore plus de surfaces à découvert et plus d'é- chantillons à étudier. On voit d'abord en D , Gg. 3, au pied du coteau qui est au S.-E. de Mercuer, des couches d'un calcaire compacte fin , gris de fumée , traversées de veines de calcaire spa- thique et renfermant quelques parties de galène. Ce cal- caire parait, par son inclinaison au S.-S.-E. qui est la même que celle des lits qu'on voit au sommet du coteau , recouvrir ces lits , qui appartiennent probablement an terrain d'arkose ; mais ce n'est qu'une présomption à-peu- près indifférente , puisque nous allons voir bientôt ces rapports de position d'une manière beaucoup plus évi- dente. Il n'a d'importance que parce qu'il présente quel- ques pétrifications 5 ce sont des ammonites indélei'mina- blcs , tant elles sont liées avec Ja roche et un pecten. Lorsqu'on a traversé le petit vallon dans lequel est situé Mercuer, on se ti'ouve sur un tei-rain tout-à-fait différent. Le noyau des deux collines qui enferment ce vallon, et qui se manifeste très-clairement à leur pied , comme le fait voir le profil (Cg. 3), est un granité rose {^) , à gros cristaux defelspath, très-fragmentaire. Sur cette roche (yd) , et en stratification transgressive , se voient (eu fi) de nombreux et puissans bancs d'Ar- kose commune et d'Arkose granitoïde , alternant avec des psammites et quelques autres roches d'agrégation , comme l'indique la coupe de détail (fig. 2) sur laquelle est représentée une de ces alternances 5 ainsi on trouve immédiatement sur le granité , près le pont de Mercuer, une Ai'kose miliaire à petits grains, plus quarzeuse que felspnlluquc , friablo , grisâtre, moiiclielée de Lrnn, et. ensuite on voit se succéder un lit de marnes (rt) argilcu-, SOS , vcrdàtres ou rosaires , puis lui lit d'arkose commune (^) , très-solide , à paie quarzeuse , rempli de grains de felspalli rosaire-, ensuite (c) plusieurs lils d'un véritable psammite très-sablonneux , très-micacé , blanc, rosâtre ou verdàlre , et Irès-fissile. Viennent encore des Arkoses granitoïdes à grains moyens de rjuarz gris , de felspalh rose , de felspalli blanc altéré , d'argillolile verdàlre et de très-peu de mica , dont la présence constitue la variété graniloïdej puis une autre Arkose granitoïde à pins pe- tits grains (d) -, puis enfin reparait le psammite blan- châtre fissile (e). Ce terrain, dans lequel je n'ai vu au- cun indice métallique , se présente ainsi jusque vers la moitié du cbemin de Mercuer à Anbenas en bancs assez puîssans , également inclinés , mais de composition , de couleur, de dureté inégales , de manière à ollrir une suite de zones ou bandes d'aspect et de couleurs très -va- riées. En le suivant on arrive presque sans interruption au terrain calcaire qui le recouvre en stratification con- cordante et en couclies d'une épaisseur peu considérable. Les premières couches ou les plus inférieures (B, fig. i et 3) ont une couleur jaunâtre , un aspect texTeux , et ce- pendant une structure laminaire qui donne à ce calcaire xm éclat chatoyant sous certaines inclinaisons. Examiné à la loupe, il semble composé d'une multitude de petits grains terreux jaunâtres , liés par un ciment calcaire cristallisé. Il se dissout dans l'acide nitrique avec une vive cfiervcsccnce , en laissant un lésidu ocracé très- abondant. Il renferme des débris organisés; j'y ai vu et ( Ï37 ) ramasse une pcliie coquille bivalve, qui a beaucoup de ressemblance avec une corbule striée. Ce calcaire jau- nâtre . cbaioyanl, est suivi d'un lit assez puissant d'vui calcaire sablonneux , et même d'une sorte de brecciole calcaire à pelils gmins de qnarz (C) , qui semble être à l'Arkose ce que celle-ci est au granité. Viennent ensuite des lils ou coucbcs d'un calcaire gris de fumée, à tex- ture grenue et cristalline : il est dur, solide , rude au touclier, comme «orrodé à sa surface qui est d'un gris jaunâtre sale^ et il renferme encore des grains de quarz et beaucoup de silice, car il ne se dissout qu en partie dans l'acide nitrique *, on voit au-dessus, des coucbes d'un cal- caire compacte , gris de fumée, à cassure csquilleuse et parfaitement semblable au calcaire décrit en premier. Ce dernier renfernie quelques indices de pétrifications, mais elles y sont rares et si engagées , que n'ayant pu en re- cueillir aucune , j'y rapporte celles que j'ai trouvées dans ini calcaire qui me paraît absolument semblable à ce- lui-cî et qui se présente fréquemment entre Aubenas et la Villedieu. Ces coquilles , autant qu'il est possible de les reconnaiire dans l'état d'altéraiiou où les a mis leur liaison intime avec le calcaire, sont : V ammonites vulgaris ? de Schlothcim , qui se trouve dans le calcaire jurassique d'Amberg, et un ammonite lisse que je ne puis nommer. Les lits de ce calcaire, beaucoup moins incli- nés près d' Aubenas , sont traversés par des filons de ba- salte remarquables par leur régularité et le peu de dé- rangement qu'ils ont causé dans la stratification des calcaires. Arkoses des ENVinoss DU Puy-ek-Yelay. — Ce sont les Arkoses d'xVuteyrac , de Blavosy et de Brive , placés ( 1^8 ) à-peu-près sur une iiiènie ligne, à Test du Puy, sur les peules du Talion de l;i Sumène. Elles ofïVent , dans leur position immédiate sur le granité, dans leur structure massive , c'est-à-dire sans apparence de stratification , dans leur composition, tant essentielle qu'accidentelle, et même dans leurs usages , tous les caractères particu- liers aux Arkoses. Celles d' Auteyrac et de Blavosy appar- tiennent principalement à l'Arkose commune 5 la pre- mière est composée de grains de quarz et de felspath en proportions sensiblement égales , liés par un ciment de kaolin : elle est friable (i). La seconde est composée à- peu-près de même 5 elle renferme des fragmens de gra- nité , des noyaux de quarz , mais elle est beaucoup plus solide et employée comme pierre de construction , et surtout comme pierre à meule. Elle contient , comme celle d' Auteyrac , du fer hydraté en géodes et des pyrites, et, comme l'Arkose plus quarzeuse de Brive, des débris de végétaux monocotylédons qui pourront aider à déter- ininer la position de cette Arkose , d'ailleurs si sem- blable par ces débris organiques et par tous ses carac- tères extérieurs à l'Arkose de Hoer. AuKOSE d'Avaloî* et de quelques autres parties de- Ici Bourgogne. — Ce sont celles qui ont été décrites ou mentionnées par M. de Bonnard dans son Mémoire géo- gnostique sur quelques parties de la Bourgogne (3). On (1) Les descriptions dos Arkoses d' Auteyrac et de Brive sont prises entièrement dans la Géognosie du Puy-eii- f^elay, par M. Bortrand- Roux (i vol. iu-S", avec cartes et planches , iSaS , p. 35 ). J'ai tiré celle de l'Aikose de Blavosy en partie du même ouvrage, et en partie des ob- ïurvatious que j'ai faites sur les lieux en 1820. (2) Atindes (ks Mines , iSiS, torn. x , p. iqS et p. 4^7- ( 129 ) ta les voir lonjonrs composées des mêmes élémens prin- cipes , le quavz et îe felspalk , toujours accompagnées de minéraux acidif'ères q\ii sont ici le calcaire et la bary- tine , très-souvent de métaux (la galène dans l'Arkose de Cliitry en Nivernais , et dans celle au N.-E. d'Avalon) , et toujours placées immédiatement sur le granité dans tous les lieux où on a pu voir le rapport de ces deux l'oches : ainsi Vyirkose du Moivan est immédiatement superposée au granile (i) ou à l'arène , c'est-à-dire au granité dé- sagrégé qui suit le granité solide. Au sud d'Avalon , tout près de celle ville , sur la rive méridionale du Cousin, l'Arkose commune montre d'une manière claire^ non-seulement sa superposition au gra- nité, mais sa liaison avec cette roche, au moyen de la baryline qui y est mêlée, qui la iravei'se en filons, et qui pénètre dans le granile. M. de Bonnard a décrit d'une manière aussi précise que générale celte disposition remarquable que j'avais eu occosion de voir en i8i^ , mais seulement pix^s d'A- valon. 11 a recherché en outre la position de celle roche par rapport à celles qui lui sont postérieures , et il a re- connvx , soit directement , soit par des inductions géo- gnostiqucs qui ont presque la valeur de robservalion directe , que l'Arkose , dans toutes les parties de la Bour- gogne où il l'a retrouvée , était au moins inférieure au lias ou calcaire à gryphées arquées. Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans ces rap-' ports , t'est la liaison de l'Arkose , roche presque aussi ancienne que le granile, avec les coquilles du calcaire à (i) Loc. cit. , p. 206. \UI. Q C i3o ) gvyplices qui , dans d'aulres pays , eu est séparé par plu- hieurs sortes de roches de sédiment , même par des for- mations nombreuses, pviissantes et très -différentes les unes dés autres. Dans les parties de la Bourgogne étu- diées par M. de Bonnard , non-seulement TArkose est pénétrée du calcaire qui la recouvre (après P6nt-Au- bert ) , mais elle renferme des empreiales distinctes, et cependant presque indéterminables , des coquilles qui appartiennent eu partie au calcaire à grypbées arquées , eu partie aux tci'rains coquilliers qui lui sont inférieurs, par conséquent, soit au calcaire conchylien (Muschel- kalk), soit au grès bigarré, soit même au calcaire pc- néen ? j [ Arkose de Remilly, à 6 lieues à l'ouest de Dijon, dé- pi"îte parM. Lesclievin (i). — Elle est uniquement compo- sée de grains de quarz hyalin et de grains de felspath avec un peu d'argile : le quarz est ou Sfins couleur ou rouge pâle; son éclat est gras. Cette roche est mêlée de grains ciûstallisiés épars , mais contemporains à l'agrégation, de fluoré, de barytine, do galène et de pyiites. Les cavités c|u'clle présente sont tapissées de cristaux de cjuarz et de cristaux de barytine crêlée. Elle est souvent assez solide (i) Journal des 3Iines , i8i3 , n° igS. Il décrit cette roclie sous le nom de psammite que je lui donnais alors , et sous ceux de grès ancien, grès granitique , avec les caractères de composition essentielle et acci- ^leutelle que j'attribue aux Aikoscs. M. Giiict de Laumont a mis à la lin du Mémoire de M. Leschevin une note sur cette roche , que je n'a- vais cncoi'c fait quMndiquer dans ma Minéralogie ; il fait très -judicieu- sement observer qu'elle n'est composée que de quarz et de felspath sans mica, et qu'elle peut être ref^ardée comme due à [a-trituration du granité dont le mica aura été enlei'é par les eaux a cause de sa légèreté. ( i3i ) pour qu'on en fasse des meules de moulin , assez infii~ siblc pour qu'on en revêtisse les creuscls des hauts four- neaux. Cet exemple fait coiniaître encore d'une manière évi- dente la position relative de l'Arkose avec les autres roches, au moyen des puils qu'on a creusés au pied de la colline de Remilly , et qui , après avoir traversé la couche d'arkose , ont pénétré dans le granité; par con- séquent elle est placée immédiatement sur le granité , ce qui a engagé M. Lesdieviu à la rapporter an terrain de transition. Elle est recouverte par le calcaire à gry- phécs arqnées, ce qui établit les limites SLqjcrieures de sa fbrmalion : on voit qu'elle est lanlérieure au terrain de sédiment moyen , et cpi'elle fait partie du terrain de sédiment inférieur. Il est probable que si le calcaii-e pé- néen existait dans ce canton, et qu'on l'y reconnût , on le verrait recouvrir presque immédiatement cette ar- kose (i). (i) M. Pareto, qui s'est occupe avec distiurlion du reclieiehes géc- logiques, et qui, en retournaut à Gènes sa patrie a bien voulu visiter sur mou invitation le gîte d'Arkoses de Reiuiily, vient de m'adresser une description et une coupe détaillée (fig. i) de ce gîte , qui le rendent aussi clair et aussi classique que celui d'Aubenas. Cette Arkose est uni- quement composée de quarz et de feispath : ce dernier minéral est ro- sâtre. On la voit reposer immédiatement sur le granité à feispath égale- ment rosàtre et formant une masse stratifiée d'environ 20 mètres d'é- paisseur. On remarque quelques lits minces d'argile bleuâtre entre ses assises supérieures; au-dessus est une masse de i5 à 20 mètres d'argile et de masses argileuses de différentes couleurs , qui est immédiatement suivie du calcaire compacte, renfermant une prodigieuse quantité de gryphea arciiala, recouvert par d'autres argiles et marnes , entre autres par desbancs durs qui renferment des bétemuites , etc. ; enfin un calcaire ■compacte blanc suruaonte le tout , et paraît avoir les caractères et la ( ^^^ ) AftKosE DE MoKTjEtj , au sucl (i'Aulun. — CY'st unu de celles qui passent au mimopliyre. Le quarz est eu grains grisâtres; le felspalh est en cristaux altérés, rou- gcâtres ou jaunâtres; des grains d'argilolite arrondis sont mêlés avec eux. Sans la barytine qui tapisse en cristaux crêtes les fissures de celte roche, ou qui y est mêlée en petits grains cristallins contemporains; sans le quarz qui passe aussi au silex coiné , ou qui tnpisse les fissu- res de ses cristaux, celte roche semblerait avoir été en- tièrement formée par voie d'agrégation. Elle est immé- diatement superposée au granité qui forme la masse de la montagne de Montjeu , et se présente soit en blocs dans le sable granitique , soit en lits horizontaux de 5 à 6 décimètres d'épaisseur dans ce sable. Celte Arkose est tantôt jaunâtre, tantôt rougeàtre ; elle adhère quel- quefois au granité même , et s'étend sur cette roche en lits peu puissans et interrompus. Af.KOSE de la MOiNTAGPJE DES EcOVCFIETS (l) , près Couches, département de Saône-et-Loire. — Elle res- semble, comme l'a dit M. Leschevin, à un granité, et ap- partient par là à la variété granïtoide (3). Elle est cona- posée des mômes élémcns ; mais le mica y est très-rare et noir ; le felspath altéré et le quarz y sont très-abondans. position du calcaire jurassique. Les couches marneuses inférieures dij calcaire à gryphée qui fait partie , comme on sait , de la formation du lias , renferment tout près de Remiliy ( à Mémont ) des lits de gypse fibreux , minéral qui se trouve presque partout dans le terrain de lias. (i) Nommé Escenchet sur la carte de Cassiui , et placé à fort sur la pauche de la route de Couches au Creusot. (a) Leschevin, Journal des Mines , vol. 27, n^ iGi, p. 345. — Il dit ■su'il a beaucoup ^tonué les nalaralistes en désignant ccUc roche par le. nom du grès. ( i33 ) Celui-ci passe même au silex corné , grisâtre , rougeà- tre, verdàtre , et même à la calcédoine 5 il traverse l'Ar- kose en zones dans tous les sens , et ses cavités sont ta- pissées de cristaux de quarz. Ces mêmes cavités et les fissures de la roche sont recouvertes , dans un grand nombre de points , d'oxide de chrome siliceux qui pé- nètre jusque dans le silex et le colore en verdàtre , cir- constances qui prouvent l'action chimique. Des fragmens et des nodules arrondis de chrome oxidé siliceux , d'un beau vert, prouvent l'action mécanique. Celte roche est placée immédiatement sur le granité de ce canton. Quoique la superposition ne soit pas aussi évidente que celle des Arkoses des autres exemples, M. Leschevin l'a regardée comme certaine ; et lorsque j'ai eu occasion de visiter ces mêmes lieux , je n'ai pas hésité à considérer ce pi^étendu grès comme une Arkose graniloïdc (que j'appelais alors psammile granitoïde) pénétrée d'oxide de chrome, et placée sur le granité, dont les élémeus avaient servi à la composer. Cette Arkose n'est point recouverte. AiKOSE DE Chessy, près Lyon. — Les raines de cuivre de Chessy montrent avec une graude clarté les rapports géognostiques des terrains d'Arkose avec les terrains an- ciens. L'ancienne mine , consistant en lits de cuivre pv- riteux , etc. , est placée dans un de ces Icirains qu'on est convenu d'appeler primitifs-, celui-ci consiste, non pas en granité , mais en roches dont les élémcns niinéra- logiques sont les mêmes : ce sont des sléachistcs, des micachistes et des gneiss ; par conséquent des roches composées de quarz , de folspalh et de mica comme le granité, qui d'ailleurs n'est pas éloigné de ce gile. Sur ce C i34 ) terrain primitif est appliqué un lorrain composé de roches cragrégation renfermant des parties nombreuses et quelquefois assez volumineuses de minéraux métalli- ques cristallisés. Ces roches ne sont pas uniquement des Arkoses , mais celles-ci s'y trouvent , sinon en propor- tions dominantes, au moins très -abondamment. Elles sont à grains pisnircs et miliaires de qnarz hyalin et de felspath altéré renfermant cà et là un peu de mica. Elle passe quelquefois au psammite commun lorsque les parties ne sont plus distinctes et que le mica y de- vient plus abondant', mais ce passage est plus rare qu'on ne pourrait le présumer. Ce terrain d'Arkose présente une masse d'environ 80 mètres d'épaisseur, dont la con- sistance est faible et souvent même très- friable, et dont la stratification , quoique confuse, permet cependant d'y reconnaîti'e une alternance de bancs métallifères et de bancs stériles. Il renferme tout ce qui accompagne or- dinairement les Arkoses , de l'argile lithomarge , et de la collyrite diversement colorée -, des sphéroïdes de cuivre azuré cristallisé, si remarquable par l'éclat, le volume et la belle couleur de ses cristaux 5 du cuivre fliala- chite , du cuivre rouge , du fer oligisle-sanguine, tous minéraux qui ont rendu ce gîte si célèbre chez les ama- teurs des belles productions du règne minéral. Aucune de ces substances, soit terreuse, soit métallique , ne s'y présente ni en couche , ni en lit, ni en filon , ni même en amas couchés j ce sont des nodules dont le volume varie depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'un melon , isolés ou agrégés , des veines entrelacées, courtes et par conséquent sans aucun continuité. Le terx'ain primitif sur lec|uel cette masse d'Arkose est ( ^'^-^ ) placée immédiatement en contient , comme on vient de le faire remarqner, tous les élémens ci même les élémens métalliques qu'on peut reconnaître dans le lit puissant de cuivre pyrilcux qu'on exploite depuis long-temps dans ce gîte. Au-dessus du lerrain d'Arkosc se trouve placé , mais d'une manière beaucoup moins évidente qu'à Aubenas , le calcaire pénéen , et au-dessus encore le calcaire à gryphée arquée. Mais je m'an-cte ici , mon objet n'étant ni de décrire ce gite , ni de décrire les terrains et les formations qui l'ac- compagnent : il l'a éié ailleurs et d'une manière lout-à- fait complète (i)-, j'ai eu seulement pour but de faire remai'quer que le gite de cuivre az.uré de Chessy appar- tenait aux roclies d'Arkose des terrains de sédiment infé- rieurs , si difficiles à distiuguei'des terrains de transition, et qu'il en présentait d'une manière aussi tranchée que complète tous les caractères minéralogiques et géognos- tiques. Akkose de Hoek, en Scanie. — Elle n'est recouverte par aucun terrain en position , et ne laisse pas voir direc- (i) Par M. L. Cordicr, annales des flirtes , 1819 , tOQi. iv, pa^. 16 , à la suite de la description des cristaux de cuivre carbonate bleu qu'on trouve dans cette mine. M. Cordior appelle l'Arkose un leirain de grès ancien. Il dit qu'il re- pose iiniiiédiaiemeiit sur le sol pr'uiiilif^ qu'il désij^ne sous le nom de schiste argileux. La présence d'un grand nonibrc de masses cristallisées au milieu d'un terrain d'ugré,:5alion l'a justement étonné, et ses rc- flexion.s font voir qu'en u'iiésitaut pas à reconnaître la manifeslaliou de l'action chimique au milieu de ces agrégats mécaniques , il trouve ecpendaut quelques difficultés pour concilier ces di.u.\. actions dans une mcme rocbe. ( i3G) lement sur quel terrain elle repose 5 sa siiuatlon géognos- tique ne peut donc être établie que par quelques i-apporls de niveau avec les terrains environnans , par des circon- stances négatives , caractères d'une faible valeur en géo- gnosie, par ses caractères niinéralogiques , et enfin par des inductions d'une bien plus grande importance , tirées de la présence de quelques débris organiques du règne végétal. Examinons d'abord ses caractères niinéralogiques, tant en petit qu'en grand (i). C'est généralement une Arkose commune très-quarzeuse, d'un blanc grisâtre ti- rant légcTement sur le bleuâtre, en bancs puissans sen- siblement horizontaux. Elle est dense , solide ; le quarz y est plus abondant que le felspath : celui-ci est en petits grains , les uns inco- lores , les autres rosaires , cjuelquefois altérés. Elle est en outre souvent remplie d'un grand nombre de taches jaunâti'es , ocracées , dues à la décomposition des pyrites blanches qu'elle renferme disséminées. Elle est quel- quefois veinée de parties plus quarzeuses , indiquant l'action dé la dissolution et de la cristallisation qui exis- tait encore dans le moment du dépôt et de l'agrégation des parties de cette roche de structure élastique. Elle renferme , dans les parties voisines des fissures de stratification , des nodules d'argile endurcie , souvent liès-nombreux et accompagnés de pyrites. (i) Ce terrain a été simplement indiqué piir M. Hisinger dans son Essai sur la Gcograpliie niinéralogique de la Suède (traduction alle- mautiu par Blode ; i vol. in-12. Fruyhcig , 1819 , p. 3iS). Il le désigne toamw; uu conglomérat quarzeux renfermant quelques cavités drusiques, tapissées de cristaux de quarz et exploitées pour meules de moulin. ( i37 ) C'est dans la masse même de celle roche que nous avons trouvé celte empreinte d'une grande dimension d'un végétal que M. Adol|ihe Brongniart a décrit sous le nom Aefilicites meniscioiâes (i). C'est la seule que nous ayons vue venant de celte carrière où l'Arkose est par- faitement caractérisée (2). Outre ces nodules argileux, l'Arkose de Hocr renferme aussi des noyaux de quarz arrondis, très - volumineux ; des parties également arrondies , à texture grossière , et comme formées de sable agrégé et enfin des cailloux de poudingues. Ce sont bien ici les caractères de l'agréga- tion mécanique et grossière , comme les veines quar- zeuses citées plus haut étaient ceux de la dissolution chimique. Tels sont les caractères de l'Arkose de la première car- rière , de celle qui est la plus voisine du village de Hoer 5 elle n'est recouverte que par ces terrains de transport , si communs en Suède, et surtout si remarquables en Scanie et qui sont composés d'une multitude de cailloux et d'énormes blocs granitiques enveloppés dans un sable de même nature. A environ un quart de lieue plus loin , a}nès avoir tout-à-fait perdu la trace de l'Arkose de cette première carrière en traversant une plaine composée de granité (2) Ann. des Se. nat. , iSiS , tora. iv , p. 200 , pi. si. (■?.) Nous étions accompagnes do M. Beizfliiis et de M. le profes- seur Niisou Je Lund : ce dernier nous apprit qa'il voyait celle empreinte pour la première fois; mais M. Hisinger cite des vestiges et des feuilles do pliintes marines (^seegewachse) inconnues, tiouvées dans cetlu car- rière et conservées dans la collection miucralogifiuc de M. le proksseui- Refzius , k Luud. ( i38) en place , on trouve une autre carrière où la roche its- semble bien plus à un grès qu'à une Arkose; elle est presque entièrement quarzeuse , plus rougeâlre , et fer- rugineuse. Elle renferme un grand nombre de dcbris vé- gétaux, les uns de Cryptogames , les autres de Phané- rogames (i), et beaucoup de parties charbonneuses en- gagées dans la roche. Si ces deux carrières si voisines, mais dont la liaison ne peut être suivie , apparliennent exactement au môme ter- rain , il est assez remarquable qu'à si peu de distance les débris organiques soient si ditlérens , qu'ils soient si rares dans la première, où ils se boinent à une espèce , et si abondans dans la seconde en espèces et en indi- vidus , parmi lesquels le filiciles meniscioides ne se retrouve plus. Ou pourrait admettre que la seconde car- rière offre les couches ou parties supérieures du terrain d'Arkose dont la premièi'e montrait la partie la plus in- térieure. Mais rien ne prouve cette continuité, et il est possible que le terrain de la seconde soit dillerent de celui de la première et plus moderne que lui. L'opinion présentée par M. Ad. Bronguiart , que le terrain de grès de Hoer appartient au grès à carreaux {quadersandstein) pa- raîtra pouvoir conserver toute sa force pour la seconde carrière , mais n'être pas applicable avec le même degré de probabilité à la première, qui présente d'une manière si complète tous les caractères minéralogiques des Ar- koses communes, riches en felspalh, appliquées immé- diatement sur le granité, et semblant être (qu'on me (i) Décrits dans le Mcuioirc cité , et figurés pi. xii. ( i39 ) passe celle expression ) récume de cette roche , comme paraît l'indiquer la liaison si intime qu'elle conserve avec elle dans tant d'autres lieux. Celte liaison ne donnerait pas néanmoins une très-grande ancienneté à l'Arkose, c'est-à-dire ime ancienneté égale , par exemple , à celle des terrains de transition à trilobiles, car il est présuma- ble au contraire que beaucoup de granités sont d'une époque de formation postérieure à ces terrains ^ mais elle lui attribuerait comme aux autres Arkoses une position de beaucoup inférieure à celle du grès à carreau, peut-être inférieure au grès bigarré et même au calcaire pénéeu. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet : nous dirons seulement que la circonstance du voisinage et la super- position presque immédiate, peut-être même immédiate, de ces deux carrières ne doit pas empêcher d'attribuer deux époques différentes de formation aux Arkoses et aux grès qu'on y observe. Le sol de la Suède présente de nombreux exemples delà réduction à un très-pelit nombre de terrains de celle longue série de roches et de formation qu'on observe dans le centre de l'Europe. Ou voit res- serrés, et comme accumulés l'un sur l'autre dans la même province (la Scanie), le gi'anite, lesampelites alumineux et le calcaire de transition (à Andrarum ) , le grès bigarré et ses charbons fossiles (à Hoganaes) , peut-être le grès à carreau (à Hoer ) , la craie (à Ignaberga) , et le basalte (près do Hoer), tandis que tous les terrains intermédiai- res , la houille filicifèrc et ses psammites rougcàtres , le calcaire pénéen, les gypses et les sels marins des grès bigarrés, le calcaii'c conchylicu, le lias et son calcaire à gryphées , le calcaire jurassique et ses ooliihcs, etc., manquent entièrement. ( Mo) Arrose de Waldshdt sur les bords du Rhin , au- dessous de Schaflbuse. — La ressemblance de cette Aikose avec celles de Blavosy, de Hoer en Scanie, de Montpey^ roux en Auvergne , est si frappante et souvent si complète qu'on pourrait croire que les échantillons pris dans ces divers lieux appartiennent à la même carrière. Cepen- dant , dans l'Arkose de Waldshut , le felspath est un peu plus décomposé et passe à l'état de kaolin , la roche n'en est pas moins dure et solide au point qu'elle esl exploitée pour faire des meules de moulin. Cette Arkose est située immédiatement au-dessus du gi'anite-gneiss qui forme le fond du Rhin , et recouverte par un calcaire pénéen qui se montre à peu de distance. Je n'ai pas vu celte superposition d'une manière directe, mais elle est établie par l'inspection des lieux environ- naus , par le récit des ouvriers qui exploitent la carrière de Waldshut et par l'opinion des géognostes qui ont décrit ou simplement visité ce pays ; quant à l'époque géognoslique du calcaire , je ne puis la déterminer avec certitude , mais elle paraît rapporter ce calcaire à celui que nous désignons , avec M. Omalius d'Halloy , sous le nom de pénéen ( Zechstein ). L'Arkose est donc encore ici dans sa position ordinaire et parait appartenir à la même époque géognoslique que celle d'Aubenas. Elle est stratifiée en bancs horizontaux puissans séparés par des lits d'argile sableuse dans lesquels on voit des géodes ou même des cavités allongées , drusiques , tapissées de quarz coloré en rouge 5 ces mêmes cavités se présentent dans la roche elle-même et y sont tapissées des mêmes cristaux , et en outre de quarz laiteux, de calcaire spa- ihique y de Uuore ou chaux tluatéc en cristaux euboïdcs ( lîl ) rose îiès-^iàle , dont les arêtes et les angles sont mo- difiées par un grand nombre de facettes. Elle contient enfin du fer oligiste métalloïde , du fer oljgiste terreux, lanlôl comme fondu dtins la roche, lantôt réuni en ro- gnons disséminés dans sa masse (i). Ainsi cette Arkose, placée immédiatement sur un gneiss mêlé de granité , c'esl-à-«ire , sur le grauite-gneiss de quelques géognostes, renferme , comme ses congénères, des minéraux acidifères (carbonate etlluate) et deux sub- stances métalliques , le fer oligiste et le cuivre mala- chite , circonstances presque caracléristiques des Ar- koses. §11. ^rhoses de la deuxième dwision. La texture grenue, grossière , entièrement duc à Ta- grégalion mécanique^ est plus sensible et plus constante dans ces Arkoses que dans les premières. Elles sont , par conséquent, plus friables et souvent aussi à grains plus fins. Elles renferment plus rarement des minéraux métalliques ou piei'reux cristallisés, étrangers à leur (i) MM. Oeynhausen , de Decheii et de la Roche ont parlé de celte roche sous le nom de grès , eu le rapportant au grès rouge et au grès bigarré des Vosges et de la Forêt -Noire, parce qu'ils considèrcol ces roches comme appartenant à la même formation ; mais ils font spéciale- ment remarquer que le grauite qui lui est inférieur passe au grès rouge d''une manière insensible par le gravier de granité (c'est bien l'Arkose^ ; ils ajoutent que celte Arkose renferme , outre les minéraux que j'ai nom- més , des petits amas de malachite , et qu'elle est recouverte par le cal- caire gris de fumée qui renferme quelquefois au-dessus de la carrière à meules un lit de gypse ( Geogn. Umrisse Jer RhciiiLmden , etc. Es- sen, i8u5, zwcite^ theil , pag. 26.) ( >{■• ) oompositloii csseiitieilc de qiiarz et de felspatli , maîâ elles présentent plus souvent et plus abondamment des paîîlelles de miea. Elles contiennent des débris orga- niques végétaux , à - peu - près et même absolument semblables à ceux qu'on connaît dans les terrains liouil- 1ers •, enfin elles font généralement partie de ces ter- rains et ne diffèrent des psaminites de ces mêmes terrains que par leurs caractères minéralogiques. Leur position est donc bien déterminée, bien connue , et nous ne les mentionnons ici que pour ne passer sovis silence aucune roclie qui puisse se rapporter minéralogiquement aux Arkoses. Nous nous contenterons de citer quelques exemples de ces Arkoses sans les décrire. La roche d'agrégation qui est interposéeà Saint-Etienne» déparlement de la Loire , entre la grande masse de houille de 4 mètres, à la carrière dite de Joyaut , et les lits de houille supérieurs , et qui forme un banc de plus de 20 mètres d'épaisseur, est une Arkose. Celle qui recouvre les derniers lits de houille et de fer carbonate li- ihoïde , et qui est traversée à la mine du Treuil par un grand nombre de tiges végétales , dans une position ver- ticale , est encore une Arkose très-bien caractérisée. Cette même roche , mais plus quarzeuse , avec un peu de ciment argiloïde interposé , un peu de mica , du felspalh kaollnique blanc et de la bai-ytine rosâtre , se présente dans le terrain houiller de Chabrignac , dé- partement de la Corrèze> enveloppant de nombreux no- dules et grains de galène. La mine de houille de Montrclais en Bretagne , est ac- compagnée d'un banc d'Arkose très-dense , très-dure , d'un gris irès-foacé , dont les fissures sont couvertes de ( i43 ) Tjiiar/, hyalin crislallisé , de pyrite et de calcaire jaunis- sant en pelils cristaux rliomboïdaux. Ou voit wne Arkose absolument semblable à celle de la mine du Treuil , dans les mines de bouille de Percy, près de Newcaslle sur Tyne , en Angleterre. Je crois pouvoir y rapporter aussi les Arkoscs mi- liaires qui font partie de la formation charbonneuse, bi- tumineuse et de mercure de la Glane, vers Melseidieim, dans le Palaiinat, r>u pied occidental du Moiit-Tonnerrc. La qualité du combustible cbarboaneux , nommée houille sèche , la présence des poissons fossiles absolu- ment semblables à ceux du pays de Mansfeîd , celle du mercure sulfuré et du plomb sulfuré, plutôt en veinules et en amas irréguliers qu'en filons , peuvent fiiie re- gardca" ce terrain comme tout-à-fait analogue au leirain de schiste bituminciix et cuivreux delà Hesse , e! par conséquent comme montrant la limite inférieure des for- mations dans lesquelles je lâcherai défaire voir cpie les Aikoses se présentent. Le caicaiie pénéen qui le snr- montc et les sources salées qu'on connaît dans les envi- rons de Coussel , semblent indiquer le terrain de sé-^ diment moyen , ou le terrain le plus supérieur de oetlc formation (i). ... . (i) J'avais vu ce terrain, iii:'.is seulement en passant, en 1812. Les poissons et le mercure m'avaient fait soupçonner des- lors qu'il pour- rait être de la mên)ç époque géognostiqiie que les schistes cuivreux de la Hesse , supérieurs à la houille et inférieurs au calcaire péuéen. La des- cription très-caractérisée que M. de Bonnard a donuée de ce terrain ( ^nn. des Mines , t. vi , p, 5o5) , et dans laquelle j'ai puisé la plupart des faits que je viens de rapporter, et l'opinion émise par M. de Bon- nard ( p. 5io ) , me semblent ne laisser aucun doute sur Texactiludc de ( i44 ) On voil, par ces exemples , que l'aciion cliiniique a encore eu de l'inlluence dans la formation de ces Ar- koses , quoique le caractère d'agrégation mécanique soit ici lout-à-fait dominant , et que , malgré leur séparation des granités par des terrains de sédimens, elles présen- tent encore la plupart des caractères minéralogiques et géognostiques des Arkoses de la première division. § m. Avhoses do la troisième division. La place géognostique et par conséquent l'époque do formation de ces Arkoses est, comme on le verra, très-dif- ficile à assigner. Elle est peut-être la même que celle des Arkoses de la premièi'e division , peut-être aussi en est-elle considérablement éloignée. Le quarz y est dominant en grains hyalins plus on moins gros, tantôt liés les uns avec les autres par une force puissante et qu'on ne peut attribuera la seule juxla-po- silion , tantôt au contraire si peu liés que ces Arkoses sont désagrégées et friables. Elles présentent moins qu'aucune autre des minéraux cristallisés 5 le calcaire rhomboïdal, l'arragonite et la barytine sont presque les seuls qui s'y rencontrent. Le calcaire est probablement le moyen de la solide réunion des parties de quelques- unes de ces Arkoses. ce rapprochement. Userait impoi'tant d'examiner si les schistes ioipres- sionnés, cités p. Sog, font partie des terrains à ichthydlite et h mer- cure, et dans ce cas si les impressions véi^étalds sont des fougères ou d'autres plantes lacustios , ou si elks apparlieuuent a des fucoïdcs ou à des plantes marines , comme dans les schistes de la Hesse. C'est encore un secours efllrace que la çcologio réclame de la botanir[i!e fos- sile. ( i45) î)es kaolins impiu's , du bilume, des corps organisés végétaux à l'état de lignite , des coquilles qui appartien- hent à des espèces lacustres ou fluviatiles sont les ma- tières minérales et les débris organiques qu'on trouve? dans cette Arkosé. Je ne puis citer que deux exemples d'Arkoses de cette division -, il est probable qu'il y en a un bien plus grand nombre qu'on reconnaîtra quand on aura porté son at- tention sur ces roches dont l'étude a été négligée parce qu'on les appelait grès , et qu'on croyait en avoir assez dit quand on les avait désignés par ce nom. Le premier exemple de ces Arkoses se trouve en Auvergne ; les lieux où je les ai observées sont situés sur la rivé gauche de l'Allier, entre îssoire et Clermont. Les collines qui bordent cette rivière à l'ouest ont leur base ou plutôt leur noyau en granité coloré eu rouge et peu solide 5 elles sont surmontées d'une roche d'agrégation qui est tantôt un véritable psammite à cause de la quaniilé de mica qu'il renferme; ce psammite est friable, et ses masses sont composées de zones alterna- tivement ronges, vertes et blanchâtres. Le sommet de ces collines ,composé d'une roche aussi friable, a été sillonné et divisé par les eaux en une multitude de cônes dont les bases se confondent. Cette disposition se voit d'Issoire à Saint-Yvoine en i^emontant l'Allier ; mais après Coude se présente la colline de Montpeyroux , qui est presque entièrement formée d'une véritable Arkose , rougeâtre , jaunâtre, grisâtre et même brune, composée uniquement de quarz hyalin grisâtre , et de felspath blanchâtre et constituant tjne roclie très - dure, très-solide dont on fiiit des meules de fnoulin fort recherchées. VIII. 10 ( '4^ ) La posuion i'elaliv« de celle roche depuis Issoire jus- qu'à Clermout , cl dans les environs de celte ville , est généralement la même-, elle est souvent immédiatement placée sur le granité , et composée non - seulement des mêmes élémens que le granité inférieur, mais ses cou- leurs le rappellent également, car on a dit tout à-riieure que ce granité était plutôt rouge que gris. L'Arkose est dans quelques endroits recouverte par une l'oclie calcaire bien différente de celle qui recouvre les Arkoscs de la première division : ici c'est un calcaire d'eau douce très-bien caractérisé, pétri d'une multitude de coquilles fluviatiles ou lacustres , et de même qu'aux environs d'Avalon les gryphées s'associent aux parties supérieures des Arkoscs, de même ici les lymnées^ bu- limes, planorbes, etc., se voient dans l'iulérieur même de cette roche. La position de ces Arkoses , par rapport au granitc qui forme la base des terrains volcaniques et des terrains de sédiment de l'Auvergne , se voit d'une manière très- claire au Puy-de-Chatcl , au nord de Royat , près de Clermont. L'Aikose à grains assez gros de quarz et de felspalh se présente en bancs inclinés, appuyés immé- diatement contre le gianitc qui forme la masse princi- pale du petit monticule qu'on nomme le Puy-tle-Chatel. Le granité est divisé par un grand nombre de fissures remplies d'une brèche de fragmens de granité, cimentés par du fer limoneux : les fentes et cavités de cette brèche granitique qui représente une Arkose à gros grains , sont elles-mêmes remplies et tapissées des cristaux de ba- ryte sulfatée , remarquables par leur volume et leur ncl- lelé. La partie supérieure de la masse d' Arkose est péné- ( i47 ) Ivèe de bilume. Aihsi la barytine, minéral qui accom- pagne si souvent les Arkoses , se représenle encore ici nvec celle roclie cjui scnîble se lier, par celle circon- slauce et par sa position imunédiate sur le granité , avec les Arkoses de la première division. La bar^nine , le bitume et rarrrgonile accompagnent également lArkosc dans un lieu plus éloigné de Cler- mont, au Puy-de-Corent. On Yoit au pied de cette col- line , sur le bord de l'Allier, en allant de la surface à la profondeur, ou de haut en bas , d'abord le calcaire d'eau douce rempli de lymnées et de planorbes; ensuite l'Ar- kose , qui est ici très -dense, très- dure, imprégnée de calcairedans ses parties supérieures, et pénélréede bitume dans ses parties inférieures : elle est stratifiée ^ et ren- ferme entre ses couclies de l'arragonile fibreuse. Celte Arkose n'est pas placée ici immcdialcmcnt sur le granité, elle repose sur un calcaire compacte, biîumineux, fissuré dans toutes sortes de directions , et dont les fissures sont remplies de bitume , d'arragonitc et de barytine. Je me borne à ces exemples de position de l'Arkose en Auvergne ; ils suffisent pour faire voir les caractères ou particularités, tirés de sa position sur le granité et de la présence de minéraux cristallisés. L'ai'ragonite et la barytine se montrent dans celte Arkose comme dans celle de la première division ; mais je ne sache pas qu'on y ait vu de substance métallique autre que du fer oxidé limoneux. Le second exemple est pris dans un pays bien éloigné de celui qu'on vient de citer 5 c'est en Bohême , près de Carlsbad , que je crois avoir reconnu une Arkose sem- blable à celle d'Auvergne. Il y a déjà entre les environs ( ^48 ) Je Carîobad et i'Auvoigne une grande analogie de coa- siitulion géognosliquc : c'est de part et d'autre un pla- teau granitique surmoulé de roches trapéennes , ba- saltiques , même laviques , avec des sources minérales chaudes tenant en dissolution une grande quantité de cal- caire. On y voit aussi des kaolins impurs j comme ceux de Soiixillange , près d'Issoire. L'Arkose, ici très-quarzeuse, pourrait être nommée grès à gros grains , si elle ne renfermait quelques parties de felspalh , et si la position géoguostique ne décidait à regarder cette roche comme ime Arkose. Elle recouvre, eu effet, des collines basses de granité porphyroïde; elle est grise , très-dure , à gros grains de quarz hyalin , mêlé de grains de felspalli altéré. Elle est en bancs puissans , pénétrant dans les anfracluosilés des vallons granitiques. Ceux de ces bancs qui sont sur la pente des coteaux ont été brisés ; une partie de leurs débris volumineux sont restés épars sur la crête des collines , comme on peut le remarquer en allant de Carlsbad à Elbogcu par la grande roule. Une autre partie est tombée jusque dans le fond des vallées et a pénétré dans les dépôts de kaolin qui se montrent quelquefois au pied de ces collines. Celte Arkose est la moins bien caractérisée de toutes celles qui ont été mentionnées dans cette Notice-, sans son analogie avec celle de l'Auvergne, on serait tenté de la reparder comme un vrai grès du terrain de sédiment supérieur-, et avec d'autant plus de raison qu'elle est accompagnée dans quelques endroits (au débouché de la vallée de Carlsbad, dans l'Eger , et sur la rive opposée de celle rivière) de fragmens de lignile et de Irès-bouno argile plastique, que nous avons déjà mentionnés ailleurs. '(149) Art. 3. DéiermînatioTi de la position géognostique des yérkoses. Les Arkoses , par leur position sans intermédiaire sur le granité , démontrée d'une manière évidente par les exemples que je viens de rapporter , et par leur liaison avec cette roche , semblent avoir été formées immédiatement après elle et par conséquent être d'une môme époque géo£;nostique que les terrains de irau- mate de la formation de transition , qu'on considère comme la plus ancienne après les terrains primitifs , et comme formant le passage de ceux-ci aux terrains de sé- diment. Mais en comparant les particularités et carac- tères géologiques des deux terrains , considérés isolément et sans égard à leur pl-ace dans la série des formations ^ on remarquera des diOérences nombreuses et fondamen- tales qui pourront nous conduire à des conséquences assez singulières et peut-être inattendues. Le tcrraiti de traumate {uhergango- grauwake) est composé de phyllades paillettes , de poudingncs anagé- niques , de psammite commun et schisloïde, de schiste argileux , de phtaniles (Jiieselschîefer), etc. Il offre , par conséquent, un dépôt puissant de roches argiloïdes ou sableuses qui n'ont aucun rapport de nature ni de struc- ture avec le terrain de granité, de gneiss ou de mica- schiste sur lequel on suppose qu'il est placé et d'où semblent être sorties les substances minérales , pierreu- ses et métalliques qui se rencontrent , cristallisées , dans ce terrain sédimenteux. Le terrain de traumate est donc composé de matériaux joul-à-fait ditlerens de ceux du terrain granitique sur ( i5o) lequel on présume qu'il repose : il lire nécessairement son origine d'une aulre source et doit avoir été formé de tout autres matériaux qui peuvent mi-mc venir de très- loin. Le terrain de traumatc est stratifié d'une manière assez distincte. Sa stratification est coupée et traversée par des filons ou des veines qui renferment des minéi'aux très-variés. On dirait qu'après avoir été déposé il a été brisé et comme fendu par la force ou par la cause qui a introduit ces minéraux dans ses fentes et dans ses cavi- tés. Aussi est-ce le terrain des filons réguliers, des amas couclics et des veinules minérales. Les terrains de houille ancienne ou filicifère qui vien- nent ordinairement au-dessus des terrains de transition calcaire ou de traumate, ont des caractères si connus et si évidemment différens de ceux des Arkoses , que je n'en ferais aucune mention si on n'avait pas trouvé dans ces derniers terrains des débris végétaux qui semblent au premier aspect avoir de la ressemblance avec les fou- gères des terrains houillers ; mais un examen scrupuleux, une comparaison attentive de ces empreintes végétales et de celles de houille, a fait voir qu'elles étaient diliérentes, et a montré en même temps de quelle valeur sont les services que la considération des corps organisés fossiles rend à la géologie. Ainsi les Arkoses de la première division , malgré les débris de végétaux monocolylédons qu'elles renferment quelquefois, malgré les petits amas charbonneux qu'elles présentent, n'appartiennent p.*s à l'époque de la forma- lion des anciennes houilles ; elles ne sont pas plus an- ciennes qu'elles , mais elles ne paraissent pas non plus ( i5:i ) être beaucoup plus nouvelles : elles semblent dans quel- ques cas les avoir suivies presque immcdialement. La disposition , la nature et l'origine des Arkoses de la première division présentent donc des circonstances tout- à-fait diirérenles de celles que nous venons de rappeler comme propres aux terrains de Iraumate et aux terrains houillers. Il n'en est pas de même des Arkoses de la seconde di- vision ; car On ne peut se refuser à regarder le gravier blanc , qui recouvre à Saint-Etienne le terrain houiller dans quelques points , et notamment dans le lieu où il s'est présenté traversé par une forêt de tige verticale , et celui qui alterne avec les couches de ce terrain , comme appartenant, au moins minéralogiquement , aux Arkoses , puisqu'il a la même composition que cette sorte de roche. La stratification des Arkoses est grossière , et quelque- fois on ne peut la reconnaître nettement. Nous avons déjà dit , et les caractères minéralogiques l'établissent d'une manière positive, qu'elles sont composés des mêmes élémens que le granité. L'élément le plus durable , qui est le quarz , est aussi le plus abondant *, l'élément le plus séparable, le plus susceptible d'être emporté au loin, le mica , ne s'y trouve pli>s ou y est très-rare; l'élément le plus décomposabïfe , le felspath , y est souvent à l'étal d'altération , soit en kaolin , soit même eu ai'giîolite. C'est aussi un gile des minéraux acidifères et des mi i néraux métalliques, qui se présentent ordinairement en filons dans toute autre roche ; mais ici la matière de ces minéraux était répandue d;ins la masse même de l'Arkose, et à mesure que celle-ci se solidifiait par dépôt et par ( i52 ) agrégation , les minerais dissous se réunissaient en pctils amas cristallins ou tapissaient de leurs cristaux les ca- vités de l'Arkose. Il n'y a ici que des nodules , des amas, et quelques druses ; on ne voit plus ou presque plus de filons , ni même de veines ou amas-couchés , de quelque étendue. Le clirôme des Ecoucliets , la pyrite de Hoer , le fer oligiste et les fluorés de Waldshut , la galène du Bley- bcrg, dans le Palatinal , le cuivre en diirérens états de Chessy, etc. , sont des exemples frappans de cette dispo- sition; et lors même qu'on ne les rapporterait pas tous à la même époque de formation , ils appartiennent tous au terrain d'Arkose , tel que nous venons de le carac- tériser. Ces minéraux et ces minerais semblent être sortis des terrains que recouvi'e l'Arkose et dont elle parait ètrq çlle-même la continuation, car on les suit jusque dans ces roches , et soit qu'ils en sortent , soit qu'ils y entrent, ils prouvent toujours ce que nous voulons établir comme un fait assez général, c'est la continuité de nature et de pliénomène qui a eu lieu entre la formation des Arkoses de la première et de la troisième division et celle des granités. Cette continuité est visible et évidente dans quelques lieux ( AvaJon , Monijeux près d'Autun , les Ecoucliets , Chessy ) , quelle que soitj^'hypothèse qu'on adopte. Telles sont les circonstances caractéristiques de gise- ment des Arkoses , circonstances remarquables par leur généralité, et qui suffiraient seules pour donner de l'in^ térêt à l'histoire géognoslique de celte roche , lors même qu'on ne pourrait la rapporter avec certitude à auounq ( 1^3 ) époque goognostîtjue déterminée , ou lors munie r^u'ou ne la considérerait que comme un membre subordonné d'une grande formation , ou enfin que ne voulant pas la regarder comme un terrain propre , on ne la considé- rerait que comme une i^oclie particulière , entrant dans la composition de ce que l'on appelle un terrain. Les faits qu'on vient d'exposer montrent que les Ar- koses de la première et de la ti'oisième division sont en liaison intime avec le granité, et qu'elles doivent avoir suivi immédiatement cette roche. Cependant elles n'ap- partiennent pas aux terrains de transition qui sont regar- dés comme les roches les plus anciennes après les gra- nités ; elles ne possèdent aucun des caractères de ces terrains 5 elles paraissent même plus nouvelles que les terrains houillers , par la nature des végétaux fossiles qu'elles renferment et qui n'ont , comme nous l'avons dit, presque rien de commun avec ceux des terrains houillers. ' . C'est déjà une disposition géognoslique fort singu- lière , une sorte d'anomalie géologique que de voir une loche , d'une époque de formation évidemment différente de celle des terrains de transition et des terrains houillers, çt très -probablement postérieure à ces terrains, être eu liaison intime avec une autre roche , le granité, qui fait partie d'un terrain généralement regardé comme beaucoup plus ancieu , en sorte que ces deux Arkoses offriraient cette singulière contradiction d'être, par leur liaison avec le granité, de la même époque que cette roche , et par con- séquent plus anciennes que les terrains de transition et que les terrains houillers , et cependant plus nouvelles q^ue ceux-ci par les circonstances de leiu' superposition, C ï54 ) et de la nature des corps organises fossiles qu'elles ren- ferment. Mais pour rendre cette singulière conséquence plus évidente , avant de chercher à se l'expliquer , il faut examiner à quelle époque géognostique on à quelle for- mation ces circonstances et ces déhris organiques doivent faire rapporter les Arkoses. Trois ordres de fiiis ou d'observations peuvent nous y conduire. i". La nature bien déterminée des terrains qui re- couvrent les Arkoses. 2°. Les espèces de débris organiques qu'elles ren- ferment. 3°. La nature des roches , des minéraux et des mé- taux qu'on rencontre dans les terrains d'Arkose. Des Arkoses que j'ai décrites comme exemples de la première division , quatre seulement se sont montrées re- couvertes d'une manière évidente, celles d'Aubenas , d'Avalon, de Chessy et de Remillj. Dans celled'Aubenas , c'est un calcaire qui ressemble au calcaire pénéen par sa texture, ses parties métalli- ques et ses ammonites; dans celle d'Avalon , c'est le cal- caire à gryphées arquées ou lias , et peut-être entre lui et l'Arkosc, un calcaire coquillier nommé lumachelle par M. de Bonnard , et qui pourrait bien se rapporter au cal- caire conchilien {Muschclhalk). A Chessy, je n'ai pas vu directement la superposition , mais j'ai vu et recueilli les calcaires et les pétrifications qui entourent le terrain d'arkoses , et j'ai su que les ingénieurs qui ont étudié ce gîte de minerai considéraient ces calcaires comme lui ( i55 ) étant supérieur. C'est encore le lias avec ses gryphées ar- quées , ses bélcmnites, ses ammonites, etc. Enfin, à Remilly ou n'adraellail la superposition que par induction de la disposition des roches environnantes •, mais M. Pareto vient de reconnaître distinctement que TAikose de ce lieu était directement recouverte par le calcaire à gryphées. Oi% quels terrains trouvons-nous au-dessous du lias et du calcaire conchilien? C'est le grès bigarré , le calcaire pénéen et le schiste bitumineux. Au-dessous viennent les psephites et les houilles filicifères : mais nous devons nous arrêter ici , puisque tout porte à ci'oire que le ter- rain d'Arkose est supérieur à la houille. Voilà donc la place des Arkoses indiquée par celle pre- mière série d'observations. ' La seconde série , celle qui esi relative aux débris organiques , n'offre que deux observations , et encore Vnne d'elles est incomplète 5 mais celle qui reste en- tière possède à elle seule une très -grande valeur. C'est l'observation qui est relative aux empreintes si bien conservées dans l'Arkose de Hoër, qui , déterminées et discutées par M. Adolphe Brongniart , mon fils , se rapportent toutes aux débris végétaux trouvés dans le- grès bigarré et dans des terrains c[ui semblent en être ime dépendance. Les liges et empreintes trouvées dans l'Arkose de Blavosy n'ont pu être déterminées ; ce qu'on en connaît n'offre rien qui soit en opposition avec ce que nous ont appris les Filicùcs meniscloides , les nil- sonia , etc. , des Arkoses de Hoer. AinSÎ les débris organiques végétaux concourent k ( I5Ô) placer les Arkoses dans la forma lion des grès bigarrés , ou peu avant cette formation, La troisième série de faits qui est relative à la nature des minéraux renfermés dans les Arkoses, n'a pas la même valeur que les précédentes ; mais elle compense , par le nombre et la généralité de ses caractères , ce qui lui manque en valeur. On y trouve généralement des mine- rais métalliques et des minéraux acidifèics , disséminés et en petits amas , mais non en filons. Ces minéraux sont les mêmes que ceux qu'on rencontre dans le grès bigarré et dans les scliislcs bitumiueux , roches qui terminent, l'une vers le haut et l'autre vers le bas , la suite de celles qui peuvent renfermer les Arkoses. Si, comme je le pré- sume , les terrains hydrargyrifères du Mont-Tonnerre se rapportent à la formation des Arkoses , les poissons qui s'y trouvent , en les éloignant des psammites liouil- 1ers , les rapprochent des schistes cuivreux à ichthyo- lites du pays de Mansfeld , et les placent, soit dans ce terrain, soit entre lui et le grès bigarré. La baryline qii'on trouve dans ce grès en Alsace , en Lorraine , eu Souabe , etc. 5 le plomb carbonate qu'on connaît dans celui du pays de Bade , du duché de Wurlzbourg , etc. ; les empreintes de calamité et de fougères, accompagnées "de quelques lits chai'bonneux qu'on cite dans ce terrain, dans les Vosges , près de Bàlc , de Tubingen , etc., éta- blissent de nombreuses ressemblances géognostiques entre les Arkoses et les roches qui s'étendent du grès bigarré au schiste bitumineux. Celte troisième série de fails concourt donc avec les deux autres à assigner la place des Arkoses dans les ter- rains de sédiment inférieur^ depuis le grès bigarré jus- qu'au schiste bitumineux. ( t% ) Mais les observations relatives aux rapports des ter- rains d'Arkosc avec les terrains inférieurs , montrent sa liaison intime avec le granité. Nous l'avons vue à la montagne de JVJontjeu près d'Autun , à Avalou , où M. de Bounard Ta fait remarquer d'une manière expli- cite (i). M. Voltz, qui appelle cette roche gfès vos* glen , la compare à du granité broyé (2). Si donc sa formation avait suivi sans interruption celle du granité , (1) Mém. cité, p. 447 01475. (2) Car uous regartious le grès vosgien de cet ingéuîeur des mines comme appartcnaut aux Arkoses ; il en a la position , puisqu'il est sur le granité , les caractères minéralogiques, puisqu'il est composé de quarz et de fclspalli , et le caractère géognoslique , puisqu'il renferme la bary- tine , substance minérale qui accompagne presque toujours les Arko- ses. Il le place , il est vrai , beaucoup au-dessous du grès bigarré, dont il le sépare et le distingue ; mais le caractère des Aikoses semble être précisément d'appartenir à différentes époques de formation" par ses di- verses parties , au granité qu'elle recouvre par la partie inférieure de ses masses , et au terrain qui la recouvre immédiatement par la partie supérieure , de remplir pour ainsi dire en partie ou eu totalité l'espace compris entre le granité et le grès bigarré, et de remplacer, suivant les lieux, soit toutes les roches, soit une partie seulement de celles qui se montrent dans cet espace. M. Voltz , dans ui'e lettre à M. de Bonnard du 3 mai i823, confirme ces rapprochemens d'une manière très-précise. « Le passage insensible w du granité aux roches arcnacées , dit-il , est un phénomène qui m'a n frappé et qui fait voir que la formation des Arkoses a eu lieu dans » des circonstances analogues , sous bien des rapports , à celle du grè» » vosgien. » Il dit plus loin : « A Hargarton , le grès bigarré passe insensiblement au grès voigieji , M et le terrain salii'ère manque... Quant au grès vosgien , il se pourrait » qu'il fût l'équivalent du calcaire pénéen [zcchstein) ou le système in- t) férieur du grès bigarré , .système qui dificrc sous fous les rapports dii M système supérieur du grès bigarré. » ( î58 ) comme iiiic écume surnage une matière fondue, ou comme une eau-mère trouble , mêle ses dépôts et ses cristaux impurs avec la surface de la masse crystalline qu'elle a produite , ne pourrait-on pas , ne devrait-on pas même en tirer la conséquence que la formation du granité , ou au moins de ces granités , n'est pas irès- éloignée de l'époque de la formation des grès bigarrés ; et l'auîre . conséquence encore plus singulière que la formation de' ces granités est postérieure aux terrains de transition, et peut-être même au terrain houiller. Voyons si d'autres observations ne conduisent pas au même résultat par une autre route. En examinant quels sont les terrains qui se sonl montrés sur le granité , dans les cas peu nombreux il est vrai , où on a vu cette roche immédiatement et clai- rement recouverte , on remarque que c'est presque tou- jours des terrains de sédiment inférieurs , même des terrains encore plus nouveaux, et qu'il est rare au con- traii'e qu'on puisse prouver que le granité ait été claire- meiît reconnu immédiatement sous les terrains de tran- sition , et même sous les teri-ains liouillers (i). Ainsi , dans les exemples que j'ai décrits dans ce Mé- moire , et qui ont montré le granité recouvert d'une manière distincte , ce ne sont pas des terrains de transi- lion qu'on trouve appliqués sur cette roche , mais des terrains beaucoup plus nouveaux. Près d'Alençon où le granité se voit réellement et (i) On ne cite d'exemples de superposilion immédiate de la houille sur le gn nite ou sur les roches de cette même formation , que dans lu centre de la France , principalcmcr.t dans la partie méridionale du ba»- ain Louillcr de baint-Etieuue. I ( 1% ) immt'dîalement placé sous un lerrain de sédimeul , c'est le calcaire jurassique, ou au moins un calcaire oolliic|ue qui le recouvre , et par conséquent un terrain encore plus nouveau que ceux que j'ai cités plus haut (i). En pai'courant la description des difïcrcns pays qui présentent soildes granités, soit des terrains de transition, on ne voit presque jamais les premiers recouverts par les seconds , ni ceux-ci placés clairement sur le granité. Les coupes de l'Anglelcrre où ces deux sortes de terrains se montrent fréquemment , les présentent toujours séparés Tun de Taulre par des scliistes et d'autres roches , et alors la trace des superpositions certaines est perdue , surtout quand il s'agit de terrains non stratifiés ou de stralificalion très-iuclinée et très-dérangéct On pourrait donc présumer que certains granités sont postérieurs , non-éculcmcnt aux terrains de transition , mais encore en partie à quelques terrains houillers et d'une époque de formation de très-peu antérieure à celle des calcaires pénéen, du grès Ligarré et du lias. Si oa n'a observé que rarement et peut-être jamais claire- ment , c'esl-à-dire d'une manière immédiate , celle super- position , cela tient aux causes même de la formation qui ont dû apporter dans le point de contact des pertur- bations, des amas de débris qui le cachent, et qu'aucun intérêt n'a porlé à percer. Au i^este la première opinion est admise pour la Norwège, la Saxe, etc., par les géo- gnostes les plus distingués ; et M. Marzari l'a rendue cé- lèbre par les observations qu'il a faites dans la vallée de (i) M. Hérault a reconnu et dé<:rit cette curieuse disposition , que j'.ti eu occasion de voir aussi sur les lieus. l*x\\isio , eu Tyi'ol, sur ce qu'il appelle le granité tet^^ tiaire. Les progrès de la science géologique doivent avoir pour résultat de multiplier les distinctions et les divi- sions en faisant reconnaître des différences entre des phénomènes qui étaient confondus. Il faut maintenant admettre que le mot d'époque géognostique doit avoir mie acception bien différente , suivant le mode de formation du terrain' auquel on l'applique; ainsi, lors- qu'il s agit d'un terrain précipité par voie chimique ou par voie mécanique du liquide qui le tenait en dis- solution ou en suspension , l'époque de l'apparition de ce terrain à la surface du globe est la même que son époque de formation ; et ce terrain est entièrement su- périeur et complètement postérieur à ceux qu'il l'ccouvre. Mais s'il s'agit d'un terrain qui soit sorti à l'état liquide ou pâteux de l'intérieur de la terre pour s'épan-* ( hcr H sa surface , son époque de formation dans la source d'où il vient , ou plutôt celle de cette source , est très-différente de son époque d'apparition par expaii-* sion à la surface de la terre. Cette dernière époque est déterminée par les espèces de corps minéraux qui com- posaient la surface du gjobe au moment de son épan- chement et par l'existence des corps organisés qui l'habitaient. Ces corps spécifient les époques de forma- lion ou d'apparition de ces roches, comme les differens monumens historiques, enfouis sous les laves du Vésuve, spécifient l'origine ou l'âge de ces laves , quoiqu'elles partent peut-être toutes d'une môme source iniérieure. Or, il est présumable que la plupart des roches dures . cristallisées, non stratifiées , sont sorties de 1 in- ( i6i ) térîeiir de la torrc pour s'épancher à sa surface à dif- lerenies époques j et qu'elles ont recouvert ou des roches de même uature , ou des roches généralement moins du- res, non cristallisées, déposées par sédiment et renfer- mant des débris de corps organisés, vivant soit dans les milieux qui tenaient en suspension les matériaux de ces roches , soit sur les terres qui formaient les parties sèches du globe vers la même époque. C'est donc par l'examen des roches de sédiment , pla- cées sous le granité et des débris organiques qu'elles contiennent, qu'on pourra déterminer, non pas l'époque de formation du granité, mais son époque d'apparition par expansion. Or , comme le granité , en sortant ainsi pour se répandre sur divers terrains , a du briser et soulever ces terrains , et a pu également se solidifier au-dessous d'eux, il est tout simple qu'on le trouve sous ces terrains aussi bien que sur eux ; et comme il est possible , quoique beaucoup moins présumable , qu'il soit sorti de l'intérieur de la terre , à différentes épo- ques , pour s'épancher à sa surface, il est également possible qu'on le trouve, suivant les lieux et les temps, tantôt inférieur et tantôt supérieur à la même roche; mais la roche qui lui sera constamment supérieure, fait négatif difficile à établir, ou qui sera intimement liée à sa surface ou à l'une de ses dépendances . observation plus positive et plus facile à faire , sera celle qui in- diquera l'époque la plus récente des phénomènes de l'expansion de ces granités à la surface de la terre. Pour en revenir aux Arkoses. objet prin<;ipal de cette Notice , il me semble que ces roches peuvent nous servir de chronomètre géologique pour déterminer une des VIII. 1 1 ( iG2 ) apparhious du granité à la surface de la terre , si toute- fois il y en a eu plusieurs. Elles sont si inlimemenl liées avec cette roche , qu'on ne peut supposer un long intervalle ni une grande dif- férence de phénomènes entre la cristallisation complète du granité et la demi-cristallisation des Arkoses compo- sées des mêmes élémens que lui. D'une autre part , les Arkoses sont liées avec le grès bigarré ; elles en renferment les débris organiques -, elles renferment également les débris organiques du lias : elles se sont donc formées à la surface du globe à l'é- poque où ces roches et ces êtres couvraient plusieurs parties de cette surface. Or , si les faits exposés dans cette Notice sont aussi exacts et aussi généraux que nous le supposons , si les premières conséquences que nous en avons tirées sont vraies , les Arkoses nous apprendront qu'une apparition du granité , et peut-être la dernière , a eu lieu à la sur- face de la terre à l'époque du grès bigarré 5 et pour conclusion assez remarquable , que certains granités sont , pour parler la langue des géoguostes , de la for- mation des grès bigarrés. EXPLICATION DE LA. PLANCHE XXV. lie. I. Coupe du terrain (l'A rkose de Rcmjlly, entre Dijon etVitteau?;, par M. Pareto. J^, vallon du ruisseau de la Belle-Fontaine ; A , granité ; B , Aikoae; m, marnes argileuses , et c, lits de calcaire compacte ; C, cal- caire à grypliées arquées j M , marnes ; D , calcaire blanc juras- sique ; R , village de Rcmilly ; T, télégraphe. Fie. a. Piapports des Arkoses , du psammite et du calcaire , route de Mercucr à Aubenas. ( i63 ) jt , ten-aiocrAikosc; a, lits argileux vcrtliitres et rosàtres ; b, Arkosa commune et granitoïde ; c, psammite sableux micacé , fissile ; d, Ar- kose granitoïde ; e , Ârkose miliaire ; B , calcaire sublamellaire jaunâtre; C , brèche calcaréo-quarieuse ; D , calcaires compactes divers. l*'ig. 3. Colline au S.-O. du village de Mercuer. D , calcaire compacte gris de fumée métallifère ; a , pont sur le vallon de séparation des deux collines ; C , fond du vallon dont les deux rives sont formées de granité vers le bas , et d'Arkose vers le haut ; j4 , granité; B, terrain d'Arkoses et de psammites ; b, route de Mercuer à Aubenas. Considérations générales sur le genre Veronica ^ et sur quelques genres des familles ou sections voisines y Par M. AuG. DuvAu. La huitième classe du Gênera plantariun, bien liée par plusieurs caractères généraux , se compose de fa- milles qui sont également plus ou moins liées entre elles. Aussi M. Brown , M. Decandolle (dans son ordre in- verse ) et M. Kunth ont fait peu de changemens dans la série de M. de Jussieu. Malgré les travaux de ces illustres auteurs, il reste encore beaucoup à faire dans cette classe; c'est comme une vaste carrière à l'exploitation de la- quelle peuvent être admis même les ouvriers d'un ordre inférieur. J'ai donc cru pouvoir y prendre part. Les ma- nœuvres de la science recueillent des faits : les maitrcs établissent les principes. Le genre Keronica , dont j'ai depuis quelque temps fait ime étude plus spéciale , est déjà assez nombreux en espèces et assez varié dans ses formes pour occuper peu- ( IÔ4 ) datJt des années un modesle amateur. J'avais donc cru pouvoir me renfermer dans ce petit domaine; mais les études comparatives ont , depuis un quart de siècle , fait de tels progrès , qu'elles dominent toutes les sciences naturelles : on y tient compte des affinités les pins éloi- gnées : aucun objet n'est isolé. Je n'ai donc pu rester en solitude avec mes Véroni- ques , et je me suis vu forcé de m'occuper aussi de leurs voisines. Mon but ici n'est point de donner une description (lé- taillée même du genre J^eronica. Ce sera l'objet d'un travail spécial que je me propose de publier plus lard , et pour lequel j'ai déjà rassemblé de nombreux maté- riaux. Pour le moment, j'exposerai seulement ses géné- ralités , en passant en revue ses principaux organes -, puis je communiquerai quelques observations sur plusieurs genres qui ont plus ou moins de rapports avec lui. Je ne vois pas de raison pour changer la division lin- néenne du Veronica en trois sections : Spicce terminales. Spicœ latérales. Flores iolitarii. Elle se trouve même confirmée eti partie par un ca- ractère dont je parlerai un peu en détail. Mais chacune de ces sections ollVe des groupes , dont quelques-uns sont très - marqués , par exemple celui dont le V^. latifolia (dans la deuxième section ) peut être considéré comme le type. Dans toutes les espèces , une Bractée simple , à \me nervure, recouvre la base du pédoncule, ([u! porte une seule lleur. ( 165 ) I-e Style simple est , dans la première seclion , en gé- néral plus long que la corolle , coudé et incliné eu avant Yf'i s la base après la fécondation. Il est , dans les deux antres , plus court que la corolle , ou de même longueur qu'elle , et reste droit. Le Stigmate , également simple , est quelquefois un peu renflé , et celui du f^. anagallis est muni de nom- breuses papilles. Le Placenta se compose de deux lames soudées eusem- ble et avec les bords des valves. Au milieu , ou au-dessus du milieu , ces deux lames soutiennent un nombre indéfini de Podospermes (nuls dans les K. hederœjolia et cymhalariœfolia ) auxquels sont attachées les graines de formes diverses, selon les sections , et même selon les groupes , dans les deuxième et troisième sections. La Capsule , également de formes très-diverses , est composée de deux Loges bivalves : j'en ai souvent observé trois dans les première et troisième sections. La Déhiscence est loculicide dans les trois sections ; mais elle est aussi un peu septicide dans les espèces d'Europe et d'Asie , et souvent elle est complètement telle dans les espèces australasiennes des première et deuxième sections. C'est ce qu'on observe dans le f^. sa- licifolia de la première; dans les J^. labiata etformo- sa , que je dois à l'obligeance de M. Brown ; dans le P^. D iemeniana , nouvelle et fort belle espèce de la terre de Diemen , rapportée par M. de La Billardière , qui a bien voulu me permettre de la publier ; dans le J^. per- joliata , espèce remarquable sous plusieurs rapports , dont M. d'Urville a eu la générosité de partager avec moi ( ^66 ) un échantillon unique. Dans une des capsules dont il est muni , les quatre valves présentent cette double déliis- ccnce jusqu'à leur base. (PI. xxvi, 6g. 4- ) Voilà donc un placenta libre, caractère tout nouveau dans ce genre. M. de Jussieu l'avait regardé comme suffi- sant pour placer le Hebe magellanica ( J^. decupata) parmi les Jasminées. Mais , lors de la publication du Gênera , les espèces auslralasiennes qui présentent ce caractère , n'étaient pas connues ou avaient été imparfai- tement décrites. Faudra-l-il donc exclure du genre Veronica les es- pèces dans lesquelles on trouve un placenta libre ? Cette question devrait sans doute être résolue affirma- tivement , si dans ces espèces le placenta était toujours et essentiellement libre -, mais il ne l'est pas , à beaucoup près , constamment , et même alors il ne l'est qu'acci- dentellement et par un efl'et de déhiscence. On peut s'en convaincre en faisant , avant la parfaite maturité , des sections transversales sur des capsules de ces mêmes es- pèces , qui, comme dans les autres , olfrent alors un pla- centa soudé avec les bords des valves. Cet état de la capsule peut être attribué en partie à la plus grande intensité de la chaleur des pays , d'où les plantes sont originaires. Toutes les espèces sous-ligneu- ses qu'on y trouve sont aussi d'une contexture plus sèche que les espèces européennes voisines 5 elles noir- cissent également davantage à la dessiccation, et prennent la teinte de nos Mélampyres et Pédiculaires. J'ai examiné avec quelque soin une des espèces les plus communes du genre, dont les graines présentent des caractères très-remarquables, et étrangers en partie ( 1^7 ) aux graines do ses congénères : je veux parler du V . he- (Icrœfolia, qui , sous ce rapport , paraîtrait ne point ap- partrniraii genre dont nous parlons. A la maturité, le placenta devient , comme dans plu- sieurs autres espèces , libre par l'effet de la déliiscence 5 mais chaque loge contient deux graines dépourvues , ainsi que nous l'avons vu , de podospermes , et attachées au haut du placenta , contre lequel leur face inférieure est appliquée. Ces graines sont rondes et creusées en forme d'ombilic -, chacune d'elles est munie , au fond , d'une membrane circulaire, qui en occupe le milieu , et s'élève jusqu'au niveau de ses bords. D'un autre côté , le bile se prolonge parallèlement à la graine sous la forme d'un corps cylindrique, terminé à son extrémité par deux ou trois globules à moitié renfermées dans la membrane, et qui fixent la graine au placenta. (PI. xxvi, fig. 5.) Ces caractères se retrouvent dans le /^. cjmbala- riœfolia , qui ne diffère guère que par le calice , du J^. hederœfolia. Mais toutes deux diffèrent par leurs graines beaucoup plus du J^eronica que les Sibthorpia et Disandra , et même les Erinacées ; aussi avais-je pensé à en faire un genre distinct. De graves autorités m'en ont détourné. L'établissement de genres sur un seul caractère , lorsque tons les autres et le faciès général étaient homogènes , n'a contribué que trop à l'encombrement de la Botani- que. Au reste, un examen attentif fait découvrir dans les graines de quelques espèces voisines , telles que les K. agrestis, Buxbaumi^ caljcina, R. Brown, etc., des ren- funceinens et des membranes, qui leur donnent des rap- ( i68 ) ports suffisamment marques avec ies graines , dont il est ici question. Les Véroniques odrent un caractère , (jui a été signalé, mais dont rimportance ne me parait pas avoir élé suffi- samment appréciée. C'est un organe charnu et d'un vert pâle , placé en dedans de la corolle. Dans le premier âge de la fleur, il entoure la base de l'ovaire , que quelque- fois il enveloppe en grande partie , et avec lequel il pa- raît intimement soudé , du moins dans un grand nombre ^ d'espèces. Mais , à la maturité , il passe de l'état charnu à l'état membraneux , et reste adhérent au calice , quand on détache celui-ci de la capsule. On voit par cette description combien je dois être em- barrassé pour lui assigner un nom , aucun de ceux qui ont été appliqués aux organes , en apparence du même genre , ne lui convenant parfaitement. Un nouveau nom , qui serait significatif ou pittoresque, serait aussi plus ou moins long , et probablement un peu barbare. J'aime mieux me contenter d'un nom (onnu, et je me décide pour celui de Disque. La corolle des Véroniques se délaclianten général du réceptacle avec une extrême facilité , il est souvent fort difficile de reconnaître sa véritable position ou insertion , surtout dans les espèces où elle est excessivement petile, tomme les T^, hedercejblia , crisla-galli , mollis, lo- mana, etc. , où j'ai eu moi-même beaucoup de peine à la surprendre en place. Je dirai peu de chose sur les E lamines. Leur longueur et la conformation des filets offrent , pour les sections , des caractères de second ordre. Elles sont au nombre de deux -, mais ce nombic leii'l à varier dans quelques espù-. ( 1*^9 ) ces. Ainsi , dans une corolle du J^. virginica , j'ai oL- sc rvé le rudiment d'une troisième étamine , et dans une autre, les rudimens d'une troisième et d'une quatrième. J'ai vu dans le J^. sibirica une troisième étamine avor- tée. Enûn , un échantillon du J^. pinnala m'a ofl'ert une corolle à quatre, et beaucoup d'autres à trois éta- mines parfaitement semblables entre elles. La Corolle me donnera lieu à trois observations. La première est relative à la Piéjloraison. Ce caractère de seconde ligne , qui joue un assez grand rôle dans d'au- tres genres , a ici peu de valeur. Il subit , selon les groupes , des modifications dans la manière dont les limbes des divisions sont appliqués les uns sur les au- tres. Mais la disposition dominante est celle-ci : la di- vision supérieure enveloppe les étamines , le pistil et l'ovaire; elle est recouverte par la division ixiférieure , qui l'est à son tour par les deux divisions latérales , pla- cées indistinctement l'une sur l'autre , et se recouvrant par le haut ou par un des cotés. Cette préfloraison , comme on voit, est compliquée et ne pourrait par con- séquent être désignée p ) Un simple examen permet de distinguer sur le limbe ' des raies à -peu -près pai-allèles très -marquées , et qui sont , en général , au nombre de neuf ou sept dans la di- vision supérieure , de sept ou cinq dans les divisions la- térales, de cinq ou trois dans la division inférieure. M. Brovvn , qui si souvent devine ce qu'il n'a pas décou- vert , m'ayant demandé, il y a un an , si j'avais observé quelque chose de particulier dans le système des nervures de la corolle, je lépondis négativement 5 mais je crus devoir les examiner avec plus d'attention , et je suis arrivé au résultat suivant. Les raies dont je viens de parler, ne sont que les rami- fications des nervures qui prennent leur origine à la base du tube, — car il y a toujours un tube, quelque court qu'il soit , — sur l'axe ou à côté de l'axe des divisions respecti- ves , mais jamais sous les filets ou à côté d'eux. Simples à leur naissance, ces nervures ne se ramifient qu'à plus ou moins de distance au-dessus. Leur nombre m'a fourni un caractère distinctif pour chacune des deux premières sections. Dans les trois sections , les divisions latérales et la division inférieure sont munies d'une seule nei^vure plus ou moins ramifiée ; mais dans la première section , la division supérieure n'en porte qu'une , tandis que , dans la deuxième section , elle en porte deux. J'offre un exemple de la première section sur une corolle d'un échantillon du V . salicifolia de la Nouvelle - Zélande , que M. d'Urville a bien voulu me donner. (PI. xxvi , fig. 6. ) Je l'offre de préférence , parce qu'elle présente en outre une espèce de didynamie assez remarquable dans ses échancrures. On trouvera un exemple de la deuxième section dans la corolle du V> latifolia. (PI. xxvi, fig. 7.) ( 17' ) Sur 8i espèces , dans lesquelles j'ai examiné ces ner- vures , 37 appartiennent à la première section. J'y ai ren- contré sept exceptions : le V . virginica (dont MM. Ra- fmesque et Nuttall ont cru devoir faire un genre dis- tinct , le premier sous le nom de Callystachjs , et pos- térieurement à' Eustachja; le second sous celui de Lep- tandra ) ; \e V. sibirica , qui en est très-voisin , et les V. saxatilis , fruticulosa , serpillifolia , Ponce et al- pina , qui font partie d'une sous-division de celte section, dont , au reste , dépendent également les f^. nummula- tia, Wormskioldi et Baumgarteni , mais qui rentrent dans la règle. Sur 34 corolles de la deuxième section , 3 seulement ne m'ont offert qu'une nervure , les K. anagallis , un- dulata et Michauxii. Mais , dans plusieurs corolles du V. Stelleri , dont je suis redevable à M. de Chamisso , j'ai trouvé une perturbation telle cju'il me serait très- diflicile d'en rendre compte. La troisième section , qui est de beaucoup la moins nombreuse , offre des nervures des deux espèces. Je joins ici une corolle du K. cynibalariœfolia , dont la division supérieure n'a qu'une nervui'e , et une corolle du T^. Buxbaumi ^ où elle en a deux. (PI. xxvi , fig. 8 et 9.) Plusieurs échantillons de cette dernière plante m'ont été envoyés avec quelques autres espèces , de Téflis , par M. Bélanger, directeur du Jardin botanique du roi à Pondicbéry , jeune homme recommandable par d'excel- (1) Il est très-probable qu''elles se réunissent dans le pédoncule, comme cela a lieu dans les Renonculacées et Caryophyllées que j'ai examinées , et probablement dans toutes les plantes dont les pétales ou divisions d«; la corolle ont plusieurs nervures à leur base. ( '72 ) lentes qualilés, et dont l'ardeur et les lumières nous font espérer de très-amples luoissons en histoire naturelle. Je dois faire observer que , dans les corolles des Vé- roniques , les ramifications des nervures ne s'étendent que sur les divisions l'espectives , à la base desquelles elles prennent naissance (pi. xxvi , fig. 6, ^ , 8 et 9), et jamais sur les divisions voisines, comme dans les Sy- vant.hérées et les Goodenoviées , dans les Rhinaiitïiées et la plupart des Scrophularinées , etc. Jusqu'à présent , ce caractère n'avait été , à ma con- naissance, observé d'une manière suivie que dans les Synanthérées et les Qoodenoviées. Nous devons donc désirer que MM. Brown et Cassini , qui rapportent aussi leurs observations sur des genres isolés , publient éga- lement leurs résultats obtenus sur l'ensemble des fa- milles qu'ils ont examinées. On ne me reprochera pas , j'espère, de m'attacher à des détails trop minutieux. Aucun caractère n'est à dé- daigner, quand il est constant , ou du moins commun à un grand nombre d'espèces. J'ai pour moi d'ailleurs des autorités qui me i-assurent. On sait quelle importance les deux botanistes que je viens de citer, ont attachée à la dis- position des nervures dans les corolles des Synanlherées, et M. Runth y a également eu égard dans ses dessins. Au reste , il est probable que dorénavant les nervures des corolles seront plus généralement étudiées par les botanistes. Il est même possible que, dans des genres nombreux , elles soient, comme dans le f^eronica , dis- posées de manière à pouvoir se combiner utilement avec d'autres caractères pour former des sections. Et pour- quoi n'espérerions-nous pas les voir contribuer à dis- ( t;3 ) linguer par exemple (|ui'1ï[ul's gnnrcs de Liihic.es , comme les Stachys, Betonica , Sidcritis , Satureia , Jlijvius , Melissa , etc.? M. Browu lui-même regarde la disposition des vaisseaux primaires et secondaires dans les Composées , « comme irès-utile pour déterminer » les limites de ct-tte famille , sans oiTrir toutefois un » raracière essentiel pratiqué pour la classe entière. » {Ohs. sur les Composées, Trans. oftheLinn. Soc, vol. XII , première partie, pag. 79. ) Nous voyons aussi quel parti il eu a lire pour établir, du moins comme une opinion probable , que la corolle des Composées est liy- pogyne , ainsi qu'elle l'est dans les Goodenoviées. (Ib., pag. 84-5.) M. Cassini va plus loin encore, et l'autorité de ce sa- vant botaniste est ici du plus grand poids. Dans son troi- sième Mémoire sur les Synanthérées (Joiun. de Phj s., lom. LxxxTi , pag. 119), il pose en principe que « le )) caractère le plus essentiel de la corolle réside dans la » disposition des nervures. » Aussi dans sou quatrième Mémoire, il propose, outre le nom d" yJ ndrotomes , pour désigner cette famille , celui de NtK'ramphipétales , que toutefois dans son cinquième il abandonne pour adopter définitivement celui de Synanthérées. Je Ti'exarainerai point si l'on peut tirer avantage de la présence d'une ou de deux nervures pour admettre la soudure de deux ou trois parties. Dans les Synan- thérées , que la corolle soit monopétale ou gamopétale , la régularité est la même. Daus la corolle des Véro- niques elle serait détruite. Je crois pouvoir me dispen- ser de le prouver en détail. J'ajouterai néanmoins qua souvent les nervures ne se prolongent pas jusqu'au bord ( 174) du limbe, circoiislance qui exclut toute idée de soudure» Le calice des Véroniques est de forme très-variable. Il se compose de quatre , et quelquefois cinq sépales réunis à leur base , souvent inégaux , lancéolés ou ar- rondis , glabres , velus ou ciliés , marqués , selon les sections , de nervures simples ou ramifiées. Dans les deuxième et troisième sections , les deux inférieurs s'é- cartent quelquefois à angles obtus des deux supérieurs. Le J^. crista-galli n'a que deux sépales , bilobcs peu profondément , à lobes sinueux et dentés irrégulière- ment. Cette anomalie a engagé M. Lehmann à en faire le genre Diploplijllum, qui ne me paraît pas suffisam- ment motivé. Jusqu'à présent , cet organe , assez homogène dans la première section , ne m'a offert que des caractères d'es- pèces , ou tout au plus de groupes , comme celui des f^. latifolia , austriaca , prostrata , etc., et celui des T^. Buxbaumi, agrestis , aivensis, verna , biloba, etc. Je n'entrerai donc maintenant dans aucun détail à ce sujet. Peu de genres réunissent plus de formes différentes que le J^eronica, et présentent une plus grande dis- tance que celle qui existe entre les graines , les feuilles et le facie» général par exemple des V. hedei'œfolia et maritima L. Peu de genres également sont aussi répandus. On eu trouve une ou plusieurs espèces des différentes sections dans les latitudes les plus opposées : dans toute l'Eu- rope , en Sibérie , dans le Caucase , en Perse , dans l'Asie mineure , dans les Terres Australes , au cap de Bonne-Espérance , en Egypte , aux Canaries , aux îles Maloulnes , dans les royaumes de Quito et du Chili , aux Etals-Unis , dans l'ile de Faroc , à Terre-Neuve ^ à Unalasohka , au Groenland. Il me paraît donc difficile d'établir des principes sur sa distribution géographique. Caractère générique. Calice à 4 sépales, rarement 5 (2 bilobés daus le F". crista-galU) ^ soudés à leur base , presque toujours inégaux, linéaires, lancéolés ou arrondis, glabres ou velus, quelquefois ciliés, munis de nervures. Corolle irrégulière, en entonnoir ou en roue. Tube plus ou moins long , presque toujours muni de poils dans l'ipté- rieur, au-dessus de sa base. Divisions. — Quatre, inégales, ovales, ovales-lanctolées ou arrondies. IVervwes prenant naissance à la base du tube, sur Taxe (ou, selon leur nombre , à côté de l'axe ) de chaque division , ramifiées un peu au- dessus, et prolongées quelquefois jusqu'au bord des divisions respec- tives. Préflofaison imbriquée , quelquefois valvaire -imbriquée. Etamines. — Deux , égales à la corolle , plus longues ou plus courtes qu'elle , insérées un peu au-dessus de sa base , entre la division supé- rieure et les deux latérales. anthères biloculaires. Loges allongées , ovales ou arrondies , s'ouvrant de haut en bas. Pollen composé de grains blanchâtres ou d'un jaune pâle , ovales , arrondis ou allongés. Style égal à la corolle , plus long ou plus court qu'elle , linéaire, quel- quefois un peu élargi au sommet. Stigmate simple. Disque charnu , entourant la base de l'ovaire , et toujours (?) soudé avec les cloisons , mais à la maturité de la capsule adhérent au calice. Ovaire rond , ovale ou un peu tronqué au sommet , comprimé au mi- lieu dans sa longueur. Ovules allongés ou arrondis , attachés horizontalement au placenta. Capsule ovale , ronde , à quatre angles arrondis ou en cœur renversé, glabre ou velue eu haut, souvent ciliée. Cloisons opposées aux valves. Loges à deux valves. Dchiscence loculicide et souvent septicide , quelquefois jusqu'à la base, ( ^1^^ ) Placenta central , soucié avec l'ovaire, souvent libro à la maturité. \Podospermes attacliés de clu^que côté, et à moitié ou aux deux ticis du placenta. Graines ovales ou arrondies , souvent plus ou moins concaves, lisses en dessus ou marquées de rugosités , munies en dessous , plus ou muiiis près du sommet , d'une protubérance de forme vaviahle , quelqiiefi'is d'une membrane plus ou moins développée. Hile placé à la base de la graine ou au tiers de sa longueur, quelquefois très-allongé. Embryon droit, placé plus ou moins près de la base dé la graine. lladicuie ronde , linéaire , sortant au-dessus du bile. Cotylédons, — Deux , linéaires , plus souvent ovales ou arrondis. Herbes (rarement arbrisseaux) annuelles ou vivates , droites ou rampantes , à feuilles et à rameaux épars ou opposés , quelquefois verlicillés. Je vais passer maintenant à l'examen rapide de quel- ques genres des familles voisines , qui ont plus ou moins de rapports avec les Véroniques. Les genres Siblhorpia et Disandra se présentent en première ligne. La dillérence du nombre des lobes de la corolle et des étamines suffit pour les maintenir comme genres séparés. Quelques auteurs croient devoir fondre le Disandra dans le Slbthorpia. Mais la nature de son style , du moins dans le D. prostrata , la ma- nière dont les graines sont attachées , la disposition des nervures secondaires de la corolle me paraissent l'en distinguer suffisamment. Du reste , leur organisation est la même que celle des Véroniques dans les points essen- tiels , tels que la présence du disque , la structure de la capsule, la position et la conformation des graines, enfin le système général des nervures de la corolle , ex- cepté pourtant que, dans le Disartdra, un des vais- ( i77) seaux latéraux se divise au-dessous de l'échancrure eh deux parties , dont l'une passe sur la division voisine. En conséquence , je propose d'établir un groupe com- posé de ces trois genres sous le nom de V^éronicées . Les Manulea , Buchnera , Erinus , et pi'obablement quelques autres genres des anciennes Pédiculaires de M. de Jussieu , se rapprochent des T^éronicées par la forme de leurs graines et de leur capsule , la nature du disque , la forme générale de la corolle , etc. ; elles en diffèrent par la disposition des graines sur toute la lon- gueur du placenta , le nombre, la didynamie et l'inser- tion des étamines , et par la nature des anthères. Ces genres pourraient former le groupe des Erinacées, auxquelles succéderaient les Scrophularinées . Cette intéressante famille se compose de genres en apparence fort différens ; mais les diflerences sont peut- être suffisamment compensées par les analogies. Le genre très - naturel et bien tranché du Sciophularia , par exemple , si éloigné du Linaria par sa corolle , et , de même que V Antirrhinum , par sa déhiscence , est très- voisin de lui par sa fructification. J'ai insisté dans les F^éiymicées sur la présence et la position du disque. Nous retrouvons ici cet organe avec quelques modifications dans la forme. Comme dans les Véroniques , il est d'abord soudé avec l'ovaire ; puis il s'oblitère et se détache avec le calice dans quelques genres. Mais ici. je l'avoue , mes observations sont in- complètes. La forme générale de la capsule , la position des graines , la nature du disque , la forme du stigmate , etc. . placent le Mimulus et la Gratiola dans le voisinage VIII. 12 ( ^78 ) des Scrophulaires, Ils s'en dislinguent par la forme de leur corolle , assez semblable , ainsi que la capsule du Mimulus , à celle des Bignoniées , par leur calice un peu voisin de celui des Pédiculaires ; le Mimulus eu particulier par une espèce de pédicelle , qui sépare la capsule du disque , par sa déhiscence , qui a lieu le long des valves , mais non à leur sommet -, et le Gra- tiola , par ses étamines , dont deux sont souvent stériles. Les nervures de la corolle dans les Scropliularinées ont les mêmes formes générales que celles des Véro- niques 5 seulement elles sont souvent plus régulières. Mais , dans le Linaria , ce caractère est modifié par la présence de l'éperon , d'où il résulte une anomalie , que mon dessin d'une corolle du Linaria repens fera com- prendre beaucoup mieux que mes explications ne pour- raient le faire. (PI. xxvii, fig. 2.) La déhiscence dans cette famille , quoiqvie septicide seulement , du moins en général , a beaucoup de rap- ports avec celle des deux premières sections des Vé- roniques : dans toutes les espèces que j'ai examinées , le placenta devient libre à la maturité. Je n'ai pas encore parlé de V Antirrhinuni et du Li- naria. Ces deux genres long-temps confondus ont été séparés avec raison , car ils diflërent peut-être autant entr'eux qu'ils diffèrent des autres Scropliularinées. \i^ Antirrliinum a les sépales du calice comme les Scro- pliulaires , une capsule oblique comme les Digitales , composée de deux loges inégales, des graines creusées en dessous longitudinalement, ■çoviAni^A.oronliuiii) des lignes relevées , qui forment , sur les côtés et au som- met , trois triangles inégaux , ou ( A. majus ) marquées ( 179 ) {îe tvous placés en séries assez régulières comme celles des Digitales , un embryon placé au milieu , des éla- miuos soudées à leur base et légèrement tordues dans leur longueur, etc. Le Linaria a une capsule droite , à loges égales , des graines ovales arrondies, marquées sur leur largeur de côtes saillantes également arrondies, un embryon placé près de l'extrémité inférieure, des étamines inclinées , très -élargies à leur base, une corolle munie d'un éperon , etc. La fructification dans ce genre mérite d'être étudiée d'une manière spéciale. La déhiscence et la germination sont les mêmes dans les deux genres. Le premier de ces caractèi-es est un de ceux qui les distinguent le mieu.x du reste de la famille. Je rappellerai aussi la didérence du système des ner- vures dans le Linaria. Celles de V Antirrhinum rentrent dans le système général, mais avec des modifications dont je parlerai ailleurs , et dont l'une, la ramification dans le bec , rapproche celte corolle de celles des Rliinanthées. Ullsteria tient incontestablement au Linaria, et sur- tout à Y Antirrhinum , par l'aspect général de la plante , par la forme de la capsule , du disque et de la corolle , et par les nervures de ce dernier organe. Mais il s'en éloigne par la manière dont les graines sont attachées , par la forme bizarre de ces graines , semblables à une agglomération de grains de sable oblongs , par ses éta- mines , etc. , et, dans VU. antirrhiniflora du moins . par la prodigieuse inégalité des loges de la capsule. C'est ici peut-être qu'il convient de placer un genre charmant , le Nemesia , dont je ne connais qu'une es- ( i8o ) pèce décrite par Ventenat, le iV. fœlens , qui forme un très -joli tapis. Il est lié par sa corolle au Linaria , et par la forme de sou ovaire et de son disque , au reste de la famille. Mais les différences sont plus grandes encore. La cap- sule est tronquée au sommet , qui est un peu renfoncé au milieu ^ les bords des valves non rentrans , les graines ovales-embriquées , mai'quées de petits points ronds , et bordées des deux côîés d'ailes membraneuses aussi larges qu'elles , et traversées par un grand nombre de ner- vures extrêmement petites , réunies en faisceaux à leur base , et marquées de petites raies transversales , à la manière des algues articulées. J'ai essayé d'en donner une idée dans un dessin. (PI. xxvii , fig. 6. ) Le petit groupe très - tranché et presque isolé des Pédiculaires , composé surtout des Rhinanthus y Eu- phrasia , Pedicularis et Melampjrum se rattache , mais d'une manière lâche , aux Scrophularinées , d'un côté , par le Nemesia , et de l'autre , par le Chelone et les Digitales. Je propose de placer dans son voisinage le Bartsia , que la foi'me ei les nervures de sa corolle , les anthères, le disque et \q faciès général ( surtout comparé au Rhi- nanthus ) ne permettent pas d'en éloigner , mais qui , par sa capsule et ses graines , a des rapports très-mar- qués avec quelques Scrophularinées , et plus encore avec le Manulea. (PI. xxvii , fig. 5.) Les graines du Rhinanthus sont scmi-orbiculaires , placées horizontalement , et bordées d'ailes subéreuses , larges et épaisses. L'embryon est un peu incliné. (PI. xxvii, fig. 4- ) ( i8i > Dans VEuphrasia, les graines sont oblongues, irré-> gulières , embriquées 1res - symétriquement , et descen- dantes. L'embryon est droit , comme dans tous les genres dont nous avons parlé, excepté le Rkinanthus . Deux espèces (je n'ai pas examiné les autres sous ce rapport) , les E. odontitcs et linifolia m'ont offert un fait isolé dans les familles que j'ai parcourues , c'est que la corolle se partage dans sa longueur d'une manière nette , un peu au-dessus de la base , où elle laisse une es- pèce de collerette qui persiste (i). Les. Melampjrum et Pedicularis ont dans chaque loge un petit nombre de graines ( communément deux ) oblongues , ascendantes et munies d'un podosperme assez long, attaché à la base ou près de la base du placenta. Dans ces quatre genres , les nervures de la corolle pa^- raissent avoir la même disposition , mais le disque subit une modification importante 5 nul ou presque nul der- rière et développé devant , sous forme de bosses ou de glandes dans les Euphrasia , Pedicularis et Bartsia-j de bec recourbé en dessus dans le Rkinanthus (pi. xxvii , fig. 4) i en dessous dans le Melampjrum., il est tou- jours intimement soudé avec le péricarpe. Enfin je pense qu'on pourrait accoler à ce groupe les espèces de Chelone conservées sous ce nom, et distin- guées du Penlstemon par les poils qui garnissent le haut de l'étamine stérile , par le disque , très-semblable à ce- lui des Euphrasia et Pedicularis ^ mais surtout par les (i) Je l'ai depuis observé dans le Barlsia viscosa , les Rkinanthus glabra et hirsuta et quelques Mélampyres et Pédiculaires que j'ai p^ examiner. C'est probablement un caractère du f;roupe des Rhiiianthces : je l'ai trouvé aussi drtiis quelques Orobanchcs, ( l82 ) . graines rondes , concaves , emLrîquées et ascendantes." D'ailleurs placé ici , ce genre lié aux Rhinanthées d'un , côté , et de l'autre aux Digitales , voisines des Scropliu- laires , formerait un passage aux Bignoniées dont il fai- sait partie. J'ai un peu étudié le Halleria (sur le H. lucida) , mais j'éprouve quelque embarras pour lui trouver une place parmi les genres que j'ai examinés. Sa capsule ronde , et dans laquelle les valves sont à peine indiquées, un disque très-peu marqué , un placenta très-épais rem- plissant la plus grande partie des loges , des graines apla- ties , occupant toute la surface de ce placenta , enfin un calice monosépale , à trois lobes inégaux , couvrant irré- gulièrement la base de la capsule. — Tous ces caractères rendent sa place très-difficile à assigner parmi les genres nommés ci-dessus. Sa corolle seule le rapproche un peu du Chelone , et la disposition de ses graines de l' Uste- ria. Je ne connais pas sa déhiscence. Dans tovis les genres que je viens de passer en revue , excepté le J^eronica et le Sibthorpia , les nervures de la corolle sont plus ou moins anastomosées sous les échancrures , et , en général , terminées sur le limbe par des ramifications très-compliquées. Il est impossible de ne pas reconnaître leur parfaite analogie dans les groupes naturels , par exemple dans les Rhinanthées , en y com- prenant le Bartsia. Elles occupent l'axe de la division. Toutefois je n'ose présenter cette disposition comme une i^ègle absolue. J'ai observé dans le Dodartia orie7italis et Y Antirrhinuni an- ^uiïi/bZiMm une modification , qui est peut-être une ano- malie , et ce dernier genre peut , ainsi que plusieurs au- ( 183 ) très , en présenter de très-marquées dans les espèces, que je n'ai pas assez examinées. Le rappiochemeut ingénieux , établi par Linné entre le règne végétal et une carte géographique, a donné lieu à plusieurs développemens de la part des naturalistes fran- çais et étrangers. On sent que l'exécution dans son ensem- ble est impossible. La valeur absolue des différens organes est loin d'être établie d'une manière précise , et presque tous ont plus ou moins d'importance selon les familles. L'idée de M. Adrien de Jussieu de comparer les rap- ports des êtres oi'ganisés aux corps répandus partout dans l'espace , est beaucoup plus juste ; mais elle n'est pas plus exécutable, et lui-même a cru devoir tracer, pour les Rutacées , une carte d'affinités. Pour faciliter l'intelligence et augmenter l'utilité des tableaux de ce genre, j'ai pensé qu'on pourrait indiquer les différens rapports par des chiffres correspondant aux divers organes , et placés sur les lignes qui réuniraient les genres. Ainsi , pour les familles que j'ai parcourues , je désignei'ais les principaux caractères ainsi qu'il suit : 1 calice , 2 corolle , 3 étamiues , 4 disque , 5 pistil , 6 capsule, '7 déhlscence , 8 placenta , 9 graines, 10 fa- ciès général. Je ferai l'application de ce procédé à deux genres seulement. Sur la ligne tirée entre le Pentsle- vion et le Digitalis , j'écris les chiffres 2 , 4 5 6 , 7, 8, 9, 10, et sur celle qui lie le Pentslemon au Clielone 3,3, 4? 5,6, 'j, 10. Le Barlsia ùcnx. aux Pedicularis et Rhinanthus par les numéros 1,2,3,455, 10, et au Mamilca par les numéros 6,8, 9. Chaque auteur de monographies de genres ou de familles établirait la série de caratlères selon leur importance relative. ( i84) J'ai passé sous silence un grand nombre de genres ,' que je n'ai pas encore eu occasion d'analyser, et qui rentrent dans les différens groupes que j'ai proposés. J'espère pouvoir me livrer plus tard à cet examen , étu- dier aussi un plus grand nombre d'espèces de ceux dont j'ai parlé , et donner un travail moins imparfait. Je n'offre celui-ci , et surtout la seconde partie , que comme une esquisse ou comme une suite d'études , et personne ne sentira mieux que moi ses imperfections. Cet aveu me fera peut-être trouver grâce aux yeux de la critique : ]\ est toujours louable , et souvent utile de convenir de §es torts ou de son insuâisance. EXPLICATION DES PLANCHES. Planche xxyi. Fig. I . Veronica elalior, H. P. Ovaire , ovules et disque. Fig. a. f^.formosa, R. Br. Graine avec embryon, Fig. 3. y. sibiiica, a, graine vue par dessous; b , la mùme vue de côté ; c, radicule sor" tant au-dessus du hile ; d, graine avec l'embryon j e, embryon isolé. Fig. 4. f^. perfoliata, R. Bh. a , capsule avec calice et bractée ; b , capsule offrant la double déhis-f cence et le placenta libre. ( Les graines sont tombées : il ne reste plus que les podospermes) ; c , graine vue par dessus (de forme va- riable , quelquefois écbancrée au sommet , portant souvent au mi- lieu plusieurs membranes moins saillantes) ; f/ , la même, vu^ par dessous ( hile quelquefois moins long ). Fig. 5. jf . hederœJbUa, a, test; b, périsperme ; c, membrane parlant du fond de la graine j d, hile ; e , points globuleu.\ qui terminent le hile. Fig. 6. y. salicifolia , R. Br. Corolle de la première section (i85) Fig. 7. V. laiîfolia, L. Corolle de la deuxième section. Fig. 8. f^. cymbalariœfolia . Corolle de la troisième section , première division. Fig. 9. F'. Buxbaumi. Corolle de la troisième section , deuxième division. Fig. 10. f^. biloha. a , rameau un peu grossi , portant la bractée, le calice et la capsule (bifurcation assez fréquente dans les sépales du calice) j b, capsule nue, ayant une loge ouverte ; c , une graine fertile et une avortée ; d, graine vue par dessus ; e , la même , vue par dessous jj, la même, vue de côté ; g, embryon isolé j h , graine plus avancée , vue par dessus ; t , la même , vue par dessous ; h , position de l'embryon dans la graine. Planclie xxvii. Fig. I. Scrophularia vernalis. a, étamine ; b, anthère ; c, capsule vue par devant ; d, disque ; e, base du calice jf, capsule vue de côté , et coupe verticale ; g, disque obli- téré ; h , coupe horizontale j i , placenta garni des podospermes seulement. Fig. 2. Linaria repens. Corolle; aa, point d'insertion des étamines. (J'ai fendu en travers la poche qui se trouve au haut du lobe du milieu de la lèvre infé- rieure , pour pouvoir suivre jusqu'aux bords du limbe les ramifica- tions des nervures.) Fig, 3. j4ntirrh,inuni majus. a, capsule avec le calice étalé, de grandeur naturelle; b, capsule grossie avec disque ; c , reste du pistil incliné comme la base ; d , coupe verticale ; e, disque oblitéré ;/, reste du calice ; g , pla- centa vu de côté , muni seulement des podospermes; h , coupe ho- rizontale. Fig. 4- Rhinanthus glabra. a, capsule très-jeune, avec disque terminé en pointe recourbée ; b, piss- til ; c, capsule plus avancée ; d, coupe verticale ; e, placenta portant des graines alternativement fertiles et stériles;/' bourrelet subé- reux ; gggg, membrane transparente ; h, graine ; i , hile (de forme variable); k, graine dépouillée du bourrelet et de la membrane : l, embryon incliné; m, embryon isolé. ( 186 ) Fig. 5. Barisia viscosa. a , capsule vue de face ; b , disque ; c , base du calice ; d , capsule vue de côté ; e , reste du pistil ;/, stigmate vu de face ; g , capsule avec coupe verticale d'une loge ; h , coupe horizontale ; i , graine vue par dessous; A , la même , vue de côté j l , anthères vues par devant. Fig. 6. JYemesiaJœtens. a , capsule jeune ; b , disque ; c , capsule plus avancée ; d , disque obli- téré ;y, capsule avec deux des sépales : déhiscence seplicide ; g, pla- centa garni des podospermes seulement ; h , graine bordée d'une membrane très-transparente; i, embryon; k, même graine consi- dérablement crossie. Quelques Observations sur les Trilohites et leurs gisemens ; Par le comte G. de Rasoumowsky, Membre de plusieurs Académies et Sociétés savantes. J'avais lu avec le vif intérêt que doit inspirer tout ce qui sort de la plume de ce savant célèbre , le travail sur les Trilobites de M. Brongniart , et chercliant à ranger le peu qui s'en trouve dans ma collection , d'après son système de classification de ces pétrifications , j'éprouvai une grande surprise en m'apercevant qu'il ne les avait pas tous connus , et que les notions qu'il avait pu se procurer sur leurs gisemens n'étaient pas toujours de la plus parfaite exactitude , comme il parait le soupçonner lui-même dans plusieurs endroits , où il ne parle dans ses descriptions qu'avec la réserve qui caractérise tou- jours la bonne foi et la modestie ; c'est ce qui m'a en- gagé à composer cet écrit , et à décrire quelques - uns des Trilobites les plus remarquables qui se trouvent en ma possession. C 187 ) Trilobite de TzArsko-Sélo aux environs de Péters- bourg , qui semble devoir se rapporter au genre Caly- mène(i), si un des caractères invariables de celui-ci est la bifurcation des arcs-costaux , des lobes latéraux 5 mais il semble constituer une espèce très-différente des autres Calymènes décrits , et comme il est fort bien conservé , il est facile d'en leconnaître tous les caractères en jetant les yeux sur le dessin , aussi bien fait qu'il peut l'être par un dessinateur étranger à l'histoire naturelle , que je joins à cette note ( pi . 28 , Cg. i ) 5 il offre l'animal dans toute sa longueur et avec toutes ses dimensions , étendu sur la pierre. On voit d'abord que la partie antérieure du bou- clier ou chaperon est nettement tranchée , et ne fait point voir de rebord ou de lèvre comme dans les autres Trilobites. Ce bouclier est d'ailleurs tout d'une pièce , et ne paraît pas sensiblement trilobé j il y a une espèce de ride en arc de cercle , dont l'intérieur de la courbure regarde en haut entre les deux tubercules oculaires cylin- driques un peu inclinés comme des oreilles , une autre ride plus longue et plus profonde sous la précédente et sous les deux tubercules , et un tout petit tubercule ou boulon au milieu de la partie inférieure du bouclier. Les trois lobes du corps de l'animal sont assez prononcés , mais moins que dans les autres Trilobites , et ne com- mencent seulement à être sensibles qu'au second anneau du corps , le premier étant entier 5 le lobe du milieu est le plus étroit , et les deux latéraux ont environ deux (0 La forme du post-abdomcu paraît cependant ranger cetto espèce , ainsi que celle que M. Rasoumowsky décrit sous le nom de Trilohite a rebord , dans le !;cnre Asaphe et non dans le genre Calyincne, R. ( isa ) fois sa latgeur. Mais ce qui distingue surtout cette es- pèce , c'^st la forme de son post-abdomen , dont le lobe moyen prend tout-à-coup une épaisseur du double moin- dre que le dos , et va toujours en s'amincissant jusqu'à son extrémité , où il finit tout-à-fait en pointe , et dont les anneaux ou articles au nombre de huit à dix ( les derniers sont effacés ) , se terminent à leurs bords en formes d'épines , ce qui lui donne parfaitement l'ap- parence d'une queue écailleuse. Quant aux lobes laté- raux du post-abdomen , dont l'un est encore recouvert d'une croûte pierreuse , et dont un seul se présente à nu , on peut les considérer comme unis et non articulés ou doués d'arcs -costaux , car à peine en offrent-ils des vestiges en les examinant de près , et ils font voir un cer^ tain luisant comme tout l'animal , et une couleur fauve tirant sur le brun , tandis que sa matrice est grise. C'est évidemment le même Trilobite replié sur lui- même , que font voir les fig. 2 et 3 : la forme du bouclier avec ses rides , le renflement du lobe moyen du corps , la plus grande largeur des lobes latéraux , la forme du lobe moyen du post-abdomen dont les anneaux sont épointés sur les bords , et la nudité des lobes latéraux de cette partie qui font à peine apercevoir quelques traces d'articulations , ne laissent aucun doute à cet égard 5 la seule différence est , que les tubercules oculaires sont coniques , se terminent en pointe , et sont composés eux- mêmes de deux anneaux très-distincts. La figure 2 le re- présente du côlé de la tête ou du bouclier, et la fig. 3 , du côté du post-abdomen avec le dernier anneau de l'ab- domen , et cette figure offre deux particularités re- marquables , et bien propres , ce me semble , à jeter ( i89 ) quelque doute sur l'opinion qui veut que celle singulière pétrification soit celle d'espèces inconnues de crustacés 5 on voit en a que la tête et l'extrémité du corps rappro- chées mais non jointes , laissent entre elles une ouverture ou un bâillement rempli de la matière pierreuse , de la matière de ce Trilobite . bâillement qui donne l'occasion de reconnaître clairement que le test de cet animal était extrêmement mince , et ne formait par conséquent point, à l'époque de sa contraction , un corps crustacé cylin- drique ou renflé , renfermant les viscères et les parties intérieures de l'animal , comme cela a lieu pour les crustacés incontestables. On reconnaît la même chose eu b, où un morceau d'un des lobes latéraux du post- abdomen a été enlevé accidentellement , et ce qui est re- marquable , c'est que sous celle portion enlevée , la pierre cjui remplit l'intérieur de cette pétrification fait voir des empreintes de stries concentriques semblables à celles de certaines coquilles. Cet individu qui , s'il était étendu , serait à-peu-près de moitié plus petit que le précédent , est des environs de Pétersbourg , qui tous jusqu'aux lacs Ladoga et Onega , appartiennent aux mêmes formations dont nous parlerons bientôt plus am- plement. Il est à remarquer au reste que cette espèce , je crois même ce genre , dont le post-abdomen ou la queue ne présente jamais des arliculalions bien sensibles sur- tout sur les arcs-costaux , ou le plus souvent n'en pré- sente point du tout , est le plus commun dans le nord de la Russie : la plupart des Trilobiles de Tzarsko-Sélo , Pavlovsk , Himalasara, Nikolik, etc., lui appartiennent. Il y en a de diverses grandeurs , depuis celle que j'ai figurée , jusqu'à celle d'une petite noix. ( 190 ) Uix individu très-intéressant par sa conservation , sr rapporte assez évidemment au Calymène de Blumenbacli, pi. I , fig. I , C. de l'hist. nat. des Trilobites : c'est une variété de celle représentée sur cette planche , qui en dilTcrc., parce que les tubercules oculaires sont peu saillans , et que l'on ne voit point sur son corps les petits tubercules arrondis dont parle M. Brongniart; le cha- peron ou bouclier seul en fait voir, mais si fins , qu'il paraît comme chagriné, quejo ue les aperçus pas d'a- bord , et qu'on les distingue à peine avec le secours d'une loupe. Je donne aussi , à cause de ces différences , le dessin fig. 4 de cet animal. Cet individu est de la mon- tagne de Podol près de Prague, que j'ai visitée moi-même, et d'où j'ai rapporté plusieurs morceaux dignes d'atten- tion. Un Trilobite de Tzarsko-Sélo près de Pétcrsbourg , est assez petit, comme on le voit par la fig. 5 qui le donne de grandeur naturelle, mais tellement endom- magé , qu'il est difficile ^en déterminer l'espèce , seu- lement la bifurcation des arcs costaux doit lixire pré- sumer qu'il se rapporte au genre Calymène. Ce qui doit attirer l'attention sur cet individu , c'est qu'il est replié en dedans , mais seulement en partie , et cela dans sa partie supérieure , comme forcément par le poids de couches qui l'enveloppaient , ce qui semblerait prouver qu'il n'était plus eu vie lorsqu'il a été saisi par elles , car s'il avait été vivant, il aurait sans doute usé de la faculté que M. Brongniart accorde, ce me semble avec raison, aux Calymènes, de pouvoir entièrement se repliei sur eux-mêmes à-peu-près en boule. Mais un accident que j'ai fait représenter fig. 6 est encore bien plus re- ( Ï91 ) marquable , parce qu'il semble venir à l'appui de l'ob- servation que j'ai faite en décrivant le Ti'ilobito fig. i des environs de Pétersbourg comme celui-ci. Celui dont je parle ici ayant été détaché de sa matrice par un accident aussi rare qu'heureux , on distingue en a , en dedans du bouclier ou chaperon , un corps plus épais que le test , faiblement échancré à sa partie antérieure , et fortement à sa partie postérieure , dont la fonction semble avoir été celle d'une charnière qui fermait peut- être la coquille, si c'en était une, lorsque l'animal se re- pliait ton t-à- fait , et que la tête et la queue , si dès- lors il est pei'mis de se servir de ces expressions , se joi- gnaient entièrement. Ce morceau est de Tzarsko-Sélo près de Pétersbourg. Parmi le grand nombre de pierres à hkùv que l'on apporte à Pétersbourg de Poutilova près du lac T^adoga , j'ai découvert une pétrification singulière que j'ai cru devoir ranger parmi les Trilobiles , parce qu'elle pré- sente comme ceux-ci une division en trois lo])es par deux sillons longitudinaux , mais peu profonds , de manière qu'en général les trois lobes sont peu saillans et peu prononcés ; les articulations et les arcs costaux sont peu ou point sensibles , et lorsque la pétrification est bien conservée , elle est toujours douée d'un reboi'd plat, qui règne certainement tout autour du tcst^ et lui donne l'air d'une assiette ou plutôt d'un plat à barbe : c'est ce que fait très-bien voir la fig. '^ de grandeur na- turelle absolument dénuée d'articulations , ainsi que le morceau fig. 8 , faisant voir plusieurs fragniens doués de ce rebord 5 mais un autre exemplaire fig. 9 , que je dois à M. Hauenschild , acluellcment consul général , ( 192 ) d' Aulriclie à Corfou , qui l'a trouvé à Nikolsk en Russie , a perdu son rebord plat , et offre des vestiges encore assez marqués d'articulations sur une partie de la lon- gueur du lobe du milieu ^ les latéraux en montrent à peine. Celte conformation singulière et si constante dans ce genre, dont malheureusement je n'ai jamais rencontré que des fragmens offrant le post-abdomen , m'a engagé à lui imposer le nom de Trilohites à rebord, Trilo- hites marginatus. L'on voit par la différence des dimen- sions des individus dont je donne les dessins , qu'il eu est de diverses grandeurs, ce qui provient peut-être de ce que les mis étaient adultes ou vieux à l'époque où ils ont été enfouis , et que les espèces en ont été détruites , et les autres encore jeunes. Je ne sais si ce n'est pas cette même pétrification décrite par M. Brongniart sous , le nom d'Agnoste (i) , cL figurée fig. 5 de sa 4^ planche, - \ avec laquelle elle a d'ailleurs peu de ressemblance , et que je n'ai jamais vue aussi petite , celle de ma fig. 7 étant la plus petite de cette espèce qui soit parvenue à ma connaissance. M. Brongniai't dit que son Paradoxide de Tessin ac- quiert de très-grandes dimensions , et qu'on ne l'a trouvé qu'en Westrogotliie , dans un schiste appartenant aux formTitions de transitions. J'ai le bonheur d'en posséder moi-même un semblable , mais je possède aussi un in- dividu et malheureusement seulement le bouclier fig. 10, ,; qui par le défaut d'yeux , et la forme de ce bouclier , (i) Le genre Agnoste de M. Brongniart est un animal complet, très- diffei-ent de celui que décrit ici M. le comte Rasoumowsky , qui ne semble pas difl'érer du post-abdomen des .(^«flp/iei, . R- ( '93 ) semble devoir appartenir aussi à ce [inènie genre ; mais j'ai lieu de le croire à une nouvelle espèce beaucoup plus petite que celle de Tessin. II vient des environs de Moscou , des bords de la Yaousa , et ju'a été donné par M. Hauenscliild ^ qui a résidé pendant quatorze ans en Russie : la figure en donnera une meilleure idée qu'une description , d'autant plus que ce morceau paraît avoir été un peu endommagé. Enfin j'ai en ma possession un autre morceau singu- lier et très-digne d'attention , c'est un schiste argileux noir et grossier, semblable à celui dans lequel, dans ma collection , on voit un beau Paradoxide de Tessin , et sans doute du même pays , qui renferme une pétrifica- tion très-extraordinaire , Cg. 1 1 , à laquelle il n'est pas aisé d'assigner sa véritable place. Cependant , vu la division assez prononcée de son corps en trois parties longitudinales ou lobes , il semble qu'on doit la ran- ger parmi les Trilobites. Ce n'est malheureusement qu'un fragment , et encoie une portion de la partie in- férieure de l'animal , ou sou post-abdomen , mais qui néanmoins oflVe des caractères si parliculiers , que l'on ne peut s'empêcher de le rapporter à une espèce dis- tincte , ou même à un nouveau genre. Il paraît que l'a- nimal entier était fort grand. Le peu qu'il en reste pré- sente , comme on le voit , le lobe du milieu fort étroit , allongé, renflé sur la plus grande partie de sa longueur c[ui fait voir cinq articulations, mais pas tout-à-fait sur le milieu de cette longueur ; ce lobe s'aplatit un peu tout à l'entour de la partie renflée , et davantage et avec plus de largeur autour de ce premier aplatissement , et se termine par une espèce de tubercule : les lobes lalé- vui. l3 ( io4 ) raux se composent d'arcs-costaux (si on peut encore leur conserver ce nom) qui s'étendent à-peu-près en forme de S , et sont presque trois fois plus grands que la portion du lobe moyen que l'on voit ici ; quoiqu'ils soient endommagés , et pas entiers d'un côté , et que de l'autre une partie de leur longueur manque tout-à-fail , on peut facilement reconnaître les circonstances que uous avons décrites ; et ce qui est ti^ès-singulier et parti- culier à ce Trilobile , c'est que de l'extrémité du lobe moyen il part un très -long filet aussi parallèle aux arcs - costaux (si, comme je l'ai dgà dit , il est permis de les nommer ainsi en parlant de la singulière pétri- fication que je décris en ce moment) qui en sont le plus près. Je ne répéterai point ici les nombreuses conjectures et hypotbèses auxquelles les Trilobites ont donné lieu ; celle de M. Brongniart , et autres savans avant lui qui les l'augent parmi les Crustacés proprement dits , sei'ait celle qui me plairait le mieux, si je pouvais l'accorder avec quelques circonstances rapportées ci-dessus , et la considération très-majeure sans doute , qu'ils ne se ren- contrent , à ce que je sache , jamais en compagnie avec d'autres Crustacés , mais presque toujours avec des pé- trifications qui appartiennent aux Testacés marins , comme Orlhocératites , Lythuites , Bélemnites , Corncs- d'Ammon , au lieu que les Crustacés . comme on le voit à Pappenheim , à Solenliofen et ailleurs , se trouvent toujours avec des restes de Crustacés et de poissons qui ont vécu jadis ensemble à la même époque et dans les mêmes eaux. D'un autre côté , je ne puis cependant me dissimuler que plusieurs Trilobites à longs prolonge- ( io.'> ) mens qui ressemblent plulùt à des pieds ou à des na- geoires qu'à des ares-coslaii\ , comme la plupart des Paradoxides de M. Brongniart , semblent se refuser à l'idée de la ressemblance avec un Teslacé. Les divers gisemens des Trilobites ne me semblent pas non plus pouvoir être déterminés avec quelque précision. M. Brongniart paraît admettre que les Trilobites aveu- gles ne se trouvent que dans de très -anciennes forma- tions , dans des schistes et des calcaires de transition ; mais nous avons donné la description et la figure (fig. lo) d'un Trilobite des bords de la Yaousa près de Moscou , qui n'appartkînt certainement pas aux formations de transition , ce qui me donne lieu de croire que de nou- velles recherches et de nouvelles observations prouveront qu'il n'est pas strictement vrai qu'en France , en Angle- terre, en Russie, il n existe point de Trilobites entiè- rement privés cl'jeux , comme le dit le savant auteur que je viens de citer. Il dit aussi que le Calymène de Blu- menbach ne s'est point encore trouvé dans les formations de transition , telles que les schistes et les calcaires , et il ne cite dans celles du mont Calvarius que l'Asaphe cor- nigère. Je ne connais point ce mont Calvarius , mais très-bien le mont Podol , à une petite lieue de Prague , qui est bien plus renommé dans le pays pour ses Trilo- bites , que j'ai visité moi-même avec soin , et qui est re- marquable à nombre d'égards , et entre autres par les énormes boules de schiste qu'il renferme. Personne ne contestera jamais , je pense , que le mont Podol tout en- tier n'appartienne aux formations de transition : ce n'est point ici le lieu de donner une description détaillée de cette intéressante montagne et des terrains du territoire ( u)6 ) (ie Prague avec lesquels il est en connexion inlimo, et que j'ai étudié durant un an de séjour dans celte ville ; je dirai seulement en peu de mots qu'elle est composée découches ou de bancs de pierre calcaire compacte et de schiste noir; que cette pierre calcaire renferme assex fré- quemment des fragmens de Trilobites sur lesquels il n'est pas toujours aisé de prononcer, et plus rarement des Trilobites entiers- Comme je n'ai sous les j'eux (à cause des diverses contrariétés qvii m'ont empêché long-temps de jouir de mes collections et de les tirer des caisses qui les renfermaient) que le Trilobile que j'ai décrit plus haut et figuré fig. 4 5 ^l^^J certainement est un Calymène ou une variété du Calymène de Blumenbach , je ne puis pas dire s'il en existe d'autres espèces. Ces Trilobites du mont Podol , quand on en reiicontre , sont très-sou- vent accompagnés de superbes Orlhocératites , dont les dimensions sont très-considérables. On en voit d'énor- mes dans les pierres qui ont servi à la construction du grand pont de Prague. Les Trilobites ou les fragmens ti-ès-intéressans , que l'on a découverts jusqu'à présent, à Revel , à Pouti- îova (et non Pontyélova comme l'écrit M. Brongniart) près du lac Ladoga , à Tzarsko-Sélo , à Pavlovok (et non Paulovka), à Himalasara (et non Hymalaya-sara), à Nikolsk , etc. , etc. , et dont j'ai fait connaître quel- ques-uns dans cet écrit , n'appartiennent point aux for- mations de transition , et il n'en existe même point de pareils dans le nord de la Russie. La plus âgée après les formations les plus anciennes, d'après ce que j'ai pu conclure des renseignemens que m'a donnés M, Foulon , homme an mérite et digne de foi , qui dirige des forges ( '97 ) à Pétrazavodsk , est une brèche liès-curieuse et très- singulière, siliceuse, composée de grains de quaru , du calcédoine, de cornaline, réunis par un ciment de jaspe vert, qui le long du lac Onega, recouvre les for- mations primitives (de granité, gneiss, micaschiste, trapp et calcaire grenu) 5 elle est recouverte immédia- tement par un grès rouge (sans doute le Roolhe-todl- Uegcnde des Allemands ) (i), et vert serin clair, qui est recouvert enfin à son tour par les jeunes formations coquillières de ce pays. Une petite carte géologique du lac Onega que je joins ici , pi. 29, fîg. i[\, servira à mieux faire comprendre ce que je dis. Celle inléressanle formation se présente en couches horizontales , quelquefois inclinées , quelquefois sin- gulièrement arquées {voyez pi. 29, fîg. 9, 10, 11, 12 , i3 ) , quelquefois offrant une configuration eu forme de globules comme celles ( mais plus grosses ) que Gueltard a déjà fait connaître dans les Mémoires de l'Académie des Sciences de Paris. Ces couches s'é- tendent dans tous les environs de Pétersbourg , dans la Livonie, la Courlande , et à en juger par le mor- ceau que j'ai décrit plus haut des environs de Mos- cou , et par d'autres que j'ai vus, peut-être dans toute la Russie Septentrionale basse , et même plus loin , et sont composées de calcaire coquillier , que l'on pourrait peut-être, avec plus de raison, nommer formation (t ) Ce beau grès, qui prend un très-beau poli et se laisse fort bien tra- vailler, Ibrine un des ornemens de l'égliio de Casan à Pétersbourg, oii Ton cil a construit les marclies du sanctuaire ou saint dts saints de» rtjlises grecques. ( 198 ) coquiUière; car quoique, dans la lèj^le , le ealcairc al- terne avec un grès ou une pierre sablonneuse plus ou moins grossière , ou plus ou moins argileuse et cal- caire, ainsi qu'avec un schiste argileux , Lilumineux , brun-clair tirant au gris parune soi'tcde décomposition, et des argiles rouges et vertes , il arrive très-fréquem- ment et souvent dans les mêmes échantillons , qu'elle passe du calcaire souvent compacte , cjuelquefois dur comme le marbre et de diverses couleurs , au grès souvent d'un aspect terreux et d'un grain fin, ordinairement gris, ou mélangé aussi de différentes couleurs , vcrdàtre ou tout-à-fait vert à Poutilova et à Nikolsk (mais non pas près de Pétersbourg), où ses couches, tant extérieurement surtout qu'intérieurement , sont recouveries et remplies d'une terre verte qui semble avoir beaucoup de rap- ports avec la chlorite , et qui souvent se présente d'un vert tiès-foncé , et sous des formes qui semblent orga- niques, comme des pattes et des parties d'insectes. Ce sont ces divers aspecis quelquefois trompeurs , qui ont fait ngarder le calcaire de cette formation remar- quable , comme se rattachant à celles de transition ; mais ce qui la caractérise distinctement, c'est la pro- digieuse quantité de Teslacés fossiles ou pétrifiés qu'elle renferme -, il faudrait une élude longue et très- attentive pour les connaître et les décrire tous ; mais ceux surtout qui se font remarquer par leur nombre prédominant j par celui de leurs espèces et de leurs va- riétés , sont des Anomies et des Térébratules , dont il cil est qui sont très-dignes d'attention , comme celle que j'ai fait dessiner pi. 29, fig. 2 , quej'ai nommée , à cause de sa forme; bombée et presque semblable à celle d'une ( 199 ) sphère , anomie sphéroïdale , et qui a été trouvée à Pau- lovsk. Ce sont enfin ces mêmes couches, dont on peut maintenant mieux apprécier la nature , qui renferment (.'mais pas très -fréquemment ) les Trilobites décrits par MM. Blumenbach et Brongniart, et parmoi dans cet écrit. J'ajouterai , pour mieux faire connaître cette formation , que l'on y rencontre aussi des Orlhocératites , compagnes presque inséparables des Trilobites ^ mais qui semblent diflerer à bien des égards de celles connues. Elles sont en général assez petites , et offrent plutôt des noyaux que les coquilles mêmes. ( ployez -pi. 29, fig. i , un noyau d'alvéoles de ces Orthocératites.) Enfin , on rencontre encore dans les mêmes forma- tions coquillières des Testacés inconnus ou d'autres corps qui semblent se rattacher à des animaux marins de tout autres genres , et que ce petit Mémoire me donne lieu de faire connaître. Telle est une espèce de Hyslérolite inconnue ailleurs , que l'on trouve très -fréquemment dans les envii-ons de Pétersbourg , et dont je donne le dessin fig. 3 5 c'est évidemment le noyau d'une singulière espèce d'Anomie, sur lequel on reconnaît parfaitement les joints des val- ves et la forme du sommet de la coquille fort aminci , et qui s'élève beaucoup au-dessus d'elle. Le dessin fait voir lin individu de Slavenka , dans le gouvernement de Pé- tersbourg , de la nature d'un grès argileux : les Hyslé- rolites des environs de Pétersbourg même sont un peu différentes de celle-là , dont elles ne sont qu'une va- riété^ et sont (du moins toutes celles que j'ai vues ou que je possède) spalhiques. ( 200 ) Tel est encore un testacé singulier et inédit , repré- senté fig. 21, que j'ai cru devoir nommer Urne de Nep- tune , parce qu'il ressemble assez parfaitement à une urne antique portant son couvercle, mais sans base ou pied , que je regardais comme une coquille univalve douée de son opercule, quoique l'on ne rencontre presque jamais les coquilles fossiles operculées avec cette partie , mais que le célèbre Buckland , qui la vit cbez moi à Vienne , regardait comme une bivalve. Comme je n'y vois rien qui ressemble à une charnière propre à joindre les deux battans ensemble, il me paraît difficile d'ad- mettre celte opinion. Je dois celle jolie pétrification , que l'on voit sous deux points de vue diflerens , fig. 4 ^t ^ , et dont la surface est recouverte par une jolie espèce d'Escarre , à l'obli- geance de M. le général Sabir, qui l'a trouvée aux bords de la Msla , contrée où ses fonctions l'appellent toutes les années : je lui dois aussi plusieurs autres morceaux inléressans. Dans le courant du mois de juillet 1817, M. Hauens- child , déjà cilé plus baut , qui demeurait alors dans les environs de Pélersbourg , envoya à la société minéralo- gique de cette ville une pétrification fort jolie , que j'é- tudiai avec soin et dont je lus la description à celle so- ciété. Elle vient d'un mont situé près de celle capitale , que l'on nomme dans ce pays Montagne de Douderova- Gara ; elle est calcaire comme la pierre qui la renfer- nidit , blanche , de là grandeur environ d'un de ces gros dés à jouer dont les anciens se servaient dans leurs camps, polygone, et d'une forme approchant de celle d'un gre- ml qui n'est pas uès-bicii prononcé, offrant environ ( 20I ) ■vingt -deux plans ou facettes composées d'espèces de rayons croise's à angles droits par uu grand nombie d'au- tres excessivement minces , courts et parallèles , laissant entre eux des vides en forme de cellules , cliàque face de ce polygone offrant toujours des plans carrés dont chaque angle présente un petit tubercule ou noeud. Les rayons les plus longs, courent au nombre de cinq , figu- rant ensemble les rayons d'une étoile, dont cinq autres pareils sont également circonscrits dans les limites d'uri plan carré d'une autre face du polygone voisin , ce qui donne vingt rayons inégaux pour l'étoile entière et au- tant de faces inclinées renfermant celte singulière étoile, dont le contour lui-même est un grand carré formant en quelque sorte la base d'une espèce de pyramide à quatre côtés , et faisant en même temps partie de plusieurs au- tres étoiles configurées de même. Sans doute à la pre- mière vue on serait tenté de prendre cette pétrification , en apparence étoilée , pour un Madrépore ou une As- troïte , mais en y regardant de près , on s'aperçoit bien- tôt qu'elle ne peut se rapporter à ces genres de Polypiers et n'a avec eux que des ressemblances faibles et trom- peuses : on reconnaît qu'elle est douée d'un pédicule ou d'un fragment de tige articulée, fig. 22 , dont les articles sont courts et serrés , comme les Encriniles 5 que les fausses étoiles dont j'ai parlé ne sont que des espèces de bras ou des tentacules articulés et recourbés ou cou- dés au moyeu des noeuds que présentent divers angles , comme il a été dit , et qui sans doute étaient des articu- lations en forme de genou. Toutes ces parlicularités , propres à celte pctrificalion , me portent à la regarder comme une espéré d'Cncriniîe d'une espèce inconnue e\ ( 202 ) exlrèmement rare , puisqu'on ne Ta encore leucontrée qu'une seule fois à ma connaissance , et qui offre encore une autre particularité qu'aucun animal de ce genre ne fait voir, c'est qu'à la partie opposée à la portion de lige dont je viens de faire mention plus haut, il y a une ca- vité dans laquelle il paraît assez clairement que s'insé- rait un autre Lout de tige pareil et de grandeur et gros- seur égales , de manière que le tout ensemble présen- tait peut-être deux ou plusieurs de ces petits Encriuites polygones dont les bras ou tentacules s'épanouissaient ou se fermaient à volonté autour de celle lige , ainsi que le fait voir une représentation idéale que j'ai essayé d'eu donner, fig. 7 , où ces corps se présentent épanouis au- tant , je suppose , que cela était possible. C'est celle pé- trification singulière à laquelle j'imposai le nom d'En- crinite paradoxe noduleux dans un Mémoire que jedus à la Société minéralogique de Pélersbourg. Enfin , dans ces couches pierreuses des formatons des environs de Pélersbourg , on rencontre assez fré- quemment aussi des corps calcaires sphériqucs avec de légers poinlemens à deux bouts opposés , connus dans le pays sous le nom de boules de pierre , faisant voir à leur surface un las de compartimens anguleux et de pores fins comme des piqûres de mouches , qui semblent être une espèce d'Alcyouite globuleux (fig. 8, de grandeur naturelle) , et l'on a letrouvé de semblables boules au bord de la Vytégi-a , rivière du gouvernement d'Olo- nelz , qui sort du lac Onega. Il existe encore sans doute beaucoup d'autres pétrifi- cations qui appartiennent à ces vastes formations coquil- lières de la Russie , qui ne sout point parvenues à ma ( l'^Z ) connaissance. Celles des formations dites d'alluvion sont aussi extrêmement curieuses et du plus grand intérêt par leur nature , puisque la plupart sont agatisées ou changées en pyrites et présentent souvent des espèces d'une grandeur considérable ; mais je n'en entretiendrai pas mon lecteur, puisqu'elles n'entrent point dans le j>lan de cet écrit. EXPLICATION DES PLAKCHES. Planche xxvin. rig. ï. Tidobite Je Tzarsko- Sélo près Pétersbourg, complètement étendu. Fig. -i. Le même replié , vu antérieurement. Fig. 3. Le même , vu postérieurement. Fig. 4. Variété du Calymènede Blumenbach de Podol , près Prague. Fig. 5. Autre Trilobite de Tzarsko-Sélo. Fig. 6. Portion du chaperon d'un Trilobite détachée , et montrant sa surface inférieure. Fig. ■}, 8 , 9. Post-abdomen du Trilobite à rebord. Fig. 10. Bouclier d'une nouvelle espèce de Paradoxide. Fig. 1 1 . Nouveau genre de Trilobite. Planche xxix. Fig. I. Orthocératite. Fig. 2. Anontie sphéroidale. Fig. 3. Hystérolite. Fig. 4j 5. Urne de Neptune vue sur ses deux faces. Fig. 6 , 7. Corps organisé fossile se rapprochant des Encrinites. Fig. 8. Espèce d'Alcyon fossile ? connu sous le nom de boules de pierres. Fig. 9. Carrière de pierres de Tzarsko-Sélo , dont les couches horizou- tiiles sont couvertes d'éboulemeus dans une partie de leur profon- tleur. a , couches de calcaire plus ou moins marneux , et souvent sabloneux et colore ; b , couches d'argile schisteuse colorée. Fig. 10. Coupe d'(m escarpement des bords de la Koscheleva. (i, couches de schistes argileux bitumineux brun horizontal ; b , cou- ( ^o4) chesde sable jaune plus ou moins sulfureux , qui interrompent les précédentes ; c , lignes ponctuées figurant les couches a masquées par la terre et la végétation, supposées reparaître , comme cela a lieu de l'autre côté des couches , failles ou crin b , dans une posi- tion un peu différente. Fig. II. Coupe comparative des formations secondaires de la Livonie, d'après Fischer. Fig. 12. Coupe des couches arquées de l'un des escarpemens de la Kos- cheleva , près Paulovok. Cet escarpement est composé d'un cal- caire gris blanchâtre , séparé par des couches argileuses , et inter- rompu par des fentes nombreuses. Fig. i3. Escarpement au-dessus de la Koscheleva , près Paulovok, eu partie recouvert d'éboulemeus , et dont les couches , en général assez tendres , sont brisées et morcelées. a, calcaire marneux et sabloneux, d'un gris clair; b, couches beau- coup plus minces d'argile schisteuse rouge; c, pierre sabloneuse coquillière dure et pyriteuse , semblable à celle de Tzarsko-Sélo ; d , sable durci , jaunâtre ou verdâtre ; e , pierre sabloneuse jaune , quelquefois sulfureuse ; J", sable fort dur, jaune comme le précé- dent ; g , schiste argileux bitumineux ; ft , le même , très - ferrugi- neux ; i, sable vert; h , terre végétale. Fig. 14. Carte des bords du lac Ladoga. Toute cette partie aa de la côte occidentale du lac Onega doit être de grès rouge ou vert très-ancien reposant sur la brèche sili- ceuse. bb , promontoire d'environ 20 verstes ( plus de quatre lieues et demi de France) de longueur, à 7 verstes (deux lieues) de Pélrozavo- dok , entièrement composé de brèche siliceuse comme l'archipel c de Kiege , où se trouve l'île de Wolkootrof , dont cependant la grande île J montre un marbre salin. Sans doute la brèche siliceuse du promontoire bb que l'on voit former le fond du lac^ près de Pétrozavodok , constitue aussi la masse des promontoires eetj', et peut-être une partie de la rive orientale du lac. ( 205 ) Mémoire sur de. uoiwelles 'variétés de Chaux carbonatée et d'jérgejit sulfuré du Mexique. Par S. M. DE BuSTAMENTE. Les variétés nouvelles de chaux carbonatée et d'argent sulfuré , dont j'offre dans ce mémoire les descriptions et les figures , ont été recueillies à Guanajuato , lieu aussi riche en minerais d'or et d'argent, que fécond en modi- fications de formes cristallines. J'ose dire qu'en variétés de chaux carbonatée, Guanajuato seul surpasse toutes les mines du Hartz et de la Hongrie. Je les appelle nouvelles , ne les rencontrant pas dans le Traité de minéralogie d'Haûy, imprimé à Paris, en l'an 1801 , et qui est le seul que nous possédions ici. Cette disette de livres dans laquelle nous nous trouvons, m'excuse assez , si toutefois on les a publiées dans des ouvrages postérieurs (i). J'ai suivi la méthode descriptive de ce célèbre minéra- logiste , en leprésentant par des signes les lois de déci'ois- sement qui concourent à la production de chaque variété déforme; et j'ai donné seulement la valeur des inclinai- sons des faces, qui résultaient d'une loi nouvelle, ou qui se montraient dans un nouveau rapport de position avec des faces déjà connues. Je n'ai pu qu'indiquer les (i) Quelques-unes de ces variétés ont clé décrites par M. Haiiy dans la seconde édition de son Traité. Nous nous bornerons à les citer , en supprimant tous les détails (jui les concernent, et lorsqu'il y aura double emploi de noms ou de signes représentai ifs , nous adopterons ceux du cristallographc français. R, ( 2oG ) raiues d'où provenaient ces variétés et les collections où elles se trouvent, parce que j'ignore les noms des per- sonnes qui nous ont rendu l'important service de les recueillir. I. CHAUX CARBONATÉE. VARIÉTÉS UE FORMES DÉTERMINABLËS. Combinaisons deux à deux. 1 . Chaux carbonatée e g. X sur X , i53° i3'58" \ de x sur /•, i55°37'2i". Cette forme est une des plus composées de la chaux carbona- tée. Le cristal , s'il était complet , aurait 60 faces : le développement de ses propriétés géométriques me paraît digne d'un Mémoire particulier. En attendant, je ferai remarquer que les décroissemens qui produisent les fa- ces ff, et ceux qui donnent les faces xx , en agissant mutuellement contre elles , s'arrêtent et reprennent al- ternativement leur action à des époques déterminées , et c'est cette espèce de suspension qui m'a suggéré le nom que j'ai donné à cette variété. De la mine de Valenciana ; collection de M. Moran. Dans la superbe collection de minéraux du Mexique , que possède le professeur de botanique M. Cervantes, il (1) IhiiJem, p. 343, fig. lao. Mil. l4 ( 210 ) existe un groupe de cristaux dode'caèdres , remarquables autant par leur grandeur que par la singulière propriété qu'ils ont de renfermer dans leur intérieur un dodécaèdre inscrit comme on le voit fig. i4, et qui se détache par son opacité de l'enveloppe transparente qui le recouvre. Cette disposition symétrique se montre dans les prismes d'un décimètre de longueur , comme dans ceux de trois à quatre millimètres , et elle s'accorde parfaitement avec les lois de la structure , de manière que les joints natu- rels se prolongent également dans le cristal entier. II. ARGENT SULFURÉ. VARIÉTÉS DE FORMES DÉTERMINABLES. 1. Argent sulfuré triépointé (fig. i5). Cube époinlé sur ses angles solides par trois faces qui sont tournées vers les faces primitives. Incidence de s sur r, i49°) et àe s sur j , i4o°. J'ai vérifié ces mesures sur un petit cristal , dont le côté peut avoir un centimètre de longueur. Il vient de la mine de Rayas, où l'on trouve aussi des cristaux trapézoïdaux de la même substance , qui ont 1 4 à i6 millimètres de diamètre. ( ^11 ) Sur la Structure de l'Ovule antérieurement à l'im- prégnation dans les plantes phanérogames , et sur la Fleur femelle des C/cadées et des Coni- fères; Par M. Robert Brown (i). La description que j'ai donnée de l'ovule du Kin- GiA (2) , quoiqu'elle diffère essentiellement de celles qu'on avait jusqu'à présent publiées de cet organe con- sidéré antérieurement à la fécondation , ne laisse pas de (i) Extrait de l'Appendice botanique du Voyage à la Nouvelle-Hol- lande, exécuté pendant les années i8i5 à 182a par le capitaine King. (2) Nous joignons ici la description de ce genre, telle qu'elle est don- née par M. Biown dans l'article qui précède son Mémoire sur la struc- ture de l'ovule. KINGIA. Obd. nat. Junceœ prope Dasypogon, Calectasiam et Xerotem- Char. ce». Perianthium sexpartitum, regulare , glumaceum, persis- tens. Stamina sex , fere liypogyua : ^ntfieris basi affixis. Oi'ariuni triloculare , loculis monospermis; oi^it/wadscendentibus. Stylus i. Stigma tridentatum. Pericarpium exsuccum , iudehiscens , mono- spermum, perianthio scarioso cinctucn. Planta facie Xanthorrhœœ elatioris. Caudcx arborescens cicalricihus basibusfe Jollorum exasperatus ? VoUsl caudicem terminantia con- feriissima longissinta , figura et dispositione Xanthorrhoeœ. Pedun- culi niimerosi Jbliis brewiores , bracteis vaginantibus imbricatis tectijjlorijeri terminales erecti , mox , caudice parum elongato jo- liisque novelUs productis , latérales , et divaricatl vel dejlexi, ter- minati capitula denso globosojlorihus tribracteatis. KiNGiA Australis. Desc. Caudex arborescens erectus simplicissimus cylindraceus ,6-18 pcdes altns , crassitie fcmoris. jPo/Za caudicem terminantia numerosissi- ( ^12 ) s'accorder rëellement avec sa slruclure ordinaire dans les plantes phanérogames. Je tâcherai d'élahlir ces deux points , savoir : que celte description est d'accord avec la structure ordinaire de l'ovule j et qu'elle diffère essentiellement de celle ma patula , apicibus arcualo- recurvis, lorea, solicla , ancipitia apice leretiusculo , novella undique tecta pilis adpressis strictis acutis laevibus, angulis lateralibus et veptrali retrorsum scabris. Pedunculi uumerosi te- retes 8-12 poUicares crassitie digiti, vaginisintegrisbrevibus imbricatis hinc in foliolutn subulatum productis tecti. Capitulum globosum, flori- dum magnitudine pruni ininoris , fructiferum pomutn parvum aequans. Flores undique dense imbricati , tribracteati , sessiles. Bractea exterior lanceolata brève acuminata planiuscula erecta , extus viilosa intus gla- bra , post iapsum fructus persistens : duce latérales angusto-naviculares, acutissimEe, carina lateribusque villosis , longiludine fève exterioris, simul cum perianthio fructifero, separatim tamen , dilabentibus. Pe- rianthium sexpartitum regulare subœquale glumaceum :_/o/io/a lanceo- lata acutissima disco nervoso nervis immersis simplicissimis , antica et postica plana , lateralia complicata lateribus inaequalibus , omnia basi subangustata , extus longitudinal! ter sed extra médium praecipue villcsa, intus glaberrima , aestiyatione imbricata. Stamina sex subaequalia , aes- tivatione stricta filamentis sensim elongantlbus : Filamenta fere hypogy- na ipsis basibus foliolorum perianthii quibus opposita leviter adhœren- tia , filiformia glabra teretia : Anllierœ stantes , ante dehiscentiam li- nearcs obtusae filamento paulo latiores , defloraiae subulatae vix crassitie filament! , loculis parallelo-contiguis connectivo dorsali angusto adna- lis , axi ventrali longitudinaliter dehiscentibus , lobulis baseos brevibus acutis subadnatis : Pollen simplex brève ovale laeve. Pistillum t 0(^a- rium sessile disco nullo squamulisve cinctum , lanceolatum trigono-an- ceps villosum, triloculare, loculis monospermis. Ocula erecta fundo au- guK interioris loculi paulo supra basin suam inserta , obovata lenticulari- compressa , aptera : Testa in ipsa basi acutiusculâ foramiue miuuto perforata : Memhrana interna respectu testas inversa , hujusce nempe apici lata basi inserta , ovata apice angustato aperto forameu testas ob- turante : Nucleus cavitatae membrauae conformis, ejusdem basi insertus, cœterum liber, pulposus solidus , apice acutiusculo lœvi aperturam niem ■ ( ^'-^ ) des autres observateurs. Je le ferai pour le moment aussi brièvemeut que possible , me proposant de traiter une autrefois ce sujet avec plus de développemens et aussi sous un autre point de vue. J'ai antérieurement appelé plus d'une fois l'atten- tion (i) sur la structure de l'ovule , surtout pour les indications qu'il fournit , même avant la fécondation , relativement à la place et à la direction que présentera le futur embryon. Cependant ces remarques , très-bi'èves il est vrai , semblent avoir tout-à-fait échappé à l'atten- tion des botanistes qui depuis ont écrit sur le même sujet. Dans l'appendice botanique au voyage du capitaine Fliuders , publié en i8i4 ? je donne la description sui- vante de l'ovule du Ccphalotus follicularis : « Ovuliim erectum, intrà testant membranaccam eontinens saccu- lum pendulum magnitudine cavitatis testœ » 5 et par rapporta cette description , j'ai remarqué au même en- droit que d'après la structure de l'ovule , même avant branœ iaternae attingente. Stylus trigonus strictus , iufra viUosus , di- midio superiore glabro , altitudine staminum , iisdem paulo praecocior, exsertus nempe dum illa adhuc inclusa. Stigmata tria brevissima acuta denticuliformia. Pericarpium exsuccum , iadehiscens , villosum , basi styli aristatum , periauthio scarioso et filamentis emarcidis cinctum , abortione monospermum. Semen turgidum obovatum retusum integu- mento ( testa ) simplici membranaceo aqueo-pallido , hinc ( intus) fere a basi acutiuscula, raphe fusca verticem retusum attingente ibique in chalazam parvam concolorem ampliata. Albumen semiai conforme dense carnosum album. Embryo monocotyledoneus , aqueo - pallidus subglobosus , extremitate inferiore ( radiculari ) acuta , in ipsa basi se minis situs , semi-immersus, nec albumine omnino inclusus. (i) FnKDERs's , Voj, , II, pag. 601, et Linn, Societ. Transact. ,125 p. i36. ( 2i4 ) l'imprégnation , je ne fais aucun doute que la radicule de TembryoTn ne se dirige vers l'ombilic ((). Mon attention se trouva pour la première fois perlée sur ce sujet en 1809 , en conséquence de l'opinion que j'avais alors émise sur la fonction de la clialaze dans les graines (2). Quelque temps avant la publication de l'ob- servation que je cite , j'avais constaté que dans les plantes phanérogames l'ovule non imprégné se composait très- généralement de deux membranes ou tuniques concen- triques , contenant une amande d'une texture pulpeuse cellulaire. J'avais observé aussi que de ces tuniques , l'interne n'avait de connexion soit avec l'externe , soit avec l'amande , qu'à son origine -, et que relativement à la tunique externe , elle avait généralement une direc- tion inverse , taudis qu'elle avait toujours la même di- rection que l'amande : et enfin que c'était toujours au sommet de celle-ci qu'on devait trouver la radicule de l'embryon futur. C'est sur ces observations qu'était basée mon opinion relative à l'embryon du Cephalotus. En décrivant l'o- vule de ce genre, j'employai il est vrai le terme assez peu propre de Sacculus : terme qui néanmoins expri- mait suffisamment la forme apparente du corps central des ovules soumis à l'examen , et servait à indiquer l'in- certitude où je me trouvais dans ce cas relativement à la présence de la membrane interne. A cette époque , je connaissais aussi dans quelques plantes sur les tuniques de l'ovule , l'existence d'une ou- (i) FuNDERs's , Voy. , loc. cit. (2) Linn. Societ, Trans, , lo , p. 35. ( ^i5 ) ver lure toujours distincte de l'ombilic externe, dans quel- ques cas diamétralement opposés à lui ; et que jamais dans aucun cas je n'avais trouvée adhérente soit directement aux parois de l'ovaire , soit à quelque prolongement né de ces parois. Mais comme alors je n'avais pu découvrir cette ouverture dans beaucoup déplantes que j'avais exami- nées, je n'y attachai pas une importance suffisante : et pour juger la direction de l'embryon , je me fondais entière- ment sur la détermination du sommet de l'amande. Or je le déterminais soit directement au moyen de la dis- section , soit indirectement par l'inspection du cordon vasculaire qui parcourt la tunique externe : car la ter- minaison de ce cordon indique d'une manière certaine l'origine de la membrane interne , et conséquemment la base de l'amande , qui uoe fois connue donne la posi- tion du sommet. ?!. I ■. i'n C'est à ce point qu'étaient arrivées mes connaissances sur ce sujet , quand il fut entrepris par mon ami feu M. Thomas Smith , qui , éminemment propre à une re- cherche à laquelle étaient nécessaires une minutieuse exactitude et une grande habitude de l'observation mi- croscopique , réussit à constater l'existence très-généi"ale de l'ouverture dans l'enveloppe de l'ovule. Or , comme les ouvertures des deux tuniques correspondent l'une avec l'autre , et toutes deux avec le sommet de l'amande , on se trouva posséder en conséquence une indication de la direction de l'embryon futur presqu' aussi universelle et plus facilement perceptible que celle dont je m'étais précédemment servi. Pour déterminer à quel degré cette description de l'ovule végétal diffère de celles qu'on en avait données ( 21Û ) jusque-là et faire jusqu'à un certain point juger de sou exactitude , je vais commenter les diverses observations dont il a été l'objet et les opinions diflférentes établies sur ce sujet , aussi brièvement qu'il me sera possible , en suivant l'ordre chronologique. En 1672 , Grew (1) décrit dans la tunique extérieure des graines de plusieurs plantes légumineuses une petite ouverture placée vis-à-vis la radicule de l'embryon , ouverture qui , ajoule-t-il , n'est pas un trou accidentel ou résultant de la ruptui'e du funicule , mais qui se trouve pratiquée à deux fins , savoir (à ce qu'il établit ensuite) , afin d'aérer l'embryon , et afin de faciliter le passage de sa radicule dans la gerninalion. Il paraît qu'il ne considéra pas cette ouverture dans le test comme existant constamment , les fonctions qu'il lui attribue étant remplies dans le cas où elle ne se trouve pas , ou , suivant lui , par le hile lui-même , ou dans les fruits à enveloppe dure par une ouverture du noyau ou de la coquille. Dans une autre partie de son ouvrage (2) , il décrit et figure dans l'ovule à son jeune âge deux tuniques: l'une, l'extérieure, est le test jl'autre, sa nmembr une moyenne,^) est évidemment ce que j'ai appelé amande, dont il a distinctement représenté et décrit l'origine dans l'ovule de l'abricot. Malpighi en 1675 (3) rend le même compte du pre- mier état de l'ovule. Ce qu'il nomme secundinœ exter- (i) Anat. des f^égét. , p. 3 ; Anat. des Plant. , p. a. (3) Anat. des Plant,, p. 210 , t. 80. (3) Anatome ptantarum , pt 76 et 80. ( 217 ) nœ est le lest; ce qu'il nomme chorion est l'amande/ L'ouverture de Grew , qu'il parait avoir vue , n'est ce- pendant pas distinguée par lui des fenestra et Jenes- trella : et ces parties auxquelles il assigne les mêmes fonctions , sont les termes qu'il emploie proprement pour le hile. En 1694 Camerarius , dans son admirable essai sur le sexe des plantes (i) , propose, comme de simples questions , différentes manières dont on peut supposer que les grains entiers de pollen ou bien leurs particules après qu'ils seront crevés , proviennent et agissent sur les ovules non imprégnés , qu'il parait avoir lui-même soigneusement observés. Il reconnaît cependant avec sa candeur ordinaire les obligations qu'il a sur ce sujet à Malpigbi, à la description plus détaillée duquel il renvoie. M. Samuel Morland en 1708 (i) , étendant aux plantes l'hypotlièse de la génération de Leewenhock , admet dans l'ovule l'existence d'une ouverture , par laquelle se fait son imprégnation. Il semble néanmoins qu'il n'a- vait pas réellement observé cette ouverture avant la fé- condation , mais qu'il concluait son existence généra- lement et à cette période de ce qu'il avait, dit-il , « dé- couvert dans les graines des fèves , pois et haricots, pré- cisément sous l'une des extrémités de ce que nous appelons Vœil^ une perforation manifeste qui conduit directement à la plante séminale )) ; et c'est par là qu'il suppose que l'embryon est entré. Cette perforation est (i) De sexu Plantar. , epist. , p. 8 , 4^ et seq. (5) Philos. Trans. , vol, 33, n» 387, p. t474« ( ^'t^ ) évidemment T ouverture découverte par Grcw dans les graines des plantes légumineuses : mais Morland ne fait pas mention de ses observations à ce sujet , quoiqu'il le cite dans un autre passage. En 1704 Etienne François Geoffroy (i), et en 171 1 son frère Claude Joseph Geoffroy (2), pour soutenir la même hypothèse^ établissentl'existence générale d'une ouverture dans l'ovule végétal non imprégné. Il n'est cependant pas probable que ces auteurs eussent réellement vu dans aucun cas cette ouverture de l'ovule à son jeune âge ; mais plutôt qu'ils avaient été conduits à affirmer son existence dans tous les cas , sans preuves , seulement d'après l'observation de Grew, et la conjecture fondée sur cette observation par Morland , dont ils adoptent l'hypothèse , sans le citer. Il est en effet à remarquer qu'ils ne font pas mention de ce qu'on avait antérieure- ment observé ou avancé sur les parties les plus impor- tantes de leur sujet , tandis que plusieurs passages sont évidemment copiés et que toute la description de l'état primitif et du développemect de l'ovule est littérale- ment traduit de l'essai de Camerarius. Geoffroy le jeune ne cite pas même la publication antérieure de son frère , dont il est manifeste que son propre Mémoire est tiré en grande partie. En 1718, Vaillant (3) , qui rejette l'hypothèse vermi- culaire de Geoffroy sur la génération , suppose que (1) Quœst. medic. an hominis primordia vermis? — Tract, de Mat. meJ. , tom. l* p. I23. (2) Mem. Acaxl. Se. Paris, 1711, p. a 10. (3) Disc, sur la structure des fleurs, p. ao. ( 219 ) l'influence (lu pollen réside dans une aura , transmise par les vaisseaux du style aux ovules , où elle pénètre , si je le comprends bien , par le cordon ombilical. En même temps il paraît admettre l'existence d'une ouver- ture dans son enveloppe. En 1745 Needham (1), et Gleichen (2) en 1770, adoptent l'hypothèse de Morland , quelque peu modifiée cependant , en ce qu'ils considèrent les particules des grains de pollen , et non ces grains eux-mêmes , comme étant ces embryons , et qu'ils les font pénétreF dans les ovules par le cordon ombilical. Adanson (3), en 1763 , établit que l'embryon existe avant la fécondation , et qu'il reçoit sa première excita- tion d'une vapeur ou aura , qui , venant du pollen , lui est transmise par les vaisseaux du style et entre dans l'ovule par le cordon ombilical. Spallanzani (4) , qui parait avoir examiné avec soin l'ovule non imprégné dans une variété considérable de plantes , a trouvé que c'est en général un corps homo- gène , spongieux ou gélatineux 5 mais que dans deux cucurbitacées il se compose d'une amande enveloppée de trois tuniques. Il suppose avec raison que la plus extérieure de ces tuniques n'est autre chose que l'épi- derme de la membrane moyenne ou test. Quant à la di- rection de ce test relativement à la tunique interne il n'y prend pas garde , et ne mentionne en aucun cas au- cune ouverture dans l'ovule. (i) iVeiv microscopical discoueries , p. 60. (3) Obserw. microsc. , p. 45 et 61, § cxviil. (3) Fam. des Plant, , vol. 1, p. 121, (4) Fisica anim, e veget. , tom. m , p. 3o9-33i!. ( 720 ) Gœrtner , qui , dans la préface de son célèbre ouvrage , déploie une grande érudition sur chaque branche de son sujet, peut cependant à peine être considéré comme au- teur d'observations originales sur celui de l'ovule. Il le décrit comme étant avant l'imprégnation un globule pulpeux homogène , dont l'épiderme , qu'on distingue alors à peine , se sépare à une époque plus avancée et devient le test de la graine : la membrane interne de celle-ci serait entièrement le produit de la féconda- tion (i). Il assure encore que l'embryon commence cons- tamment à paraître à ce point de l'ovule où les dernières ramifications des vaisseaux ombilicaux percent la mem- brane interne , et prend ainsi faussement le sommet de l'amande pour sa base. En i8o6 M. Turpin (2) publia un Mémoii'e sur l'or- gane par lequel le fluide fécondant est introduit dans l'ovule végétal. La substance de ce Mémoire est : que dans toutes les plantes phanérogames , la fécondation a lieu au moyen d'un cordon ou faisceau vasculaire qui perce la membrane externe de l'ovule à un point dis- tinct de l'ombilic , mais extrêmement rapproché de lui à l'époque de la fécondation 5 et il donne à la cicatrice de ce cordon , qui ne tarde pas lui-même à s'oblitérer , le nom de micropyle : que l'ovule a deux tuniques ayant chacune son ombilic , ou , pour me servir de ses expres- sions , son omphalode particulier j que ces tuniques ont en général la même direction 5 que plus rarement celle de la membrane interne est en sens opposé de celle de (1) GoERTNER, DeFruct. , i, p. 57, SgelGi. (3) Ann, du Mus. d'Hist. nat. , vn , p. 199, ( 221 ) l'externe j et que c'est vers l'origine de la première de ces membranes , que se dirige constamment la radicule de l'embryon. Il est singulier de voir sur un tel sujet un botaniste aussi ingénieux et expérimenté que M. Turpin , au lieu d'avoir recours à l'examen de l'ovule non imprégné , se contenter de celui delà graine mûre. C'est là cependant ce qui lui a fait concevoir une opinion erronée sur la nature et l'origine, et dans quelques plantes sur la si- tuation du micropyle même : c'est là aussi pourquoi il a dans tous les cas pris à tort le sommet pour la base de l'amande. Il ne parait pas qu'un examen minutieux de l'état primitif de l'ovule fût entré dans le plan du célèbre Richard , lorsqu'en 1808 il publia sou estimable et ori- ginale analyse du fruit. L'ovule, selon lui , n'a qu'une enveloppe unique , que dans la graine mûre il nomme épisperine. Il considère le centre du hile comme la base de la graine , et la clialaze , lorsqu'elle existe , comme son sommet naturel. ^ M. Mirbel (en i8i5), quoiqu'il admette l'existence de l'ouverture ou micropyle du lest (i) , décrit l'ovule comme recevant par le hile à la fois ses vaisseaux nour- riciers et fécondans (2) , et comme composé d'un pa- renchyme homogène dans lequel l'embryon se montre d'abord sous l'apparence d'un petit point , puis peu à peu convertit plus ou moins complètement en sa propre (1) Elém. de Phys. végét. et de Bot, , i, p. 49- (2) Idem , I, p. 3i.'i. ( 222 ) substance le tissu environnant 5 la portion qui reste , forme les tuniques et l'albumen de la graine (i). Dans la même année M. Auguste de St.-Hilaire (2) montre que le micropyle n'est pas toujours rapproche de l'ombilic -, que dans quelques plantes il est situé à l'extrémité opposée de l'ovule , et que dans tous les cas il répond à la radicule de l'embryon. En même temps cet excellent botaniste adopte l'opinion de M. Turpin que le micropyle est la cicatrice d'un cordon vasculaire , et même il donne des exemples de sa connexion avec le? parois de l'ovaire. Il prend , à ce que je crois , pour une adhérence originaire ou pour une connexion organique que je n'ai pu rencontrer en aucun cas , un simple con- tact qui a incontestablement lieu dans quelques plantes , et notamment d'une manière fort remarquable , mais seulement à une certaine époque , dans une famille , celle des Plumbaginées. En i8î5 aussi, parut la savante dissertation du pro- fesseur L.-C. Tréviranus , sur le développement de l'em- bryon végétal (3). Il y décrit l'ovule avant la fécondation comme revêtu de deux tuniques. Mais de celles-ci , sa tunique interne est évidemment la membrane moyenne de Grew , le chorion de Malpighi , ou ce que j'ai appelé amande. En 1822 , M. Dutrochet , qui ne connaissait pas à ce qu'il paraît la dissertation du professeur Tréviranus , publia ses observations sur le même sujet (4). En ce (i) Id. , loc. cit. (a) Mém. du. Mus. d'Uist. nat. , ji , p. 270 et suiv. (3) Entwick , Des Embryo im PJlanzen-Ej. (.j) Mém. du Mus. dUlist. mit., viii , p. 241 et suiv. ( 223 ) qui regarde la structure de l'ovule , il est essentiellement d'accord avec cet auteur, et de même que lui n'a pas aperçu la membrane interne. Il est remarquable qu'aucun de ces deux observateurs n'ait signalé l'ouverture du test : et comme ils ne font pas même mention des essais bien connus de MM. Tur- pin et Auguste de Saint-Hilaii'e sur le micropyle , on peut présumer qu'ils n'adoptent pas ce que ces auteurs avaient établi à cet égard. Le professeur Link dans sa Philosophia botanica pu- bliée en 1824, adopte la description donnée par Tré- viranus des tuniques de l'ovule avant l'imprégnation (i) ; et celle de M. Turpin quant à la situation du micropyle et sa formation résultant de la cicatrice d'un cordon vas- culaire. Il ne semble pourtant pas admettre la fonction qu'il lui attribuait , et assure qu'il manque dans beau- coup de cas (2). La description que j'ai donnée de la structure de l'o- vule végétal diffère essentiellement de toutes celles que je viens de citer \ et je n'ai connaissance d'aucune autre observation importante qui y ait rapport. Des auteurs mentionnés , on peut remarquer que ceux qui ont porté leur principale attention sur l'extérieur de l'ovule , ne l'ont pas toujours examiné à une époque assez reculée , et se sont arrêtés à sa surface : que ceux qui ont le plus minutieusement étudié sa structure inté- rieure , se sont trop fiés aux sections seules et ont né- gligé sa manière d'être extérieurement, et que ceux qui il) Elem. phil. bot. , p. 338. (a) ïàeni , p. 3 jo. ( 224 ) neTontpas examiné dutout à son piemier état ont donné la description la plus correcte de ,sa surface. Cette des- cription était fondée sur une observation fort bornée de graines mûres , généralisée et étendue à l'ovule non- imprégné, en rapport avec une hypothèse reçue alors très - communément. Mais cette hypothèse ayant été bientôt après abandonnée , on rejeta avec elle ce qu'ils avaient établi relativement à l'ovule. Dans l'ovule du Kingia la membrane interne est en sens inverse de l'ombilic externe; et c'est là , comme je l'ai déjà observé , quoique M. Turpin avance précisé- ment le contraire , la structure ordinaire de l'organe. Il y a cependant quelques familles dans chacune des deux grandes divisions des plantes phanérogames , où la mem- brane interne et conséquemment l'amande a la même di- rection que le test. Dans ces cas l'ombilic externe in- dique seul la situation de l'embryon futur. C'est une conséquence manifeste de ce qui a déjà été établi, que la radicule de l'embryon ne peut jamais re- garder directement l'ombilic externe ou hile , quoique les plus célèbres carpologistes aient dit que c'est le cas le plus général. On peut faire une autre observation qui se déduit moins évideumient de cette structure telle que je l'ai exposée , mais qui est de même en contradiction avec beaucoup de descriptions et figures de graines publiées , savoir : que jamais la radicule n'est renfermée absolu- ment dans l'albumen ; mais , à l'état récent , ou bien qu'elle est immédiatement en contact avec la membrane interne de la graine , ou bien que ce contact est établi au moyen d'un prolongement ordinairement très-court , ( 225 ) mais quelquefois d'une grande longueui', et qui d'ail- leurs dans tous les cas peut être regardé conuiie un al- longement de sa propre substance. J'ai rencontré une déviation apparente de cette règle , mais dans un cas du reste tellement particulier, qu'on peut à peine la con- sidérer comme y faisant exception. Il est nécessaire d'observer que je connais des excep- tions à la structure de l'ovule telle que je l'ai décrite. Dans les Composées ses tuniques semblent être imper- forées et à peine séparables soit l'une de l'autre , soit de l'amande. On ne peut donc dans cette famille juger de la direction de l'embrj^on que d'après les vaisseaux du test (i). Dans le Lemna j'ai trouvé une inversion apparente de l'embryon relativement au sommet de l'a- mande •, cependant il existe dans ce genre des particu- larités de structure et d'économie telles , que je considère l'exception dont il s'agit , quelque paradoxale que cette assertion puisse paraître, que je la considère, dis-je , comme propre à fortifier plutôt qu'à affaiblir l'impor- tance du caractère. Peut-être est-il superflu de faire observer que le raphé ou cordon vasculaire de l'enveloppe extérieure appar- tient presque toujours au côté de l'ovule qui regarde le placenta. Mais c'est une chose au moins digne de re- marque que le petit nombre d'exceptions apparentes à cette règle , tendent évidemment dans le fait à la con- firmer. De ces exceptions les plus notables se rencon- trent dans ces espèces d^ Evonymus , qui , contre la structure habituelle du genre et de la famille à laquelle (i) Linn. Societ. Transact. , xii , p. i36. VIH. l5 elles appartiennent, ont des ovules suspendus ; et, comme je l'ai depuis long-temps signalé j dans les ovules fertiles de VAbelia (i). Dans ces plantes et dans les autres cas où le raphé est en dehors , c'est-à-dire sur le côté de la graine le plus distant du placenta , les ovules sont réel- lement résupinés : disposition apparemment essentielle à leur développement. Les origines distinctes et les directions différentes des Vaisseaux nourriciers et dit canal par lequel la féconda- lion se fait dans l'ovule, peuvent encore être vues à la maturité dans plusieurs de ces graines qui sont ailées et présentent au placenta soit leur bord , comme dans des Protéacécs , soit le plan de leur aile à angle droit, comme dans quelques Liliacées. Ces organes sont visibles aussi dans quelques-unes de ces graines qui ont leur test pro- longé aux deux extrémités au-delà de la membrane in- terne , dans celles du Nepenlhes par exemple : structure qui prouve qvie c'est réellement un lest qu(3 l'enveloppe extérieure de ces graines dites scobiformes , et non un arille , comme on l'avait souvent appelée. Par ce qui a été dit , on voit déjà assez clairement combien il importe d'établir une distinction entre les membranes de l'ovule non imprégné, et les membranes de la graine mûre. Mais cette distinction a été nécessai- rement négligée par deux classes d'observateurs : la pre- mière composée de ceux qui ont regardé les tuniques de la graine comme des produits de la fécondation , et de ce nombre sont quelques-uns des plus éminens carpolo- gistes: la seconde , comprend ces auteurs qui, se propo- (i) Abels, China , p. 377. ( 227 ) sant de faire connaître l'ovule même , ont néanmoins fait leurs observations prinripalenienl ou uniquement sur la graine mûre , dont ils doivent en conséquence avoir sup- posé que les tuniques étaient formées antérieuremeul à l'imprégnation. On pourrait peut-être laisser ici enlièrement de côté la considération de Tarille , qui se présente rarement, n'est jamais complet et dont le développement a lieu principalement après la fécondation. C'est néanmoins un fait digne de reniaïque , que, dans le premier âge de l'ovule , cette enveloppe est à peine visible , même quand elle doit atteindre dans la graine mûre (de V Hibbertia volubilis par exemple ) sa plus graude taille : et , dans aucun cas que je sache , elle ne couvre l'ouverture du test , si ce n'est après la fécondation. Le test ou enveloppe extérieure de la graine est en général lormée par la membrane extérieure de l'ovule , et dans beaucoup de cas où l'amande est renversée , ce qui est la disposition la plus ordinaire , son origine peut être déterminée d'uiie manière salisfaisanle , soit par !e hile qui est plus ou moins latéral, tandis que l'ouver- ture est terminale 5 soit , avec plus de facilité et de cer- titude , par le raphé , toutes les fois qu'il est visible , puisque ce faisceau vasculaire appartient généralement à la tunique externe de l'ovule. La chalaze ( dans l'ae- ceplion propre de ce mot j , quoiqu'elle soit simplement la terminaison du raphé , fournit pourtant un caractère moins certain ; car dans beaucoup de plantes elle est à peine visible sur la surface extérieure du test , mais est intimement unie avec l'aréole d'insertion de la mem- brane inlei'ue ou bien de l'amande, et alors elle semble ( 228 ) aj>partcnii' cnllèrcment à Tune ou l'autre de ces deux parties. Quant aux cas où le test a la même direction que l'amande , je ne connais aucun caractère qui le fasse distinguer d'une manière absolue de la membrane in- terne dans la graine mùre. Mais comme on connaît déjà un petit nombre de plantes dans lesquelles la membrane externe est originairement incomplète , son absence to- tale , même avant la fécondation , peut se concevoir; et quelques cas possibles d'une telle structure seront mentionnés plus tard. On a plusieurs exemples , parmi lesquels j'en ai fourni plusieurs dans une publication antérieure (i), de l'oblité- ration complète du test dans la graine mûre. D'un autre côté il parait constituer la plus grande portion de la sub- stance des graines bulbiformes de plusieurs Liliacées, où sans doute il remplit aussi la fonction de l'albumen, dont cependant on le distingue aisément par son tissu vascu- laire (2). Mais la déviation la plus x^emarquable que je sache de la structure et de l'économie habituelle de la membrane externe de 1 ovule, tant dans le premier âge que dans le fruit mûr, se rencontre dans le Banksia et dans le Dryandra. Dans ces deux genres j'ai constaté que la membrane interne de l'ovule avant la fécondation est entièrement à nu , la membrane externe étant alors ou- verte dans toute sa longueur, et que les membranes ex- ternes des deux ovules collatéraux qui sont originaire- ment distinctes , s'unissent à une époque plus avancée par leurs surfaces correspondantes , et constituent en- (i) Linn. Soc. Trans. , xii , p. i49- (2) Ibid. ( 229 ) letnble la cloison anomale de la capsule. La membrane interne de l'ovule forme alors en conséquence l'enve- loppe extérieure de la graine. Cependant la membrane interne de l'ovule parait en général avoir plus d'importance en tant que liée à l'acte de la fécondation , qu'en tant que destinée à protéger l'amande à une période plus avancée. Car dans beau- coup de cas , avant l'imprégnation , son sommet perforé se prolonge au-delà de l'ouverture du test, et dans quel- ques plantes il revêt l'apparence d'un stigmate- obtus ou même dilaté , tandis que souvent dans la graine mûre , ou bien cette membrane est entièrement oblitérée , ou bien elle existe seulement sous la forme d'une pelli- cule mince qu'on pourrait prendre à tort pour l'épiderma d'une troisième membrane qui alors s'observe fréquem- ment. Cette troisième tunique est formée par la membrane propre ou pellicule de l'amande , de la substance de la- quelle on n'aurait jamais pu , je crois , la séparer dans l'ovule non imprégné, et il est même très-rare qu'elle soil visible dans celui-ci. Dans la graine mûre on la distingue de la membrane interne seulement par son sommet qui est toujours dépourvu de toute ouverture , généralement aigu , plus foncé en couleur ou même sphacelé. La membrane de l'amande constitue ordinairement la tunique la plus intérieure de la graine. Mais dans un petit nombre de plantes il existe de plus une tunique ad- ditionnelle qui paraît tirer son origine de la membrane interne de Grew j c'est la vesicula colliquamenti ., ou amnios de Malpighi. En général l'amnios , après la fécondation , s'étend ( ^3o ) graduellement jusqu'à ce qu'enfin il dëplace ou absorbe toute la substance de l'amande , renfermant dans la graine mûre à la fois l'embryon et l'albumen , quand ce der- nier continue à exister. Dans ces cas cependant , sa mem- brane propre est communément oblitérée et remplacée soit par celle de l'amande ou par la tunique interne de l'ovule, soit , lorsque toutes deux disparaissent, par le test lui-même. Dans d'autres cas l'albumen est formé par un dépôt de matière granuleuse dans les cellules de l'amande. Dans quelques-uns de ces cas , la membrane de l'amnios semble être persistante , formant même dans la graine mûre une tunique propre pour l'embryon , dont la ra- dicule peut aussi conserver son adhérence primitive avec le sommet de cette tunique. Voilà du moins quelle me paraît êlre l'explication la plus probable de la struc- ture des vraies Nymphéacées , savoir : des genres iV^ii- phar, Nymphéa , Eurjale , Hjdropeltis et Cabomba , malgré leur mode très-remarquable de germination tel qu'il a été observé et figuré dans le Njmphea et le Nuphar par Tittman^i). A l'appui de cette explication , qni diffère de toutes celles qu'on a données jusqu'ici , je peux citer ici une ob- servation publiée depuis un assez grand nombre d'an- nées , quoiqu'elle semble avoir échappé à tous les auteurs qui ont écrit depuis sur le môme sujet : c'est , qu'avant la maturité de la graine dans les Nymphéacées , le sac qui enveloppe l'embryon contient avec lui une substance pulpeuse ou demi-fluide , quej'appelai -yiYeZ/u.?, nom (i) Keimung der Pjlanzen , p. 19 et 27, lab. 3 et 4- C 23, ) que j'appliquais alors à tout corps interposé entre l'al- bumen et l'embryon (i). Cette opinion se trouve encore confirmée par l'existence d'un filament extrêmement fin ( qu'on n'avait pas encore aperçu ) , lequel , né du centre de la face inférieure du sac et traversant l'axe creux de l'albumen , réunit probablement à une époque peu avancée cette enveloppe de l'embryon avec la base de l'amande. Ou expliquerait de la môme manière la structure des graines des Pipéracées et du Saiiiurusj et l'on rencontre d'autres exemples de la persistance, soit de la mem- brane , soit de la substance de l'amnios dans la graine mûre. On peut conclure de tous les détails que j'ai donnés sur la structure de l'ovule , que les changemens les plus importans consécutifs à la fécondation réelle ou même fausse , doivent avoir lieu dans l'amande ; et que l'albu- men (dans l'acception propre du mot) peut se former par un dépôt ou une sécrétion de matière granuleuse dans les utricules , soit de l'amnios , soit de l'amande même , ou encore que deux subslances ayant ces origines distinctes et des textvires très- différentes peuvent exister simultanément dans la graine mûre , comme c'est pro- bablement le cas dans les Sci'amiuées. Au sujet de l'ovule , considéré comme contenu dans un ovaire . je ne ferai pour l'instant qu'une seule autre re- marque qni forme une introduction nécessaire aux ob- servations suivantes , sur la structure de lu fleur fe- melle dans les Cycadées et les Conifères, savoir: que (i) Prodr. Flor. IVo^.-Holl. , i, p. 3oG. ( 232 ) le sommcl de l'amande est le point de l'ovule où l'im- prégnalion a lieu , c'est ce qui est au moius extrême- ment probable , et d'après l'apparition constante de l'em- bryon à ce point, et d'apiès la diiection très -généra- lement inverse de l'amande : car cette inversion amène son sommet à-peu-près ou absolument eu contact avec celte partie des parois de l'ovaire , par laquelle on peut supposer qu'est transmise l'influence du pollen. Cepen- dant dans quelques-unes de ces familles de plantes où. l'amande n'a pas une direction inverse et où les placentas sont polyspermes( comme les Cistinées (i)), il est difficile de comprendre de quelle manière cette influence peut atteindre son sommet extérieurement ; et on ne peut l'expliquer que par la supposition , qu'on ne doit pas admettre à la hâte , d'une aura ou émanation imprégnante qui remplirait toute la cavité de l'ovaire , ou par des tubes fécondans entièrement séparés des placentas , mais que dans ces cas je n'ai jamais pu découvrir. Sur la Structure de la Jleur femelle dans les Cjcadées et les Conifères . Oa ferait entièrement disparaîtie les doutes qui peuvent exister relativement au point d'imprégnation , si l'on trouvait quelques cas dans lesquels l'ovaire manquât tout- à-fait , ou bien fût formé si imparfaitement que l'ovule devînt lui-même directement exposé à l'action du pollen ou de ses particules (a)-, son sommet aussi bien que l'orifice (i) R. Brown, InUooc. Flor. scotic. , p. 284- (a) M. Browu leur lionne, d'après Martyn , k uom tle Fovilla. ( :^33 ) de son enveloppe immédiate étant alors modifiés et dé- veloppés de manière à s'adapter à cette économie. Telle est, à ce que je crois, l'explication véritable de la structure des Cycadées , des Conifères , de YE- phedra et même du Gnetum dont le Thoa d'Aublet est une espèce. On fera disparaître l'objection la plus formidable à celte manière de voir, si l'on admet , conformément aux observations précédentes , que le sommet de l'amande ou le point supposé d'imprégnation n'a pas de connexion organique avec les parois de l'ovaire. On pourrait aussi l'appuyer , en ce qui regarde l'action directe du pollen sur l'ovule , d'exemples nombreux d'une disposition analogue dans le règne animal. La ressemblance de la fleur femelle dans les Cycadées et les Conifères avec l'ovule des autres plantes phanéro- games , tel que je l'ai décrit , est réellement assez ma- nifeste pour que l'opinion avancée ici ne semble pas lout-à-fait improbable. Mais la preuve de sa justesse doit principalement reposer sur la ressemblance , dans tous les points essentiels , établie entre le corps centi'al de la prétendue fleur femelle de ces familles , et l'amande des ovules qui présentent la structure habituelle , et cela non-seulement dans le premier âge , mais aussi dans toute la série de changemens consécutifs à la féconda- tion. Or, je trouve un accord presque complet dans tous ces points , d'après les observations que j'ai pu faire jusqu'à présent : quoique pourtant ces observations sur un sujet naturellement difficile, et qui n'ont été dirigées par mon point de vue actuel qu'à une époque assez ré- cente , ne me satisfassent pas encore complètement. ( 234) Les faits qui se présenteront le plus vraisemblable- ment comme des argumens contre cette manière d'envi- sager les Conifères , sont : la surface du sommet de la prétendue amande qui dans la plupart des cas est inégale et le siège apparent d'une sécrétion , son prolongement occasionel par-delà l'orifice de l'enveloppe externe, son adhérence à cette enveloppe par une portion consi- dérable de sa surface , et la division assez fréquente de l'orifice. Peut-être cependant la plupart de ces particu- larités de structure pouiTaienl-elles venir au contraire à l'appui de l'opinion avancée plus haut , puisqu'elles sem- blent autant de modifications au moyen desquelles ces parties s'adaptent à l'économie supposée. Il est un fait qu'on ne songera guères à objecter à cette opinion et qui pourtant me paraît présenter une difficulté ; c'est , dans les Cycadées et dans la plupart des Conifères , la structure de l'ovule composé seule- ment d'une amande et d'une tunique , structure com- parativement plus simple qu'elle ne se présente ha- bituellement lorsqu'il est renfermé dans un ovaire. Le défaut d'uniformité à cet égard pourrait même être mis en avant comme une autre difficulté : dans quel- ques genres de Conifères en eifet , l'ovule parait être complet. Il est vrai que dans VEphedra , où l'amande est pour- vue de deux enveloppes , il est possible de supposer l'ex- térieure analogue au calice ou involucre de la fleur mâle, plutôt qu'appartenant à l'ovule. Mais dans le Gneturriy où il existe trois enveloppes , deux d'entre elles doivent très-probablement être regardées comme des tuniques de l'amande : tandis que dans le Podocarpus et le Da- ( .35 ) aydium, ce que j'ai appelé autrefois (i) cupule exté- rieure , peut aussi être considéré comme le test de l'o- vule. A cette dernière opinion , quant à ce qui regarde le Dacrydium , on peut objecter la fente longitudinale de l'enveloppe extérieure dans le jeune âge , et son état dans le fruit mûr qu'elle ne recouvre que partielle- ment (2). Mais ces objections se trouvent puissamment écartées par la structure analogue déjà décrite dans le Banhsia et le Dijandra. La pluralité d'embryons qu'on rencontre quelquefois dans les Conifères , et qui dans les Cycadées semble même être la structure natuielle , paraîtra peut-être fournir une objection contre l'opinion que je présente, quoique pour moi ce soit plutôt un argument en sa faveur. Tout examiné , les objections auxquelles est encore exposé le poiuc de vue sous lequel je considère ici la structure de ces deux familles , me paraissent , autant que je les connais , beaucoup moins importantes que celles qu'on peut opposer aux autres opinions qui ont été avancées , et qui divisent encore les botanistes sur ce même sujet. Suivant la plus ancienne de ces opinions , la fleur fe- melle des Cycadées et des Conifères est un pistil monos- perme, dépourvu d'enveloppe tlorale qui lui soit propre. Cependant le Pin lui-même fut long-temps considéré par plusieurs botanistes , comme formant une exception à cette structure. (1) Flibdebs's, Voy. , 11 , p. SjS. (3) Id. , loc. cit. ( 236 ) Linné s'esl exprimé si obscurément dans le caractère naturel qu'il a donné de ce genre , que je trouve difficile de déterminer quelle était réellement son opinion sur sa structure. Je suis cependant porté à croire qu'elle se rapprochait de la vérité beaucoupplus qu'on ne le suppose généralement , et c'est ce que je juge d'après une compa- raison de son caractère artificiel du genre , ainsi que d'après une observation mentionnée dans ses Prœlec- tiones ^ publiées par Giseke (i). Mais la première description claire de la structure du Piu que j'aie renconti'ée , quant à ce qui regarde la di- rection , c'est-à-dire la base et le sommet des fleurs fe- melles , est donnée (en 1767) par Trew , qui les ca- ractérise de la manière suivante : « Singula semina vel potiùs germina stigmate tanquàm organo fœtninino gaudent (2) , et sa figure de la fleur femelle du Mélèze , dans laquelle les stigmates se prolojigent au-delà de la base de l'écaillé , ne permet de conserver aucun doute sur sa pensée. En 178g, M. de Jussieu, dans le caractère de son genre Abies (3), donne de sa structure une description analo- gue , quoiqu'exprimée d'une manière un peu moins claire et moins positive. Dans les observations qui suivent, il suggère , comme n'étant pas dépourvu de toute proba- bilité , un point de vue entièrement différent, fondé sur une analogie supposée avec V Araucaria , dont la struc- ture n'était alors pas bien comprise : savoir , que l'é- (i) Prœl. in Ord. nat. , p. SSg. (3) IVof. Jlct. nat. curios. , m , p. 453 , tab. i3 , fig- a3. (3) Gen. plant. , p. 4'4' (^37) caille interne du chaton femelle est un ovaire biloculairc, dont l'écaillé externe est le style. Mais c'était là aussi, selon sir James Smith (i) , l'opinion de Linné : c'est celle qui a été adoptée dans la splendide Monographie de ce genre , publiée en 180 3 par M. Lambert. La même année où parut l'ouvrage de M. Lambert , Schkuhr (2) décrit et figure très-distinctement la fleur fe- melle du Pin , exactement telle que l'avait conçue Trew, dont il ignorait probablement l'opinion. En 1807 , M. Salisbury (3) publia sur ce sujet un Mé- moire , où il donne de la structure en question une description qui ne diflere en aucun point important de celles de Trew et de Schkuhr , dont il ne paraît pas avoir connu les observations. M. Mirbel , en 1809 (4) , professa la même opinion , tant à l'égard du Pin , que sur la famille entière. Mais en i8i2 , conjointement avec M. Schoubert (5) , il pro- posa une explication irès-difTérente de la structure des Cycadées et des Conifères , établissant que dans leurs fleurs femelles on trouve non-seulement un petit pé- rianthe adhérant , mais de plus une enveloppe extérieure accessoire , à laquelle il a donné le nom de cupule. En 18 14 j'adoptai cette manière de voir, du moins en ce qui regarde le mode d'imprégnation , et j'avançai quelques faits en sa faveur (6). Mais en considérant de (i) Rees's, Cjclop., art. Pinds. (q) Botan. Uandb. , m , p. 276 , tab. 3o8. (3) Linn. Societ. Trans. , viu , p. 3o3. (4) y^nn. Mus. Hist. nat. , xv, p. 473. (5) IVouf. Bull, des Se. , m , p. ';3 , 8S et m. (6) Flindf.rs's , f^oy. , it , p. 672. ( 238 ) nouveau ce sujet , relativement à ce que j'avais établi au sujet de l'ovule végétal , je ne tardai pas à abandonner lout-à-fait cette opinion , sans nie basarder cependant à mettre explicitement en avant celle qui est exposée ici et que j'avais alors conçue (i). On sait bien que feu M. Richard avait préparé un Mé- moire de grand prix sur ces deux familles ; et , d'après quelques observations récemment publiées par son fils M. Achille Richard (2) , il paraît s'être formé sur leur structure une opiuiou un peu différente de celle de M. Mirbel, dont la cupule est , selon lui , le périauthe plus ou moins adhérant au pistil qu'il renferme. Il fut probablement conduit à cette manière de voir par un fait , dont je m'étais déjà assuré , savoir : que le caractère communément reçu de V Ephedra est incorrect (3), qu'en effet son préteudu style est réellement le sommet pro- longé en tube d'une enveloppe membraneuse , et le corps qu'elle contient évidemment analogue à celui que pré- sentent les autres- genrei de Conifères. Parmi les opinions les plus récentes de celles que j'ai citées ici , celle qui considère la ileur femelle des Co- nifères et des Cycadées comme un pistil nu , est sus- ceptible de deux objections principales. L'une de ces objections consiste dans la perforation de ce pistil et dans l'exposition de ce point de l'ovule où l'embryon est formé à l'action directe du pollen -, l'autre dans la trop grande simplicité de structure de l'ovule prétendu , (1) Tucket's, Ccngo , p. 454 j etLinn. Soc. Traris., xui, p. 2i3. (2) Dict. class. (THist. nat. , iv, p. SgS , et v, p. 216. (3) Dict. class. d'tiist, nat, , yi , p. 208. I ( -^^9 ) qui , d'après ce que j'ai montré , présente bien plus de ressemblance avec l'amande telle qu'elle existe habi- tuellement. De ces objections , la première ne peut s'appliquer «nx opinions de MM. Richard et Mirbel ; mais la se- conde acquiert un nouveau poids , suffisant , à ce qu'il me semble , pour rendre ces opinions beaucoup moins probables que celle que j'ai tâché de soutenir. En supposant cette opinion admise comme étant la vérité , il resterait encore une question liée avec elle et de quelque importance , savoir : si dans les Cycadées et les Conifères les ovules sont produits sur un ovaire ré- duit dans ses fonctions et altéré dans sa forme , ou bien s'ils le sont sur un rachis ou réceptacle , ou eu d'autres mots , pour employer le langage d'une hypothèse , qu'avec quelques modificalious j'ai autre part (i) lâché d'expliquer et de défendre relativement à la formation des organes sexuels dans les plantes phanérogames , si les ovules de ces deux familles naissent sur une feuille mo- difiée ou viennent directement de la tige. Si j'adoptais la première supposition , celle qui s'ac- corde le mieux avec l'hypothèse émise dans ce Mémoire, je l'appliquerais certainement d'abord au Cycas dans lequel le spadice femelle offre une ressemblance si frap- pante avec une fronde ou feuille partiellement altérée , dont les bords portent des ovules jusqu'à une certaine hauteur , et dont le leste se partage en segmens presque semblables en quelques cas à ceux d'une fronde or- dinaire. (i) Linn. Soc. Trans. , xin , p. an. ( 24o ) Or, l'analogie du spadice femelle du Cycas avec celai du Zaïnia est assez manifeste j et de ce dernier à l'écaillé fructifère des vraies Conifères (comme celle des genres Agathis ou Dammara , Cunninghamia , Pinus et même Araucaria ) , la transition n'est pas difficile. Cette manière de voir est applicable aussi , quoique moins clairement , aux Cupressinées , et pourrait même être étendue au Podocarpus et au Dacrjdium. Mais la struc- ture de ces deux genres admet également une autre ex- plication que j'ai déjà fait remai'quer. Cependant , si dans les Cycadées et les Conifères les ovules étaient en effet produits sur la surface d'un ovaire , on devrait peut-être , ce qui n'est pourtant pas une conséquence nécessaire , s'attendre à trouver leurs fleurs mâles différentes de celles de toutes les autres plantes phanérogames , et dans cette différence montrant quelqu'analogie avec la structure de la fleur femelle. Mais dans les Cycadées au moins , spécialement dans le Zamia , la ressemblance entre les spadices mâle et fe- melle est si considérable , que si le spadice femelle est analogue à un ovaire , le chaton partiel mâle doit être considéré comme une seule anthère produisant sur sa surface soit des grains nus de pollen , soit du pollen subdivisé en plusieurs masses munies chacune de sa membrane propre. De ces deux points de vue , l'un et l'autre peut à présent paraîti'e également paradoxal : et pourtant Linné s'était placé dans le premier 5 car il s'exprime sur ce sujet dans les termes suivans : « Pulvis jloridus in Cj~ cade minime pro Antheris agnoscendus , sed pro nudo polline, quod unusquisque qui unquàm, pollen anthe-^ I ( 24i ) rarum in pïantis examinavit. fatebitur. » Si cette opi- nion avancée avec tant de confiance par Linné ne fut jamais adoptée par aucun autre botaniste , cela paraît venir en partie de ce qu'il l'avait étendue aux fougères dorsifères. Bornée aux Cycadées , cependant elle ne paraît pas si improbable qu'elle mérite d'être rejelée sans examen. Deux faits du moins concourent à l'appuyer : c'est dans quelques cas , notamment dans les ZarrJa. d'Amérique , la séparation des grains en deux masses distinctes et quelquefois presque marginales , représen- tant , comme on peut le supposer, les lobes d'une an- thère : c'est aussi leur rapprochement en nombre dé- fini , celui de quatre en général , analogue à l'union quaternaire des grains de pollen qu'on observe assez fréquemment dans les anthères de quelques autres fa- milles. La taille considérable de ces grains de pollen supposés , ainsi que l'épaisseur et la rupture régulière de leur membrane , peuvent être considérées comme des circonstances liées naturellement à leur production et à leur persistance à la surface d'une anthère distante de la fleur femelle; et avec cette structure, on pourrait aussi attendre un développement en grandeur correspondant dans les particules polliniques. En examinant celles-ci cependant, non-seulement je les trouve égales en volume aux grains de pollen de plusieurs anthères 5 mais ellip- tiques et marquées sur un de leurs côtés d'un sillon lon- gitudinal , elles ont cette forme qui est une des plus com- munes dans le pollen simple des plantes phanérogames. C'est pourquoi admettre sans autres fondemens que ceux qu'on a déjà indiqués , l'analogie de ces particules avec celles renfermées dans les grains de pollen, et celle des or- VIII. 16 ( 34^ ) gaues qui les contiennent avec ce grain liii-même'lel qu'il existe dans les anthères de la structure la plus ordinaire » ce serait faire une supposition tout-à-fait gratuite. 11 est en même temps digne de remarque que cette opinion , çtablie sur des bases plus solides , montrerait l'existence d'un développement correspondant dans les parties es- sentielles des organes mâle et femelle. Le développement plus considérable de l'ovule consisuerait moins encore dans la forme inusitée çt dans l'épaisseur de son enve- loppe, partie d'une importance secondaire et sur la nature de laquelle on n'est pas d'accord, que dans l'état de l'a- mande de la graine , relativement à laquelle les opinions ne sont pas partagées, et où la pluralité d'embryons , ou î^u moins) l'existence et l'arrangement régulier des cel- lules dans lesquelles ils se forment, est la structure uni-- forrae de la famille. Le second point de vue indiqué , dans lequel on con- sidère l'anlhère des Cycadées comme produisant sur sa surface un nombre indéfini de masses polliniques ren- fermées chacune dans une membrane propre , ne trouve- rait d'appui que dans quelques analogies éloignées : par exemple , dans la structure de ces anthères dont les loges saut subdivisées en un nombre défini ou plus ra- rement indéfini de cellules , et notamment de celles des étamines du gui. Je puis remarquer que l'opinion de M. Richard (i), qui regarde ces grains ou masses comme des anthères uniloculaires , dont chacune constitue une fleur mâle , me paraît offrir des difficultés presqu'égales. L'analogie entre les organes mâle et femelle dans les • i. . • . — ■ (i) Dicf. çlass. d'Hist, nat. , v, p. ai6. (243 ) Conifères , en admettant l'opinion qui reconnaît l'exis- tence d'un ovaire sans parois , est à la première vue plus apparente que dans les Cycadées. Dans les Conifères ce- pendant , le pollen n'est certainement pas nu , mais ren- fermé dans une niiembrane semblable au lobe d'une an- llière ordinaire. Et dans ces genres où chaque écaille du chaton produit seulement deux lobes marginaux ( connue les Pinus, Podocajpus , Daciydiuni , Snlisbufia cl Phj^llocladus) , il rappelle presque la forme plus, gé- nérale des anthères dans les autres plantes phanéro- games. Mais la difficulté se présente dans ces autres genres où sur chaque écaille on trouve un plus grand nombre de lobes, comme VAgathis et V Araucaria où leur nombre est considérable et en apparence indéfini , et plus particulièrement encore le Cuniiinghomia ou JBelis dans lequel les lobes , au nombre de trois seu- lement , ont avec les ovules non-seulement ce rapport de nombre , mais aussi celui de l'insertion et de la di- rection. La supposition que dans ces cas les lobes de chaque écaille sont les cellules d'une seule et même an- thère ;, n'est que peu justifiée soit par l'origine et la dis- position des lobes eux-mêmes , soit par la structure des autres plantes phanérogames. Les seules analogies appa- rentes , quoique douteuses , que je puisse à présent me rappeler , se i-encontraient dans Y Aphjteia et peut-être dans quelques Cucurbitacées. Cette partie de mon sujet qui regarde l'analogie entre les fleurs mâle et femelle dans les Cycadées et les Co- nifères , me paraît donc la moins satisfaisante , eu égard, tant à la question immédiate de l'existence d'un ovaire anomale dans ces familles , qu'à l'hypolhèse à laquelle C a44 ) l'ai plusieurs fois renvoyé sur l'origine des ofganes sexuel é dans touies les plantes phanérogames. Observations sur la Larve du Ripiphorus bimaculatus; par M. Farines. ( Extrait d*une lettfe à M. le comte Dejean. ) .... La larve du Ripiphorus bimaculatus (qjie y »ï né- gligé de décrire ou de dessiner) vit dans la racine de FEryngium campeslre , qu'elle perfore au centre , et presque toujours dans le sens vertical. Elle se transforme vers la fin de juin, fabrique une coque delà grosseur d'une petite noisette , représentant une sphère un peu aplatie à sa partie supérieure qui est attachée par une espèce de pédoncule au tronc ou à la base des premières ramifica- tions de l'Eryngium campestré. Celte coque est constam- ment gi'isâtre et composée de beaucoup d'argile avec très- peu de sable ; aussi ai-je remarqué qu'on trouvait assez communément cet insecte sur les Eryngium qui croissent sur des terrains argileux , tandis qu'il est fort rare dans d'autres lieux. Du i*' au 3o juillet il est transformé; il sort de sa coque par une ouverture ronde qu'il s'est prati- quée à la partie supérieure, et vient sucer les fleurs de la mêmcplante quia nourri salarve. On ne trouve cet insecte qtie pendant le mois de juillet, très-peu plus tôt, et pres- que point plus tard, toujours sur FErynginm campestré. Pendant trois étés que je l'ai cherché avec soin , je n'en ai trouvé que deux individus sur d'autres fleurs , l'un sur celles du Daucus carota , et l'autre sur celles de l'Apium petroselinum. La femelle dépose les œufs au collet de la racine. Ils éclosent aussitôt que la plante est en sève, ce qui a lieu au mois de mars. (245) Essais anatomiques et physiologiques sur la Physionomie ( i ) j Par Charles Bell. Dans Timpossibilité où nous nous trouvions de tra- duire en entier cet ouvrage remarquable , nous avons pensé qu'il serait pourtant utile d'en faire connaître les principaux points d'une manière détaillée. Il est hors de doute que les vues de l'auteur feront époque dans cette partie de la science , et il est superflu de faire remarquer que ses observations sont d'un grand intérêt dans les arts d'imitation. C'est à ce double titre que nous avons cru que nos lecteurs nous sauraient gré d'une analyse qui pour le plus grand nombre pourra servira suppléer complètement l'ouvrage. En effet toutes les idées générales s'y trouvent reproduites , les exem- ples les plus remarquables sont textuellement traduits , et dans tous les cas où nous étions forcés de faire des suppressions , nous avons cherché à les rendre moins sensibles en exprimant la pensée de Fauteur sous une forme plus concise. Ce que nous avons fait pçur le texte, il nous a été plus facile encore de le faire pour les planches. Nous avons reproduit toutes celles qui nous ont paru dignes d'attention , soit par leur fini , soit par leur originalité. ("i) Essajs on the anatomy and philosophy of Expression , by Charles Beil. Londun : John Murray , Albemarle-street , 18:4 > second édition, i vol. in-4'', price, 2 liv. 12 sch. 6 d. VIII. — Juillet i8i6. 17 ( 246 ) Quant à celles qui sont copiées et qui n'offrent qu'un exemple propre seulement à montrer que les idées de l'auteur s'appliquent à tous les cas , nous avons cru pou- voir les supprimer sans inconvénient notable. Nous avons supprimé de même toutes les divisions en cha- pitres ou essais , afin de donner à la discussion une forme plus liée et un ensemble plus facile à saisir. Laissons maintenant parler l'auteur lui-même. Les variations de la physionomie humaine qui accom- pagnent les mouvemens de l'àme offrent à l'étude un sujet intéressant et facile. Néanmoins , bien que nous soyons continuellement à même d'observer ces signes extérieurs d'émotion , nous les remarquons à peine , jus- qu'à ce que recherchant les causes qui les font naître, nous essayons de recouvrer nos premières impressions et de les raisonner. Comment concevoir qu'un phé- nomène plus familier encore pour nous que notre langue mère elle-même, et sans l'existeuce duquel la vie de la plupart des gens serait indifférente , n'ait pas été mis en rapport avec la philosophie.^ Ou doit l'attri- buer probablement à la négligence que l'on met à exa- miner la liaison étroite qui existe entre les opérations de l'esprit et celles du corps , et à l'idée très -inexacte , que tout ce qui peut être de quelqu'iutérêt eu anato- mie humaine est déjà découvert. Des hommes du mérite le plus éminent se sont occupés depuis un si long es- pace de temps de la structure des animaux , qu'on a cru pouvoir eu conclure qu'il ne restait plus rien à faire dans ce genre de recherches. Ceux qui avancent cette opinion ne peuvent ignorer que chaque découverte dans les sciences ouvre un nouveau champ aux investiga- ( ^47 ) lions , règle qui est spécialement applicable à l'analo- mie. En effet , aucune branche de nos connaissances ne se trouve aussi étroitement liée aux autres sciences , ni aussi généralement dépendante de leurs découvertes que l'analomie , si nous comprenons par ce terme la con- naissance des fonctions aussi bien que celle de la struc- ture des corps animés. Je vois avec peine l'influence que cette opinion exerce sur nos jeunes étudians^ car elle leur enlève ce zèle et ces jouissances qui appartiennent à leur âge et à leurs éludes. Je ne crains pas de le dire , si celles-ci étaient suivies avec l'attention convenable , elles nous offriraient l'espoir d'une moisson de découvertes non-seulement riche , mais sans cesse renaissante. L'étude de la structure des animaux doit avoir pour but non-seulement ce qui paraît utile; mais elle doit aussi s'é- tendre d'une manière indépendante à toutes les ramifica- tions qui peuvent faire espérer quelque perfectionne- ment dans nos connaissances générales. Nous ne savons jamais à quelle conclusion utile les recherches peuvent conduire , tandis que nous sommes assurés qu'elles nous causeront dans tous les cas une satisfaction intérieure , et que si elles ont du succès elles exciteront l'admiration et une sorte de louange involonlaii'e. Je pensais autre- fois qu'il était nécessaire de préluder par quelques ex- cuses à mes recherches sur l'expression . convaincu que j'aurais pu m'occuper plus utilement qu'en me livrant à un sujet de pur délassement ; et à présent , si j'acquiers quelque réputation pour les rapports nouveaux que j'ai eu l'occasion de découvrir , j'en serai principalement redevable aux idées que m'a suggéré ce sujet regardé ( 248) comme peu important. J'ai appris en l'étudiant de près , à regarder la conformation du corps humain, comme une combinaison matérielle essentiellement différente des choses d'invention humaine. Tandis que ces dernières offrent un assemblage de parties inventées pour parvenir à produire un effet donné , la première est disposée avec une perfection telle que chaque partie se prête à plu- sieurs fonctions. Le visage m'offrit des actions en si grand nombre et si bien définies , que je commençai à chercher par quelle structure particulière chacune d'elles pouvait s'obtenir. Ayant examiné de la même manière les autres organes , je commençai ainsi mes observations sur le système nerveux. Une erreur très-remarquable et long-temps propagée paraît la cause essentielle du retard dans lequel se trou- vent nos connaissances sur le mécanisme de l'expression, elle a borné les données réelles aux seules sensations que notre nature nous faisait éprouver. Ces sensations , soit qu'elles aient été examinées d'après les méthodes scientifiques ou selon les règles du goût , ne nous ont con- duit à rien de précis , ou tout au plus à quelques théo- ries dépourvues de base positive. L'erreur dont je viens de parler est considérable , puisqu'on s'était trompé sur les organes dont dépend l'cxpi'ession. Il existe un système de nerfs qui se répand sur presque toutes les parties du coi'ps , c'est celui du nerf sympathique , et comme on croyait généralement qu'en lui se trouvait la source de la sensibilité de nos organes , . tout phénomène obscur dans la physiologie;, la patholo- gie ou la physionomie semblait faire nécessairement partie du domaine de ce système de nerfs. Les nerfs appe- ( 249 ) lés sympathiques étant répandus sur tout le corps, il n'y avait pas une action ou une sensation , depuis la rou- geur causée par la colère jusqu'à réternuement , qui ne fût aussitôt attribuée à l'influence de quelque branche ou réseau de ce système de nerfs. Quoique cette opinion fût universellement reçue dans tous les pays, elle n'avait aucun fondement véritable. Il est très-probable que le système sympathique, ou, comme on l'appelle quelquefois , le système nerveux gan- glionnaire , dirige certaines opérations de l'économie animale 5 mais il n'a aucune influence sur la constitution musculaire , soit dans l'accomplissement des mouvemens volontaires , soit dans cette influence du moral sur le physique que nous appelons passion. Dans le volume des Transactions philosophiques pour l'année 182 1 , j'ai inséré une petite note qui prouve qu'indépendamment des nerfs communs qui sont les conducteurs de la sensibilité et des branches dvi nerf sympathique , il existe un nerf qui , partant d'un point, s'étend sur le visage entier et qui possède des pouvoirs totalement différens. Il est aussi prouvé par des obser- vations faites sur les suites des accidens et des maladies de ces nerfs , ainsi que par des expériences tentées sur des animaux , que les mouvemens de la respiration sont sous l'influence de ce nerf. Il en est de même de ceux qui sont occasionnés lorsqu'on parle, en tant qu'ils ont rapport à la figure, ainsi que de toute indication d'émotion dans la contenance de l'homme ou de passion dans les animaux. Ces expériences ont aussi montré que le cours singulier que suit ce nerf , et qui diftère de celui des autres nerfs communs du visage ( circonstance qui a toujours été ( 35o ) connue, mais qui n'avait pas jusqu'ici été expliquée) , est ainsi dirigé pour qu'il puisse s'associer à une série de nerfs de la même classe et ayant les mêmes fonctions que lui. Malgré que ce nerf soit la source de toutes ces di- verses émolicns qui indiquent la situation de l'esprit, je l'ai appelé le nerf respiratoire du visage, par des raisons dont je prie le lecteur d'attendre l'explication ; et j'y suis d'autant plus fondé que nous verrons l'appareil entier de la respiration servir d'instrument à l'expression , comme il est celui de la voix et du discoui's. Il est facile d'observer dans le visage l'utilité des nerfs pour les diverses modifications des traits. La tète accomplit en effet différentes fonctions. Nous y trouvons combinés les organes de la mastication , de la respira- tion , de la voix et de l'expression ; quelques mouvemens sont faits par l'influence directe de la volonté , tandis que d'autres sont des signes d'émotion , sur lesqiiels nous n'avons qu'une influence très-limitée ou très-im- parfaite. Le visage sert aux plus basses jouissances ani- males , et exprime les émotions les plus élevées et les plus délicates. Heureusement pour les reclierclies que nous faisons actuellement , les nerfs qui dans d'autres parties sont liés ensemble pour l'utilité de la distribu- tion dans des parties éloignées ^ sont ici distincts et sé- parés les uns des autres jusqu'à ce qu'ils se rencontrent à leurs extrémités. En voyant la planche qui montre les nerfs du visage, et en consultant l'explication , on verra qu'il y a deux séries de nerfs qui le parcourent 5 un de ces nerfs sort • devant l'oreille , et se l'épand sur toutes les parties ; un autre nerf n'est pas vu durant sa course à travers la tête, mais on en voit les quatre branches sortant sur le visage ; la première, au-dessus des yeux , allant vers le front ; la seconde, au-dessous de l'oeil, se répand vers le nez et la joue -, la troisième branche sort du menton , et la qua- trième devant l'oreille. Le grand nerf qui sort devant l'oreille et se l'épand sur le visage , n'existe dans aucune des familles infé- rieures des vertébrés , à moins que l'individu ne respire par les narines. Lorsqu'il existe , j'ai eu la preuve qu'il n'accorde pas de sensibilité , comme le font les autres nerfs , et que lorsqu'il est coupé en travers , la sensi- bilité de la peau n'est point diminuée; mais si ce nerf est coupé en travers , les mouvemeus des narines qui accompagnent la respiration cessent immédiatement. Au contraire, si on coupe les autres nerfs qui sortent sur le visage , el qui viennent de la cinquième paire , la sen- sibilité est détruite , et si l'on divise le tronc de ce même nerf, le mouvement de la mâchoire n'existe plus ,- mais les mouvemens du visage qui suivent ceux de la poitrine dans la respiration, soit qu'on soit éveillé ou endormi , continuent à avoir lieu. Lorsqu'un cheval a couru et que sa respiration est de- venue difficile, les narines se dilatent et se contractent al- ternativement , tandis que la poitrine s'élève ou s'abaisse : de même dans l'homme , excité par l'exercice ou la co- lère , les épaules s'élèvent à chaque respiration , les muscles du cou et du gosier sont violemment contractés, et les lèvres et les narines suivent par tous leurs mouve- mens la même disposition. Ainsi, des parties éloignées par leur position se trouvent combinées par leurs fonc-.- ( 252 ) lions , et lorsqu'elles sont aussi unies dans l'action de la respiration , c'est par le moyen de nerfs distincts et appropriés à cet effet. Les nerfs qui agissent dans cette occasion , sortent de l'endroit où la moelle épinière re- joint le cerveau , et de là ils divergent vers des parties éloignées , vers le visage , la trachée , le cou et les épaules , la partie extérieure de la poitrine et le dia- phragme. La séparation d'un de ces nerfs empêche la partie dans laquelle il est distribué de coopérer à l'ac- tion de la respiration , sans pourtant la priver de sensi- bilité ou sans empêcher l'activité de ses muscles , lors- qu'elle est excitée par d'autres nerfs ou par l'accom- plissement de quelqu'autre fonction. J'ai désigné ces nerfs d'après leur principale fonction sous le nom de nerfs respiratoires , puisque c'est seu- lement par leur secours que les muscles sont excités à l'action de la respiration 5 mais nous demanderons quels autres offices accomplissent les organes de la respira- tion et particulièrement les nerfs respiratoires ? Ils se combinent dans l'action du discours sans aucun doute , et je prouverai également qu'ils sont aussi les organes de l'expression. L'anatomie comparée prouve qu'ils sont en plus grand nombre et paraissent anastomosés d'autant plus fréquemment , que le pouvoir d'expression est plus fort chez l'animal. Tout le monde a pu observer non-seu- lement la ressemblance qui existe entre le visage du singe et celui de l'homme, mais aussi la vivacité de sa physionomie qui est en harmonie avec cette similitude de traits. Les nerfs de la face et du cou du singe sont en grand nombre et fréquemment réunis 5 mais en cou- ( ^53 ) pant le nerf respiratoire du visage du singe , les traits deviennent morts et incapables d'exprimer les passions qui agitent l'animal. Pourtant après cette expérience , la peau reste sensible et les muscles des mâchoires et de la langue conservent la faculté de broyer et d'avaler ; seulement on ne peut apercevoir aucune grimace ni aucune expression. Si le nerf respiratoire est coupé d'un côté , l'expression est totalement éteinte de ce côté , tandis que le mouvement des sourcils, des lèvres et de la joue se conservent de l'autre , comme auparavant. Qui ne sait combien il y a d'expression dans la pby- sionomie du chien; qui ne se rappelle le regard spiri- tuel et tendre avec lequel il contemple le visage de son maître, ou le coup-d'œil plein de fierté qu'il lance à son antagoniste ? Tout le feu de l'expression disparait au moment où le nerf de la respiration est divisé ; l'animal combattra avec autant de courage, mais il n'y aura aucune contraction sur ses lèvres , ses yeux ne brilleront pas , et ses oreilles ne se redresseront pas en arrière. Le vi- sage est inanimé , quoique les muscles de la face et des mâchoires continuent leurs offices lorsqu'ils sont sous l'influence d'autres nerfs. En coupant le même nerf à un chat , il peut être privé de toute expression. Si l'on coupe le nerf d'un des côtés de la tête, au point où il sort devant l'oreille , l'oeil ne brillera plus, les paupières ne conserveront aucun mou- vement non plus que les moustaches -, elles ne re- mueront plus au moment de la colère , bien que l'autre côté ne soit privé d'aucun de ces mouvemens. Quoique les oiseaux manquent d'expression, parce que chez eux le bec remplace la bouche et les narines , il (254) existe pourtant un signe pour exprimer la colère dans le mouvement des plumes -, dans les combats de coqs , les plumes de l'animal se hérissent autour de sa tête au moment du combat , ce qui , joint à la position de la tête , exprime son ardeur. Mais lorsque l'on divise le nerf respiratoire , les plumes ne se relèvent plus , mal- gré que la disposition à combattre soit toujours la même. Un accident ou une maladie qui ailecterait le nerf res- piratoire du visage de l'homme, donnerait lieu aux mêmes résultats que les expériences sur les animaux. Si le nerf respiratoire se trouve affecté d'un côté du vi- sage , l'individu ne peut plus ni rire ni pleurer de ce côté ; alors le plus léger sourire donne à toute la phy- sionomie une expression désagréable , qui est la suite de l'aciion inégale des muscles 5 le sourire a lieu du côté où le nerf est intact , tandis que les muscles de l'autre côté restent immobiles , et ne peuvent que grimacer. Dans la première édition de cet ouvrage , j'ai parlé du nombre et de la multiplicité des muscles qui ser- vent à donner l'expression ; ces nouvelles découvertes, de propriétés distinctes dans les nerfs , nous mettent à même d'apprécier pourquoi il existe une complication de branches nerveuses qui est proportionnée , non-seu- lement au nombre de muscles qui sont mis en mouve- ment dans l'expression , mais aussi à la diversité d'u- sages auxquels ils sont appelés et aux différentes com- binaisons qu'ils forment , lorsqu'ils se trouvent liés avec différens organes. Il paraît à présent qu'avec le secouis de nerfs appropriés à cet usage , les muscles du visage , du cou et de la poitrine , coopèrent à l'action de la res- piration. Il est aussi prouvé par ces observations que ( ^55 ) c'est au moyen des nerfs de la respiration que les muscles deviennent les agens de l'expression 5 car malgré qu'ils puissent encore agir et sentir après que les nerfs respi- ratoires sont coupés j ils ne conservent alors aucune expression , mais restent immobiles , même lorsque l'a- nimal est soumis aux plus grandes souCfrances ou qu'il entre dans l'accès de la plus vive colère. Par conséquent, lorsque nous auions prouvé que les organes de la respi- .ralion sont aussi les organes de l'expression et du dis-- cours , l'incertitude qui envii'onne ce sujet disparaîtra , et tous les mouvemens de la physionomie et la pose même du corps deviendront aussi intelligibles que l'ex- pression naturelle de la voix. L'auteur , admettant des changemens dans l'expres- sion physioguomonique dont on n'a pu jusqu'à présent saisir la relation avec l'état de l'intelligence qui les ac- compagne , se propose d'énoncer sa pensée à ce sujet avant d'entrer dans quelques détails sur les mouvemens de la physionomie humaine. Il établit d'abord qu'il existe une sorte de dépendance de notre intelligence à l'égard du corps qui place celle-ci dans le cas de varier ses conceptions par des causes purement physiques , bien entendu toutefois que l'intelligence de l'homme lui révèle souvent de hautes pensées libres de toutes subjec- tions matérielles et qui se rapportent à une cause toute puissante et infinie comme les précédentes se rapportent anx phénomènes physiques de ce monde. Notre âme se trouve ainsi le centre de deux ordres d'idées. Celles qui ont trait aux objets matériels ne peuvent lui être com- muniquées que par l'intermédiaire des sens. Celles qui s'élèvent à la source de loulcs choses lui sont révélées ( 256 ) immédialement , ou du moins par un sens intérieur lout- à-fait indépendant de ce qui nous environne. Quant aux mouvemens intellectuels qui se manifestent par l'inter- médiaire des corps , l'auteur distingue ceux qui provien- nent directement des sens et ceux qui animent le tableau intérieur produit par leur office , et lui donnent en quel- que sorte la vie 5 ces derniers sont des mouvemens intellec- tuels passionnés placés sous une influence organique gé- nérale dont l'auteur assigne le siège dans l'appareil respi- ratoire. On aura peut-être quelque peine à lui accorder que le chagrin , la joie ou l'étonuement aient leur source dans la constitution physique ; mais il compare ces phé- nomènes à ceux que l'on observe dans les organes des sens. La lumière, le goût, le son, ne sont point des matières transportées par rt)rgane au sensorium , mais des modifications de cet organe qui lui sont transmises , tellement qu'une cause uniforme peut modifier en sen- sations variées ce même sensorium suivant le lieu ou l'or- gane auquel on l'applique. Une aiguille qui pique la ré- tine ne cause ni douleur ni peine , mais produit l'image d'une vive étincelle 5 et la même aiguille , en blessant les papilles de la langue ou celles qui appartiennent à d'autres organes , développera des sensations tout-à-fait diverses. En admettant ce mode de communication entre les objets extérieurs et le cerveau , l'influence des or- ganes sur les perceptions devient manifeste et facile à comprendre. Relativement aux mouvemens passionnés , l'auteur cite à l'appui de ses idées les circonstances qui ont obligé les anatomistes à établir une distinction importante entre la sensibilité iutéiùeure et la sensibilité extérieure , et (257 ) compare sous ce point de vue la peau qui recouvre la surface du corps et qui est si Lieu disposée à recevoir toutes les impressions extérieures , et le cœur qu'on sait depuis si long-temps être presque dépourvu d'irrita- bilité. Tout le monde connaît l'histoire de ce gentil- homme qui avait le coeur mis à découvert par un abcès , et que le célèbre Harvey eut l'occasion d'examiner. C'est donc au coeur et au poumon , et en général à l'important appareil de la respiration, quelque étrange que cela puisse paraître, que nous devons rapporter cette classe de phénomènes qui accompagne les passions. Il existe uu appareil de muscles très - étendu , qui se trouve lié avec le coeur et qui agit d'après son excessive sensibilité. Ces muscles constituent sans aucun doute les organes de la respiration et du discours , et de plus ils sont encore les organes de l'expression et paraissent né- cessaires au développement des émotions dont ils de- viennent, par leur mouvement , les signes extérieurs. Nous savons que certaines positions d'esprit influent sur les sensations du cœur-, par cette influence corpo- relle, une nombreuse série d'agens venant directement du cœur , et indirectement de l'esprit , se trouvent mis en mouvement. Nous sommes déjà soumis à cette in- fluence dans un âge si tendre que nous sommes obligés de reconnaître que l'action des organes de l'expression précède les affections mentales avec lesquelles elles se joignent ensuite; qu'elle les accompagne dès le premier moment , leur donne plus de force , et les dirige. En con- séquence , ne poiu'rait-on pas dire aussi que les organes du corps, qui se meuvent en sympathie avec l'esprit, pro- duisent la même uniformité de sentimens intérieurs, d'é- ( 258 ) motions et de passions parmi les hommes , qu'il en existe à rextérieur pcir les opérations semblables des organes des sens ? Donnons ici quelques exemples , et voyons si les idées reçues sur les diverses passions nous expliqueront ce phénomène , ou s'il nous faudra avoir recours à l'anato- mie. Plusieurs choses coopèrent à donner l'expression des passions. Examinons l'expression de la terreur, nous comprendrons fiicilement pourquoi l'individu qui est sous son influence tient les yeux fixés sur l'objet de ses craintes 5 ses sourcils sont élevés autant que possible, et ses yeux sont excessivement ouverts, ou bien sa démarche est tremblante et peu assurée , et ses yeux errent de côté et d'autre d'une manière rapide et sauvage : nous aper- cevons seulement dans ceci l'application de son esprit sur l'objet de ses appréhensions , et son influence directe sur l'organe extérieur. Mais continuons nos observa- tions , nous verrons sa poitrine oppressée , il ne peut res- pirer librement , sa poitrine est soulevée , les muscles de son cou et de ses épaules sont en mouvement , sa respi- ration est courte et rapide , un mouvement convulsif fait trembler ses lèvres et sa joue creuse , son gosier se gonfle et se serre. Pourquoi son cœur bat-il , tandis que la circulation de son sang a si peu de force , car ses lè- vres et ses joues sont extrêmement pâles .'' Les organes intérieurs de la sensibilité agissent , même durant le sommeil , et démontrent la source de l'expression musculaire. Au spectacle, qui porte une foule de gens de diveis âges, d'habitudes et d'éducation différentes, à croire que tous les mouvemens sont vrais? (^59) Le silence que garde chacun , lorsque les acteurs sont si- lencieux , prouve que tous les hommes se tiennent par un sentiment universel , et ce sentiment excité par l'expres- sion est tellement dans notre nature , qu'il a de l'in- fluence sans être raisonné. Le coeur et les poumons peuvent être regardés assu- rément comme deux parties ayant les mêmes fonctions. L'action du cœur et le mouvement des poumons sont également nécessaires à la circulation du sang, qui est destiné à l'approvisionnement du coi'ps-, l'interruption de leur mouvement met la vie en danger. Ces deux or- ganes sont unis par des nerfs , et par conséquent agissent ensemble ; on les voit correspondre dans toutes les oc- casions où ils sont en mouvement , et l'accélération de l'un est directement suivie par le même symptôme dans l'autre organe. Le mouvement des poumons vient d'une force tout- à-fait extérieure à ces organes : les poumons par eux- mêmes sont passifs. Ils sont mus par un très-grand nom- bre de muscles placés sur la poitrine , le dos et le cou 5 ces muscles donnent le mouvement aux os de la poi- trine, et les poumons suivent les mêmes mouvemens. Bien que le cœur et les poumons soient insensibles aux impressions ordinaires, ils sont très-vivement af- fectés par l'action qui leur est propre , et souOVent du plus léger changement tant physique que moral. L'im- pression qu'éprouvent les organes intérieurs n'est point visible sur eux , mais sur les muscles extérieurs qui coopèrent à leur action. Cette loi est commune à tout le genre humain; nous en voyons les conséquences chez les personnes susceptibles et nerveuses , qu'un simple ( :26o ) * changement de position , l'edort de se lever, ou la plus légère émotion d'esprit trouble et agite. Mais c'est sur- tout lorsque les gens les plus forts sont abattus par cette union mystérieuse de l'àme et du corps , lorsque les pas- sions déchirent le cœur , que l'on a la peinture la plus affligeante de la fragilité humaine , et la preuve la plus sûre que les passions influent avec tant de force sur les organes respiratoires. Je réclame l'attention de mes lecteurs pour les détails suivans , qui comprennent l'étendue des actions de la respiration et la distance des parties qui se trouvent agitées en sympathie avec le coeur. L'action de la respi- ration n'est point seulement appropriée au tronc. L'ac- tion de certains muscles sur le larynx , le gosier, les lèvres , les narines , doit nécessairement élargir ces tubes et ces ouvertures , de manière à ce que l'air puisse y être admis par la respiration avec une facilité qui cor- responde au mouvement de la poitrine*, sans cela, les côtés de ces tubes plians se réuniraient, et nous serions suffoqués par le mouvement ou la colère. Examinons combien de muscles se trouvent combinés dans la simple action de la respiration , combien il y en a d'ajoutés dans l'action de tousser, et èomment ces derniers sont chan- gés et modifiés dans l'élernuement. Réfléchissons sur les combinaisons variées des muscles du gosier , du larynx , de la langue , des lèvres , lorsque l'on parle ou que l'on ( cliante, et nous pourrons alors apprécier avec exactitude les modifications des muscles qui se trouvent associés dans la simple action de dilater ou de comprimer la poitrine; ' mais combien les changemens apportés à ces muscles sont encore plus nombreux , si la nature les emploie ( 26i ) non-seulement dans le langage des sons, mais aussi dans le langage de l'expression , dans la contenance entière , et certainement l'un est autant leur office que l'autre. Examinons comment la machine travaille. Observons un homme menacé de suirocation. Nous voyons une ex- pression soudaine d'énergie sauvage se répandre sur tous ses traits. JNous voyons les contractions de son gosier, les mouvemens pesans de sa poitrine et de ses épaules , et les grimaces spasmodiques de son visage. Il étend la main , et semblable à un homme qui se noie , il chexxhe à saisir quelque chose. Ce sont des efforts faits sous l'op- pression , sensation insupportable à son être ; et ce sont les moyens que la nature emploie pour conserver la ma- chine animale , en donnant à l'organe vital une sensi- bilité qui porte d'une manière irrésistible au plus grand exercice. Cette pénible sensation marque l'instant qui nous in- troduit dans le monde aérien ; c'est elle qui conserve les fonctions vitales durant toute notre existence. La dou- leur est l'agent qui tient éveillé avec le plus de succès les facultés endormies à la fois de l'esprit et du corps. Lors- que l'enfant est encore dans le sein de sa mère , il ne vit pas encore par la respiration; il possède un organe qui exerce l'office des poumons. Lors de la naissance il y a vm court intervalle entre la perte d'un organe et le moment où l'autre lui est substitué; la respiration n'aurait point lieu , et les poumons n'accompliraient pas leurs fonctions , sans ce pénible et irrésistible Nisus qui met tous les muscles correspondans en mouvement. On voit des spasmes et des contractions se répandre sxir la poitrine de l'enfant. Les Irails sont en mouvement, vue. l8 ( 262 ) el les muscles du visage sont agiles , probablement pour la première fois ; enfin , l'air est admis dans les poumons, on entend un faible cii 5 l'air, par de successives inspi- rations , dilate entièrement la poitrine, el l'enfant crie fortement. Alors l'inspiration régulière est établie, el la macbine animale mise en repos. De nouveaux besoins succèdent aux cbangemens que la constitution a éprou- vés. Le sein de la mère fournit la nourriture. Durant tout ceci , personne ne sympalhise avec le petit être qui souffre , et les contractions avec lesquelles il enlre dans le monde excitent seulement le sourirel « La colère , dit lord Racon , est certainement luie passion basse , ce qui paraît bien prouvé par la faiblesse des sujets sur lesqvicls elle règno : les enfans , les femmes , les vieillards , les malades » ; mais je puis dire que dans aucun mouvement de la vie , la colère ne ré- pand une express'ion aussi forte sur les traits buniains qu'au premier instant où nous voyons la lumière. Dans ce moment il se forme une association dans les muscles qui sont ensuite mis en mouvement. Elle donne un caraclèrc d'expression qui continue durant toute la vie 5 elle manifeste durant la première enfance les be- soins du corps , et dans un âge plus avancé les souf- frances de l'esprit. La conslilution du corps , com- binée pour le soutien des fonctions vitales , devient l'ins- trument de l'expression ; vme série étendue de passions, en influant sur le cœur , et en affectant cette sensibi- lité qui gouverne les muscles de la respiration , les met en co-opération , de sorte qu'ils deviennent un signe certain de diverses positions de l'esprit : ce sont les or- ganes de l'expression. Si nous revenons maintenant à Voh .srrvaùon Je tjuelijuos-nnes des passions les plus t'oiUis, nous comprenons ce qui avant était obscur pour nous. jNous voyons comment nn chagrin qui frappe le cœur doit nll'eclcir la régularité de la respiration, pourquoi le spasme doit agir sur les muscles du gosier , i>ourquoi un ircmble- iiîcnt léger parait de temps en temps sur le visage . sur les lèvres , sur les joues et les narines. C'est parce que ces organes sont ceux de la respiration , que leiirs muscles sont eu rapport avec la sensibilité du coeur, et qu'ils agissent d'après son influence. Nous comprenons maiu- îenant comment la passion de la rage et de la terreur serre la poitrine , pourquoi les traits sont agités d'une mariière si singulière par l'induence directe aussi bien ([u'indirecte des passions ; comment les mots sont entre- coupés, comment la voix s'étoutTe dans le gosier, com- ment les lèvres paralysées refusent d'obéir , de manière qu'elles sont tenues dans un état mitoyen de violence et de faiblesse, qui plus qu'auciuie expression fixe, carac- térise la passion. La partie charnue ou musculaire de la constitution animale est une substance fibreuse particulièi'e ; et parmi tous les tissus , c'est le seul qui possède le pouvoir de la contraction , et le seul par conséquent qui puisse donner le mouvement. Dans les jambes et le tronc, les muscles sont distincts el puissans ; ils ont leurs tendons attachés aux os , et exécutent divers mouvemens volon- taires. Dans le visage , ils sont plus délicats , ils ont besoin de moins de force, puisqu'ils sont seulement employés à donner le mouvement à la peau , aux lèvres et aux paupières ; ils ne sont pas toujoiu-s , comme les muscles du corps et des jambes , directement sous l'in- ( ■^^ ) flucnce (le l;i volonté , mais ils sont soumis d'une ma- nière absolue aux atreciions et auxdispositious de l'àuif^ et c'est ce qui donne un inlcrêt si vif à ce sujet. D'après la forme de la tête , nous voj'ons combien la nature a accordé de perfection à cet orgaiu> dont dépend l'esprit et l'intelligence particuliers à l'iiomme ,• les muscles du visage sont pourvus d'une dose supérieure d'expression , de manière que l'esprit par lequel le corps est animé , et l'expression des diverses émotions qui agitent l'àme, paraissent sur la physionomie. Quelques personnes pré- tendent que celte supériorité d'expression dans le visage est un résultat accidentel •, elles disent que les muscles formés pour la maslicalion et pour le discours , donnent une telle supériorité à l'appareil musculaire du visage humain , que c'est par eux que l'on peut expli([uer la supériorité de l'expression. Mais j'ai détruit cette asser- tion par des observations et des expériences sur les nerfs (i). On peut accorder que les muscles employés pour parler sont aussi ceux de Texpression -, mais il y ^ aussi des muscles de l'expression qui n'ont rien de com- mun avec la voix , et qui indiquent seulement par l'ex- pression les mouvemens de lame. Déplus , nous dirons que l'homme n'est pas seulement supérieur par les fa- cultés particulières qu'il possède, mais aussi, parce qu'il devient un intermédiaire entre les deux grandes classes , en réunissant en lui-même le système muscu- laire de ces deux classes. Il est seulement nécessaire au lecteur de comprendre que les muscles sont formés de paquets distincts de - t — (ï) Trans, phU. C ^65 ) fibres ou fiiscicules , et que l'on dorme à leurs exlrérnit»?» les noms à'origine et di insertion . L'extrémité fixe , allachée à quelque point de l'os, s'appelle origine; rtlle qui se fixe sur des portions libres se nomme in- sertion. Malgré que j'aie déjà fait quelques observations sur les mouvemens des sourcils et des paupières , le sujet de- mande une plus grande attention , car le mouvement du globe de l'œil , en rapport avec les paupières , est un sujet d'observation qui a étéjusqu'à présent tout-à-fait négligé. Le globe de l'oeil possède une série de muscles qui, agissant sous rintluence de la volonté , sert à le remuer, et à di- riger son axe vers les objets. Il a aussi une classe de muscles , dont les opérations sont involontaires 5 ils donnent à l'œil un mouvement insensible , à dessein de préserver cet organe , comme je l'ai déjà dit ailleurs (r). Les muscles qui donnent au globe de l'œil le mouvement de rouler involontairement , ont des rapports par le quatrième nerf avec le système des nerfs respiratoires , ou, ce qui est équivalent, avec les nerfs de l'expression. Dans toutes les positions où les organes de la respira- lion se trouvent^xciiés , l'œil , par 1 influence de ce nerf, se tourne en l'air, et c'est la cause d'une coïncidence Irappante dans les traits de l'expression , c'est-à-dire la direction du globe de l'œil vers le ciel dans toutes les fortes émotions de l'espiit , durant lesquelles les organes respiratoires sont troublés ; dans cette agitation , qui est indi(juée par des soupirs ou une profonde hispiration , par un certain cliangemenl dans les lèvres, et l'expansion (1) Trans. phil. ( ^66 ) des narines : soit que cela vienne de douleurs corporelles ou de souffrances mentales, les pupilles des yeux sont élevées et à moitié cachées parles paupières. ' On se trouve par là quelquefois obligé de tenir la tête dans une position particulière ; car, d'après le sys- tème musculaire de l'oeil , on ne pourrait diriger l'œil en bas au moment où la douleur que l'on éprouve tend à le faire baisser. Dans les peines corporelles , ainsi que dans certains momens de souffrances morales , l'oeil est dirigé en haut , et par conséquent la position nalu- ' relie de la tête est en avant. Les muscles qui placent le globe de l'œil sous la pau- pière supérieure durant le sommeil , étant des muscles involontaires , ils agissent lorsque les muscles volontaires sont alîaiblis ou épuisés. C'est par celte raison que, lors- qu'une passion qui abat, influe sur quelqu'un, comme par exemple le chagi in , et que le corps et les membres sont affaiblis , la pupille est élevée tandis que les pau- pières sont baissées. Nous voyons cela dans quelques belles têtes de Magdelaine, étude souvent choisie par les anciens peintres. Les paupières sont pâles et gonllées à force de pleurer, et les yeux , encore baignés de lar- mes, sont à moitié levés et cachés. Si dans ce moment on veut voir quelque chose , le visage se penche en avant, et la paupière pesante se relève pour s'accommoder à la position de la pupille, qui est élevée par l'influence de l'affection que l'on éprouve. Commençons nos observations sur la mobilité des traits, en examinant le cai'actère du grgs rire (pi. 23, fig. i et 2) ; car si nous ne pouvons comprendre ou explicpier ce qui arrive dans celle expression extrême, nous essaierions ( .^67 ) vaiiiomciil l'explicalion d'éinolioiis plus doiu-es el plus t aimes i[u'cxprinic la p'uysiononiic. Lorsque nous rions , il nous serait impossible de lâcher de lenir les lèvres fer- tuécs 5 un relàcliement complet du muscle orbiculaire de 1.1 bouche donne un pouvoir irrésistible aux muscles op- po.'^ans , à ceux qui convergent vers l'angle de la bouche cl de la lèvre supérieure : de là vient la contraction laté- rale des lèvres , l'élévation de la lèvre supérieure qui sépare les dents , l'élévation très-remarquable des narines sans qu'elles soient étendues (car nous ne respirons que par la bouche en riant) ; de là aussi les fossettes dans les joues , où les muscles agissant se rassemblent 5 et de là la grosseur de la joue qui s'élève de manière à cacher les yeux , et fait froncer les paupières inférieures et les Icmpes, tandis que la peau du menton est tendue par la tontraction de la joue et l'ouverture des mâchoires. Ainsi il est évident que tous les muscles mobiles tendent à se relever. Les muscles orbiculaires des paupières ne par- tagent pas le relâchement de la bouche ; ils sont excités de manière à contracter les paupières et à entourer les yeux , tandis que l'elTort volontaire que l'on fait pour ouvrir les paupières et élever les sourcils donne du bril- lant aux yeux et une oblicjuilé particulière au sourcil dont la partie extérieure est plus élevée. J'ai établi que c'est le nerf que j'appelle respiratoire qui produit cette grande influence sur les traits, et que la perte de ces fonctions entraine l'extinction totale de celle expression. Nous en avons une preuve de plus en voyant l'influence qu'exerce cette passion sur tous les nerfs et les muscles respiratoires : la personne qui l'é- prouve se tienl les côtés pour alfaildir les contractions des ( 268 ) muscles des cotes. Le diaphragme est violemment secoue. La même influence se répand sur le gosier, et le son du rire est aussi distinct et aussi remarquable que l'expres- sion du visage. Pour définir le rire selon l'anatomie , on dira que c'est une certaine influence du nerf respiratoire de la face qui produit le relâchement du muscle orbiculaire des lèvres , tandis .qu'il met en action les muscles gri- maçans (^the class of ringentes^ et les muscles orbicu- laires des paupières. En quoi donc cela diffère-t-il de l'expression opposée , de la peine et des cris ? Dans les pleurs violens accompagnés de sanglots et de cris , le visage est rouge , ou je pourrais plutôt dire cou- vert de sang en stagnation , et les veines du front gon- flées. Nous voyons que le commencement de Fémoliou ailbcte les muscles de la respiration , et modère le mou- vement des poumons , et que le retour du sang venant de la tête est en quelque sorte retardé. Les muscles des joues sont en mouvement , comme dans le premier exem- ple, mais leur influence est alors plus générale. Ceux qui comprinlent les lèvres et l'angle de la bouche par- tagent l'excitation des muscles grimaciers (ringeiites) , s iis ne la surpassent point , tandis que le muscle orbi- culaire de la bouche n'est pas relâché , mais plutôt tenu ouvert par l'action plus forte de ses antagonistes. Il existe un mouvement eonvulsif dans les muscles , autour des yeux -, le sourcil est baissé , les yeux comprimés par les paupières , la joue élevée , les narines ouvertes , el la bouche étendue latéralement. Dans la douleur aussi , à moins que raclion convul- sivc des muscles ne soit très-forte , l'expression générale ( -^h ) du chagrin affecte la partie du sourcil qui est près du nez 5 elle se dirige vers le sommet du front avec une ex- pression chagrine qui correspond avec l'abaissement des «oins de la bouche. Dans la première édition de cet ouvi'age , j'ai dit que si jamais nous possédions une connaissance parfaite des nerfs , elle nous rendrait capable de comprendre la cause de ce picotement dans le nez, qui précède le flot des larmes , et qui est si bien décrit par Homère, comme ayant été éprouvé par Ulysse, lorsqu'il voit son père verser la poussière sur sa tète respectable. Les traducteurs ne pa- raissent pas avoir compris la vérité de cette peinture. (Oclyss. , B, 24.) A présent nous savons qu'une branche du système respiratoire des nerfs peut être conduite dans le nez 5 c'est ce nerf qui , lorsqu'il est irrité , cause l'é- leruuement , qui est lui-même une convulsion des mus- cles respiratoires , dirigés dans leur action de manière à débarrasser la membrane du corps qui la gêne , eu fai- sant sortir le volume d'air par les narines , au lieu de la bouche. C'est le même nerf qui , éprouvant l'im- pression de la peine (impression provenant d'une dis- position de l'esprit), contracte les muscles du visage et leur donne l'expression de la douleur, et qui , si son pouvoir est considérable , donnera des convulsions à tout lappareil respiratoire de la poitrine, du cou et du vi- sage. L'on doit observer que dans le rire et les pleurs , af- fections sididerenles , tout l'appareil de la respiration se trouve alTeclé en premier lieu et d'une manière lemar- (juable , ce qui est une preuve de plus , s'il en était be- soin , de (eque nous avons dit pré< édemment. ( ^7^ ) En second lieu , il est cvidenl qu'aucune théorie de tension ou de relâchement des muscles n'expliquera les effets produits sur le visage par aucune de ces deux émo- tions opposées. Il y a action de certains muscles à la fois dans le rire et les pleurs , et nous ne pouvons pas expli- quer des mouvemens si particuliers et si distinctement marqués , en supposant qu'ils résultent de certains mou- vemens volontaires que ces passions suggèrent. Le coin de la bouche baissé donne un air d'abatte- ment et de langueur à la physionomie, lorsque cela est accompagné par un relâchement général des traits , ou pour mieux dire des muscles. Lorsque le corrugatcur, qui lie les sourcils , agit aussi , l'expression prend une teinte de chagrin et de tristesse ; si le muscle frontal s'y joint , la partie intérieure du sourcil s'élève avec une expression douloureuse , très -différente de l'expression donnée par l'acliou générale du muscle frontal , et qui est sans aucun doute le caractère d'une peine vive ou du mécontentement , suivant l'expression répandue sur le reste de la personne. En observant plus exactement , nous verrons pour- tant que lorsque l'abattement et la langueur sont indi- qués par la dépression de l'angle de la bouche , celte dé- pression est légère et peu marquée , car l'abaisseur de l'angle de la bouche ne peut agir fortement sans le secours d'un muscle , savoir , du superbe , qui produit aussitôt iu\ changement dans l'expression , et donne à la lèvre infé- rieure un air de dédain. L'expression du chagrin est un air d'abatlemcnt géné- ral répandu sur toute la coiJtcn;iii< e ; les forces ont gra- duellemciil été épuisées par la violence du chagrin , le miUKjiic (le repos, les sanglots, enlin tout \c lrc)iil)le qui accompagne ordinaiirmcnl les vives agitations. La tristesse, l'abattement des esprits et les souvenirs dou- loureux leur ont succédé , et, ce qui les caractérise le mieux , est l'attitude du corps entier, ainsi que l'afFaisso- ment des traits et la pesanteur des yeux. Les lèvres et la mâchoire inférieure sont tombantes; les paupières siipé- rienres sont baissées et couvrent à moitié la pupille de 1 œil. Les veux se remplissent souvent de larmes , et los sourcils prrnncjit une inclinaison semblable à celle que le dépresscur des angles des lèvres donne h la bouche. Malgré que ce que l'on appelle le chagrin soit ordi- nairement distingué des autres douleurs par la violence, par les sanglots et l'agi talion , et que la marque du re- gret soit le silence et l'abattement, il existe quelquefois une stupeur qui caractérise aussi le chagrin, et qui est la léthargie des maux. Nous voyons donc par là que les diverses expressions (les passions forment entre les hommes un langage de signes , un moyeu de communication, et une source de sympathie entre eux. Dans la fureur (pi. 32, fig. i), les traits sont très-agités, les globes des yeux , très -dilatés , roulent , et sont en- llammés. Le front est alternativement froncé en long et en large par le mouvement des sourcils; les narines sont très gonflées; les lèvres sont enflées , et lorsqu'elles sont tirées elles ouvrent les coins de la bouche. L'action des muscles est fortement marquée ; le visage est (luehjuefois pâle , (pu;lquefois gonflé , sombre et pres- rpie livide; les mois sont exprimés avec force, à travcis les dents serrées. Les clieveux sont raidcs conime chez. ( ^7-^ ) les gens fous , 01 chaque membre resseul l'expnission de la fureur. Mais l'expression de celle passion peut beaucoup va- rier. Quelquefois les yeux sont fixes vers la terre , le vi- sage est pâle, troublé et menaçant; les lèvres tremblent, la respiration est difficile , et de profonds et longs soupirs s'exhalent comme dans l'expression d'un chagrin inté»- rieur. Dans la gravure suivante (fig. 5 , pi. 32 ) , j'ai clier- ché à exprimer les sentimens qui succèdent à la dernière et horrible action de la vengeance. L'orage est passé, mais les idées sombres ne sont pas encore éloignées. On voit sur les lèvres quelque expression de regrets naturels, mais les yeux conservent encore leur sévérité par la po- sition et l'allention fixe. J'ai voulu indiquer, par la po- sition de l'individu et son attention fixe , que la vue du corps , à présent sans vie, ramène vers les circonstances passées les mêmes pensées accompagnées d'un jugement moins sévère. Si l'on me demandait comment on doit représenter un fou, et ce qui constitue le caractère distinctif de sa phy- sionomie , je diiais que son corps doit être robuste, ses musf^les droits et distincts, la peau tendue, les traiis fins , les yeux enfoncés , son teint jaune et d'un brun un peu pâle, sans aucune couleur qui donne un air de vie; les cheveux d'un noir de suie, durs et épais. On pour- l'ait aussi le représenter comme un malade pâle et jaune , avec des cheveux raides et rouges. Je n'ai point rintention de retracer ici les jtrogiès de cette maladie mentale, mais je veux seulcnunt donner quelque idée du caractère d'un maniaque furieux. ( ^y'î ) Vous le voyez couelié dans sa cellule, ne faisant al- teniion à rien : une expression sombre , semblable à (elle de la mort, est répandue sur toute sa contenance. Kn disant, que cette expression ressemble à celle de la mort , je veux dire qu'il existe vine pesanteur dans les traits , et que les sourcils et les muscles sont sans mou- vement. Si vous l'examinez durant son accès , vous verrez le sang monter à sa tète ; sa figure devient d'un rouge foncé : alors il se remue et se lève de dessus son lit, marche dans sa chambre et secoue ses chaînes ; son oeil en- Uammé est fixé sur vous, et ses traits sont animés d'une expression singulière de férocité et d'égarement (pi. 32 , L'erreur dans laquelle un peintre tomberait naturelle- ment serait de représenter cette expression par le gon- flement des traits et le froncement du sourcil , comme dans la colère ; mais cela donnerait l'idée de la colère et non de la folie. Ou bien , il prendrait la mélancolie pour la folie. La manière dont nous devons essayer de saisir celte expression de férocité an milieu de la destruction totale de l'intelligence , est , il me semble , d'éviter l'ex- pression de l'énergie mentale, et par conséquent tout mouvement de ces muscles qui indiquent le sentiment. Je crois que cela se rapprocherait plus de la nature , car j'ai observé ( contre mon attente ) qti'il n'y avait pas dans le visage des fous celte énergie , ce froncement de sour- cil , celle expression pensive et sombre , que l'on regarde généralement comme propre à les caractériser et que nous leur donnons presque toujours dans la peinture. Leur rire est sans expression, et leur férocité est sans intention. ( 274) Pour coniprciidre le c.iraclère tle la physiouomic! lui - niaiiu; douce cFexpression et réduite à l'état de brute , il nous faut avoir recours aux animaux les plus inférieurs, et , comme je l'ai déjà dit , étudier leur expression , leur timidité , leur vigilance , leur état d'activité et leur féro- cité. Si noiis transportons leur expression à la physio- nomie humaine , nous aurons , à ce que je crois , l'idée de la folie , de la nullité d'esprit et des passions pure- ment animales. Mais ces discussions sont seulement utiles pour les études des peintres , si l'on peut accorder que ces sujets affligeans conviennent à la toile. Il y a pourtant des sujets qui s'en rapprochent et qui appartiennent à la peinture classique et sacrée. « Lorsque l'esprit impur l'eut tourmenté et eutcrié à haute voix , il sortit de lui ; et lorsque le diable se fut jeté au milieu de lui, il sortit de lui. » Comment le peintre doit-il repré- senter cette frénésie démoniaque ? Est-ce seulement par la violence et le trouble des convulsions , ou sera-ce pu- nement la création d'une imagination instruite et inven- tive? Toutes les professions libérales se trouvent liées les unes aux autres. Le peintre sera donc quelquefois obligé d'avoir recours au médecin. S'il doit représenter une prêtresse ou^une sibylle , il aura besoin de quelque chose de plus que de son imagination •, il concevra prom- ptement que la figure doit être pleine d'énergie , l'ima- gination du moment très - exaltée , et que l'expression doit être hardie et poétique , de manière à montrer que les choses passées depuis long -temps sont aussi vives à ses yeux que si elles étaient devant elle ; mais il aura une idée plus nette et plus précise de ce qu'il doit peindre , ( ^75 ) en iisanl riiisloirt; de celle nichincolic qui , sans aucun dout»; , {\ dans les premiers siècles donné l'idée d'une personne possédée du démon. Une jeune femme est pâle el languissante , el aucune preuve de tendresse, ni aucune supplication de sa famille n'ont pu la tirer de cet état inanimé el la décider à se mêler aux conversations de ses proches. Mais combien la situation change lorsque le sang monte à ses joues 5 ses yeux alors sont secs et bril- lans , sa figure entière est pleine de vie , sa voix possède une nouvelle force , et le son de celle voix est tellement changé que sa mère elle-même déclare qu'elle ne recon- naît pas son enfant. Combien , dans ce cas , il a dû pa- raître naturel de songer qu'un esprit était entré dans ce corps , auparavant sans énergie, et que cette sorte de lan- gage et d'imagination n'appartiennent point à l'individu lui-mèmç. La transition est aisée. Les prêtres s'emparent de la jeune femme , prennent soin d'elle , surveillent ses accès et leur donnent une signification , jusqu'à ce qu'é- puisée , elle retombe de nouveau dans une indifférence nr do longues soiifFraucei , ( 284 ) les paupières pesantes et couvrant à moitié la pupille , et le sourcil «leyé , indiquent une grande faiblesse et beaucoup d'abattement. Muscles moteurs des narines. P , muscle qui naît de la mâchoire supérieure et descend pour s'attacher à la lèvre supérieure et à la narine ; d'après cela on le nomme élé- vateur commun de la lèrre supérieure et de l'aile du nez , comme son nom l'indique : il sert à élever la lèvre supérieure et les narines. E, série de libres qui coqiprime les narines: c'est le triangulaire du nez. L'abaisseur de l'aile du nez se trouvant placé sous l'orbiculaire des lèvres , il prend naissance près de l'alvéole de la dent incisive , et se trouve inséré au cartilage mobile qui forme les narines. Ces trois muscles servent à étendre et à contracter l'ouverture dss narines ; ils se meuvent de concert avec les muscles de la respiration , et par conséquent le gonflement des narines indique une excitation générale de l'activité animale. L'expression des narines dilatées donne un air spirituel à l'ensemble de la physionomie : cela indique une pré- paration à l'activité dans toute la personne. Muscles des lèvres. ]F, élép'ateur propre de la lettre supérieure. Il naît de l'os de la mâchoire supérieure , près de l'orbite. Il est exclusivement destiné à la lèvre supérieure , et sert à l'élever. G , muselé canin. Placé sous le précédent , ce muscle est par cela même plus couit; il sert à élever l'angle de la bouche. H , muscle zygomatique. Il est ainsi nommé parce qu'il provient de l'arcade zygomatique : il s'insère dans l'anglo de la bouche. Il existe quelquefois un muscle additionnel de ce nora , qui en est distingué : c'est \t petit zygomatique. Ces derniers muscles forment une série; ils élèvent la lèvre supérieure et l'angle de la bouche , de manière à faire voir la dent canine , même chez les hommes. Nous les trouvons très-forts dans les animaux carnivores , tandis qu'il n'existe pas de mouvement semblable dans les herbivores. Si ces muscles agissent ^n sens contraire des fibres circulaires des lèvres, l'expression est triste et amère , mais s'ils sont influences par Vovhiculaire des lèi'res et l'or- biculaire des paupières , et si le prem'er de ces muscles est relâché e» ( 285 ) l'autre contracté , la partie supérieure de la face prend une expression ouverte , gaie et souri.inle. IL , muscle orbicidaire des léures. C'est un muscle circulaire qui forme la substance charnue des lèvres ; il ferme la bouche , et lorsqu'il peut agir entièrement, il fait froncer les lèvres : c'est l'antagoniste des au- tres muscles qui viennent se fixer en grande partie dans les lèvres. M, le naso-lahial. Ce muscle tire en bas le septum du nez , et appartient à la précédente série de muscles. N , muscle triangulaire def lèfres. C'est un fort muscle qui s'clève de la base de la mâchoire inférieure et est inséré dans l'angle de la bouche. O, muscle quané du menton , ou abaisseur de la lèvre inférieure. P, muscles releveurs du menton.Ce sont des muscles petits , mais forts , qui naissent de la mâchoire inférieure , près des alvéoles des dents in- cisives , descendent et sont fixés dans le tégument du menton , de façon que par leur mouvement ils relèvent le menton et avancent la lèvre inférieure. Q , le huccinaieur est un muscle qui forme la partie charnue de la joue. Il sert principalement à mouvoir les alimens pendant la mastication , et est particulièrement développé dans les animaux herbivores et ru- minans. Dans le gros rire il relient les lèvres. Il existe toujours des muscles propres à la mastication , mais c'est lorsqu'ils servent encore h l'expression et à la parole qu'ils offrent leur plus haut degré de perfection. Le muscle orbiculaire est particuliè- rement affecté dans les diverses émotions de l'âme : il tremble et se relâche dans le chagrin; il est également relâché dans le sourire. En- fin , dans les pleurs il est comme tiraillé par la contraction de son an- tagoniste. La réunion de tant de muscles dans l'angle de la bouche produit la proéminence charnue que l'on remarque particulièrement chez les personnes qui ont le visage maigre et en même temps musculeux. Lorsque les joues sont grasses et pottelées , ce sont ces muscles qui produisent la petite fossette de la joue. L'angle de la bouche n'offre autant d'expression que parce que l'or- biculaire et la série supérieure et inférieure des muscles qui y sont attachés prédominent dans les mouvemens de la face. L'action simultanée des muscles triangulaire des lèvres et releveur du menton donne lieu à une expression particulière à l'homme. L'an- gle de la boucîie abaissé , et la lèvre arquée et élevée , donnent l'ex- pression la plus méprisante et la plus nrgueilliuse. ( 286 ) Le temporal est un muscle fort , fermaut ta mâchoire inférieure : est assisté par le muscle masseter ( R- ) i qui , placé sur le côté ex- terne delà mâchoire inférieure, nait de l'arcade zygomatique, et s'insère à l'angle de la mâchoire. Pl. XXXII ET XXXIII. Diverses modifications de la physionomie décrites dans le Mémoire . Sur quelques Fossiles du grès bigarré. Par M. Gaillardot, D.-M. , Membre de plusieurs Sociétés savantes. Une grande partie de la pierre de taille, employée- pour la construction des maisons et des grands édifices à Lunéville , offrant des empreintes et des débris de vé- gétaux , j'ai été curieux de visiter les carrières d'où on la tirait. On en exploite en deux endroits , à Mervillers près de Baccarat , et à Domplail , département des Vosges , sur la limite du département , à une lieue de Magnières, et cinq de Lunéville. J'ai été visiter celles de Domplail , et cette excursion m'a été d'autant plus agréable , que j'ai eu l'avantage de la faire avec les doc- teurs Lamoureux de Nancy , Mougeot de Bruyères , et avec M. Périn de Lunéville, qui se livrent tous trois à l'étude de la Géognosie. Il est peu de localités , peut-être , qui soient plus con- venables pour étudier et pour se faire une idée de la formation du grès bigarré. C'est près de Domptail , à un quart de lieue de ce village , que se trouvent ces car- rières. Là , le grès bigarré s'avance dans le calcaire co- ( 287 ) quillier dont il est entouré, excepté à l'Est , où il se lie à la grande formation du grès rouge ancien. La col- line sur laquelle est bâti Domplail est calcaire. Ce grès paraissait s'avancer et reposer sur le calcaire. A Rem- bervillers , et en plusieurs endroits , M. le docteur Mou- geot a cru voir le grès bigarré reposer sur le calcaire co- quillier -, mais observons que c'est tout-à-fait sur la li- mite des deux terrains (i). Aux carrières de Domptail , le grès bigarré est disposé eu grands bancs horizontaux , dont les supérieurs sont les moins puissans. De grandes fissures coupent vertica- lement ces bancs à diverses distances. Les couches en sont très-variées. Quelques bancs offrent une disposition schisteuse déterminée par l'abondance du mica blanc ar- gentin , qui donne à certains morceaux l'aspect d'un gneiss. Ces grès sont de diverses couleurs, du blanc, du gris , du verdâtre , du rouge ; cette dernière couleur est cependant celle qui domine. Les bancs ou assises de ces grès sont séparés par des couches plus ou moins épaisses de grès à grains très-fins , et d'argiles schisteuses diversement colorées , rouges , jaunes, vertes. Ces argiles se présentent même dans l'in- térieur du grès en masses de différentes grosseurs , ou en petits amas désignés par les minéralogistes allemands sous le nom de Thon-gallen, Dans le centre même des plus gros bancs , on trouve (i) M. Elie de Beaumont, qui a parcouru récemment cette même contrée , et qui a examiné la carrière de Domptait et les fossiles qu'elle renferme , s'est assuré que ce grès appartient bien à la formation de grès bigarré , et qu'il est évidemment recouvert dans un grand nombre de pointe par le calcaire coquillier ( Muscbelkalk )■ R- des tiges , des feuilles de grandes espèces de roseaux , aplaties , dont ou ne peut reconnaître les caractères. Dans les bancs inférieurs , les ouvriers trouvent des em- preintes qu'ils prennent pour des arêtes de poissons , mais qui , d'après un petit échantillon qu'a vu M. le docteur Mougeot , ne sont que des empreintes de fou- gères semblables à celles qu'il a observées aux carrières de Métendal et de Grandvillcr. Dans les couches de grès plus tendre qui séparent les grands bancs , on voit souvent de ces végétaux en grande quantité. Le végétal est converti en une espèce de terre d'ombre et de fer hydraté. Quelques-uns présentent des cellules tout-à-fait remplies d'une substance noire , lui- sante , ayant tous les caractères de la houille. Mais ce qui a le plus vivement fixé notre attention , ce sont des couches , ou plutôt des amas de coquilles marines , entièrement formées d'un grès très-friable , se réduisant facilement entre les doigts en une terre légère , de couleur bistre plus ou moins foncée et conlenant beaucoup de fer hydralé. On ne voit plus rien du test. Il paraît seulement remplacé par un grès plus fin, ocreux, de couleur moins foncée que celui qui a rempli et formé le moule interne de la coquille. Hien ne fait effervescence avec les acides dans ces amas de coquilles. Il n'y existe plus rien de calcaire. Les formes de ces coquilles s'y présentent dans toute leur intégrité , et généralement elles ne paraissent point avoir été brisées. Ces amas ou agglomérations de coquilles s'observent plutôt entre les bancs du grès bigarré 5 cependant ils n'accompagnent pas dans toute leur étendue les couches fissiles de grès plus fin ou d'argiles feuilletées qui se- ( 2«9) parent les bancs. Ils s'y trouvent aux dépens des massifs de grès. On en voit même dans le corps de ces bancs, for- mant des espèces de nids de peu d'étendue. La fig. 12 , pi. 34, représente un de ces amas de couleur brune , au milieu d'un grès micacé blanc assez dur, renfermant des débris de végétaux. Ce bloc offre l'image d'une carie , et l'on pourrait croire que c'en est une , une sorte de décom- position de la pieri'e , si cette terre brune n'offrait une agglomération de coquilles bien conservées d'univalves et de bivalves. Quand CCS amas de coquilles accompagnent les cou- ches d'argile feuilletée , ils vont se terminer brusque- ment au milieu d'un banc de grès , et l'argile continue de faire la séparation des grands bancs sans changer de direction. On en voit à différentes élévations. Ils ren- ferment aussi des débris de végétaux dont quelques-uns, par leur apparence ligneuse et par leur volume , peuvent bien avoir appartenu à des ai'bres de la classe des Di- cotylédones. J'y ai remarqué des cavités contenant encore des par- ticules osseuses dures , approchant même de l'émail , et qui pourraient bien avoir appartenu à des dents. Ces dents ou ossemens auraient eu la longueur et la gros- seur d'un tuyau de plume ordinaire , un peu arqué. Les particules osseuses qui y étaient encore contenues fout une effervescence lente dans l'acide nitrique , et s'y dis- solvent presqu' entièrement. Les coquilles que l'on voit dans le grès bigarré de Domptail ne sont point celles du calcaire coquillier qui se trouve dans les environs. Il y a des univalves et des bivalves. Ces fossiles peuvent déjà donner un aperçu de ( 290 ) l'âge relatif, ou de l'époque de la formation du grès bi- garré. C'est à l'époque môme de sa formation que les coquilles qui s'y trouvent ont pu y être enfermées. Celles que l'on y voit eu plus grande abondance sont des Natices , des coquilles turbinées de différentes gran- deurs ; une bivalve voisine des Cardiles ou des Cylhérées, et une autre voisine des Donaces ou des Solens. L'absence de la coquille même dont on ne voit plus que le -moule interne , se réduisant en poussière à la moindre pression , ne permet pas d'en étudier les carac- tères. On trouve cependant quelques-uns de ces fossiles faisant partie de la roche qui enveloppe ces amas , q«i en ont la dureté et le grain , ce qui prouve que le tout est de formation simultanée. Les Natices ont les tours de spire un peu aplatis , et le dernier tour très - grand. P^oj. pi. 34 , fig. lo , 1 1. La fig. II , c, est celle où l'on peut le mieuSc observer la bouche. Elles ressemblent assez aux Nériles figurées dans Bourguet , pi. xxxi. Les coquilles avec lesquelles elles auraient le plus de rapport , seraient les Ampul- laires •, mais les AmpuUaires sont des coquilles fluviatiles ou d'eau douce , et toutes celles qui accompagnent les Natices du grès bigarré de Domptail sont marines. Les univalves sont rares dans les terrains anciens et dans le Muschelkalk que l'on voit dans les environs de nos grès bigarrés. Je n'ai trouvé que rarement dans celui des environs de Lunéviile le moule intei'ne d'une coquille turriculée longue de 12 à i5 lignes , de cinq à six tours de spire. Les Natices fossiles appartiennent aux formations postérieures , à la craie , au calcaire grossier. Ce grès - ( ^yO bigarré serail-il d'une formation moins ancienne que celle du Muschelkalk ? J'ai dit plus haut que nous aviqns cru voir le grès bigarré recouvrir le Muschelkalk. Rars- ten « désignait sous le nom de Jurahalkstein une an- » cienne formation de calcaire secondaire , qu'il regar- » dait comme placée dans la série générale au-dessus M du gypse secondaire ancien , mais au-dessous du grès » bigarré (i). » La plus grande espèce de coquille turriculée que nous avons vue dans le gi'ès de Domptait , est d'environ quatre pouces. PL 34 , fig- 8. Elle offre six tours de spire , et il en manque probablement un à la pointe. La fig. 7 représente deux touis de spire que je crois de la même esjièce. On y voit le premier tour qui peut donner une idée de la bouche qui est allongée , et que je ne crois pas avoir été terminée par un canal. Elle ressemblerait assez à celle des Phasianelles. Les tours de cette coquille sont aplaties , et il paraît qu'ils étaient imbriqués. Une autre espèce également turriculée a ses tours de spire plus arrondis , plus écartés ; sa longueur est de 12 à i5 lignes. PI. 34, Cg. 9. La coquille la plus commune est une bivalve de gros- seur variable , mais à-peu-près de celle de la Cjtherœa convexa. llarement on trouve les deux valves réunies 5 les deux côtes qui partent du sommet sont divergentes , mais sont encore assez rapprochées pour figurer une es- pèce de canal dans leur intervalle. Ces valves sont striées transversalement. M. Voltz croit que c'est une trigo- nellc ( Schlottheim ) semblable à celle que l'on trouve (i) annales des Mines , 32« livraison , i8a5 , p. 365. ( 292 ) dans le Muschelkalk. C'était aussi le sentiment du doc- teur Lamoureux. PI. 34 , fig. i , 2, 3, 4. On y trouve encore une autre bivalve voisine dès Donaces ou des Solens, mais difficile à déterminer. PI. 34> fig. 5. Le grès de Nebra , ou grès bigarré (de Thuringe) , dit M. de Humbold , est assez pauvre en pétrifications. Il y indique les suivantes : Slronihites speciosus , Pec- tinites fragilis , Mjtulites recens, Grjphites spii'a- tus ( Sclilottheim ) . M. d'Aubuisson dit que l'on trouve, d'après M. Schlot- tbeim , dans le grès bigarré , des Peclinites , des Pin- nites , des Pkolades , des Turbinites et de grandes Huîtres. Ne serait-ce point du grès bigarré dont parle M. de Charpentier dans sa Description géognostique des Pyré- nées , à l'article du grès rouge , en indiquant une espèce de Cliamite engagée dans un calcaire compacte qui forme une couche puissante dans le grès schisteux du vallon de Galza-Gorrico-Arreca ? M. Thirria , ingénieur au corps royal des Mines , qui a donné un article siir les richesses minérales du dépar- tement de la Haute-Saône dans l'Annuaire de iSaS, dit que l'on trouve , mais rarement , des pétrifications de petites coquilles dans ce grès bigarré. En Bourgogne , on aurait ti'ouvé un psammite immé- diatement superposé au granité , renfermant des Ammo- nites , des Bélemnites , des empreintes de feuilles et des parties de végétaux carbonisés. M. de Bonnard y a vu des empreintes de trigonies et de peignes. Celte irigonie ( 29'^> ) paraît rcsseniLler au Crassatvlla plicata de Sowerby. ( Annales des Mines , 3*. liv. , i8?.5. ) (i). Je crois doue pouvoir conclure de ces observations : Qu'il ne reste aucun doute sur l'existence , dans le grès bigarré , des corps organisés fossiles végétaux et ani- maux, des mollusques principalement. On ne peut point confondre le grès bigarré de Domptailavec le Quador- sandstein , avec lequel M. de Bonnard serait porté à croire que le grès bigarré aurait été souvent confondu. EXPLICATION DE LA PLANCHE XXXIV. Coquilles du grès bigarré de Domptail. Fig. 1 , 3, 3, 4- Coquille voisine des Tiigonelles de Sclilotlieim. Fig. 5, 6. Coquille voisine des Donaces ou des Solens. Fig. 7, 8. Grande coquille turriculée rcsseaiblaiit aux Phasianelles. Fig. g. Autre espèce voisine de la précédente. Fig. 10, II. Natices? appartenant peut-être à deux, espèces difiérentes. Fig. 12. Coupe du t'erraiu de grès bigarré qui renferme les coquilles pré- cédentes à Domptail , déparlement des Vosges. (i) Le Psaminite indiqué par M de Bonnard , et que M. Gaillardot «omparc ici au grès bigarré des Vosges , est une des Aikoses décrites par M. Brongniart dans le numéro précédent de ces Annales, et que d'autres considérations l'ont porté à considérer aussi comme de la même «poque que le grès bigarré. R. Vin. 30 ( ^94 ) Considérations sur la Produciion des Hylmdes , des pariantes et des f^'ariétés en général, et sur celles de la famille des Cucurbitacées en particulier. Par M. Saorrit, Membre de la Société royale et cculrale d'AgricuUuic de Paris. M'occupAnT depuis plus de quinze ans d'expériences STir les fécondations naturelles et artificielles des végé- taux , j'ai ramassé un assez grand nombre de matériaux. J'ignore si j'aurai la possibilité de les mettre en ordre et de publier un traité complet sur ce sujet : c'est ce qui me détermine aujourd'hui à en extraire particulièrement ce qui peut avoir rapport à l'objet que je traile ici. Plusieurs agronomes anglais paraissent s'être occupés des hybrides, entre aulies M. KnigliL, président de la Société d'Horticulture de Londres, et M. Tf^. Hiebert. Mais je ne connais d'eux que des notes insérées dans les [Avinales de V A grlcidîure française . M. Duchesne, eu France , s'en est aussi occupé. J'avais consulté, cjiielques années auparavant , plusieurs notices de Kœlreuther , insérées et éparses dans les Mémoires de V Académie royale de Pétei'sbourg. La plupart de mes expériences ont été faites avant la lecture des ouvrages de Kœlreudier -^ mais le hasard nous avait fait nous rencontrer quelquefois sur le même objet, et j'ai été charmé de voir que nous nous accordions. De nombreuses expériences ont été faites par lui avec des résultats heureux sur les digitales, les tabacs, les mal- vacées , les lijis , les lychnis, les cucubalus, les oeillets ( "^'p ) cl les lyciiim , etc.: mais il paraît quo les nombreux liy- Lrides obtenus par lui se sont perdus , qu'il n'en est resté que les descriptions ; cependant à défaut de résultats ma- tériels , ces observations subsistent , et peuvent nous donner la mesure de ce qui est possible et de ce qui ne l'est pas. Ayant, par suite, répété plusieurs de ses ex- périences, j'ai eu lieu de me convaincre de plus en plus de son exactitude et de sa véracité 5 je crois donc qu'il mérité toute confiance : au surplus dans ce qui va suivre je n'ai lien emprunté à personne , et j'ai vu par moi- même tout ce que j'annoncerai , sauf les décompositions et recompositions de tabacs hybrides, qu'il a poussées au dernier degré , et (|u'il m'a paru inutile de suivre de nou- veau avec lui , pour ne pas perdre de temps , puisqu'il avait fait h cet égard tout ce qu'il était possible de faire , et que sa véracité n'est pas douteuse pour moi. Suivant lui, les plantes hybrides, à l'instar des mu- lets, sont communément plus vigoureuses que leurs as- cendans ; mais si quelques-unes sont stériles comme les mulets, plusieurs autres aussi grènent et fructifient abon- ^lamment , et cette stérilité et cette fécondité [.euvent éga- lement se remaïquer dans des individus pareils, c'est-à- dire provenant des mêmes ascendans. C'est aussi ce que j'ai vu , et suivant moi , la proportion de^ hybrides fé- conds est infiniment plus grande. Je ne me rappelle point s'il a remarqué, comme moi, que la faculté de grener pouvait tenir au plus ou au moins d'analogie des plantes hybrides , quoitjvi'il y ait à cet égai'd , comme en tout autre point, des exceptions; ni s'il avait éprouvé l'ex- trême facilité avec laquelle elles se multiplient de mar- cottes, de drageons, de boutures, etc. , prises'indisiinc- (296) temeul sur toutes leurs parties , ainsi que l'extrême pro- pension que plusieurs d'entre elles ont à devenir vivaces, d'annuelles que nous les voyons ordinairement, et à pous- ser en terre , contre leur habitude , des espèces de fila- mens pour se multiplier. J'ai eu un très-beau tabac hybride , Nicoliana tahaco-undulata , dont on ne pou- vait cultiver une potée nulle part qu'il n'y en repoussât l'année suivante, dont la moindre portion de piaule, quelque part qu'elle fût tombée , prenait infailliblement racine ; je l'ai conservé pendant plusieurs années en pleine terre à l'abri d'un mur, et je ne l'ai perdu que dans l'hiver de 1819 à 1820 , dans lequel le thermomètre a descendu chez moi à douze degrés au-dessous de zéro , froid au- quel n'ont point résisté mes choux-navets et mes ruta- bagas. J'ai perdu beaucoup d'hybrides que j'avais faits -, mais je possède encore actuellement une très-grande quantité d'arbres et arbustes hybrides, tels que rosiers, pommiers, amandiers et amandiers - pêchers , parmi lesquels ceux; qui sont en âge fructifient pour la plupart et grèuent assez aisément. Ils ont d'ailleurs le secours de la grefle , comme moyen assure de conservation et de multiplica- tion; car il faut convenir que la plupart des graines hy- bi ides sont un peu plus lentes à lever que les autres. J'ai conservé en outre des graines de diverses espèces de choux -navets , et de coUas artificiels. Ces derniers , cul- tivés les uns près des autres, m'ont donné un exemple frappant de la facilité avec laquelle les hybrides , une fois introduits dans une famille , peuvent s'y allier dans toutes sortes de proportions , dégénérer ainsi eux-mêmes, et faire dégénérer leurs voisins d'espèce franche ou non , ( 297 ) de la niîïme famille bien entendu 5 ce dont il résulte par suite une confusion inextricable. J'ai remarqué celte même tendance à se mêler sur nos melons hybrides : tous d'ailleurs présentent une végétation vigoureuse , fruc- tifient plus aisément que nos melons ordinaires , et pro- duisent des graines nombreuses et fécondes. Mais ce que j'ai vu de plus singulier dans mes hy- brides s'est offert à moi sur le chou-raifort, Brassico- raphanus , produit du radis noir, fécondé par le chou. On sait jusqu'à quel point diiïérent les siliques de ces deux plantes 5 on les distingue au premier, coup-d'oeil : ce chou-raifort qui fleurissait abondamment , mais gre- nait difficilement, avait quelques capsules simples, mais peu apparentes, qui conle/iaient tout au plus une seule graine , tantôt mal , tantôt bien formée , et quel- ques autres capsules beaucoup plus belles. Ces dernières, au lieu d'être, comme je m'y attendais, d'ime forme moyenne entre celles du chou et du radis , offraient sur le même fruit deux siliques au-dessus l'une de l'autre, et très-distinctes par la forme : l'une ressemblant à celle du chou, et l'autre à celle du radis , ayant chacune d'elles luie seule graine assez analogue à l'apparence de leur silique réciproque. (Ce fait aura plus bas son appli- cation. ) Il eût été curieux de suivre le produit de ces deux graines^ mais les individus qui en provenaieuut étant faibles , je les ai négligés. Avant d'aller plus loin , je dois exprimer ici la signi- fication précise de quelques mots anciens , et de quel- ques mots nouveaux que je ne puis me dispenser d'em- ployer. Je laisserai aux mots variété , sou$-vnrtété oX race k- peu-prcs la même siguidcation que M. Bosc leur a as- signée dans le Dictionnaire d' ^agriculture , sauf ce que je vais en extraire poill: caractériser le mol variante. V aria nie exprimera les difïérences légères ou peu constantes observées sur des plantes de la même espèce, cultivées ou non , et venues de semis , en tant qu'on au- lail lieu d'attribuer ces diirérences plutôt à la nature du sol ou du climat , qu'aux elVets de la culture elle-même-, d'autre part cependant , je l'appliquerai à quelques plan- tes à ilcixr double aussi venues du semis, tel qu'au pied des giroflées ^'ouges et blanches doubles , qui n'oflVent d'ailleurs aucune autre différence avec les individus sim- ples de la même variété,: alors la giroflée blancbe double sera une variante de la variété de giroflée dite blanche simple; mais le mot variante sera principalement ap- plicable aux individus non venus de semis , qui devront leur oi'igine aux greffes, marcottes, boutures, drageons, tubercules , etc. , et qui , suivant les circonstances , of- friront, soit des productions plus hâtives, comme les petites pommes de terre vitelottes hâtives , les petites truffes d'août hâtives, qui ne sont que des variantes des vitelottes et irufles d'août ordinaires , devenues seule- ment hâtives par leur culture dans un sol plus léger; variante sera encore applicable aux branches panachées et non panachées sur la môme plante , comme le géra- nium zonaîe, etc. , et aux fleurs rouges et panachées de rouge, provenant du môme pied, comme sur plusieurs œillets. Atavisme, mot tiré du latin atauus , aïeul, iisiaginé par M. Jhichcsne pour cxpiimer soit la ressemblance ( 399 ) que les plantes el les auiuiaux peuvent avoir avec leurs ascendans, soit encore plus nue tendance marquée qu'ils paraissent avoir à rappeler el à offrir de nouveau celle res- semblance , même à des é[X)ques assez éloignées, après vme espèce d'oubli, avec leurs ascendans, quelquefois même en ligne indirecte , comme avec les oneles , tantes, ^e le. Accoutumé dès long-temps à vpir se former sous mes yeux des liybrides ou variétés, soit que ces raulations fussent ducs à mes eilorls , soit qu'elles fussent', si l'on veut, l'eflct du hasard, hasard cepeiidanl amené parla réunion de plusieurs espèces el variétés d'une même fa- mille 5 j'ai pris l'habitude de les analyser pour les recon- naître , et j'ai appris, pour ainsi dire , à les deviiier. Si je n'ai pu l'emonter à la cause première de ces mutations, j'ai pu du moins en l'echercher les causes secondaires , et examiner de quelle manière elles avaient lieu : aussi prendrai-je la liberté de hasarder sur ce sujet quelques .idées. J'ai constaté par plusieurs expériences faites ad hoc , que les graines du même fruit pouvaient chacun(ven par- ticulier , recevoir une fécondation différente; il me serait trop long de les détailler ici ; mais elles étaient assez nombreuses et assez, concluantes pour ne laisser aucun doute. Mais une autre question se présente : les graines du même fruit, une fois bien formées et mûres , sont- elles nécessairement et dès lors destinées à produire une plante caractérisée d'avance , ou bieft l'époque de leur semis et la différence de sol et de culture influent-elles sur leur caractère futur "i II parait bien que la plus ou moins parfaite malarilé des graines est dtjà une cause de ( 3oo ) variante ; mais dans le, cas présent , nous supposons celle maturité pai-fiiile. M. fihnorin que j'ai consulté à ce sujet , fondé sur plusieurs observations qui lui sont pro- pres et sur celles de plusieurs jardiniers dont il a con- naissance , m'a certifié qu'il y avait de grandes ïnHuences exercées sur la production des fleurs doubles et de la précocité des plantes par l'époque du semis et les dif- férens procédés de culture. On peut , je le pense , supposer dans les végétaux an- ciennem'enl cultivés^ et qui pour la plupart ont donné des variétés d'autant plus nombreuses et d'autant plus marquées que la culture en est plus ancienne et plus variée; on peut, dis-je, supposer l'existence de deux forces agissant en sens contraire et avec divers degrés d'intensité , suivant les circonstances : la première ten- dant à les ramènera l'état sauvage ou primitif, et devant avoir le dessus lorsque la culture cesse ou dégénère , ou que les végétaux se retrouvent dans leur sol ou climat naturel 5 et alors on doit s'attendre à voir rcparaîire des individus plus ou moins ressemblans à ceux qu'on avait vus autrefois ( première cause d'atavisme ) (1) •, la seconde force au contiaire , animée par la succession non inter- rompue , ou augmentée des etforls de la culture , et ten- dante à multiplier les variétés : lorsque ces deux forces se balancent mvituellement , les cboses peuvent rester in (1) TM. Thouin a rapporté h M. Bosc que M. de Malesheihes avait fait jeter de la graine de superbes asters de la Chiue ( grande marque- 7ite) sur un terrain impropre à In culture , voisin de sa maison de IHa- leslifibt-s , et fUic la seconde année , les pieds qui s'étaient rcproùnits sjiont'.ncracut de graines étaitut prfSf|uc tous rouges et 4jiu[)lf.s. ( 3oi ) stalu quo : les variétés alors se fixent , èl peuvent prendre le nom de race. Dans les plantes dont les fleurs sont hermaplirodites , les choses peuvent se passer ainsi : il n'y a point ordi- nairement h rechercher une double origine , à moins qu'elle n'ait été provoquée ; mais dans les plantes mo- noïques et dioïques dont les organes sexuels sont dis- tincts , ainsi que dans les animaux , il faut nécessaire- ment avoir égard à l'inflnence du mâle et à celle de la femelle : la recherche est alors plus compliquée. Je ne parlerai point ici de l'influence du mâle en tant que coni- parée à celle de la femelle , d'autant plus que , dans les plantes , on peut croire que cela n'est pas d'une impor- tance majeure : je n'ai d'ailleurs aucune observation mar- quante qui y soit relative; je me bornerai à suivre ces influences sans avoir égard au sexe. La première idée qui s'ollre à l'esprit lorsqu'une plante hybride se présente à vos yeux , soit que cette plante soit véritablement hybride 5 c'est-à-dire provenant de deux espèces différentes , soit hybride de deux variétés , si tant est qu'on doive alors lui donner ce nom -, la pre- mière idée , dis-je , est de chercher dans cet hybride mis sous vos yeux une ressemblance qui donne un terme moyen entre ses deux ascendans connus ou présumés , soit immédiats , soit même à des degrés plus éloignés, si 'on veut admettre l'atavisme, el l'on est naturellement jorté à croire que celte ressemblance doit être une fusion .inon intégrale , au moins partielle , soit apparente , soit iitime , des caractères appartenant aux deux ascendans. (elte fusion de caractères peut avoir lieu dans certains us ; mais il m'a paru qu'en général les choses ne se pas- ( 302 ) saienl pas ainsi -, peiU-èlre y a-t-il une distinction à faire 5 peut-être, à raison du plus ou moins d'analogie entre les espèces , y a-t-il plus ou moins d'éloignement pour un mélange parfait. Ainsi donc, en définitive, il m'a paru qu'en général la ressemblance de l'hybride à ses deux ascendans consistait , non dans une fusion intime des di- vers caractères pioprcs à cliarun d'eux en particulier , mais bien plutôt dans une distribution , soit égale , soit inégale , de ces mêmes caractères ; je dis égale ou iné- gale , parce qu'elle est bien loin d'être la même dans tous les individus hybrides provenant d'une même ori- gine, et il y a' entre eux une très-grande diversité. (Ces faits sont constatés par une multitude de mes expérien- ces.) Les idées que je présente ici m'ont paru remarqitnblcs ; elles me semblent être d'une bien grande importance. Pour bien les faire saisir, j'en donnerai quelques exem- ples pris sur mes melons hybrides : je vais donc en con- séquence faire une supposition. Je suppose qu'il s'agit ici d'examiner plusieurs hy- brides , produits de la fécondation d'un Melon chaté par un Melon cantaloup brodé ,, l'un et l'autre d'espèce assez franche pour faire espérer que chacun d'eux contribuera pour sa part à rendre sou espèce autant que possible. Je suppose aussi , pour plus de simplicité et de clarté, que cinq caractères seivlemcnt , remarquables ou digne d'attention , se trouvent dans le chaté et dans le meloi dont les produits hybrides nous occupent ici» ( 3o3 ) Le melon ascendant avait Caraclères. i<=<". Cliair jaune. a". Graines jaunes. 3'. Broderie. 4*. (>ôtes fortement prononcées. 5'. Saveur douce. Le cliaté ascendant avait : Caractères. !=•■. Cliair blanclie. 2". Graines blanches. S"". Peau lisse. *4''- Côtes légèrement prononcées. 5". Saveur sucrée et tres-acide en même temps. Le produit présumé des hybrides créés aurait du être en terme moyen : i'^. chair jaune très-pàle; 3°. graines jaunes très - pâles ; 3°. broderie légère et clair-semée ; 4"- côtes légèrement prononcées; 5°. saveur douce et acide en même temps ; mais tout au contraire. Produils réels de deux hjbridps des chatés et melons sus-désisnés. PREMIET. HYBr.IDE. t". Chair jaune. 2". Graines blanche.s. .3". Broderie. 4". Côtes assez prononcées. S''. Saveur acide. DEUXIEME nïBUlDE. \°. Chair jaunâtre, a». Graines blanches. 3°. Peau lisse. 4°. Sans côtes. 5°. Saveur douce. Ces deux hybrides, dont j'ai maintes fois obtenu les analogues ou l'équivalent, suffiront, je pense , pour l'in- telligence de ce que j'ai dit plus haut. On y voit , en effet, tantôt une fusion des caraclères appartenant au melon et au chalé , mais tette fusion csl de bien peu d'importance ; tantôt on y voit une distribution bien plus marquée de leurs divers caractères sans aucun mélange entre eux ; l'un a la saveur douce et agréable du melon sans mé- lange, et l'autre la saveur acide du chaté , etc. ( 3o4) On ne peut trop admirer avec quelle simplicité Je moyens la nature s'est donné la faculté de varier à l'in- fini ses productions et d'éviter la monotonie. Deux de ces moyens , fusion et distribution de caraclèi'es combi- nés de diverses manières, peuvent porter ces variétés à un nombre indéfini. Toutes ces idées, et principalement celle de la dis- tribution aux hybrides des caractères de leurs ascenclans sans fusion de ces caractères, et que je regarde comme la base principale de la ressemblance de ces hybrides avec leurs ascendans , sont fondées notamment sur l'ob- servation de la singulière fructification du chou-raifort, décrite plus haut et subsidiairement appuyée sur le grand nombre et l'extrême variabilité des melons que j'ai cul- tivés , de leurs hybrides avec le chaté et le melon - ser- pent , et par la variabilité , peut-être encore plus éleli- due et plus étonnante du pepon , que je nomme pcpo citntUas , connue généralement sous les divers noms de citrouille, giromonl, coloquinelle (fausse coloquinte), courge à la moelle et autres , pastisson , bonnet d'élec- teur, etc. Ce pepon , d'après mes observations, a fouini toutes les variétés de forme , de grosseur et de couleur qu'on a quelquefois attribuées à des espèces particuliè- res. La graine du même fruit m'a offert tout ce qu'il est possible d'imaginer , m'a fourni tous les accidens pos- sibles , et m'a souvent reproduit des variétés qui avaient disparu depuis long-temps. M. Duchesne en a consigné plusieurs exemples dans ses ouvrages et dans une fort belle collection de planches , lesquelles sont déposées ;iu INliiséum d'Histoire naturelle. A 'pioi lient dt'nc cell'J faculté que la nature a de l'e- ( 3o5 ) produire sur les tloscendans tel ou tel caraclèiC qui avait appai'U'uu à leurs ascendans ? Nous ne le savons pas , nous pouvons bien soupçonner qu'elle dépend d'un type, d'un moule primitif qui contient le germe de tous les organes , germe qui dort et se réveille , qui se développe ou non suivant les circonstances; etpeul-être ce que nous appelons espèce nouvelle n'est qu'une espèce an- cienne dans laquelle se développent des organes anciens , mais oubliés , ou des organes nouveaux dont le germe existait , mais dont le développement n'avait jamais été favorisé. Au surplus , tous les faits que j'ai rapportés et les idées qu'ils m'out suggérées n'ont rien de si extraordi- naire. Qu'on se reporte , en effet , à ce qui se passe dans le règne animal : ne voyons-nous pas, dans les abeilles ou- vrières , le sexe féminin ne pas se développer par le seul fait du manque d'une nourriture plus abondante ou plus appropriée, ainsi que par leur défaut de développement complet dans une alvéole trop petite? Et pour en revenir à mes idées sur le mode de ressemblance des hybrides avec leurs ascendans , ne voyons-nous pas que les enfans d'un père qui a les yeux et les cheveux noirs , et d'une mère blonde et aux yeux bleus , n'ont pas nécessaire- ment pour cela les yeux et les cheveux gris ou châtains? L'un peut avoir les yeux de la mère et les cheveux du père, el vice versa; mais il est assez ordinaire qu'ils re- lieifnent quelque chose de l'un et de l'autre. La même remarque peut s'appliquer au nez , aux oreilles , ejlc. , et o« outre à certaines affections ou maladies héréditaires qni peuvent affecter les uns et non les autres , qui peu- ( 3o6 ) vent ne pas se faîro apercevoir dans la première généra-* tion et reparaître clans la seconde et les suivantes. Le fonds reste, les accessoires varient, le type ou moule primordial existe, le germe y existe aussi 5 mais il dort ou se réveille suivant les circonstances. Ce n'est donc pas sans rajson que les Araî)cs conser- vent avec tant de soin la généalogie de leurs chevaux: il leur a donc paru important dé pouvoir établir qu'aucun mélange , aucun défaut n'avaient souillé la pureté de leur race , et c|u'un atavisme malheureux est impos- sible. On peut encore tirer de ceci un avis important pour ceux qui s'occupent du croisement et de l'amélioraliou des races : ce qui a été dit sur les chevaiix peut s'appli- quer aux moulons mérinos et aux autres races, comme à toute autre espèce d'animal : il est bon qu'ils prévoient ce qu'ils ont à craindre d'un atavisme inconvenant j qu'ils sachent que l'époque de sou retour est peut-être indéterminée : qu'ils sachent que , dans les ascendans , des défauts ne sont pas toujours compensés par des qua- lités contraires 5 enfin qu'ils apprennent .'i connaître par l'expérîence, si faire se peut, quels sont les caractères qui se mêlent, quels sont ceux C{ui se perpétuent sans mélange , et quelles peuvent être les modifications dont les croisemens sont susceptibles. Je désire que mes ob- servations contribuent à les mettre sur la voie. Mais il est temps de revenir à mou sujet. J'ai présenté jusqu'ici les hybrides obtenus par moi comme n'étant le produit et la représentation que tic deux ascjendans immédiats -, je n'ai point parlé des cas où ces ascendans eux-mêmes auront déjà des signes d by- ( 3o7 ) Li idisme , si ce n'est en pnssant , el lorsqu'il a c'ié f[iKîS- tioudes tabacs hybrides de Kœlrciithcrel de mes clioux- navclsarliftciels , dans lesquels ontété signalés des hybri- des, composés soitdoidjles ou triples hybrides, soit surliy- brides. Ce sujet est important, mais il est difEcile à traiter; ctmes observations à cet égard, quoique déjà très-nom- breuses , ne sont point encore assez positives pour que j'ose m'y engager; cependant je ne puis passer sous si- lence quelques singularités, qui donneront lieu de soupçonner la possibilité d'une double paternité immé- diate : je m'explique. Une seule et même graine, un seul foetus a-t-il pu re- cevoir en même temps et indivisément deux fécondations différentes , ou , pour me servir d'une expression tri- viale , mais fort claire, un enfant peut -il avoir deux pères ? De ce que ce fait n'aurait point lieu dans les ani- maux , on n'en pourrait rien conclure contre son exis- tence dans les végétaux : au surplus voici ce qui m'a donné lieu d'agiter celte questiou. Dès le premier croisement opéré par moi entre le melon commun, le melon-serpent et le chaté, plusieurs de ces plantes étant assez voisines les unes des autres , et, malgré mes précautions, la possibilité d'une fécon- dation étrangère spontanée el imprévue étant admissible , j'avais cru m'apercevoir que plusieurs hybrides provenus du premier degré d'hybridation paraissaient tenir en même temps du melon, du melon-serpent et du chaté ; c'est-à-dire que , dans les uns , la saveur acide du chaté se rencontrait avec les formes du melon et du melon-ser- pent ; que dans les antres , la forme du melon dominait, mais que les saveurs peu agréables du melon-serpent et ( 3o8 ) (lu clialé se faisaient seules resseiilir ; qu'il pouvait mémo arriver que , dans ce cas , ces saveurs fussent portées à un tel degré de force , et tellement repoussantes-, qu'il était impossible de les comparer à celle des espèces franches ellofi-mcmes. Ce fait m'intriguait beaucoup , et , sans la supposition d'une double paternité , me paraissait inex- plicable^ j'avoue même encore aujourd'hui qu'avec le secours des nouvelles lumières que depuis j'ai pu ac- quérir, je suis peu satisfait de toute autre explication. Quelques personnes ont pensé que l'influence d'une fécondation étrangère pouvait se faire sentir immédiate- ment sur la saveur d'un fruit, et ont cru qu'un melon pouvait devenir amer , parce qu'il se tiouvait auprès d'une coloquinte : je ferai voir ailleurs que ce fait doit être regardé comme une absurdité , je ne puis donc l'ad- mettre ici comme une explication : j'aimerais mieux dire que toutes les plantes, et peut-être plus encore les plantes hybrides , ayant, ainsi cjue nous l'avons vu, la ligculté de rappeler , pour ainsi dire , à volonté , sans mesure et indifféremment, et indépendamment les unes des autres , les qualités de leurs ascendans , il est possible que quelques-unes d'entre elles , mal partagées , aient laissé tout ce qu'il y avait de bon , et pris tout ce qu'il y avait de mauvais, ainsi qu'on voit des enfans avoir les défauts de leurs pareus sans avoir leurs bonnes qua- lités. Laissant , au surplus , une meilleure explication de ce dernier fait à des observations postérieures , je vais , en réunissant tout ce que j'ai dit jusqu'ici , cherchera ca profiter pour jeter quelque jour sur certains phéno- mènes qui s'observent dans quelques plantes ; savoir : ( 360 ) 1*. L'existence et la réiinioji sur ii::e filante, «oit vaiiélé, soit hybride, de plusieurs caraclères qui, ne si; ietiouvant point dans ses nscendans immédiats , s'expli- quent par l'atavisme ( Voyez plus haut) , c'est-à-dire la tendance à rappeler d'anciens caractères perdus et qui se renouvellent \ a**. L'existence , sur la même plante , de fleurs de con- Icur dillérente , connne sur quelques rosiers , la rose Vilmorin , et sur quelques oeillets : il n'est pas rare de voir sur le même pied dos fleurs rouges et des fleurs pa- nachées; 3'^. L'existence sur la même grappe de raisin, de grains blancs et de grains noirs, et de grains moitié blancs rt moitié noirs; sur le même plant de melon, de deux fruits absolument diirérens (ce dernier fait m'a éîé cer- tifié par i\L p^Urnoiin el par plusieurs autres personnes dignes de foi ) ; 4°. L'existence sur le même pied et sur les boutures t]ui en proviennent, de feuilles et de branches pana- chées , et d'autres qui ne le sont pas , comme dans le Géranium zonale et autres. Ces deuxième, troisième et quatrième faits s'expli- quent par les modifications que peuvent subir pendant le cours de leur végétalion, soit une plante, soit une partie de plante : ainsi que nous l'avons vu plus baut en parlant df^s produits dillcrens que peut donner la même graiuc semée à des époques dilVérentes, et par une cul- ture diltercnte , il est possible cjue l'atavisme qui ue s'était point manifesté sur la plante principale, se mani- feste sur quehpi'uiio doses parties. 21 (3io) Des Cucurhitacées en . ^encrai , et des Courges pro- prement dites. — Projet de nomenclature pour cette jandlle. Spallanzani a fait et réiléré , avec le plus grand soin el les précaulions les plus minulicuses , des expériences qui prouvent que quelques courges (pepons) peuvent produire sans fécondation des fruits dont les graines sont fécondes -, j'ai répété quelques-unes de ses expé- riences , et mes résultats ont été conformes aux siens (i). Je crois même me rappeler que Spallanzani a élé encore plus loin , et que les graines de ses fruits nou fécondées, ayant été semées de nouveau, lui ont pro- duit des fruits qui , sans fécondation , ont donné dere- chef des graines fécondes. J'ai d'ailleurs fait sur les courges proprement dites une multitude d'expériences dont je ne consignerai ici que le point le plus iuiporlant : j'ai observé leur végétalioa avec le plus grand soin 5 j'ai pris la \ Ane de les goûter toutes , et je me suis convaincu , entre autres choses , qu'il n'existait aucune espèce d'amertume dans les petites (i) Un cantaloup boule-cle-siam , privé de ses fleurs màlos, couvert d'une cloche pendant répanouissement de sa fleur femelle non fécondée , a donné un fruit dont les graines ont élé fécondes. Viutjt-huit graims de ce fruit semées l'année suivante ont donné des fruits absolument sem- blables à la boule-de-siam : deux graines ont donné des fruits obloni:s et à côtes peu saillantes, et à peau lisse. Ce fuit prouve en premier lieu la dégénératiou spontanée du melon , et , en second lieu , donne à croiis qu'il n'a pas besoin de fécondation pour fructifier, à c:oins qu'on ne snji- pose que dans ce cas sa fleur femelle était pourvue d'ctamiues; ce (j;ii arrive , au reste , assea souvent. (3ii) rourges appelées mal-à-propos coloquinlcs , ainsi qu'on le croit assez communément. Je crois avoir déterminé d'une manièie positive ( et je me suis pour cela servi de tous mes sens ) le nombi'c des véritables espèces , qui , quoique pour la plupart très-portées à donner de nom- breuses et d'étonnantes variétés , les([uolles varit'u-s peuvent bien se mêler entre elles , mais chacune dans son espèce , m'ont cependant paru bien fixes et nulle- ment disposées à se mêler avec les autres espèces par au- cune fécondation , ni spontanée , ni artificielle , quoique j'aie employé beaucoup de temps et de moyens pour les y forcer. D'après cela ^ j'ai cru pouvoir les classer ainsi qu'il suit , et proposer pour elles cette nomenclature. Courtes propremciu dites , six espèces , savoir , 1°. La calebasse , dite aussi gourde, courge pèlerine et ses variétés, Ciicurbita leucantha ; 2°. Le potiron et ses variétés , dont une très-remar- quable , mais très-peu constante , le turban ou bonnet turc ; l'épilliète de compressus lui convenait fort bien ; mais le potiromon et quelques variétés de giromori sont également comprimés : jtrle noiiuue Pepo potiron. 3*^. Le giromon , avec ses variétés extrêmement nom- breuses et extrêmement singulières , connues sous les divers noms de citrouilles , coin'ges à la moelle , pas- lisson , bonnet d'électeur, coloquiuellc ou fausse colo- quinte , coloquinte - orange , coloquinte poire , etc. ( Pepo citrullus. ) 4°. La citrouille musquée , courge ou potiron mus- (3l2) que meîonné , elc. , qm; j'appellerai poliromon , Comme étant une espèce iulermédiaiie entre le potiron et le gi- romon , quoiqu'elle n'en soit point hybride. (Pepo moscliatus vel eximuis.) S**. La courge rayée et mouchetée , fort belle , tiès- improprcment nommée melon de Malabar, et qui diHère assez sensiblement des autres pepons. (Pepo malaba- ricus. ) 6*^. Et enfin le pastèque ou melon d'eau , qui n'est pas du tout lui melon. ( Cilrullus pasteca. ) Ces six espèces , ainsi que je l'ai dit , ne se mêlent point ensemble et n'exercent aucune influence fécon- dante sur aucune autre plante que je connaisse. (J'a- vouerai cependant que mes expériences sur le potiromon et le pastèque ont été beaucoup moins nombreuses , et que je me propose de les répéter. ) Nomenclature proposée pour les Cucumis . i'^. Cucumis satii^us , concombre 5 •jt°. Melo satwus , melon ; 3". Melo persicus , melon de Perse , d'hiver (fruit jaune , oblong , rayé et moucheté de vert) ; 4°. Melo Jlexuosus , melon-serpent , et sa variéié le melon-trompe -, 5°. Melo-chale , le chalé ( abdelaoni) ; 6°. Melo dudaïni , le dudaïtn. / Celle nomenclature est fondée sur ce que le concom- bre reste franc et isolé de tous les autres , et sur l'ana- logie et la tendance qu'ont à se mêler le melon commun, le melon de Perse , le serpent , le trompe , le chalé , et I ( 3i3 ) Irès-probablcment aussi le dudaïm , les produils croisés de tous CCS melons étant ties hybrides bien réels. Je crois donc pouvoir conclure que tout ce qu'on a débité jusqu'à présent sur le mélange et la dégénération du vrai melon et du concombre par la fécondation du concombre et des courges , tels que potiron , giroinon , citrouille , coloquinte , etc. , est absolument dénué do fondement. Il faut considérer que les melons , ainsi que la plu- pi! rt des fruits des cucurbi lacées , contenant , à ce qu'il m'a paru , une quantité notable de potasse et de matièrii animale , sont sujets h prendre une aincrtume , un goût et une odeur détestables , pour peu que la saison con- ti aire , une mauvaise constitution , une maturité mal ac- quise ou passée, l'humidité surtout, y déterminent un commencement de putréfaction : il n'est donc pas né- cessaire pour cela du voisinage d'une citrouille ou d'une coloquinte. ( Notez bien que la coloquinte dos jardins n'est nullement amère •, cette amertume n'est propre qu'à la coloquinte officinale , cucumis colocynthis . ) Ces qua- lités désagréables ne pourraient exister que dans les pro- duils hybrides , par graines , de ces melons dans l'année suivante , si une fécondation étrangère spontanée avait eu lieu. J'ai fécondé un maïs blanc avec le pollen d'un mais jaune , et l'épi produit a été à grains blancs : ce ji'est qu'en semant , l'année suivante , ces grains blancs , (|ue j'ai obtenu des épis à grains moitié jaunes et moitié blancs. Ces fécondations spontanées étrangères ne sont dune pas si communes ni si aisées qu'on veut bien le supposer, et bien que nous ne sachions pa& si la fécon- dation n'a pas quelque autre moyen de s'cflcclucr que (3i4) celui qui appnrait à nos yeux , point sur lequel il serait trop long de développer ici mes idées -, nous pouvons cependant croire qu'elles sont soumises à des lois déter- minées , que la nature a établies pour la conservation des espèces , et nous ne devons pas croire à la puissance du hasard pour les violer : il y a très-probablement un système datlraclion et de répulsion entre le pistil et le pollen des fleurs , en raison de leur diflerence ou de leur parité , et ces affinités ne peuvent èlre vaincues que par une force artificielle. Je me^ refuse donc à croire que lo hasard ait pu faire ailleurs ce qu'il n'a pu faire chez moi, quoique favorisé par moi , et ce que j'ai vainement tenté de faire moi-même. Tel est du moins l'état actuel des choses 5 mais comme je me propose de donner su.ife à mes observations , s'il ■se présentait à moi quelques faits contraires , je ne crain- drais point de me l'étracter. Au surplus , cet état actuel de choses peut changer sans que les principes changeiil-, il peut changer par l'effet de la double paternité , par la, production dliybrides quelconques dans une famille jiouvelle , production qui peut tout déranger, les lois d'affinité n'étant plus les mêmes pour les espèces hybrides que pour les espèces franches , et il est possible que des plantes qui ne s'allient point immédiatement entre elles contractent cette alliance parle moyen d'un inîei'mé- diaire : c'est ce que la suite éclaircira. Mais autant , entre espèces différentes bien caracté- risées , les fécondations spontanées sont rares , autant sont-elles à craindre entre les variétés et les hybrides. ^ (3i5) Mémoire sur V Absorption y Par David Barry, JNI.-D. , Clievelier de l'ordre de la Tour et de l'Epée , Membre du Collège royal des Médtcins de Londres, Comspondant de la Société d'Histoire naturelle de Paris , etc. (Lu à l'Académie royale des Sciences, le 20 mars 1826.) L'Académie ayant daigné , dans sa séance du 2g août dernier, ni'inviter à poursuivre mes recherches sur les causes de l'absorption , j'ai l'honneur de lui présenter aujourd'hui les résultats c[ue j'ai obtenus. L'absorption exercée par les animaux vivans , dans son acception physique et relativement à une matière ex- térieure, est le transport de cette matière de l'extérieur à l'intérieur, ou à leur centre circulatoire. D après cette déCnilion , quand un liquide , tel que l'eau colorée , placé dans un vaisseau ouvert , monte contre sa propre gravité par \vn tube de verre , dont une extrémité est plongée dans ce liquide , et l'autre dans la cavité d'une des grandes veines thorachiques , l'ascension de l'eau colorée est une véritable absorption, rendue visible par le moyen du tube de verre. Celle ascension ou absorption du licjuide , étant ex- clusivement placée sous l'influence de la pression at- mosphérique , comme je l'ai prouvé par les expériences déjà consignées dans le Mémoire « sur les causes du mouvement du sang dans les veines » , il ept évident que si le liquide était placé sous un vide , au lieu d'ê'ro ex- posé à l'iiir, il i;c monterait pas dans le tube, mais au (3iG) conlraire il cicsceudi-ail, si la pression , qui a lieu antoiir de rexti'émité en contact avec le liquide, était rendue moindre, ou même égale à celle qui a lieu autour de rextréniilé en communication avec les ca\ilc.s ihoia- rliiques. Ici les circonstances ou causes inimédialcs . dont la réunion est indispensable à cette absorption , sont ré- duites à deux , savoir ; 1°. La communication entre le liquide el les cavités lliorachiques 5 3°. La diminution de la pression atmosphérique par lexpansion de cer. cavités autour de rcxlrémilé inté- rieure de celle comnniiiicalion , comparée à la pression exercée à l'exlrémilé extérieure. D'après ces données, et en supposant que les vciues sanguines et lymphatiques soient les vrais organes ab- sorbans , comme leur communication avec le thorax est absolument la même que celle du tube de verre dans l'cx» jiéiieiîce déjà citée, il était naturel de présumer que l'absorption ou le transport d'une matière , d'un poison par exemple , déposé dans une plaie pratiquée sur un animal vivant, ne pourrait avoir lieu si les poinis de contact de la surface absorbante et de la matière qui doit être absorbée étaient placés sous l'influence d'un vide. La preuve complète de cette induction n'était pas difllcilc à obtenir -, la voici. Je pris plusieurs espèces de poison dont l'aclivité i'atale est déjà connue , comme l'acide prussique au quart, la strychnine pure, l'upas-tieuîé. Je nie suis as- sni é par des essais répétés , que six gouttes de c(;l acide iulroduiles dans le tissu sous-cutané de la cuisse d'un (3i7 ) lapin atliillc, le foiil périr en deux luinutes ; c|u\in grain fie stry< huine , déposé sur une plaie récemc failo sur le ni^nie animal , cause la niorl en cinq à sept nii- imtes , et que la rnème quaulilé d'npas le tue en dix à à douze inimités. J'ai fait des expériences avec ces trois poisons sur des lapins , ayant presque toujours deux animaux à la fois placés cxactemeut sous les mêmes circonstances , ex- cepté que le vide avait été fait sur la plaie empoisonnée chez l'un , tandis que l'autre avait clé abandonné à. son sort. L'animal aLandouné périssait loujuurs à-peu-près dans les temps indiqués : l'animal sur la plaie duquel le vide était appliqué , ne présentait jamais le plus léger sym- plôme d'cnq.oisonnement , quoique le poison restât eu contact avec la surface Llessée pendant une demi-heure , inic heure, doux heures, et même jusqu à cinq heures consécutives. Quand le poison était déposé par le moyen d'im tube sous les tégumcns , loin de la plaie par laquelle il avait élé introduit , si la ventouse était appliquée sur la peau intacte correspondante à l'endroit où était déposé le poison (la plaie étant hors du vide), non - seulement rien n'indiquait que l'animal eût absorbé quelque por- tion de poison pendant tout le temps de l'application de la ventouse \ mais après qu'on l'avait enlevé il continuait encore pendant une heure , ou même deux heures , à porter iuqnmémeut sous les tégumeus une dose de poison qui l'aurait tué infailiiblcmcut eu quelques minutes, si la ventouse n'avait pas été préalablement appliquée. Dans CCS cas , lorsque j'attendais l'apparition des con- ( 3i8 ) vnlsions tétaniques , il suflisail pour faire cesser les sA'm- ptômes de l'éappliqucr la ventouse , d'ouvrir la peau et d'ôter le poison pour sauver Tanimal. Si ail coulraire j'appliquais la ventouse sur la plaie faite à la peau pour introduire le poison , et si celui- ci était placé hors de la ventouse sous les tégumens encore intacts , pendant trois quarts d'heure que la ventouse restait appliquée , il n'y avait pas d'ahsor- plion ; mais aussitôt que je l'enlevais , l'absorption com- mençait. Si pendant que la ventouse est appliquée on fait une incision dans les tégumens entre son hord et l'endroit où le poison est déposé , l'absorption aura lieu comme s'il n'3' avait pas de ventouse. Huit grains d'oxide blanc d'arsenic furent introduits profondément dans le tissu cellulaire sous-cutané de la cuisse d'un chien de moyenne taille. Je réunis les bords de la plaie sur-le-champ par une suture. Je pratiquai la même opération sur deux autres chiens de la même taille, et avec les mêmes précautions. Trois quarts d'heure après , j'appliquai une ventouse sur la plaie du premier chien , pendant que les autres furent abandonnés à leur sort. J'observai chez le premier chien tin écoulement abondant de salive pendant la première demi-heure de l'application de la ventouse , que je laissai sur la plaie ciiui lu'ures consécutives. Je l'enlevai alors , je rouvris la plaie où je trouvai l'arsenic ; je coupai la peau déta- chée; je lavai la plaie^, l'animal n'olfrait pas un seul symptôme d'empoisonnement. Les deux autres chiens, iivant la fin de la troisième heure , vomirent abondam- ancut y furent purgés avec téncsmc , et re^s^ilirciu pins ( --^'Q ) ^ tnr-1 des convulsions, etc.-, enfin, l'un mourut à la oii7,ièine heure , et Taulrc à la (Hx-liuilièmc. Quant à l'ciTcl de la ventouse appliquée sur la plaie empoisonnée , d'arrêter les symptômes , je citerai tcx- iiicllcmcnt les notes prises par M. le professeur Ade- lon , cpii me iît flionneur d'assister à quelques expé- riences que je fis peur cet objet. « Chez le premier lapin on introduisit dans la plaie » six gouttes d'acide hydro-cyanique au quart 5 deux mi- )) nutes après le lapin était mort. Chez le deuxième la- » pin on introduisit dans une plaie exactement pareille » six gouttes du même acide , et on appliqua la ven- » touse de suite; au bout de onr,e minutes, l'animal )) n'ayant rien souiTert , on enleva un moment la veu- » touse pour voir ce qui arriverait. Une minute après , )> l'animal fut saisi de convulsions tellement fortes , que )) le mot mort fut noté. Ai. Barry réappliqua la ven- )) touse à piston. A mesure que son effet d'aspiration se >) prononçait, la respiration éteinte reparaissait, les M convulsions tétaniques s'éloignaient et diminuaient , » et au bout de quatre minutes, l'animal parut tout-à- » fait hors de l'influence du poison. Seize minutes après, 1) on enleva de nouveau la ventouse. Au bout de deux » minutes, l'ojnsthoténos reparut avec intensité-, la ven- » touse fut réappliquée et les accidens cessèrent aussitôt. » Douze minutes après , la ventouse se détacha sponta- )> nément sans que les convulsions reparussent. Au bout » de dix miiiules , l'animal fut bien portant et mangea.» Ahn de voir si la ventouse agissait en retirant quel- que porliou du poison déjà absorbé, ou introduit par imbibilion dans le tissu ccilulairc, j'injectai un gros ( 320 ) leine liberté , il cul sur-le-champ une véritable attaque d'opisthotéaos qui dura une minute et demie à-peu-près ; ou le crut mort ou mourant, mais il revint à lui , se releva, et trois quarts d'heurt; après il put courir et manger. Au- jourd'hui i5, il est bien portant, sans avoir soiiHert aucune autre convulsion que nous sachions. Expériences ai^ec l'upas-tieutc. Un grain d'upas-tieuté a été introduit dans un tuvp.u de plume , que l'on a bouché à une extrémité avec in\ petit morceau d'épongé bien pressé 5 le poison est placé à l'autre bout. M. Barry , ayant fait une incision sur la cuisse d'un lapin, a passé le tuyau de plume entre la peau et les muscles, et avec un petit refouloira poussé au fond de la plaie le poison et l'éponge «pii s'est trouvé ( 323 ) alors interpose entre lui et le trajet Jii tuyau , lequel a été relire. Le vide a été fait aussitôt , non sur la plaie , mais sur le point correspondant à l'éponge. Aucun accident ne s'émit manifesté pendant une demi-heure-, on enleva la ventouse , on lava la plaie extérieure , et l'animal parut bien portant. Deux heures après , il fut pris da convul- sions -, on réapplicjua la ventouse pendant deux minutes. Les convulsions cessèrent sur-le-champ : on enleva la ventouse , on incisa sur l'éponge qu'on ôte , on lava , on réappliqua la ventouse , et l'animal a survécu. La même expérience fut répétée avec celle différence que la ventouse fut appliquée sur la plaie , l'éponge et le poison étant hors du vide , il n'y eut aucun accident pendant trois quarts d'heure que la ventouse lesla ap- pliquée ', mais dès qu'elle fut enlevée , l'animal fut pris de convulsions que Ton fit cesser comme dans l'expé- rience précédente. Un troisième la})in , auquel l'upas-lieuté a été appJi- qué de la niôiuc manière , et sans faire le vide , est mort on dix minutes. Expériences ai^ec la strychnine pare. Le 17 août iSaS , en présence de MM. Laennec, Or- fila , Adelon , Pelletier Billcry, professeur de Greno- ble, Petroz , pharmacien en chef à la Charité, Miria- dcc- Laennec, et plusieurs médecins et élèves français et étrangers , aidé par M. Petroz , qui a bien voulu m'as sisler dans ces expériences avec un talent et un zèle dont je conserve une vive leronnaissance, je pris trois lapins ( 3^4 ) adultes,, cl dans une plaie faite sur la cuisse à chacun , nous inlioduisiujes un grain de slrycliiiiuepuvc , appor- tée à la séance par M. Pelletier lui-môme. Le premier la- pin mourut entre la quatrième et la cinquième miiuiU'. Sur le second , la ventouse fut appliquée de suite ;ipiès rinlroduction du poison , et sur le troisième lapin à la quatrième minute, c'est-à-dire^ après qu'il avait déjà soullcrt deux convulsions tétaniques. Après une demi - heure d'application de la ventouse sur les deux derniers , elle fut enlevée définitivement, et les animaux ne pa- raissaient rien souffrir. Au bout de deux heures , le troi- sième lapin fut attaqué par des convulsions , mais il fut promptement rétabli par la réapplication de la ven- touse. Pour les expérieuces avec Toxide d'arséuic et l'acide hvdro-cyanique , faites devant ces messieurs , vorc: le commencement de ce Mémoire. Copie des Notes prises par M. Amiral Jîls , sur les expériences Jaites à la pharmacie de M. Petioz., en présence de MM. Parisct , Adclon , Ségalas ., Mi-^ riadec - Laennec , Pciroz , etc. Is°. I. « Un grain d'upas-tieuté est introduit prr.Fon- » dément dans le tissu cellulaii'e sous-cutané de la cuisse )) d'uU lapin 5 les lèvres de la plaie faite à la peau sont » rapprochées par un point de suture. A la dixième mi- » nute , attaque de tétanos 5 à la deuxième minute ^ » mort. IN**. 2. « Un grain d'upas-tieuté est introduit de \,\ m même manière , et avec les mêmes précautions , dans ( ^^- ) » îo tissu cellulaire sous-cutané d'un lapin. La ventouse )) est appliquée sur la plaie ime minute après l'intro- )> duclion du poison , et le vide est produit. Vingt-quatre » minutes après l'application de la ventouse , on l'en- )) lève ; aucun accident n'est produit. Au bout de deux » heures , symptômes de tétanos , réapplication de la j) ventouse, cessation des symptômes, La plaie est alors » lavée avec soin ; l'animal n'éprouve plus rien. N°. 3. » Introduction d'un grain d'upas-tieuté dans » la cuisse d'un lapin, comme dans les expériences pré- » cédentes ; dix minutes seulement après celle introduc- )) lion , c'est-à-dire à l'époque où chez l'animal 11°. i , » les symptômes d'empoisonnement s'étaient manifestés ; « on applique la ventouse. ^ ingt-quatre minutes après )) riulroduction du poison , la ventouse est enlevée. » Aucun eifet ne s'est manifesté. ]N°. 4- " Introducliou d'un grain d'upas-lieuté, etc. Au » bout de trois minutes, application de la ventouse. On )) l'enlève au bout de vingt-quatre minutes. Nul signe » d'empoisonnement. N°. 5. «Introduction d'un grain d'upas-lieuté , etc. )) Au bout de six minutes , application de la ven- » louse. Elle est enlevée au bout de vingt-quatre mi- » nutes , sans qu'aucun signe d'empoisonnement soit ma- ■» nifesté. ]N°. 6. » Injection de six gouttes d'acide prussiqne » dans le tissu cellulaire sous-culané de la cuisse d'uu » lapin. Au bout d'une minute , convulsions ; au bout M de deux minutes , mort. N°. "j. » Même injection sur un auti^e lapin. Appa- » rilion des convulsions au bout d'un peu moins d'une Mil. 22 ( 326 ) ■n minute ; application de la ventouse , cassation des » convulsions, retour à la santé. IV '^. 8. » Introduction de qualre grains d'iipas-tieuté » dans le lissu cellulaire de la cuisse d'un cliien de petite >) taille. Une ventouse est appliquée en môme temps sur » une plaie faite à l'autre cuisse. Au bout de huit mi- » nutes , les symptômes d'empoisonnement se mani- » festent.' Ils acquièrent bientôt un tel degré d'inten- » site , que l'animal parait être sur le point d'expirer )) dans cet état d'agonie ; une ventovise est appliquée sur' M la plaie où a été déposé le poison ; les symptômes de- )) viennent inslanlanément moins graves ; l'animal est » véritablement rappelé à la vie : mais de temps en » temps il éprouve encore de légères attaques de lélanos. » Au bout d'un quart d'heure la ventouse est enlevée , » la plaie lavée , et l'animal partit être rendu à la sauté. )) Dans ce cas, la ventouse semble avoir modéré les » symptômes en s'opposant à la conlinuniion de l'ab- » sorption du poison; mais celui qui était déjà dans la n circulation ne semble pas avoir été rappelé à la surface » de la plaie, puisque les symptômes ont continué, » quoique moins graves à moins qu'on n'aime mieux » supposer que la continua lion de ces symptômes était » due à limpression reçue déjà par le système ner- )) veux. D'un autre côté , l'expérience suivante prouve » queréconomieaniraale ne se débarrasse pas toujours des » substances délétères aussi promptement qu'on l'a dit. » Introduction d'un quart de grain de strychnine dans » la trachée-artère d'un chien depetite taille. Pendant les » sixheures suivantes, cet animal manifesta par la raideur )) habituelle des membres et par des secousses convulsi ves » intermittentes qu'il était sous l'influence du poison. » ( 3-.- ^ Jlxpériences faites avec des F ipères sur des Lapin.': , des Chiens et des Pigeons. Le iÇ} septembre iPaS , dans le laboratoire de M. le baron Cuvier , M. le ùocleur Ryusseau appliqua la bou- rbe d'tiue forte vipère à la cuisse d'un jeune et faible Itipin , qu'elle mordit deux fois. Le sang paraissait à cbaque piqûre faite par la dent. Une minute et demie après , la ventouse à piston fut appliquée , et M. Rous- seau , qui regardait de près le globe de verre , annonçait que de cbaque piqûre il voyaitsorlir une gouttelette d'un liquideséreux transparent. Celiquide augmentait rapide- meiit , et se voîaiilisait dans le vide, de manière qu'au bout (le quinze miaules le verre de la ventouse était tout plein d'écume. La ventouse fut alors enlevée , etla^parlie mordue légèrement scarifiée. La ventouse fut réappliquée pendant vingt minutes , après lesquelles elle fut enlevée définitivement. Les plaies ne présentaient rien d'extra- ordinaire , et le lapin nesoulfrait pas. Une beure r.près que ce lapin fut mordu , la vipèr»^ fut appliquée à la cuisse d'un autre, qu'elle mordit deux fois aussi , tirant du sang à chaque moi'sure. Ce second lapin était plus fort et plus vivace que le premier. Une tache d'un blanc jaunâtre parut presque immédiatement autour de cbaque piqûre faite par les dents de la vipère. Quand le lapin fut mis en liberté, la jambe mordue parut afifeclée d'une légère paralysie. Dix minutes après la morsure, toute la peau mordue commença à être li- vide. Une demi-heure après , la lividité était bien mar- quée et s'étendait sur la circonférence d'une pièce de quarante sous. ( 3:^8 ) Le lendemain une plaie gangrcneu.';e ouverte occupait tou;e la partie mordue, d'où coulait un sanie fétide et abondante-, la jambe était enflée. Quarante - huit heures après la morsure, la jambe encore enflée, la plaie gangreneuse et ouvejrte, mais moins fétide. Soixante-douze heures après , la plaie plus saine , la jambe moins enflée. Pendant tout ce temps, le premier lapin ne présen- tait aucuns symptômes d'empoisonnement local ni gé- néral. Le i3 octobre , M. le docteur Rousseau appliqua deux grosses vipères rousses à la cuisse déjà rasée d'un jeune chien de moyenne taille 5 chaque vipère mordit deux fois avec lovce. Deux minutes après la première morsure, une ventouse qui couvrait toutes les mor- sures fut appliquée 5 de petites gouttelettes d'un liquide rougeâlre furent observées sur la peau couverte par la ventouse , par M. le docteur Edwards , qui me fai- sait l'honneur d'assister aux expériences ; elles suin- taient de seize à dix -huit peliles piqûres. La ventouse resla appliquée trente minutes : je fis alors quelques lé- gères scarifications qui ne traversaient pas la peau. Le sang qui coulait dans la ventouse ne montait pas à plus de deux gros. Au bout de quarante minutes , la ventouse fut enlevée définitivement , et on apercevait distinctement des taches livides autour des piqûres faites par les crochets. Le chien ne présentait pas la moindre aUération dans sa santé: il mangea et but comme s'il n'avait rien soull'ert. Vingt-quatre heures après les morsures , point de syni- piùmes , point d'inflammation dans la partie mordue. ( 3-^.9 ) Le surlendemain , une escare se forma ; elle ocru- pail toute la partie ventousée , avec gonflement de la jambe ; mais le chien était bien portant , il ne boitait pas, ou très-lcgèrement. Enfin il se rétablit parfaitement sans aucun autre symptôme , Tescare laissant les muscles découverts dans le milieu de la plaie. Pour prouver que les vipères étaient venimeuses , M. Rousseau lit mordre un pigeon une fois , sur la poi- trine , par une de celles qui avaient déjà mordu le chien , et quoique cette morsure fût la troisième que le reptile eût faite dans une heure, le pigeon commença à souffrir à la troisième minute , tomba à la cinquième, et mourut à la vingtième minute. Un autre chien de même taille à-peu-près , mordu par deux grosses vipères de la même manière que le pre- mier , commença à souffrir , avant la huitième minute, devint très-inquiet el poussa des cris. A la quinzième mi- nute , il fit des efforts répétés pour vomir, vomissait à la vingtième, se coucha sur le côlé, très -abattu pendant toute la journée , sans vouloir rien manger, dans une es- pèce d'assoupissement. Le lendemain il était encore très- malade , la jambe et la cuisse enflées , marchant avec difficulté; mais après cinq jours de souffrance , il se ré- tablissait , ayant toujours une ulcération gangreneuse et étendue sur la jambe mordue. Le 34 octobre 1855 , deux lapins adultes furent mor- dus à la cuisse , chacun par trois vipères , et par chaque vipère trois fois. J'appliquai la ventouse au premier la- pin : je la laissai trente minutes. Pendant l'application de la ventouse , j'observai , comme dans l'expériehco précédente que j'avais faite sur un lapin , qu'une f^uau- ( 33o ) tllé considérable de liquide séreux suintait à travers la peau et remplissait par sa volatilisation le globe de la ventouse. La peau et une partie des muscles compris sous la ventouse furent enlevés avec le scalpel 5 la ventouse fut réappliquée pendant dix minutes , et le lapin mis eu liberté : j'abandonnai le second lapin à la nature. Le aS , à quatre heures du soir, le lapin sur lequel avait été appliquée la' ventouse , paraissait jouir d'une bonne santé; la plaie qui avait été unie par une suture était saine , et la jambe n'était pas enflée. Le second lapia n'était pas si bien portant : la partie de la cuisse mordue était dans un état de gangrène com- mençant; la jambe et la cuisse entlées : il s'était formé sur la partie gangrenée une ampoule livide remplie de sé- rosité. Le •i"j , le premier lapin en santé parfaite. La plaie paraissait disposée à se réunir, comme s'il n'avait pas été mordu. Clicx le deuxième lapin , l'ulcère gangreneux était ouvert , et il en découlait abondamment une sanio iélide. ExpÉraENcE. Le 5 novembre 1826 , unjsune pigeon parvenu à-pcu- près à la moitié de son développement, fut mordu une fois très-profondément et avec beaucoup de force à la ré- gion ihoracique par une très - grosse vipère qu'on avait fortement irritée , en plaçant dans sa cage un petit oiseau. Les deux blessures faites par lesdents de l'animal étaient marquées par une petite tache de sang : on appliqua aus- sitôt une ventouse sur ce point ; il «sortit des deux petites plaies deux goulles d'un liquide d'un jaime d ambre , ( 3.1, ) doiil le volume s'augmenta ; il en sortit ensuite du sang très-noir, mais en petite quantité. La ve;itonsc fut main- tenue pendant quinze minutes. La partie livide qui entourait la petite blessure fut en- levée à l'aide de l'instrument tranchant ; il s'était déjà formé une phlyctône gangreneuse (jui renfermait un li- quide iehoreux et clair. Tout ce qui paraissait encore livide fut enlevé , et on réappliqua la ventouse , qui resta encore en place pendant dix minutes ; on 1 ota après ce temps , et on enleva encore un peu de chair muscu- laire qui paraissait livide j on lava alors la blessure, on en réunit les bords par un point de suture, et on mit le pigeon en liberté. Il ne se manifesta pas le moindre symptôme d'empoi- sonnement : le pigeon marchait sans difficulté et ne pa- raissait nullement soulfrir. Le Ç) novembre , l'animal paraît en très-bon état. Le 9 , il est en parfaite santé. Ce fait a été constaté par M. Rousseau fils. Fontana a établi par de nombreuses expériences que rien ne pouvait sauver de la mort un pigeon mordu une seule Jois dans la cuisse par une vipère , si ce n'est l'ablation du membre mordu , faite au moment même-, il ajoute que si cette opération était dillërée au- delà de vingt secondes après la morsure, elle hâtait la mort au lieu de sauver l'animal. ( Voyez Fontana , ohap. 2. ) D'après toutes ces expériences et leurs i^ésultats con- stans , nous pouvons considérer comme prouvés les faits suivans. ( 332 ) i". Que sous le vide il n'y a pas d'absorption. 2". Que l'applicalion du vide par le moyen d'une ven- touse à piston , placée sur les points de contact de la sur- face ahsorLanlc. et du poison qui s'absorbe en ce mo- ment^ arrête ou diminue les symptômes produits par l'absorption déjà faite. 3°. Que l'application d'une ventouse pendant une de- mi-lieure prive les vaisseaux absorbans de la partie sur laquelle elle a été appliquée de leur faculté d'exercer l'absorption pendant une heure et demie , ou deux licurcs après que la ventouse est enlevée. 4°. Que la pression atmosphérique exprime dans le ■vide , même à travers la peau , une portion de la matière introduite dans le tissu cellulaire , ou par imbibition , ou par injection, c'est-à-dire si la peau qui recouvre ce tissu n'est pas trop dense pour laisser passer l'humidité, comme chez les chiens. De ces faits je crois pouvoir déduire les conclusions et les applications thérapeutiques suivantes. 1". Que la première opération de l'absorption , opé- ration par laquelle les substances étrangères pénètrent dans les vaisseaux, soit par l'ouverture qu'on y prati- que , soit par leurs propres pores , est placée exclusive- ment sous l'influence de la pression atmosphérique , et cjue le transport de ces substances au cœur est placé sous la même influence et sous celle des autres puissances mi- neures qui aident à la circulation veineuse. Ainsi l'ab- (i) Dans une lettre atlressée à M. Adelou , M. Orfila , tout en ad- mettant l'exactitude de mes expériences sur l'acide liydro-ryaiifiiiiu et la strychnine , élève (juelque doute a l'égard de l'eflct des vcKtausi> sur la partie déjà absorbée du poisoa. ( 333 ) sorplîon est soumise toute entière aux lois qui président à la progression centripète des fluides chez les animaux c|ui respirent par la dilatation active des cavités ihoratîi- ques. nP . Que dans tous les cas d'empoisonnement par des plaies, soit par le simple dépôt du poison, soit par l'injection du venin , comme dans les morsures ^e^ vi- pcres et d'autres setpens venimeux , l'application de la ventouse pourra sauver l'individu , pourvu qu'elle soit faite avec les précautions nécessaires etavant qu'unedose suffisante pour produire la mort soit absorbée. 3°. Que comme l'action locale du poison et l'imbibi- lion des tissus ont lieu sous le vide , on doit exciser les parties imbibées après que le venin y est concentré par l'ellet de la ventouse , qu'on doit réappliquer de suite pendant quelques minutes pour vider les vaisseaux divi- sés , après quoi on peut les brûler si on veut , mais ja- mais aidant l'application de la ventouse , parce qu'alors celle-ci serait inutile, les bouches des vaisseaux étant hermétiquement fermées. 4*^. Que dans le cas de morsure d'un chien enragé , attendu que celte espèce d'empoisonnement est des plus simples , n'étant compliquée ni avec injection , ni avec aclion locale de la part du venin , comme dans les mor- sures des vipères , nous pouvons présumer que l'appli- cation de la ventouse en premier lieu , et ensuite l'exci- sion et la cautérisation actuelle de la plaie, empêcheraient tout accident. 5°. Les expériences faites avec les poisons végétaux et minéraux ayant prouvé que la répétition des convulsions léianiques est produite par la conlinualion de l'absor- plioii du poison déposé dans la plaie , et tout nous por- tant à croire qu'une nouvelle absorption commence dans les plaies , même cicatrisées , faites par les animnnx ra- Lides , au moment oii se déclarent les symptômes de la rage, on doit donc appliquer la ventouse à piston ou même la ventouse ordinaire , rouvrir la plaie en exci- sant la cicatrice , la briller de nouveau , et la tenir le plus possible à l'abri du contact de l'air. 6°. Que dans les cas de piqûres reçues dans la dissec- tion ordinaire , on doit toujours sucer les petites plaies jusqu'à ce qu'on ne puisse plus en faire sortir d'hu- midité , et ensuite les couvrir jusqu'à pai"faite cicatri- sation. 7°. Que si , en disséquant un animal mort d'unchar- bon , on a le mallienr de se piquer, on doit avoir recours à une ventouse , avec un rebord corresporidant à la sur- face du doigt piqué ,, et observer toutes les précautions ultérieures déjà indiquées. Notices sur V Uéiérosite , V Hureaulile {fer et manganèse phosphatés^ , et sur quelques autres minéraux du département de la Haute-Vienne ; Par M. A'lluaitd aîné , Correspondant des Sociétés philomatique et d'Histoire naturelle de Paris. Les carrières de quartz exploitées pour l'entretien de telle partie de la grande roule de Paris à Toulouse, ( 335 ) comprise enfrc Chantcloube et jN'cponlas, dans la chaîne de gianite à gros grains qui traverse la région scptou- irionale de la Haute-Vienne , ont offert, depuis environ deux ans, plusieurs subslanccs minérales fort intéres- santes. Les plus riches de ces carrières par la variété de leurs productions , sont celles de Chantcloube cl du Hureaux^ les premières sont depuis long-temps connues des miné- ralogistes, les autres sont situées dans la commune de Saint-Sylvestre ,àune lieue, Est , deNépoulas , sur l'un des plus hauts sommets de ces montagnes. Tous ces amas de quartz appartiennent à la formation de ces terrains anciens et font partie d'un granit dont les principes constituans, au lieu de se mouircr uuis sous la figure de gros grains irréguliers entrelacés confusément, seprésenlcntparmassescolossalesagglomérées sans aucun ordre, et presque sans nulle transition avec le granit ordinaire. Si par la pensée on morcelle ces masses, leur volume parait être eu rapport avec- les quantités propor- tionnelles de quarlz , de feld-spath et de mica qui com- posent la roche environnante. Ces subslanccs s'y retrou- vent sous les mêmes variétés , en mêmes proportions , l'état d'agrégation seul a changé : je le désignejai sous la d('uomination de granit à grandes parties. Quelle différence cependant entre les gisemens de cette sorte et ceux des granits à petits grains ! Les sub- stances rares que ces derniers peuvent contenir v ont été disséminées sous un si petit volume , par l'effet d'une cristallisation tumultueuse , qu'on est moins surpris de ce qu'elles échappent à l'oeil le plus exercé que de les y rencontreraccidentelleujent. Dans l'agrégation par masse» ( 336 ) su contraire , ces mêmes subslanccs sVtant aussi ag- glomérées en cet état , elles occupent des places dis- tinctes dans ces amas , et rien n*est perdu pour Tobser- valeur. Les gisemens les plus remarquables de tous les pays par la beauté des échantillons et des cristaux , par le nombre et les variétés des espèces qu'ils fournissent , se trouvent en effet , à l'exception des filons , dans de sem- blables circonstances , et parmi ceux que nous pour- rions citer , les carrières de Chanteloube et du Bureaux eu offrent un bel exemple. Celles de Chanteloube ont successivement fait con- naître trois phosphates : ceux d'urane, de manganèse et de chaux j le cuivre sulfuré , le fer arsenical , de beaux prismes d'éraeraude , du grenat , de belles variétés de quartz hyalin , de superbes masses de feld-spath lami- îiaire , quelques cristaux de cette substance , remar- quables par leur volume j le mica globuleux et le mica lépidolite que j'avais d'abord découvert dans les terrains d'alluvion du ruisseau de Barot et que M. Manès et moi- nous avons récemment observé en place , au-dessous de la carrière de la Vilale, sur la rive gauche du même ruis- seau. A cette intéressante série de minéraux , il faut main- tenant ajouter les espèces curieuses sur lesquelles je vais appeler l'attention des minéralogistes : l'albite mangané- sifère ; une nouvelle espèce de schéelin ; le fer bydro- sous-phosphatéet trois nouveaux phosphates de fer et de manganèse , à deux desquels j'avais donné , pour en faci- liter la description, les noms provisoires d'hétérosito et d'hureaulite j avant de connaître le résultat des ana-» ( 337 ) iyses que notre célèbre chimiste M. Vauqueliu a bien, voulu faire de ces substances. § I*^"^. Albite manganésifère noire. Celte nouvelle variété se trouve dans l'albite sub- îainiuaire d'un blanc rougeàtre. Elle est due à de larges taches de manganèse oxidé hydraté noir ou d'un brun noir foncé , interposé profondément entre les lames de celte substance dont cet oxide altère peu l'éclat. Les masses d'aibite inégalement tachées à de petits intervalles prennent ainsi un aspect tigré fort singulier. Au chalumeau, l'albite noire l'eprend la blancheur qui lui est naturelle. Celle substance forme des amas assez volumineux dans le granit à grandes parties, non loin de la lépido- lite et de quelques affleuremens de manganèse phosphaté ferrifère , au dessous de la carrière de la Vilate , située sur le versant septentrional du plateau de Chanteloiibe. § II. Schéelin fen'o-manganésé^ La différence qui existe entre la composition de cette substance et celle du schéelin ferrugi né ordinaire , quoi- que fort considérable , ne cause d'autre changemenl aux propriétés physiques de ce dernier , qu'une diminution de sa pesanteur spéciGque : celle du schéelin ferrugiué est de 7,33, et celle du schéelin ferro - manganèse de. L'éclat métallique de ce dernier est moins vif que dans le schéelin ferrugiué , et la couleur de sa poussière ( 338 ) à'unLnna rongeâlrc ou -violet moins prononcé; tous les autres caractères minéralogiques des c^eiix espèces sont identiques. La mesure des angles de quel<{ues pelils cristaux la- minjformes s'est irouvée d accord avec celli- que M. Haùy a donnée dans son grand ouvrage , pour Tincidence des faces homologues à celles (jue j'ai vérifiées ; ces cristaux se présentent sous deux nouvelles variétés de forme qui sont produites par des modifications du schéelin pro- gressif et unibinaire décrits par le même savant. L'expression de Tune serait M'' G' TB^ \ dans celle de m r TV l'auirc , T'est effacé, la facequ'il représente étant ca- valiie par/', de même que dans le schéelin progressif. ,( Voy. l'Atlas d'Haiiy. ) Le schéelin feri'o-manganésé agit sensiblement sur l'aiguille aimantée \ mais ayant soumis au même essai des échantillons de schéelin ferruginé {JVolfyavi) laminaire de différentes contrées , j'ai reconnu qu'ils étaient tous aliirables parla méthode du double magnétisme. Je note ici cetteobservation , parce que M. llaûy a dit eu parlant .des caractères dislinctifs du schéelin ferruginé, qu'il n'.t aucune action sur le barreau aimanté 5 ce qui pourrait faire croire , ainsi que Klaproth l'a d'ailleurs avancé dans son Dictionnaire de CJiiniie (art. Scheelium^ , qu'il ne possède aucune propriété magnétique. L'analogie du gisement de ce nouveau schéelin avec ceuxdeBodenmais , de Kimito et d'Ytterby , m'avait fait présumer r^u'il contenait peut-être du tantale ; l'analyst: que M. Vauquclin a bien voulu en faire , a écarté cette idée et a doiuié dans trois essais différens ce résultat inat - ( 339 ) tendu qui , du moins , ne me laisse pas le regret de lui. avoir inutilement ravi des instans précieux pour la science. PeroxiJe de fer. 16,» i5,6 i3,8; ïritoxide de manganèse. 14,8 16,0 ,3,.,; Acide tungsliqte. 69,2 68,4 73,» ; dont les termes moyens sont : Peroxide de fer. i5,a Peroxide de mangaucse. i4,6 V 100 p. Acide. 50,2 Déjà MM. d'Elujart avaient trouvé une variété de scbéelinferruginé ( ?/''o///a;7i) où l'oxide de manganèse existe daus la proporlion de ^ ; mais MM. Vauquelin et Heclit ayant reconnu plus tard que le scliéelin ferrn- giné duPuy-les-Mines , près de Saint-Léonard, Haute- Vienne , ne le contenait que dans la pi'oportion de 6,25 sur 100, les minéralogistes présumèrent que cet oxide s y trouvait accidentellement : aussi ne firent-ils , jusqu'à M. Berzelius , aucune mention de la présence du manganèse dans les diverses dénominations de tung- stène et de schéelin ferruginé qu'ils substituèrent à celle du TVolfrani. Les nouveaux essais de M. Vauqueliii prouvent incontestablement que celte substance ren- ferme le manganèse à l'état de combinaison , et oiTrent par conséquent un nouvel exemple de deux bases iso- morplies dont l'union avec un même acide , en propor- tions très-variables , ne détermine aucun changement dans la forme et les dimensions des molécules cristal- lines. ( 34o ) Le scliéelin ferro- manganèse se trouve dans le granit à grandes parties de ChantelouLc^ il y os!, engagé dans un feld-spalh grenu al Icré qui coulicnl de la cliaux phos* phalée compaole, d'un gris veidàlrc. 11 y esl disséminé enpelits cristaux laminiformes et plus ordinairement par masses amorphes dont la structure est plus générale- ment grenue que lamelleuse. Je l'ai rencontré aussi avec le quartz hyalin , enfumé , gcodique^ contenant quelques lames d'urane phosphaté vert et de la chaux phosphatée. Dans un échantillon que j'ai ramassé sur la route , le schéelin est engagé dans du grenat brun rougeâtre cris- tallisé confusément. C'est, je crois, la première fois qu'on le trouve uni à cette substance. La montagne d'Olontche- lon en Sibérie , l'a déjà offert dans la pegniatite , accom- pagnée du béril, que l'on retrouve aussi dans tous les granits de Chanteloube. J'ajouterai enlin , qu'il existe probablement en Chine dans un gisement analogue , car on lit à l'art. Scheelium du Dictionnaire de Kla- proth , qu'il a été reconnu dans des échantillons de kaolin qui provenaient de cette partie du monde. Le schéelin ferruginé se trouve aussi en filon non loin de Népoulas , sur le versant méridional de la chaine de granit à gros grains de Chanteloube \ il y est accom- pagné du q}.tarz , du fer sulfuré cl du fer oxidé hydraté terreux et résinite , parfois mclaiigé de fer oligiste. y^ § III. Fer hjdro-sous-phosphaté , fer phosphaté ordinaire des minéralogistes. Celte substance est d'une couleur plus azurée et moius foncée que celle du fer phosphaté de Bavière et de New- ( H^ ) Jersey 5 elle prend aussi les teiules uoiivelles du violet pâle et du gris bleuâtre. Un seul échantillon m'en a of- fert quelques groupes de petits cristaux d'un beau bleu, que leur peu de volume rend indéterminables. Quoique ce phosphate ait le plus souvent un aspect pulvérulent, on reconnaît en l'examinant à la loupe qu'il n'a rien de terreux comme celui des terrains secondaires , et qu'il forme de petits mamelons concrétionnés et cris- tallins. D'après une analyse en petit deMiVI. Dufiesnoy et Mâ- nes , ingénieur au corps royal des Mines , les principes élémentaires de cette substance y sont unis en même pro- portion que dans le sous - phosphate de fer hydraté bleu , terreux. Le gisement du Hureaux , d'où provient ce phosphate, est évidemment primitif; cependant, comme il se trouve assez ordinairement dans les petites cavités géodiques et sur les joints naturels des masses du sous-phosphate de fer et de manganèse , on peut aussi admettre qu'il a été produit par les altérations que ce dernier paraît avoir éprouvées , et qu'il a été ainsi formé après coup et par succession de temps , suivant l'expression d'Haûy , de même que l'ont été les fers phosphatés de Nantes et de Bodenmais , supposé toutefois que ces derniers n'appar- tiennent qu'accidentellement à des sels primordiaux. Celle substance se trouve disséminée dans la masse même des divers phosphates que je vais décrire , et un échantillon fort curieux me l'a ollerl dans le manganèse phosphaté fcrrifère, mélangé de manganèse oxidé hy- draté. L'article suivant fera connaître les autres relations Viii. 23 ( -M. ^ géologie jues qui lui sont communes avec le sous -phos- phate de fer manganésifère. 5 IV. Sous-,pliospltate dejer nutn^anésifère. Ce nouveau pliosphate- a la conlexture fibreuse , «t forme , die même qu'un grand nombre de concrétions , des masses radiées irrégulières , et groupées confusé- ment , dont les aiguilles ont rarement plus d'un centi- mètre de longueur , et assez ordinairement géodiques , à surfaces mamelonnées. Cette substance est opaque , ses couleurs varient dà vert obscur plus ou moins foncé au vert jaunâtre et au brun châtain ; la couleur des poussières est similaire. L'éclat des iibrcs , naturellement vif dans l-a variété verte , esl souvent terni par une altération qui parait jprovenir d'un principe ferrugineux. - Avec des fragmens peu volumineux , ce phospbaie n'a aucfûTRe action sur l'aiguille aimantée soumise à l'in- fl««îce du double magnétisme ^ avec des morceaux d'un certain volume , celle action est très-faible , mais sen- sible. Fondu au chalumeau sur un support de charbon , il devient fortement atlirable , mais il n'acquiert ipa« cette propriété lorsqu'il a été chauffé sans le contact dti charbon. M. Manès et moi , en répétant ces expériences, dans la vue de constater d'où provenaient ces différences d'action , nous avons reconnu qu'il n'agit sur l'aiguille qu'autant qu'une partie du globule s'est cliangée en phosphure. Ce sous-phosphate est tfès-fusible 5 il suffit d'en plon- ger «n petit faisceau d'aiguilles dans la flamme d'une --7 ( 343 ) bougie pour eu faire entrer les exlréniiiés en fusion. An chalumeau . il fond en bouillonnant , donne un globule noir d'un éclat vitreux ou sub -métalloïde plus ou moins prononcé , quelquefois irrégulier, scoriforme et «trié suivant la variété de couleur et d'éclat d'où provient le fragment soumis à l'essai. Il diffère du fer hydro-sous-pliosphaté bleu, par uti« plus grande ténacité, surtout dans les masses altérées j par une plus grande dureté qui lui fait rayer non-seule- ment la chaux sulfatée , mais encore la chaux cai'bo- natée 5 par sa pesanteur spécifique plus considérable, celle-ci étant de 8,237 au lieu de 2,65 par l'éner^gie, enfin , avec laquelle il manifeste l'éleclricilé résineiise que lui communique le frottement, lorsqu'il est isolé. Ces différences élaiejit assez remarquables pour faire soupçonner que les proportions dans lesquelles les prin- cipes élémentaires de ces deux espèces sont unis , ne devaient pas être les mêmes. Ayant tenu eu fusion le pbosphate vert , je remarquai qu'il dégageait une odeiu" acide très-prononcée. Cependant , la perle totale ne s'é- leva que de 17 à 18 pour cent ; et , comme l'eau qu'il contient s'était nécessairement évaporée , il devenait vraisemblable que ce phosphaie en était privé , ou que l'eau y était combinée en proportion beaucoup plus faible que dans le phosphate de Bodenmais et de New- Jersey. Ces inductions méritaient d'autant plus d'èlre suivies^ que le fer phosphaté du Bureaux est le seul qui appar- tienne incontestablement à un terrain primitif. M. Vau- quelin ayant bien voulu se charger d'en faire l'analyse, avec son obligeance accoutumée ,^ il a obtenu pour ré- sultat: ( 344 ) Formule. Peroxide de fer. S6,30=i7,23 oxig.'J ... \ Tritoxide de manganèse. 6,i5= 1,82 iJ. I ^ e» 1^: Acide phosphorique. 28,35=15,87 id. î ... l "^ '>' Eau. 9.20= 8,, 8 id. ) ^^«' J La composition de ce sous-pliospliate diffère doue es- sentiellement de celle du fer hydro-sous-pliosphalé or- dinaire , et concourt avec le défaut d'accord que pré- sentent les caractères minéralogiques des deux espèces , à tracer une ligne de démarcation entre elles. La proportion du manganèse et de l'eau y est assez forte pour" qu'on dût les considérer minéralogiquement , comme des principes essentiels , mais des -motifs tout au moins spécieux , viennent combattre cette hypothèse et jeter des doutes sur la valeur réelle de la formule. Nous verrons bientôt que cette substance sert elle- même d'enveloppe au manganèse oxidé hydrate 5 j'y en ai trouvé quelques masses de la grosseur du poing. Beaucoup d'échantillons m'en ont offert des tubercules mamelonnés de la grosseur d'un pois , et par la même- raison qu'ils en contiennent de petits grains que la loupe permet encore de distinguer , il est présumable que les parties les plus pures de ce sous-phosphate en con- tiennent aussi des grains indiscernables. Ce fer phosphaté sert encore d'enveloppe au fer hy- dro-sous-phosphaté ; la variété bleue s'y décèle aisément par le contraslede sa couleur avec celle du sous-phosphate vert 5 mais celle d'un blanc grisâtre qu'on y découvre ! avec la loupe, lorsqu'elle s'y trouve sous un volume ap- préciable , doit en grande partie échapper à l'observation. Sur les 9/100 d'eau que M. Vauquelin a reconnu dans ( 345 ) ce sous-phosphate , près de la irioitié de celle quantité serait doiic probablement due au fer et au manganèse hydraté qui l'accompagnent , et l'eau de combinaison se trouverait réduite à une proportion telle , qu'il serait raisonnablement permis dépenser ipi' elle s'y trouve ac- cidentellement. La contexture fibreuse et les couleurs du fer sous- phosphalé-manganésifère , lui donnent quelque ressem- blance avec certaines variétés de cuivre arséniaté et d'amphibole fibreuse. Celui d'un brun châtain a sur- tout beaucoup d'analogie avec le fer oxidé hématite fi- breux 5 l'illusion momentanée qui peut faire confondre ces minéraux , ne peut toutefois résister à tm examen attentif de leurs propriétés physiques et chimiques. Ce sous-phosphate est disséminé par petites masses inégulières dans le granit à grandes parties. Il est adhé- rent au quarz gris et à un beau feldspath laminaire rose. Il les pénètre , les colore et les enveloppe à son tour 5 il s'unit aussi au mica , au fer hydro-sous-phosphalé bleu hydraté, au manganèse oxidé , au manganèse phosphaté ferrifère , à l'héléi'ozite el à l'hureaulile. Le premier fragment de fer hydro-sous-phosphaté bleu a été observé , il y a environ deux ans , par M. Bas- lerot , dans les tas de pierre amoncelés sur la l'oute pour son entrelien. Peu après, il fui remarqué par des ou- vriers qui m'en donnèrent quelques échantillons ; privé alors par l'étal de ma sanlé d'aller l'observer en place, M. Manès se chargea de ce soin avec empressemenl , el rapporta des carrièj es du Ilureaux le fer sous - phos- phalé-nianganésifère. Quehpies essais chiuijques qu'il n avait pas euuepris pour eu faire une analyse régu- ( 3/(6 ) Kère , lui révélèrent bientôt que celte substance d'u» i»»pecl si nouveau était un phospbate de fer. § V. Hétérozite {d' Hétéroz) , phosphate de fer et de manganèse. Cette substance ne s'est point encore offerte sous des formes régulières ; sa structure est lamelleuse , et comme la surface des lames est peu éclatante , il est assez dif- ficile d'en déterminer le clivage. A la flamme d'une bou- gie, il est très-sensible dans deux directions à angles droits ou qui doivent peu s'en éloigner. Ayant observé qu'il se présentait encore sous d'autres angles, j'ai es- sayé de les mesurer par la réflexion de la lumière , au moyen de lames de mica ajustées avec de la cire dans le sens du parallélisme des faces miroitantes de deux plans adjacens , et sur lesquelles j'appliquais ensuite les brandies du goniomètre. J'ai ainsi mesuré sur plusieurs fragmens des angles de loo à ioi° , de 79° et de i4o° } la forme primitive de cette substance est donc semblable, ou doit se rapprocher beaucoup de celle du fer liydro- sous-pbospliaté qui est le prisme oblique rectangulaire , dont la molécule est le prisme oblique triangulaire ; les différences qu'on remarquerait dans leurs dimensions , étant d'ailleurs assez légères pour être attribuées à l'im- perfection du seul procédé que j'eusse à ma disposition pour mesurer ces angles , et que M. Beudant a employé le premier. Ce phosphate se brise aisément 5 la cassure transver- sale au clivage est terne, inégale et raboteuse. Il ne fait point feu au briquet j se laisse rayer par uu poinçon d'acier, el raie la chaux flualce. Ses couleurs varient du violet foncé au brun violet et au brun verdâtre , et du gris bleuâtre au blanc grisâtre. Cette dernière variété est translucide sm: les bords ^ les autres sont opaques ; la couleur des poussières est simi- laire. Celle qui provient de la variçlç violette est d'une nuance plus claire , assez semblable à cçllc de la Uq de vin. Les propriétés magnétiques de cette substance soct SÀ faibles que quelques fraguiens de la variété violette m'avaient paru en être entièrement privés. Elles se mani- festent avec une action plus luarquée sur Içs variété* d'un brun violet et d'un blanc griçàtre. Lorsqu'il est isolé , ce phosphate acquiert à uu haut degré l'électricité résineuse par le frottement. Sa pe^Q» leur spécifique est d'y 5,i'j. Il fond au chalumeau avec un bouillonnemen,t t;?ès^- scnsible -, la variété d'un violet clair §e change en gla-^ bule scoriforme irrégulier, d'un ^c\a% sub mélalloïdQ, et dont quelques parties sont comme (jxiiduites d'ua ^lU^U noir. Frotté sur le biscuit de porcelaine , ce globule y laisse des traces d'un gris verdàlre ; les variétés g;ri3i bleuâtre et blanc grisâtre sont encore plus fusibles , donnent un globule plus arrondi brun noirâtre, qui laisse des traces d'un brun marron sur le biscuit de porce- laine. Ce globule est faiblement altirable par la mé- thode du double magnétisme , tandis que l'autre n'a au- cune action sensible sur l'aiguille. Suivant l'analyse de M. Vauquelin , IHéléro^itç violet. est composé de 348 ) t Formule. iG,5= 4j^9 o*'g- 3a, 0= 9,8 1 id. F.^ )..... l P^ 50,0=28,00 id. Mn' ] Peroxiile de fer. Ti'itoxide de manganèse. Acide pliosphorique. D'après ce résultat, et alors même que de nouvelles observations confirmeraient l'identité de la forme pri- mitive de ce phosphate anhydre avec celle du fer hydro- sous-phosphaté , il est évident que les deux espèces ue doivent pas être confondues dans les méthodes miné- ralogiques. L'Hétérozite laminaire violet a quelque ressemblance avec l'Epidote manganésifère ; mais celle-ci a le prisme droit pour forme primitive , et fait feu au briquet. La variété d'un brun foncé a encore plus d'analogie avec le manganèse phosphaté ferrifère. La pesanteur spécifique de ce dernier , plus considérable , est de 3,9 au lieu de 3,2. Le clivage en est moins prononcé ^ tous ses fragmens , d'un brun enfumé , sont translucides. Le manganèse phosphaté ferrifère a enfin une action très- sensible sur l'aiguille aimantée ; propriété fort remar- quable dans cette substance , et qui a pourlanl échappé à l'observation des sa vans qui en ont décrit les ca- ractères. La variété de pyroxèue Sahlite est de toutes les sub-« stances minérales celle qu'il est le plus facile de confondre avec l'Hétérozite. La pesanteur spécifique de l'une et de l'autre est la même. Les dimensions de leur forme pri- mitive, toujours difficiles à déterminer sur des substances dont le clivage n'est pas mieux cai'actérisé , ne diflèrent que d'environ un degré. La moindre dureté de l'Hélé- fOT.ile , et sa plus grande fu^ibililé au rlialumeau , suffi-. ( 349 ) lont loulcfois pour la distinguer de cette variété du pyroxène. L'Hétcrozite appartient au gisement du fer sous-phos- phaté-mangauésifère. Il en est quelquefois tellement pénétré , que les nuances de leur couleur se confondent, et que la structure lamelleuse de l'un est modifiée par la contexture fibreuse de l'autre 5 tantôt il s'y trouve disséminé par petites masses irrégulières , laminaires , sub-laminaires et sub - compactes , et tantôt il adhère au quarz gris et au mica blanc. M. le chevalier Guernon de Randville et moi , nous lavons découvert parmi les déblais de la carrière du Hui'eaux , où nous n'avons pu en recueillir qu'un très- petit nombre d'échantillons. § VI. Hureaulite , phosphate de fer et de man- ganèse hydraté. L'Hureauiile se trouve par petites masses amorphes , géodiques et recouvertes de petits cristaux de la même substance et d'une variété concrélionnée squamiforme , et quelquefois fibro-laniellaire et radiée. , Les parties amorphes sont ou terreuses ou compactes dans le premier état, elles se laissent écraser sous les doigts ; dans le deuxième , elles présentent une cassure inégale à grains fins. La couleur de ces masses est le brun rougeàlre , celle de la poussière est similaire et d'une nuance moins foncée 5 la variété squamiforme et fibro-lameUaire est d'un brun rouge foncé analogue à celui du mica mauga- uésifère et se distingue par uu éclat vif et nacré. C 35o ) Les cristaux d'hlireaulile sont très-petits et tellement groupés qu'il ne m'a pas été possible d'y appliquer Iq g,onioiX)èlre ; ils présentent des prismes quadrangulaires et octogones surmontés par des sommets dièdres , tes pans des prismes sont striés parallèlement à l'axe. Ce* formes se rapportent évidemment à celle du fer phos- phaté quadrioçlonal d'Haùy , d'ailleurs si facile à recon- naître par sou aaatogie avec celle du pyroxène iriuni- taire. L'hureaulite cristallisé est transparent , d'un brun rougeàtre plus prononcé que celui des masses amorphes, mais moins vif et moins foncé que celui de la variété squamiforme. Il réfléchit vivement la lumière ; la cas- sure est grasse et vitreuse ; il raie la chaux carbonatée et se laisse rayer par la chaux fluatée. Sa pesanteur spécifique prise sur deux fragmens de la variété compacte et recouverte de petits cristaux , s'est trouvée de 1,95 mais ces fragmens contenaiejit quelques molécules de fer hydro- sous -phosphaté bleu et de fer sous-phosphaté-manganésifère , et il est probable qu'elle serait plus faible sur des morceaux d'une plus grande pureté. L'hureaulite isolé acquiert à un faible degré Pélectri- cité résineuse par un frottement vif et prolongé. Plongé brusquement dans la flamme d'une bougie , l'hureaulite cristallisé décrépite. Chaufle lentement il se gonfle et entre en fusion au moment où il semblerait qu'il va se déliter ', au chalumeau i! se boursouffle , fond et présente à la surface du globule des aspérités mame- lonnées ; plus fortement chauffé , il répand pendant l'in- candescence une scinclillalion phosphorescente qui se- ( 35£ ) manifeste par des Ifgnes elliplîques qui se croisent du centre à la circonférence du globule. Celui qui provient da cet essai a un éclat vitreux , il est noir et recouvert de quelques stries sub-métalloïdes auxquelles j'attribue la sciiitillalion remarquable que je viens de décrire. Ce globule prend enfin une forme sensiblement polyé- drique , quoique moins prononcée que celle qui carac- térise le plomb phosphaté. M. Vauquelin a trouvé l'hureaulite composé de , Formule. Peroxide de fer. 11,0= 3,68 oxig. \ \ TriloxiJe de manganèse. 35,'2=:ïo, ^3 id. l /<*e5 l''''" Acide phosphorique. 32,8=ri8,34 ici. l ... ( '' Eau. 20,0=17,78 lU )i^//25) L'hureaulite est également disséminé dans le fer sons- phosphaté-mauganésifère ; la variété squami- forme en revêt quelquefois d'une couche très - mince la surface mamelonnée de ses géodes et tapisse de la môme manière celle de sa propre substance. A l'exception de l'hétéro- zite , il s'associe à ces divers phosphates et est souvent pénétré de leurs différentes variétés. Le premier échantillon d'hureaulite s'est trouvé dans une masse de fer sous-phosphaté manganésifère vert, que M. Manès avait bien voulu partager avec moi 5 il m'a donné une nouvelle preuve de son obligeance en ré- pétant les expériences au moyen desquelles nous avons déterminé les caractères de cette substance. Malgré ses recherches et les miennes , depuis lors , nous n'en avons retrouvé que quelques fragraens bien moins ca- ractérises. ( 35. ) On se rappelleque, suivant l'analyse de M. d'Arcet , le fer s'est trouvé en quantité si faible dans quelques-uns de ces phosphates , que les minéralogistes l'ont consi- déré avec lui comme un principe accidentel àla composi- tion de cette substance. Cette espèce n'est probablement pas la seule de ces phosphates dans laquelle le fer et le manganèse se sub- stituent l'un à l'autre dans leur composition. Nous avons vu que les boutons d'essais au chalumeau du phosphate de , fer et de manganèse anhydre, diffèrent entre là variété vio- lette et celle d'un blanc grisâtre , d'une manière assez notable pour indiquer un changement de pioporlioii dans les bases. Cependant ces mêmes variétés passent de l'une à l'autre sur le même échantillon par une transi- tion insensible de nuances , qui d'ailleurs ne causent aucune interruption dans le clivage de la môme lame. L'essai au chalumeau des variétés d'hui'eaulite squami- forme et cristallisé présente aussi quelques différences assez remarquables pour présumer un changement de proportion dans leur composition. Les différentes va- riétés de couleur et d'éclat du fer sous - phosphaté - manganésifère , radié , soumises au même essai , ne donnent pas des résultats parfaitement identiques , eu sorte qu'il est fort probable que le manganèse y entre parfois à l'état de combinaison. J'ajouterai que ces phosphates existent enfin sous deux aspects que je n'ai point décrits , parce que n'en ayant pas encore trouvé de masses assez pures pour en faire l'a- nalyse , il est difficile de prononcer à leur inspeclion , quel est celui auquel ils se rapportent , si même ils ii' consliiuent pas de nouvelles espèces. ( .153 ) L'uude ces phosphalcs alll'Cle la forme primiiive qui leur est commune , le prisme droit rectangulaire. Il a la transparence et la cassure de l'hureaulito ; mais ces cris- taux sont lilas pâle , tandis que l'hureaulite cristallisé est d'un brun rouge ; et comme nous avons vu que les concrétions mamelonnées du fer hydro-sous-phosphaté bleu passaient par la même teinte au violet foncé, il est assez difficile de lui assigner une place entre ces deux extrêmes. Je ne balance pas toutefois à le considérer comme hydraté en raison de la difficulté avec laquelle il acquiert l'électricité résineuse , propriété qui contraste singulièrement avec la facilité et l'énergie avec lesquels ces phosphates anhydres s'électrisent. La dernière espèce ou variété de ces phosphates qu'il me reste à décrire est d'un beau jaune serin. Tantôt elle est disséminée dans l'hureaulite compacte dont elle em- prunte le faciès et la nuance, et tantôt dans le fer sous - phosphaté -manganésifère vcrl, dont elle prend la contexture filireuse. Ce phosphate jaune s'unit si in- timement avec ces deux espèces, et passe de Tune à l'autre par des transitions telles que je n'ose émettre aucune opinion sur sa nature avant d'avoir recueilli de nouvelles observations. Je laisse enfin décider le rang que ces phosphates doi- vent prendre dans les classifications méthodiques; leur place est naturellement indiquée dans celle de M. Beu- dant; mais dans les méthodes le plus généralement reçues où les bases servent de genre, séparera -t-on ces phos- . pliâtes entre ceux du fer et du manganèse , lorsque leurs bases sont isomorphes, lorsque, chose bien remarquable, ils paraissent conserver la même forme primitive, qu'ils ( 354 ) soient à l'état de phosphates ou de sous -phosphates, du phosphates simples ou doubles , hydratés ou anhydres , et lorsqu'enfin leur passage de l'un à l'autre tend à les unir , comme ils le sont déjîi dans la nature par leurs re- lations géologiques. J'ai dit qu'ils paraissent conserver la même forme pri- milive, car il ne peut y avoir de doute que pour le fer phosphaté-manganésifère-anhydre dont la contexlure fi- breuse rend le clivage indéterminable. A l'égard dti man- ganèse phosphalé-feiTifère , il est constant qu'il prend la formedu prisme rectangulaire -, la position des bases est res- tée indécise. M. Hauy a présumé, surdes indices fortlégers, qu'elles étaient droites; mais l'analogie nous autorise à pen- ser , avec plus de raison, qu'elles doivent être obliques. Je tirerai encore des propriétés physiques de ces lungstates et phosphates de fer et de maugancse un ca- ractère générique d'autant plus remarquable qu'il est tout opposé à celui qui devrait résulter de leur compo- sition : il consiste en ce que ceux de ces lungstates et phos- phates qui conliennent le plus de manganèse et le moins de fer , sont aussi ceux dout les propriétés magnétiques sont le plus prononcées : ainsi le schéelin ferro-manga- nésé et le manganèse phosphaté-ferrifère d'Haiiy agissent directement sur l'aiguille aimantée , tandis que le fer bydro-pliosphalé et le phosphate anhydre , de même que le scliéelin-ferruginé n'ont nue action même assez faible Rur cette aiguille qu'autant que celle-ci est suspendue dans une direction moyenne aiix forces de deux pôles opposés. Ne serait-on pas tenté de croire que quelques atomes de fer oxidé, sont répandus dans ces substances à l'état de mélange .'' ( ^55 ) Extrait du Programme des Prix proposés par V Académie royale des Sciences pour les an- nées 1827 et 1828. Prix de Plijsiqne , proposé en 1825 pour Vannée 1827. Xi' Académie rappelle qu'elle a proposé le stijet siai- ♦«iitpour le prix de Physique de Tannée 1827. PiésenTcr V Histoire générale et comparée de la cir- culation du Sang dans les quatre classes d' animaux vpenébrés , avant et après la naissance , et à différons âges. Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs. Il sera décerné dans la séance pu- blique du premier lundi du mois de juin 1827. Les Mé- moires devront être remis an secrétariat de l'Insliiul avant le i*'^ janvier 1827. Ce terme est de rigueur. Prix de Physiologie expérimentale fondé par M. de Montyon. Feu M. le baron de Montyon ayant conçu le noble dessein de contribuer aux progrès des Sciences , en fon- dant plusieurs prix dans les diverses brandies de nos connaissances , a offert une somme à l'Académie des Sciences , avec l'intention que le revenu fùl affecté à un prix de physiologie expérimentale à décerner chaque ( 356 ) année, el le Roi ayant autorisé celle fondation par une ordonnance en date du 2't juillet 1818 , L'Académie annonce qu'elle adjugera une médaillt; d'or de la valeur de huit cent quatre-vingt-quinze francs à l'ouvrage imprimé , ou manuscrit , qui lui aura été adressé d'ici au i^'^ janvier 1827, ^^ *ï^^ ^"^ paraîtra avoir le plus contribué aux progrès de la pliysiologie expéri- mentale. Les auteurs qui désireraient concourir pour ce prix sont invités à adresser leurs ouvrages , franc de port , au secrétariat de l'Académie avant le i^* janvier iSay. Ce terme est de rigueur. Le prix sera décerné dans la séance publique du pre- mier lundi de juin 1827. Les Mémoires et machines devront être adressés , francs déport, au secrétariat de l'Institut avant le terme prescrit, et porter chacun vine épigraphe ou devise, qui sera répétée . avec le nom de l'auteur , dans un billet ca- cheté joint au Mémoire. Les concurrens sont prévenus que l'Académie ne ren-^ dra aucun des ouvrages qui auront été envoyés au con- cours ; mais les auteurs auront la liberté d'en faire prendre des copies. ( 357 ) Mémoire sur la Jamille des Bruniacées; Par M. Adolphe Brononia.kt. Chaque jour de nouveaux végétaux viennent prendre place dans nos catalogues , et souvent leur aspect exté- rieur et une certaine analogie générale qui frappe un œil exercé dirige plus le botaniste qui les place dans un geni'e, qu'une élude approfondie de leurs caractères \ il en résulte que dans beaucoup de genres un grand nom- bre d'espèces ne répondent plus au caractère générique établi primitîvemen'. , et présentent à l'observateur qui les étudie avec soin des modifications de structure plus ou moins importantes , qui l'engagent ou à modifier les caractères de ces genres , ou à y établir de nouvelles coupes génériques. C'est ainsi que quelques-uns des grands genres de Linné sont devenus par les travaux des naturalistes modernes le type de familles naturelles fort remarquables ; cette observation s'applique surtout à la végétation de certaines contrées qui , ayant ce c^u'on pourrait nommer une pliysionomie particulière , a porté les premiers botanistes à réunir sous lemème nom des êtres souvent tiès-diiférens par plusieurs points de leur or- ganisation. Tels étaient les Protéacées , les Orchidées , les Resliacées , etc. , qui ne renfermaient d'abord que quelques grands genres , mais qui , mieux étudiées , ont oflert des modifications de structure nombreuses et im- portantes. La petite famille des Bruniacées est dans le même cas ; Linné créa le genre Brunia dans le premier de ses ouvrages , dans le Gênera plantarum de 1737. VIII. — Août x^S-, St/\ ( 35S ) Il le fonda sur le Brunia nodijlora , dont il cite la fi- gure dans Breynius , et son caraclèie généricjuc, quoi- qu'imparfait , se rapporte enliôrement à cette espèce qui doit rester le lype du genre. Presqu'à la même époque, daus \ Hoitus clij^orlianus , il ajouta deux nouvelles es- pèces à ce genre , le Brunia latiuginosa et le Brunia abrotanoides , qui dilïèrent essentiellement de la pre- mière ainsi que nous le verrons plus tard 5 les échanlll- lons sur lesquels Linné a établi ces espèces , existent encore dans l'Herbier de Burmann , qui fait partie des belles collections de M. Benjamin Delessert , et ne nous laissent aucun doute sur les plantes décrites par Linné. Depuis cette époque , plusieurs auteurs , et particu- lièrement Tliunberg , accumulèrent les espèces dans ce genre , mais sans les étudier avec soin j et ils ne s'a- perçiuentpas des diflérences remarquables dans la struc- ture de la fleur et du fruit qui les distinguent. Ce der- nier, cependant , en sépara le genre Staavia , mais plu-' tôt d'après les caractères qu'il présente dans son port (jue par suite d'un examen attentif de son organisation. D'un autre côté , les mêmes auteurs n'hésitèrent pas à placer dans des genres irès-diflerens plusieurs plantes , ou qui appartiennent au genre Brunia lui-même , ou qui s'en rapprochent beaucoup ; tels sont les Phylica racemosa et pinifolia de Linné, dont Burmann , avec plus de sagacité , avait formé un genre particulier sous le nom de Beckea , mais qui diffèrent cependant trop peu des vrais Brunia pour pouvoir en être distingués génériqucmcnt. Tel est encore le Diosma capitata de 'l'hunberg , qui forme un genre parfaitement caractérisé dans la famille des Bruniacées , bien loin par conséquent ( 359 ), de celle des Rulacées ; et il est à remarquer que ces er- reurs se sont perpétuées dans les ouvrages les plus mo- dernes et les plus estimés. Les mêmes causes qui ont déterminé la dispersion de plusieurs des plantes de cette famille dans des genres irès-différens , ont iulïué également sur la déterminatipn de ses rapports naturels : M. de Jussieu , frappé de l'a- nalogie extérieure qui existe entre les Phjlica et les Brunia, trompé par les caractères inexacts donnés par Linné à ces derniers , enfin déterminé peut-être un peu par l'identité d'habitation de ces genres , plaça les deux genres Brunia et Staavia à la suile des Phjlica dans la famille des Rhamnées. Ce ne fut qu'en 1818 que M. Rob. Brown, en éta- blissant la famille des Hamamelidées (1) , indiqua celle des Bruniacées , à laquelle il rapporta , outre les deux genres précédons , le Linconia de Swartz , et deux genres inédits de Solander, VErasma et le Tharmieaj mais il ne fit pas connaître les caractères de cette nouvelle fa- mille, et se contenta seulement d'indiquer ses rapports avec les Hamamelidées et avec les Cornouillers. M. Decaudolle , en décrivant cette nouvelle famille dans le second volume de son Prodrome , la plaça néan- moins immédiatement après les Rhamnées ; il fut pro- bablement porté à la ranger ainsi , parce qu'il attribue à ces plantes , ainsi que la plupart des botanistes qui l'ont précédé , des étaraines opposées aux pétales \ erreur facile à commettre , puisqu'elles adhèrent latéralement aux onglets de ces pétales. (i) Appendice botanique du f^oyage d'^hel a la Chine, p. i. ( 3Ga ) Du reste , il ne décrivit dans celte famille que les trois genres anciennement connus ; les deux genres de So- lander étant encore restés inédils. Tels étaient nos connaissances sur celte famille , lorsque des recherches dont je m'occupe sur les diverses plantes qui font partie de la famille des Rhamnées , telle que M. de Jussieu l'avait établie , m'engagèrent à l'étudier avec plus de soin , et les grandes diUerences qui existent enlre les Bruniacées et les avitres familles (Jue comprennent les Rhamnées , m'ont déterminé ;\ isoler cette partie de mon travail» Cette famille , quoique pew nombreuse , présente des modifications fort remarquables de son type primitif; et cependant, tous les genres qui la composent sont liés entr'eux de manière à ne laisser aucun doute sur leur affinité. Quatre genres peuvent être regaidés comme présentant le type le plus général do celle famille 5 les traits principaux de leur organisation sont , un calice dont le tube adhère en partie à l'ovaire , el dont le limbe est divisé en cinq parties ; des pétales oblongs ou on- guiculés à limbe étalé, alternant avec le calice ; des éla- mines en nombre égal à celui des pétales qui allernent avec eux, et dont les Ciels adhèrent presque toujours par un côté à leurs onglets , mais qui ne sont pas placés devant comme la plupart des auteurs l'ont avancé ; enfin, tm ovaire à deux loges renfermant chacune un ovule ou deux ovules collatéraux suspendus vers le haut de la cloison. Cet ovaire est surmonté de deux styles ordi- nairement libres , quelquefois réunis 5 tantôt il devient un fruit à deux coques divergentes qui s'ouvrent inté- rieurement; tantôt par l'avortemcnt d'une des loges et ( 36i ) tVune partie des graines, il se change en une nucule monospermc, indéhiscente, entourée par le calice auquel elle adhère dans sa moitié inférieure. Les graines ovoïdes, lisses , renferment un très-petit embryon dicotylédon placé à la partie supérieure d'un grand périsperme charnu. Telle est rorganisalion qu'on rencontre dans les genres Brunia , Staavia , Berardia et Linconia; les cincj auties genres nous offrent des déviations plus ou moins remarquables de celte structure : ainsi , le genre udu~ douinia diffère des précédens par son ovaire triloculairc à loges renfermant chacune deux graines collatérales , et par son style parfaitement simple ; le Thamnea , dont je dois la communication à l'amitié de M. R. Brown , présente une modification plus singulière et qui n'a, Je crois , encore été indiquée dans aucun autre végétal : c'^est mae colonne centrale , grêle et pour ainsi dire filiforme, qui traverse le centre d'un ovaire uniloculaire et qui s'élargit au sommet en un placenta en forme de disque autour duquel sont suspendus des ovules nombreux dis- posés en un seul rang : organisation bien différente de celle des placentas centraux de la plupart des familles où ce genre de structure a été reconnu , et dans lesquelles le sommet du placenta est étroit et se détruit lorsque la fécondation a eu lien ^ tandis que la partie inférieure, spongieuse et charnue , est couverte de graines plus ou moins nombreuses. La seule famille qui, au premier as- pect, offre un mode de structure analogue à celui-ci , est celle des Santalacées , daiis laquelle ott indique un axe rentrai au sommet duquel sont suspendus un petit nom- Ine d'ovules : mais nous montrerons plus tard que dans ( 363 ) la plupart de ces plantes cet axe est réellement libre au sommet , et ne fait que soutenir les ovules et les rappro- cher du sommet de la cavité de la loge sans les mettre en communication directe avec la base du style. Dans le genre Thamnca , on peut se représenter l'o- vaire comme étant devenu unilocnlaire , par suite de la destruction des cloisons des loges , dont l'axe central nous représente encore l'angle interne 5 la symétrie parfaite de toutes les parties est un caractère essentiel de cette structure : le nombre des ovules qui nous a paru de dix semblerait indiquer im ovaire à cinq loges, renfermant cliacunedeux graines , dont les cloisons se sont détruites. Le genre TUtmannia nous fournit pour ainsi dire un passage de ces ovaires mulliloculaires aux ovaires unilo- culaires à axe central libre , car sa fleur , diÛérant à peine sous d'autres rapports de celle du Thamnea, nous pré- sente un ovaire à deux loges , renfermant chacune deux ovules suspendus, comme dans la plupart des Brimiacées, mais dont la cloison , quoique divisant complètement l'ovaire en deux loges , n'adhère pas par ses bords aux parois de l'ovaire et repi-ésente par conséquent l'axe central libre du Thavinea , transformé par son apla- tissement en une cloison. , Dans le genre Berzelia, nous observons, comme dans le Thamnea,un ovaire unilocnlaire, mais il estle résultat d'une modification toute difïérente dans la structure or- dinaire des plantes de cette famille-, la cavité simple de l'o- vaire n'est pas due à la suppression des cloisons qui sé- paraient les loges de ce fruit , mais à la réduction de ces loges à une seule : c'est l'ovaire d'un Brunia ou d'un Staavia dont une seule los^e subsiste. Eu ellct , dans cet ( 363 ) ovaire on ne trouve plus des ovules nombreux suspendus autour d'un axe central libre comme dans le Thamiiea , mais un ovule unique fixé au sommet d'un placenta ou plutôt d'une nervure qui occupe une des parois de l'o- || vaire et qui correspond à la cloison de l'ovaire bilo- culaire des Brunia\ cet ovaire, non-symétrique, en- traîne un défaut général de symétrie dans la fleur -, ainsi, ^ le tube du calice est plan du côté du placenta , il est ar- rondi et gibbeux du côté opposé ; ses divisions et les pé- tales sont également dtyetés et un peu inégaux , ce qui donne à toute la fleur un aspect difforme qui devient encore plus marqué dans le fruit. Dans tous les genres que nous venons d'examiner , l'ovaire était adhérent , au moins en partie , au tube du calice. Le genre Raspalia nous offre un calice parfaite- ment libre , siemblable du reste en tous points à celui des autres plantes de cette famille, et surtout à celui des Staavia ; cette modification dans l'organisation naurait rien de singulier, si , comme dans tant d'autres familles dans lesquelles l'ovaire est tantôt libre et tantôt adhé- rent , les élamines et les pétales étaient insérés au som- met du tube du calice ou du moins à quelque partie de ses parois 5 mais dans cette plante c'est vers la partie supé- rieure de l'ovaire que les pétales et les étamines sont fixés. Je crois qu'il n'y a aucun exemple , connu jusqu'à pré- sent , d'insertion épigyue de ce genre ; en effet , dans tous les cas d'épigynie observés , l'ovaire esttoujours adhérent au calice , et le plus souvent les étamines et les pétales peuvent être regardés comme naissant de cet organe N aussi bien que de l'ovaire 5 aussi quelques auteurs avaient clé portés à n'admettre comme insertion réellomeiïil épi- ( -^<^'4 ) -gyne que celle où les élaniines sont fixées au slyîe luf- mème , comme dans les Aiisloloclies, les Orclii- dées , etc. Dans la plante qui nous occupe , les étamines et les pétales n'ont aucune connexion avec le calice 5 ces or- ganes naissent évidemment de la partie supérieure de To- vaipe : on pouiTa , il est vrai , attribuer ce mode d'in- sertion à la présence d'un disque très-mince , adhérent à la partie inférieure de l'ovaire : cependant celte sup- position ne peut être regardée que comme l'expi'ession d'une hypothèse plus ou moins vraisemblable , car on ne voit aucune couche distincte des parois de l'ovaire : au contraire , ces parois sont beaiucoup plus minces au- dessous de l'insertion des pétales et des étamines qu'au- dessus. Je serais pourtant assez porté à admettre celle manière de voir, au moins en théorie , à cause de l'aspect irès-dilTérent que présente la surface externe de l'ovciire au- dessus et au-dessous du point d'insertion des pétales et des étamines ; au-dessous , cet organe est très mince , mem- braneux , mais parfaitement lisse 5 au-dessus il est plus épais, assez dur, mais tout hérissé de poils blancs. lî est donc assez naturel de supposer que la partie infé- rieure est enveloppée par une sorte de tube staminifère très-mince qui adhère aux parois également très-minces de l'ovaire , parois qui dans la partie libre acquièrent au contraire plus d'épaisseur et de solidité. Ce mode d'insertion n'en sera pas moins une inser- tion épigyue d.ins toute la rigueur de l'expression ad- mise jus.qu'à présent , car cette manière de l'expliquer «7st commune, à l'insertion pérîgyne dans laquelle on peut presque toujours admettre une couche charnue t ( 365 ) miner , de nalure analogue à celle des illels des élainii 2.s et des pétales , qui s'étend depuis le fond du calice jusqu'à l'origine de ces organes. Ainsi , si l'on admet l'insertion périgyne qui ne parait être dans la plupart des cas que le résultat de l'adhérence au calice d'un disque plus ou moins distinct , on doit regarder comme insertion épigyue une semblable adhérence avec une grande partie de l'ovaire. Cette structure du genre Raspalia me porte à regar- der l'insertion dans toutes les Bruniacées comme épigync . plutôt que comme périgyne , ce que conlirme encore la facilité avec laquelle on peut dans piesque toutes les plantes de cette famille arracher des portions du tube du calice sans entraîner en même temps les pétales et les étamines qui restent fixés au pourtour de l'ovaire 5 on peut encore remarquer à l'appui de cette opinion , que dans plusieurs des plantes qvii appartiennent à cette fa- mille , le ttibe du calice reste indivis dans une étendue assez considérable au-dessus du point où il cesse d'ad- hérer à l'ovaire , s.ans que jamais on observe la moindre connexion entre cet organe et les étamines ou les pé- tales qui sont fixés au point même où l'ovaire et le calice se réunissent. Ces remarques que l'on peut appliquer à quelques autres familles , nous paraissent prouver qu on ne doit pas confondre l'insertion épigyne avec linscrtion péri- gyne 5 comme quelques botanistes l'ont fait , mais les distinguer , ainsi que M. de Jussîeu l'avait établi dans ses Crenera plantarum : car non-seulement cette distinction paraît exister dajis la nature , mais encore elle semble propre à uous diriger dans la recherche des rapports ua- ( 3Gà ) lureîs , comme ce célèbre naturaliste l'avait parfailenicnl senti. Après avoir fait connaître les^oints les plus remar- quables de l'organisation des Bruniaçées , il nous reste à examiner ses affinités avec les autres végétaux : la slruclui'e raieux connue de ces plantes les éloigne évidemment non-seulement des Rhamnées, mais aussi des (^élastrinées etdes Ilicinées , familles avec lesquelles elles ont si peu de rapport qu'il nous paraît inutile de nous arrêter à les comparer ; c'est avec les familles à ovaire constamment infère el dans lesquelles on peut regarder l'insertion plutôt comme épigyne que comme périgyne , que les Bruniaçées me paraissent avoir le plus d'analo- gie : telles sont particulièrement les Cornouillers, les [ialoragées , les Hamamelidées et mcnie les Ombellifères et les Araliacées. Dans toutes ces familles l'ovaire est infère ou semi- infère , et le plus souvent à deux loges renfermant une seule graine ou deux graines suspendues à la cloison ; les élamines sont presque toujours en nombre égal aux pé.Lale5 el alternent avec eux : tous ces caractères se re- trouvent dans les Bruniaçées. Les Ombellifères et les Araliacées s'en distingue!» l par la structui^e delà graine , par les loges du fruit cons- tamment monospermes et indéhiscentes , enfin par leur port 5 les Hamamelidées dont le calice et les pétales pré- sentent la préfloraison valvaire et dont les anthères s'ouvrent par des valvules libres ne peuvent se confondre avec elles. Malgré leurs nombreuses variations les Halo- ragées s'en éloignent par la structure de leurs graines , dépourvues de périsperme , et par leurs feuilles le plus ( 3r^7 ) souvent opposées 5 le genre cornouiller est un de ceux" qui a le plus de rapports réels avec les Bruniacées , il en diffère peut-être plus par sou port que par des carac- tères bien tranchés. Enfin nous devons indiquer les rapports , quoiqu'éloi- gnés, que cette famille paraît avoir avec celle des Myrtes par rinlcrmédiaire du genre Imbricaria de Srailli ou Mollia de Willdenow : dans ce genre, qui s'éloigne beau- coup par sa structure des vraies Myrlinées , on observe en effet presque'la mênic organisation , quant au calice et aux pétales , que dans les Bruniacées ; Tovaire est uniloculaire et l'cnferme quatre ovules suspendus au sommet d'un placenta latéral, structure qui rappelle eu même temps celle des genres Berzc.lia et Thnmnca. Mais cette plante s'éloigne des Bruniacées par ses éta- mines opposées aux pétales , position fréquente dans les Myrlinées , par ses ànllières glanduleuses au sommet, enfin par ses feuilles ponctuées , caractères qui tons lui donnent plus d'analogie avec les Myrtes <{u'avec les , plantes qui nous occupent. La famille des Bruniacées forme doncvui petit groupe que ses caractères et vm poit très-particulier distinguent également bien des familles auprès desquelles elle doit venir se ranger -, car son aspect la fait ressembler au premier coiip-d'œil aux Bruyères , aux Diosma , aux Phylica et à quelques autres genres qui n'ont cependant de commun avec elles que le port et l'habitation. Les Bruniacées sont en efl'et une de ces familles qui ne sortent pas des limites d'une certaine région ; elles n'ont jusqu'à préseul été trouvées qu'au cap de Bonne- Espérance , dans celle région remarquable par la quantité ( 368 ) d'arbrisseaux, analogues par leur porl à nos Bruyères , qui riiabitent. Une seule espèce a été observée liors du continent africain , c'est le Berzelia laniiginosa que Commerson a recueilli à Madagascar : celte exception n'a rien de remarquable , car on sait que cette île possède î plusieurs des végétaux du continent voisin. En décrivant une partie des espèces de cette famille , je n'ai pas eu l'intention de donner' une monographie spécitique des plantes qu'elle renferme , car il m'a été impossible d'observer plusieurs d'entr' elles dans les her- biers de Paris 5 mon but n'a été que de fixer avec cer- titude les espèces sur lesquelles j'ai fait mes observations et de faire ressortir quelques différences de structure propres à éclaircir les caractères génériques. BRUNIACE/E , R. Brown , in Ahcl. iter. Chinensis ^ Decakdollil , Prod. , ir , p. 43- CAnACT. DiFF, Caljx adlîserens, rariùs liber, in pre- floratione imbricatus. Petala ovario inseita , imbiicata. Slamina petalis alterna, epigyna ; antheris introrsis, bi- locularibus , rima longitudinali dehisceutibus. Ovariuni semi-inferum ; i-3-loculai'e , loculis 1-2-spermis , ovulis collateralibus suspensis. Fructus bicoccus vel iudehis- cons , inferus vel semi-inferus. Semina embryone pai'vo inapice endospermii carnosi. Caract. natur, Caljx monophyllus , tubo ovario adnato rariùs libero (in jRa.^^rtZid), limbo 5-fido, laciniis sîepe apice caliosis , in prefloralionc erectis vel im- bricatis. Corolla polypelala. Petala laciniis calycis alterna, parti supcriori ovarii inserla, unguiculala ; ungue lato ( 369 ) inferiùs subslaalià carnosà incrustalo vel cristis duobus cai'tiosis parallelis orna to ; preflo ratio imbricala. Siamina petalîs alterna 5 filamenta unguibus peta- lorum plus minusve adhœrenlia ; antherae introrsae bi- loculoires , loculis superiùs connexis, inferiùs liberis , sœpe divcrgenlibus , rima longitudinali antice deliis- centibus ; cum petalis et in eadem série ovario vel disco teniii ovariiim tegenti inserta. Discus uullus dislinctus vel ( in Thamnea ) orbicu- Jnris, partem superiorem ovarii obtegens et exteriùs peta- lis et staminibus inscrtionem prjebens. Ovavium semi-inferum (inferum in Thamnea , libe- rum in Raspalia ) , Liloculare , rarius uniloculare vel trilocalare 5 ovulo uuico vel ovulis duobus coUalerali- bus in quolibet loculo suspensis (in Thamned ovuli nu- merosi ex apice columnse centralis dependentes). Stjlus simplex vel bifidus 5 Sligma unicum vel Stigmata 2-3 miniina papilliformia. Fructus semi-inferus , calyce et sœpius petalis atque staminibus persistentibuscorouatus; velbicoccus, coccis coriaceis divergentibus, externe calyce involutis, interne rima longitudinali debiscentibus, mono-vel rarissime dis- permis , seminibus oblongo-cylindricis (in Staavia , Berardia ^ et Linconia ) •, vel indehiscens, subligno- sus, rariùs membranaceus, unilocularis (ssepe aborlu), monospermus , semine ovato-compresso ( in Brunia et Berzelia ) (i). (i) Inhis generibus fructus ssepius omuiuô abortum patitur et peri- carpium , furtili externe simile , placeutà spougiosù , semiaa membra- nace3 parya sustiucnte , repletur. ( 370 ) Sc/ncn suspensimi , oLlongo-cylindricmn vel ovato- compi essum , sessile vel podospermio cupulacformi af- fixiim ( in Slaa\>ia et Linconia ) -, Testa laîvis vel sub- retioulala^ Endospei-niium carnosum, albidum ; Embryo parvus ovatus ad apicera seminis , radiculà conicà superà , colyledonibus brevibus carnosis. Frulices ex yJfrlcd australi , ramosissimi , ericœ- formes ; foliis parvis, glabris vel vix pilosis, ad api- cem sœpiiis calloso-ustidatis , rigidis , inlegerriinis , quinquefariam insertis ; floribus parvis, capitalis , vel rariiis paniculatis , spicatis , vel terininalibus solita- riis ; capilulis midis vel foliis majoribus iiwolucratis ; flores ad basim tribracleati , braclea inferiori majori , , J lateralibus oppositis minoribus vel nuîlis ; in Linconjâ, Tliamueâ , Audouinià, Tittmannià bracteis quatuor vel pluribus involucrati. I. BERZELIA. — Bruniœ spec. auct. Cauact. diff. Calyx ovario adhaerens -, lacinils inœ- qaaiibus gibbosis. Ovarium inferum', uniloculare, mo- nospennuui. Stylus siuiplex. Fructus indcbiscens. Caract. HAT. Caljx , tubo ovario adnato , latere superiore piano , placentse rcspondenie , altero con- vexo -, laciniis 5 rariùs 4 acutis , apico sa;piùs cal- losis , inœqualibus , duobus superioribus paulo bre- vioribus , tribus infciioribus longioribus. — Petala oblonga vel spalhulala , ungue vix carnoso non bica- rinato. — Stainina pctalis longiora, loculis antherarum parallelis , superiùs connexis , infcrîiùs liberis. — Ova- rium semi-inferum , uniloculare, oblicpuini , monos- permum; ovulo versus apicera loculi ad parieiem su- ( 371 ) periorem suspense. Stylus simplex sulcatus. Stigma parviim subcouicum. Fiuctus ferè omnes abortivi, coriaceî, indchiscenles, calycJs laciniis auclis gibbosis , pelalis et staminibus pei- sisU'iuibus coronali , obliqui , gibbosi , placenta unilaté- ral! , spongiosà , semen membranaceum parvum susti- nenle , repleli -, fertiles , nuculae coriaceae, obliquse , mo- nospcrmse •, seraine ovato-compresso , lœvi 5 teslà crus- taceà. Endospermium carnosum, album. Embiyo parvus, ad apicem seuiiuls • bllobus , radiculâ superâ. Frutices-, îoXWs panns., brevibus, subtrigonis, glabris vel vix pilosis , ad apicem sœpiùs ustulatis, imbricatis ajcl patulis'jjloribus capitatis, capitulis nudis ad apices ramulovum scepe congcstis; bractese très ad basim cujus- que Jluiis, inferior versus apicem chwata callosa. Dixl in honorem Cel. BerzeliicuJus ingeniuni, quan- quam chemise prsecipue dedilum, scicntias omnes illus- travil et promovit. I. Beuzelia abrotanoides. Foliis ovalis, apice ustulatis, brève petiolatis, glabris, palenlibus 5 capitulis, avellanse subaequalibus, terminali- bus , congeslis subcorymbosis ; receptaculo piloso , bracteis clavatis , viridibus , glabris, apice ustulatis; pe- talis patentibus spalhulalis. J^ar. a.. Floribus 4-ûdis, tetrandris , petalis majori- bus patentibus , staminibus longissimis. Var. p. Floribus 5 - fidis , pentandris , petalis et sta- minibus brevioribus. Brunla abroianoides Burm. -^Ji"- p- 266, t. 100, fîg. i ; Linn , Spcc. Plant, cd. iir,p. aSS; Willd. tS'/;ec. i, p. ii43; Dx- GAND. Prod, II, p. 44' (370 Util, ad promontorium Boncc-Spei. (r. ia liei-b. Burmanni^ Musei Parisicnsis , etc.) 2. Berzelia LANUGINOSA. Ramis erectis, fasligiatis , jualoribus villosis 5 foliis Iriquctris, patentibus, apice callosis, pilosiusculis; capi- tulis pisi niagnitudine, ad apices ramulorum lateraliuni in pauiculà fastigialà disposilis -, bracieis spathulalis glabi'is, apice callosis 5 pelalis suberectis , oblongo-lau- ceolalis, obtusis. Biunia lanuginosa , Linn. Ilorl. cliff. p- 71; Spec. Plant, i , 288; WiiLD. Spec. I, 1142; Decand. Prod. ii,p. 4f- Tamariscus Monomoltapensis , Plucken. t. 3i8 , fig. 4- Hal>. ad promontorium Bona;-Spei (^Buiriiann, Thunherg, etc.), adlittora orientaliaAfrirœauslralis Mouomottapa dicta (P/ucAenet) et in Madagascaria (Commerso/i). (v. iu herb. Biirmanni , Mus. Parisicnsis , de Jussieu , etc.) II. BRUNIA. — Bniniœ spec. auct. Caract. diff. Calyx adhœrens. Ovaiium senn-iiife- rum , biloculare; loculis 1-2-spermis; Styli duo. Fritc- tus iudchiscens, abortu raonospermus. Caract. isAï. Caljx , lubo inferiùs ovario àdnato, superius libère , laciniis subspatliulatis apice , non cal- losis, œqualibus. — P ctal a o\Ala vel spalbulata, linibo pcJlcntc , ungue gianduloso , iti pluribus bicristato. — Staniina inclusa vel exscrta , anlheris ovalis , loculis parallelis. — Ovaiium semi-tnfenim , bilociilare, lo- culis mono-vel dispeimis, allerove rariùs vacuo ; Styli duo , superius divergentes. Fructus fertilis coriaceus vel membranaceus, indeliisccns, abortu unilocularis, moiios- peruius, vel sœpiusomiiinoabortivusbilocularis, placenta spongiosâ s^jmina parva versus apicem sustincnte sulirc- ( 373 ) pleins. — Semen ovato-coinpressum , lœve. Endosper- iniura magnum , carnosum , album. Embryo parvus ad apicem endospermii , radiculà superâ , cotylcdonibus bievibus. Suliruclices , habita et caracteribus floris maxime dii^ersi , plus minusve vamosi , ramis siibverticillatis erectis vel patulis , vel foliis parvis arcle imbricatis et floribus capitatis ( in Brunià virgalâ , alopecuroide et nodiflorâ ) ^)el foliis majoribus abietinis vel mjrtoideis patulis et floribus paniculatis ! ( in Brunià racemosâ et pinifoliâ ) j flores tribracteati uel defectu bractearum lateralium unibracteati. Sect. I. Calyx pilosus , laciniis spalliulatis ; petala subspathulata ; slamina exscrta inœqualia ; ovarium biloculare , loculis dispermis ; fruclus caljce petalis staininibusque persistentibus coronatus. J I. BTiUNIA WODIFLORA. Foliis lanceolato-subulatis, trigonis , acutis, glabris, incurvis, arcle imbricalis, apice non uslulatis; capitulis globosis , magnitudine cerasi, in ramis lerniinalibus. Brunià, Likn. , Gen. plant. , éd. i, 1737. JBrunia nodiflorâ, Likk. , Horl. cliff'., 70. Omn. que auct. recentio- rum. Cupresso-pinulu) capitis Bnnœ-Spei , Breyn, cent. 22, t. 10. Hab. ad promontorium Bonce-Spei. ( v. in herb. Burmauni, Musei Parisiensis , etc.) Suffrutex ramosissimas , ramis subverticillatis , patentibus et in- curve erectis \ foUa parva , lauceolato-subulata , se«silia, trigona, quin- quefariam imbricata, glabra. Capitula sphierica , cerasi magnitudine, ad apiccs ramuloriim solitaria , non involucrala, villosa. Bructeœ très ad basim cujusque floiis, subœqualcs, .spathiilafee, tomentosa;, ilorcm VIII. 25 ( 374 ) aequantes. Calyx externe villosissimus, tubo ovario adhserente, laciniis 5, spatliulalis, externe villosis, tiibo longioribus. Petala oblongo-subspa- tbulata, erecta, limbo patente, calyce paulo longiora, inferiùs angusta- ta, bicn'stata. Stamina inaequalia, exserla; filamenta compressa, ungui- bus petalorutn subadhaerentia ; anlherœ introrsaî, biloculares, loculis oblongis superiùs et iuferiùs cliscrclis. Ocan'um semi-iuferutn , villo- suin , biloculare, loculis Jispenuis , ovulis coUateralibus ex apice septi dependeutibus. Siyli duo divergentes. Stigmata duo miniina. I^ructus fertilis aborlu unilocularis , monospcrmus ; sterilis bilocula- iis , placenta septo aflîxâ magnâ spongiosà repletus. Scct. 2. Calyx, laciniis glabris scai'iosis ; petala ovata ; stamina iiichisa ,• ovariuin biloculare , loculis mono-vel dispcj'mis (alterove vacuo^ ; fructus calyce coronatus ; petalis et staminibus caducis, 2. BaUNlA RACEMOSA. Foliis patenlibus, sessilibus , ovalo-acuminatis, sub- corda lis , tiinerviis, pilosiusculis , floribus paiiiculalis, pauiculà e racemis densis distanlibus subfoliosis com- posilà. Becfiea cordala , BvKM. Prod. I2. Phylica racemosa , Likn. Manl, 209; Thumb. Prnd. FI. Cap. 45; WiLiD. Spec. i, ma; Decand. Prod. 11 , Z"] ■ Hah. ad promontorium Bonse-Spei. ( v. s. in herb. Burmanni.) Siiffnitcx, ramis erectis, (tistigiatis, subverticillatis, junioribus ville- , sis jjhliis appj'oximatis, patentibus vel snbreflexis, sessilibus, ovato-acu> minatis , subcordatîs, triuerviis, pilosiusculis; floribus paniculatis, pa-« niculis e racemis densis distantibus subfoliosis compositis ; fins quisque tribracteatusj bracted inferiori ovalâ majori , foliis subsimili; lalerali- bus oppositis minoribus. Calyx tubo obconico , inferiùs ovario adna- to, superiiîs libero , 5-fidus, laciniis ovatis, obtusis , subtruncatis., sca- riosis , glabris. Pelalà 5 , ovato-oblonga , iuteriùs ab basiin crassiora subcarnosa. Stamina petalis breviora, antlieris ovatis, bilocularibus, lo- culis parallelis. Ocarium infcrum , obconicuni , superiùs planutu vel yis I ( 375 ) coiivexiim , biloculaïf , loculis mouospcrinis , ovulo angulo interiovi et supeiiori cujusque luculi suspenso , oblongo. Stjli duo appi-oximali , paralleli, superne divergentes. Sligm ) gloLosis, densis, piso duplù minoribus, midis; bractese floribus breviores. Btunia cdopecuroides ? Thdhb. FI. Cap. il , p. g'' ; Decakd. Prod. II, p. 44. Sab. ad proraontoiiutn Bonœ-Spei. (v. in heib. Burmanni.) Suffrutex, ramis gracilibus ercctis glabris;_/o/às subulatis , trigouis , acutis, glaberrirnis , iiubricatis , incurvis, apice ustulatis; capUidis ter- minalibus, ovato-globosis, (îeiisis, piso (]upl6 miuoribus, nudis. Bractea unica ad basim ciijus((ue floris , obtusa, subclavata, glabra , apice us- tulata , florem suba;quaiite. Calyx vix pilosus , tubo ovario adnato , laciniis scarlosis ovatis acu- miualis. — Pelala ovato-oLlouga scssilia , apice pateutia , ungue rar- iioso lato , bicarinato. — Slarnina petalis breviora vel siibœqualia , filamenlis erectis insequalibus ; antherse ovatœ, biloculares , loculis basi disjunclis. — Ouarium superiùs pilosuin , seoii-adhœrens, biloculare , lo- culis mono-vel dispermis; ovulo ovato-oblongo, ex apice septi depen- dente: rariùs in une loculorutn vel in ambobus ovuli duo collatéra- les. — Slyll duo e basi divergentes. Stigniata duo minima, subtruucata. 5. Brunia. VIRGATA. Ramis gracilibus subverlicillalis ; foliis arcte adpres- sis, sessilibus, lanceolato-subulatis, acutis, apice ustu- latis, canaliculatis, glaberrirnis-, capitulis terniinalibus, niinimis , paucifloris (ciceris magnitiidine ). An Brunia veiticillala ? Thunb. FI. Cap. 2 , p. 92. Hab. ad protnontorium Bonaj-Spei. (v. in berb. DelessertJ Suffi titex , ramis lenuissimis , virgalis , subvertit-illatis, fastigiatis } J fuliis lanceolato-subulatis, acutissimis , apice ustulatis, cxtciue con^ vexis , iuteriùs concavis, glaberrirnis, sessilibus, ramiilis arcte adpres- , gis; capitulis terrainalibus , vix ciceris magnitudine , fuliis qiiibusdam' brcvioribus patulis involucratis, paucifloris; floiibus unibracteatis, — Calyx, tubo brevi , ovario adnato , glabro , limbo 5-parli(o , laciniis oblongis , obtusis , scariosis , glaberrirnis , tubo dupl6 lou^ioribus. — PoiaLi 5, laciniis calycis ^equalia, ovato-obionga , obtusa, ad basim- ( 377 ) erassîora, cellulosa. — Stamina pel^ïis brcviora , aullieris ovalis,bî- locularibus , loculis parallelis adiiatls. Ovarium semi-iiiierimi vel subiiifenim , superficie superiori convexâ pilosâ, biloculare , loculis inaequalibus ; majori , tribus laciniis calycis respoudente, moiiospt'rmo, ovulo ad partem superiorem scpti susponso ; minori duobus altcris laciniis calycis opposito , vacuo ( sine vesligio uUo ovuli vel podospermii ). Styli duo ad basim conjuncti , superiùs arcuati divergentes. Stigmata duo minima. m. RASPALIA. Caract. diff. Calyx liber ! Petala et stamina ovario libcroinserta. Ovarium biloculare, loculis monospermis. Slyli duo. Caract. nat. CrtAj^o? liber, monophyllns, 5 - fidus , laciniis acutis, apice callosis. — Petala et stamina 5 alternaiilia nec basi adhœrenlia , parti superiori ovarii in eadeni série inserta. — Petala obovato-oblonga, obtusa, basi vix cariiosa, crccta. — Stami/ia petcdis breviora, in- clusa , aniheris ovatis , loculis parallelis. — Ovarium a calyceomninôliberum, biloculare, loculis monospermis; parle inferiori obconicà, niembranaccà, penlagonà, angu- lis vasculis staminum percursis, supernè petala et stami- na sustinenle; parte superiori hemispliaîricâ coriaceà pi- losâ. — Stj'li dao basi approxîmati, superiùs divergentes, Fructus. . . Suffrutex, ramis vlrgatis , fastigiatis , ramulis al- ternis , oppositis vel subverticillatis , brevibus ; foliis parvis , rhomboidcis , carinatis , ramulis arcte ad- pj'essis, spiraliter inserlis, glaberrimis. Floribus capi- tatis , capitulis solilariis , geminalis vel ternis ad apicem ramulontm, non involucratis, tomeniosis (pilis talycium et bractearum). Flores parvi, albi, limba senii-patenle , antlwris inclusis. v' ( 37S ) Hoc genus dicavi clar. Raspail qui de structura gra- minuin atquc de feculœ formalione tam subtililer dis- seruit. I, RaspALIA MICr.OPHYLLA, Bruniamicrophjlla ?T\iVKt. Fi. Cap. 2, ^i. g^\ Decand. Prod. 11, p. 4^. Hab. ab promontoriiim Borwe-Spei. ( v. in lierb. Delessert.) IV. STAAYI Thune. Caract. diff. Calyx adhœrens. Petala libéra. Ova- rium semi-inferum , biloculare , loculis monospermls. Stylus simplex. Fructus bicoccus. )j Caract. nat. CrtZ^ .r , tubo inferiùs ovarlo adnato , superiùs libero, laciniis setaccis, apice callosis. — Petala lauceolata, basi carnosa, incrassata, uecbicrislaîa. — Sta- miVzrt pelalis breviora, autheris ovalis, loculis parallelis. — Ovarium semi-iuferum, biloculare, loculis monos- permis; ovulis podospermio cupulseformi semi-involutis. — Styli connexi in coluronâ simplici bisulcalâ. Stigma bilobum. Fructus semi-înferus, superiùs conicus, bicoruis, bi- coccus; cocca superiùs bivalvia, interiùs rima longilu- dinali usque ad basini fîssa , mouosperma. — Scmina oblongo-cyliiidrica, supernè cupulà parvà (podospermio induralo ) iiivoluta. Endospermium carnosum , album. Embryo parvus , cordiformis, ad apicem semiiiis. SulïVulices , foliis linearibus , patentibus , apice cal-- losis ; tloribus aggregatis ; capitulis terminalibus , dis- coideis, bracteis foliis longioribus , niteniibus , albidis vel brevibus foliis conformibus , ins'olucratis . (379 ) 1. StàWIA HADIATA. Ramis junioribns foliîsquc pilosîs ; foliis lineaiibus, aculis, vix cariualis, palenlibus vel dcflexis, mucronalis; oapilulis corymbbsis -, bracteis involucri raembranaceis mucronalis _, (loiibus paulo loDgioribus , arcualis , dc- ilexis , albidis. Staavia radiata , Thunb. Dissert.; FI. Cap. 2, p. 96; Willd. Spec. I , p. 1 144 ) Decand. Prod. ii , p. 45. Phyllca radiata , Linn. , Spec. , édit. 11, p. 283. Brunia radiata, Linn. , Mant., 209. f Hab. ad promontorium Bouas-Spei. (v. s.) 2. StAAVIA GLUTIJS'OSA. Piamis foliisque glaberrimis ,• foliis linearibus , tri- gonis, crassioribus , obtusis , callosis, iislulalis, approxi- matîs , crectis ; capitulis subsolitai^iis , termiualibus ; bracleis involucri ereclis vel rigide patentibus , non ar- cualîs, floribus mullô longioribus, albidis 5 floribus suc- co rcsinoso aggluliualis. Staawia glulinosa , Thitsb. /Y. Ca/j. 2, <)5 j Willd. Spec. i,p. iih45 Decand. Prod. 11 , p. ^5. Branla glutinosa , Likk. , Mant., 210. Hab. ad promontorium Boux-Spei. ( v. s.) 3. StAAVIA jVUDA. Ramis fasligialis foliisque glabris 5 foliis oblongo- linearibus brevibus , trigonis^ erectis, imbricalis; capi- tulis solilariis^ lermiaalibus j involucro floribus breviori vel subœquali , foliis concolori. Hab. ad' promoHton'uru Bonae-Spei. ( v. ia herb. Richard. ) ( 3So ) 4. Stawia ciliAt.v. Ramis faslifiçiatis villosis ; folîls sesstlibus, ereclis, îni' bricatis , oblougo-lanceolaùs , acutis, dorso carinatis , glabris , ad ruarginem piloso-cilialis; apice callosoj ca- pitulls discoideis^ lanuginosis (bracleis calycisque la- ciniis villosissimis) ^ involucro flovibus brevïori, imbri- cato , piioso^ foliis coiicolori. An Brunia ciliata ? Linn. Spec. 288. Ilab. ad promontoriuui Bonœ-Spei ( v. in herb. Desfontaines.) V. BERARDIA. Cah. diff. Calyx ovario adhrcrens. Petala basi in lu- bo cohereniia. Ovariiim semi-inferum , liiloculare, lo- culis mouospermis. Slyli duo. Fruclus bicoccus. Caract. wat. Caljx tubo ovario adnato , superiùs li- bère, 5-fido, laciniis augustis, apice callosis. — Petala oblonga vel oblongo-linearia, inferiùs in tubo cobœren- tia. — Siamina petalis plus minusve basi adhœrcntia, ex- S€irta , auilieris bilocularibus , loculis superiùs conncxis., inferiùs liberis , parallelis. — Oyarium semi-inlcrum , biloculare, locnlis monospermis. »Si//i duo divergen les. Friictus bicoccus , coccis omnino disjunclis , interne planis rima angustà dehiscentibus. — Semina ovato- cylindrlca. Suflrulices, ramis ereclis^ f asti gialis, gracilibus; fo- liis subulatis, acutis, adpressis, undique caiilenite'gen- tibus ; floribus capitalis, bracteis subulatis foliis longio- ribus involucratis j Ûos quisque bracteis tribus siijfultus, inferior Jlore duplo longior, latérales JJori subœqiiales . ( -s» ) Genusinhonorem dixi clar. Berard , Monspelii che- niiai professoris neçiion Academiœ Scientiarum Parî- sicnsis socii, ciijus cliemicœ et physîcse investigalioncs physiologiam plantanim maxime promoveruiU. i l l /'\. Berardia palkacka. Foliis subulalis, aculîs, brevibus, arclc adpressis, gla- berrimis, apice uslulatis; capilulis corymbosis; bracleis inferloribus floribus duplô longioribus, subulatis, iislu- lalis, basi pilosis 5 calycis lacinia petalis breviora, villosa ; antherœ ovatae. Brnnia paleacea, Thdnb. Prod. p. 4' i Linn. Mant. SSgj Decand. Prod. II , p. 44- Hab. ad promontorium Bonae-Spei ( v. s. ). r/^ 3. Bekardia affinis. Foliis subulatis, acutis , arcte adpressis, glabris vcl subcilialis ; bracteis inferioribus floribus longioribus , subulalis , glabris 5 calycis laciuia petalis longiora , gla- bra ; antheraî lineari-oblongœ. Hah. ad promontorium Bonse-Spei. ( v. in herb. Banks nomme Linconia capitata inscripta.) • f Species afEnts ( an genus distinctum ? ). 3. Bekardia phylicoides. Foliis ovatis, obtusis, convolutis, quinquefariam im- bricalis, extci'ne lomeniosis 5 capitulis corymbosis, brac- leis floribus œqualibus, tomeutosis; calyce et petalis ex- terne lanuginosis. Brunia phyUcoides jThvus. FI. Cap. 2, p. g^j Decand. Prod. 11, p. 44. IJab, ad proraoulorium Coua;-Spei. (v. m herb. Dclessert.) ( 3S2 ) Suffrutex , ramls verlicilliitis, ncclis ^fnliis ovatis, obtusis, coiicavîs et inaigine convolutis, quiiujuffHiiam itnliricatis , externe (omcntosis , interne f^labris ; ctipitulis corywbosis non iiivolucratis (nisi folia supe- riora , aliis aeqiialia std planiusciila , apice callosS , pro involucro au- mas} ; bracteis infeiioHbus ex axillis prolifeiis ( imciè rami verlicillalim nascuntur ) ; flores Iribracteati ; Ijractcis louj^itiidine inter se et florî subîenualibus , lauugiiiosis, inf'erior biuctolata , latérales filiformes. Ca- lyx, tube ovario scmi-adnato, parte s:iperIoii libirâ , limbo 5-fido , la- ciniis acutis , apice oallosis , externe pilis lonf;issimis obtei tis, Pctala j laciniis calycis loiij^iora , oblougo-lanceolata , obi usa , couvoluta , basi 1 subcaruosa, externe et versus apicem pilosa. Slamina petalis breviora j (ilaïuentis rigitlis erectis;autberis ovato-oblongis, lo.culis parallelis. Oi'a- rium semi-adbaerens, parte superiori b'berâ h.^mispbericâ pilis laijuyi- uosis obtectà , biloculare , loculis monospermis , ovule ex parte supe- riori septi dependente. Slfli duo e basi divergentes, versus apicem con- vergentes, forcipatiformes , interne sulcali , fistulosi. Stigmata duo mi- nima apicilaria. Fructiis bicoccus, coccis divergent ibus , interne rinaà dehiscentibus» J uno ssepius aborliente ; semine ovato-cyliudrico , fulvo , laevi. ^ Obs. Haec speries a precedentibus difiert petalis concavis usque ad basim liben's; staminibus iuclusis et forma calycis; a Liiiconils ovarii loculis monospermis, calycis et anlherarnm fabricà et habitu multùm di- verse , a Staat'iis slylo duplici et defectu involucri. VI. LINCONIA. Caract. diff. Calyx adhserens. Petala oblonga, con- Yolula. Slamina iuclusa , anlherarum loculis inferiùs di- vergenlibus. Ovarium spmi-iiifcrum, biloculare, loculis dispermis. Fruclus bicoccus. Cauact. nat. Caljx, tubo ovario adnato, limbo 5- fido, laciniis brevibus, membranaccis, glabris. — Petala lanceolala, non unguiculata, coriacea, couvoluta, libéra, .m — Slamina pclalis breviora \ anlberae conneclivosnperiùs carnoso, conico, loculis basi divergenlibus. — Ovanum semi-ittierum, superiùs cojiicum, biloculare, loculis dis- ( 3,S3 ) permis: ovnlis podospcimio ciipulccfuimi suspcnsis. St) ■ Zt duo divergenles. Stigmata parva. Fructns Licoccns, coccis inleriùs rima dehiscentibus , dispermis vel abortu sœpiùs mouospermis , seminibus oblongo-ovoideis , podospermio spongioso cupuLx'formi siiperiùs teclis. SuflVulices cricoidci rainosissiinl, raniis ernctis,fa.'!ti- giatis ; foliis undi(jue spirnliler insertis, palentibus vel laxc imbricalis , bievissime petiolatis, coriacèis , gl(i~ berrimis vel margine subcilialis , nervo siniplici pronii- nente nolntis ,- apice ustulatis : floribus solitari'is in axillis foliorum superiorutri , in spicâ congestis , basi bracteis 4-5 , caljci subœqualibus , involucratis. Obs. Linconia peruviana , Lamk. Dict. enc. 3 , p. 527. Species maxime dubia ex descriplione et loco natali , in Peruvià a Cl. Joseph o de Jussieu collecta fuit iiec in cjus bcrbario reperiri potuit. fc / I. LiNCONU ALOPECUHOIDEA. Foliis siîbpatentibus, linearibus,aculis, subsessilibus; nervo rigido promineute ; llôribus foliis paulô longio- ribus ^ bracteis membrauaceis , maigine pilosis , calyce longioribus. Linconia alopecuroidea , Lirn. 3/anl. 2i6;Swartz. in Berl. mag. 1810, p. 86, t. 4. Ilab. ad promontoruici Bonx-Spei. (v. s.) I //2. Linconia cuspidata. Foliis subpalenlibus, oblongis, obtusis. apice usluïa- v ( 384 ) lis, snbcarinatis ; floribiis foliis apqnalibus; bracleis c»- lycem requantibus, margiiic cilialo-pilosis. JJnconia cuspidola , Swabtz. /. c. p. 284 , t. 7, fig. i. Uab. ad piomoiitoritim Bonœ-Spei. ( v. in herb, Banks.) VIL AUDOUINIA. Caract. diff. Calyx adhœrens ; laciniis niaxiniis, îm- bricatis. Pelala iingniculala. Ovarium semi-infernin , 3- loculare ; loculis dispermis. Stylus simples. Caract. kat. Calyx, tiibo brcvi obconico, ovarioarl- nalo , laciniis maximis, ovato-oblongis ncrvosisp scario- sis, coiicavisj ad margîuem pilosis , imbricalis. — Pe- tala longe unguiculala, lincrbo subrotundo patente , un- gne bicarinato. — Stamina inclusa , anlberis linearî- oblongis , loculis parallelis adnalis. — Z)t5cw., pétale ; E , coupe longitudinale d'une fleur; /'', étamine ; F' , autlière vue par der- rière; G, pollen; //, coupe longitudinale d'un fruit avorté; /, coupe longitudinale d'un ovaire fertile; K, coupe transversale du même, indiquant les rapports de position des diverses parties de la fleur; L, fruit entier; HI , coupe longitudinale d'un fruit fertile et de la graine qu'il renferme. Fig. a. Branla /nnifolta Nob. fl, rameau de grandeur naturelle ; iî , fleur entière ; D, pélalc ; E, coupe longifudinale de la fleur ; E , étamine ; G, fruit coupé lon- f;itudinalement; //, graine; /, la même coupée lougitudiiialeraent ; K , coupe transversale de la fleur montrant !cs rapports de position des divers organes. Planche xxxvi. Fig. I. Brunia nocIîfloraJu, a , capitule de fleurs de grandeur naturelle ; B , fleur entière ; C , di- vision du calice ; D , pétale ; E , coupe longitudinale d'une fleur ; I'', étamine; E' , anthère vue de face; E" , la même vue par derrière ; G, fruit entier; H, coupe longitudinale d'un fruit dont les graines sont avortées ; / , le même coupé transversalement ; A'', coupe transversale de l'ovaire; Z. , coupe lonsiludinale du même ; 3/ , graine avortée ; JV, fruit fertile coupe longitudinale- nieut ; O , coupe de 1h graine ; e , embryon. Fig. 3. Slaauia racliata Tuunb. a , rameau de grandeur naturelle ; A , une des écjilles du réceptacle : ( 588 ) B , une fleiir entiîre ; C , division Ju «alice ; D , pélale ; E , coupe longitudinale de la fliur; F, étainine vue par devant; F' , la n>êine vue par denicre ; G, style et stigmate; ff , fruit entier ; /, une des coques ouvertes; A', les deux coques coupées longitu- dinaleincnt avec les graines; L, coupe transversale de l'ovaire; .(l/, ovule; IV, graine; O, la même coupée lougitudinalement ; P , embryon. Plitnche xxxvii. Fig. I. flaspaliamicrophrilaNuB. a , rameau de f;randeur naturelle ; B , fleur entière ; C, calice en- tier et développé ; D, pétale; E , étaminc ; i'', coupe longitudi- nale de la fleur ; O , fleur dont on a enlevé le calice ; H , la même dont on a détaché trois des pétales pour montrer leur insertion et celle des étamines. Fig- "i. £erardiapaleaceal!i^7 Phospliates et quelques Ouates. 4^)4^ Chaux carbonatce. 9,1^^ Oxides. 1,02 Silice. i,t4 Eau et perte. a, 38 100,00 Voulant m'assurer de l'état des matières animales , je remis un fragment d'os à mon ami le docteur Apjohu pour qu'il eu fit l'analyse : il me donna le résultat de ses roclierchcs dans la note suivante. « Je regrette que le temps ne m'ait pas permis d« ( ^o1 ) faire uu examen plus détaillô de l'os de daim que vous m'avez remis. Sachant que vous possédiez déjà une assez bonne analyse de ses parties terreuses, j'ai diiigé par- ticulièrement mou attention sur les matières animales qui V ont été trouvées , ainsi que le montrent les expé- riences suivantes, dans un état parfait de conservation. )) L'os fut soumis durant deux jours à l'action de l'a- cide muriatique étendu d'eau. Lorsqu'on l'examina au bout de ce temps , il était devenu aussi flexible qu'un os récent soumis à l'action du même dissolvant : le pé- rioste était dans quelques parties gonflé par le gaz acide carbonique qui se dégageait de l'eau et paraissait être dans un étal de parfaite conservation. » On ajouta à une portion de la solution de l'os dans l'acide muriatique , une infusion de noix de galle , ce qui causa u^n fort précipité d'une couleur sombi'e. C'é- tait du tanuate de gélatine mêlé avec une petite portion de tannate et de gallate de fer. » Le cartilage et la gélatine, bien loin par conséquent d'avoir été détruits , n'ont même pas été gâtés d'une ma- nière perceptible par le temps. » Je m'attendais à un tel résultat , et j'ai osé déjà le prédire dans un rapport que j'ai déjà cité. Jusqu'à ce que M. Cuvier publiât son traité sur ces restes fossiles (i) ■« on croyait probablement qu'ils avaient appartenu à l'espèce des Daims ou Elans de l'Amérique septentrionale , opinion qui paraît avoir été avancée en premier par le docteur Thomas Molyneux , (i) Voyez Annales du 3Iuscuin d'Histoire naturelle, tom. %.\i . Ossemensjbssilcs, lom. iv. ( 4o3 ) eu it)f)7 (i), et qui vint principalement de la desciiplion exagérée de cet animal, donnée par Josselyn dans le récit de SCS voyages à la Nouvelle- Angleterre, publiés en i6-]/\, dans lesquels il raconte que ce Daim est quelquefois haut de douze pieds, avec des bois de deux brasses de large. Cela fut cru d'autant plus facilement par le savant doc- teur , que cela tendait à le confirmer dans sa théorie favorite, que l'Irlande avait autrefois été unie au nouveau continent. Mais les assertions de Josselyn sur ce qui regardait le Daim d'Amérique , n'ont pas été confirmées par le té- moignage des voyageurs jilus récens , et on a à présent la certitude que les espèces les plus grandes de Daims qui habitent les parlies septentrionales de l'Amérique, sonl le Wapiti ou Cerf du Canada ( Ceivus canadensis ) ; le Renne {C. 2\irandas) , cl l'Elan ou Moose {C. Alces). Les divisions particulières des andouillei's du Renne, et les bois arrondis du Wapiti , sont des caractères qui doivent toujours empêcher de les confondre avec les fos- siles. La forme palmée des bois de l'Elan rendrait plus pi'obable l'opinion de son identité spécifique avec l'ani- mal fossile. En faisant cependant un peu d'attention à quelques circonstances , on verra qu'il y a encore entre eux une différence assez marquée. Premièrement , la différence de grandeur est trés-rc- marquable, car il n'est pas rare de trouver des bois fossiles (i) Transactions pld'osophiqii':s , vol. six. ( 4o4 ) toniprenant dix pieds enlre leurs bouls opposés (i) , tan- dis que les plus grands bois d'Elan ne dépassent jamais quatre pieds. La grandeur de ceux du Muséum de la so- ciété royale de Dublin , est de trois pieds sept pouces ; la plus grande paire vue par Pennant dans la maison de la compagnie de la baie d'Hudson , était de trente-quatre pouces (a). Le bois de l'Elan a deux paumes , dont une petite qui sort devant la tige d'où nail la principale paume. Elle est appelée maître andouiller par Cuvier , mais corres- pond plutôt par sa situation au sur-andouilier , l'élan n'ayant pas , à proprement parler , de maître andouiller attaché à la racine de la tige. L'Elan n'a pns d'audouiller postérieur semblable à celui de l'animal fossile, sa tige ne prend pas non plus la même direction arquée , mais sort plus droit. Cuvier observe que la paume du bois du fossile s'é- largit à mesure qu'elle s'étend, au lieu que celle de l'Elan est au contraire plus large près de la lige. La paume du bois de l'Elan est dirigée plus en arrière et celle du fossile s'étend plus dans la direction latérale. Les andouillers de l'Elan sont plus courts et plus nom- breux que ceux du fossile. Si les bois de l'animal fossile excèdent en grandeur ceux de l'Elan , au conti'aire le crâne de celui-ci est plus fort que celui du premier. Les tètes les plus grosses de l'espèce fossile ne dépassent jamais un pied neuf pouces , (i) Le docteur Percy , cvcque Je Dromore , en a décrit une pair» «ni avait ï.\ jiieds. (a) Zoologie de Pennant , vol. i. ( 4"5 ) an lieu que celles de l'Elan sont souvent do deux pieds. La léle du fossile est eu proportion plus large , sa lon- gueur étant à sa largeur dans la proportion de un à deux, et dans les Elans, dans celle de un à trois. Suivant Par- kinson (restes organiques, vol. m) , la largeur du crâne n'est que de quati'e pouces entre les racines des bois chez les animaux fossiles ; dans celle de l'Elan du Muséum de la Société, elle est de six pouces et demi. Cuvicr croit que les femelles de l'espèce fossile avaient des bois : je suis très-porté à me ranger de celte opi- nion , ayant observé parmi eux des différences de gran- deixr et de force qui ne semblent point dépendre unique- ment des âges-, par exemple les dents de réclianlillon du collège de la Trinité sont beaucoup plus us'ées , et les sutui'es du crâne plus effacées que dans réclian- lillon que je viens de décrire. Cependant les ])ois du dernier sont beaucoup plus concaves et plus étendus que ceux du premier , et en comparant ensemble un seul bois de chacun de ces échantillons^ celui qui appartient à la Société surpasse l'autre en longueur d'environ un sixième et de près d'un tiers eiV largeur -, il est donc pro- bable que l'animal auquel ces bois plus grands et plus courbés appartenaient, était un mâle. On a observé la même chose dans le Renne dont les deux sexes ont des bois, avec la différence que ceux de la femelle sont plus petits et moins branchus. Nous voyons donc par là que cet animal offre des traits caractéristiques qui le séparent autant de l'espèce du Daim ou de l'Elan , que cette es- pèce l'est du Renne ou de tout autre. Il ne faudrait donc pas lui laisser plus long- temps le nom d'Elan ou de Daim, et plutôt le désigner par celui de Ceivus mega- VIII. 27 ( 4o6 ) ceros , nom qui exprime siinplement la grandeur de ses bois. Les bois détachés qu'on trouve souvent et dont la sur- face convexe est unie au-dessous des meules, ainsi qu'on l'observe dans les bois tombés des autres Daims , prou- vent que cet animal les perdait périodiquement. C'est une opinion populaire parmi les Indiens, que l'Elan est sujet à l'épilepsie, et qu'il en est fréquem- ment atteint lorsqu'on le poursuit , ce qui le rend une proie facile pour le chasseur. Plusieurs naturalistes re- jettent cette opinion sans en donner aucune raison suffi- sante. Mais si on considèi^e que durant la croissance des bois , le sang doit se porter avec une grande abondance vers ces parties qui sont alimentées par l'artère frontale, l'une des branches de la carotide interne , on verra qu'il est tout-à-fait d'accoi'd avec les principes reçus de la pa- thologie , d'admettr.e que lorsque les bois sont parfaits et ont cessé de recevoir le sang , ce fluide doit se pointer aux branches intérieures de la carotide qui alimentent le cerveau , et établir par conséquent une disposition aux dérangemens de circulation qui produisent l'épilepsie ou même l'apoplexie. Si un tel effet doit avoir lieu par suite de la grandeur des bois de l'Elan , on doit croire qu'il devait être encore plus fréquent chez l'animal fossile dont les bois étaient beaucoup plus grands. Quel pouvait être l'usage de ces bois immenses? On voit clairement qu'ils empêchaient l'animal de traverser les pays boisés et fourrés , et que leurs andouillers , longs, pointus et pyramidaux, ne pouvaient servir à conper les branches d'arbres, usage que font de leurs bois les autres Elans , et auxquels ils semblent dcstiués ( 4o7 ) par leurs audouîllcrs forts et courts , et rangés le long de la paume dans l'ordre des dents d'une scie. Il paraî- trait qu'ils furent plutôt donnas à cet animal comme arme' de protection , but qu'ils devaient complètement remplir, car leur extension latérale est telle, que lors- que l'animal voulait les employer à se défendre, les bouts opposés devaient couvrir tout son corps. Si nous consi- dérons la force des muscles qui font mouvoir la léle et dont les attaches occupent les surfaces étendues des ver- tèbres cervicales, ainsi que la longueur du levier que les bois forment par eux-mêmes , nous concevrons aisé- ment que la force et la promptitude avec laquelle il de- vait les faire mouvoir, devait vaincre toute espèce d'en- nemis qui avaient la hardiesse de se présenter. Le manque de traditions sur ce qui regarde cet ani- mal , nous mène naturellement à demander si durant son existence les hommes habitaient ce pays? Mais je crois que les circonstances suivantes doivent nous le faire croire. Une tèle de cet animal décrite par le pro- fesseur Goldfuss de Bonn, fut trouvée en Allemagne dans la même fouille avec des urnes et des haclies de pierres. On trouve dans le septième volume de V Arcliéo- logie britannique , une lettre de la comtesse de Moira , dans laquelle elle parle d'un squelette humain qui fut trouvé dans le gravier, sous une couche de tourbe de onze pieds. Il était bien conservé et complètement ha- billé d'un vêlement antique fait en poil , qui paraît avoir appartenu à l'animal qu'on trouve fossile ; mais ce qui donne encore plus de probabilité à cette opiiiion, c'est la côte présentée par l'archidiacre Maunsell à la Société royale de Dublin. J'y découvris près de sa partie ( 4o8 ) inférieure , uue ouverture ovale dont le diamètre le plus long est parallèle à la longueur de la côte; ses bords sont abaissés à l'extérieur et élevés sur la surface inléiieure autour de laquelle est une effusion irrégulière de calus. Cette ouverture fut certainement produite par un instru- ment aigu et pointu qui ne pénétra |>as assez profondé- ment pour causer la mort de Tanimal, mais qui resta fixé dans la blessure pendant long-temps , effet semblable à celui qu'avirait produit le dard d'une flèche qui serait resté dans une blessure après que la tige aurait été rom- pue. Je sais bien qu'on trouve quelquefois des trous dans les côtes et j'en ai moi-même vu quelques exemples dans des sujets humains , mais ils différaient tout-à- fait par leurs caractères de l'ouverture décrite ici , car ils occupaient le centre de la côte plutôt à son extré- mité externe, et leurs bords étaient abaissés des deux côtés. Il est par conséquent probable que la chasse de cet animal gigantesque servait à la nourriture et à l'iiabille- mentdes habitans de ce pays. Le nombre limité de faits rassemblés sur ce sujet, m'empêche de me former une opinion arrêtée sur la cause qui a pu amener l'exlinclion complète de ces animaux, soit qu'elle ait été produite soudainement par le déluge ou par quelqu'autre grande catastrophe natu- relle, soit que les poursuites continues et heureuses des chasseurs aient enfin amené l'exlinction complète do. cette race, ainsi que nous pensons que cela est arrivé aussi pour le Daim rouge. Le tableau suivant donne les proportions des diverses parties du squelette du Ceivus megaceros de la Société ( ( 4o9 ) royale de Dublin el de celui de l'Université d'Edim- bourg, comparées avec quelques parties de l'Elan (i). SQUELETTE du Muiiuin duMu9< 6f Id. du maître andouiller- • •• ' • o 8î Id. du sur-andouiller 1 4 Circonférences du rayon à la ra- cine du maitre andouiller • ► • 1 oj o 7ï (i) Toutes ces dimensions sont eu pieds et en pouces anglais j le j.kd anglais est égal enyir on à 11 pouces de France. ( 4io ) SQUELETTE Au Mu3(fuiii du Muséum lie d'Édim- Dublin. bours. Cof-ps. Longueur de répine du dos- •• • lo lo 9 8 Jd. du sternum a 4 Hauteur prise au point le plus haut des épines dorsales- • •• 6 6 Id. prise au point le plus haut de la pointe du bois lo 4 Extrémités. Longueur la plus grande du sca- pulum---'-' I 6f Largeur la plus grande à la base o lof Profondeur la plus grande de ses épines. o af Longueur de l'humérus '4 ' 3| Id. du cubitus et du radius- •• l 8 i 6 Id. du carpe ••• o ai o a Circonférence du même. o g^- Longucur du métacarpe. i Oj- ' o? Longueur des phalanges. o 7 o 63- De la partie antérieure de L'é- pine supérieure d'un iléum, à celle de l'autre i ^L j 6|- De la partie antérieure de l'é- pine supérieure à la tubéro- sité de l'ischion 18 ' 9f Grand diamètre du trou ovale. o 4 o 3 Petit diamètre du même o 2| o a4^ Longueur du fémur. i 6j i Bf / vescence. Une poudre blanche se dépose au fond du » vase , la dissolution renferme quelques traces d'oxide » de manganèse et de fer , et beaucoup de cliaux. Les » parties du minéral les plus pures perdent encore i4 » ou i5 p. o^o par l'action de l'acide hydroclilorique. » Celle perle est due évidemment à une portion de )) calcaire interposé. )) M.Dumas considère le résidu insoluble dans l'acide » liydro-chlorique froid comme le minéral pur. )) La bustamite est composée De silice. 4^)9° contenant oxigène 24,59 De protoxide de manganèse. 36,o6 7,91 De chaux. '4)^7 4»°9 De protoxide de fer. 0,81 100,34 » En considérant le protoxide de fer comme acei- » dentel , la composition de la bustamite serait repré- » sentée par : Ca' Si' + 2 Mn' SV ou CS' -f 2 MnS^- . La bustamite, malgré une structure évidemment cris- talline , ne présente aucun clivage déterminable : ce minéral a été décrit à-peu-près comme il suit , par , M. Bustamente : sa structure est, comme on l'a dit, rayon- née , presque bacillaire et laminaire dans le sens des rayons ; sa texture est compacte dans le sens transver- sal 5 sa cassure , dans ce sens , est presque conchoïde : à courbure à-peu-près concentrique au centre des mor- (4iG ) coaux spheroïdaux : il esl d'une couleur gris-verdâtre , jaunâtre et cendré tirant sur la couleur rosée , et quel- quefois sur la couleur brunâtre. Son éclat est un peu soyeux , mais faible 5 ce mi- néral est presqu'opaque , et seulement translucide dans SCS parties minces. Il est assez dur pout" rayer le felspath et assez tenace. Sa pesanteur spécifique est de 3, 12 à 3,23. M. Bustamente compare celte pierre à l'alabandine rouge et compacte , il dit même qu'elle y passe. M»is comme on ne sait pas précisément ce que c'est que l'ala- bandine ou almandin de Pliue , et que parmi les mi- néralogistes* modernes , les uns donnent ce nom à un spinelle rougeàtre , et les autres à un grenat , il est assez difficile d'établir un caractère comparatif sur ce rappro- chement 5 cependant si Talmandin était , ainsi que le pense Karsten , etc. , le grenat noble ou syrien , comme cette pierre renfermé souvent du fer et du manganèse combiné à de l'alumine et à de la silice , on pourrait concevoir cette transition. Riais ce rapprochement un peu forcé n'est point né- cessaire à la spécification de la bustamite, et ne pourrait pas contribuer à l'établir lors même qu'il serait naturel. Le caractère qui suffit seul dans le cas actuel pour éta- blir l'espèce d'après des principes scientifiques , c'est l'état d'oxidation du manganèse dans ce bisilicate de manganèse et de chaux , et la pi'oporiion de ces trois corps. On connaît déjà quelques combinaisons de manga- nèse, de chaux et de silice 5 mais dans toutes , la chaux est en quantité de beaucoup inférieure à celle qui paraît être en combinaison réelle et définie dnns la buslamile. Dans (4'7 ) cesmêmes minerais , le mansfancse est souvent triloxidé , tandis qu'il esl ici à l'état de proloxide. Les minerais de manganèse qui se rapprochent le plus de celui que nous décrivons sont : 1*'. Le manganèse bisilicalé rouge deLangbanshyttan, dans lequel , suivant M. Berzelins , le manganèse est à l'étal de protoxide , et qui ne renferme que 3 p. o/o de chaux , et encore accidentellement. Il est vrai que dans une autre circonstance il a trouve dans un minerai de manganèse du même lieu : Silice. 39,6 Manganèse oxidé. 53,6 Chaux. i5 Ce qui se rapproche assez de l'analyse précédente , sauf l'état d'oxidalion du manganèse. 2''. Dans le manganèse bisilicaté nommé Jwrnman- gan par les minéralogistes allemands , le manganèse est aussi , suivant M. Duménil , à l'état d'oxidxile , mais il n'y a que 2 p. 0/0 de chaux qui ne se trouve même pas dans les autres variétés de cette espèce , qu'on a examinées. S'*. Enfin dans le pyroxène manganésifère, on trouve encore une combinaison d'un atome de bisilicaté de man- ganèse, avec un atome de bisilicaté de chaux , tandis que dans la bustamite il y a , d'après l'analyse de M. Dumas , deux atomes de bisilicaté de manganèse. Il est donc présumable que le minerai décrit et en- voyé par M. Bustamente et que nous avons placé dans la collection de minéralogie du Jardin du Roi , est une espèce caractérisée chimiquement par l'expression C S'-^3InS' qui n'appartient qu'à lui, et par la cou- (4i8) leur presque blanche qui indique l'état de première oxi- dalion du manganèse. !îVous la désignons par le nom de BusTAMi-TE , qui rappelle le minéralogiste de Mexico qui nous l'a fait connaître. Ce minerai est accompagné de quartz hyalin qui re- couvre ses nodules en petits cristaux , et de manganèse métalloïde qui« est en petits grains au centre de ces nodules. M. Bustamente l'avait d'abord remarqué dans la col- lection de l'Ecole des mines de Mexico. Il l'a reçu ensuite des mains de M. Moral , élève des mines, qui en avait extrait de beaux morceaux de Real de Minas de Felela , de Jonotla dans l'intendance de Puebla au Mexique. Recherches sur les Plantes trouvées dans les . tombeaux égyptiens par M. Passalacqua ; Par M. KuuTH. Les fruits et les fragmens de plantes trouvés dans lés tombeaux de l'ancienne Egypte appartiennent presque tous à des végétaux que l'on rencontre encore aujour- d'hui dans ces contrées. La comparaison la plus scru^ puleuse des plantes analogues ne m'a laissé entrevoir au- cune différence. 11 me paiait par conséquent prouvé que la végétation de ces deux époques est parfaitement iden- tique , et que depuis tant de siècles les plantes n'ont éprouvé aucun changement sensible dans leur forme et dans leur structure. Si je n'ai pu rapporter à leurs es- pèccs deux ou trois de ces objets , il faut eu accuser la connaissance incomplète que nous avons jusqu'ici des familles auxquelles appartieunent ces végétaux. MONOCOTYLÉDONS. GRAMINÉES. I. Triticum vulgare Willd. — Blé. Des fruits d'un aspect brunâtre. CYPÉRA.CÉES. i. Cjperus esculentus Ijiun. Les bulbes (tubera ovata , zonis imbricatls ), séparées ou réunies deux à deux ou ti'ois à trois par des fibres ra- dicales. 3. Cjperus Papjrus Liun. — Papyrus et Byhlos des anciens. Des tiges de six pieds de longueur avec des ombelles de fleurs d'une parfaite conservation. PALMIERS. 4. Phœnix daclylifera Linn. — Delile , Description d'Egypte , t. Ga. — Dattier. Des fruits entiers. 5. Cucifera Thebaica Delile. Dcscr. , t. i. — Doum des Arabes. Des fruits entiers. ( 420 ) 6. Areca? Passalncquœ. Les graines marbi'ées , creuses au centre , el le petit moule de l'embryon à l'une des extrémités ne me per- mettent pas de douter que ce fruit n'appartienne à un Palmier , et probablement à une espèce d'Areca encore inconnue aux botanistes. Nous ne connaissons jusqu'à présent que très-imparfaitement cette famille, surtout pour les fruits. DICOTYLÉDONS. JASMINÉBS. 'j. Olea Europœ h'mn. — Olivier. * Une branche avec des feuilles. SOLANÉES. 8. Phy salis somnifera Linn. Des graines détacbées. ( Elles proviennent de la col- lection de M. Caillaud , et m'ont été communiquées par M. Jomard.) ÉBÉNACÉES. 9. Diospjros — Espèce de Placqueminier. Des fruits et des graines séparées. J'ai distingué parfaitement bien l'embryon. Je suis sûr du genre -, mais comme il est très-nombreux en espèces dont nous ne connaissons pas toujours les fruits , je laisse encore le nom spécifique en blanc. Est-ce VEm- brjopteris glutinosa de Roxburgh ( tab. 70 ) , ou le Diospjros Lotus P ? ( 421 ; to. Mimusops ËlengilAnn, Des fruits entiers. M. Joiiiard m'avait déjà communiqué des fruits de cette plante , qui étaient si bien conservés , que j'ai pu voir l'organisation de la graine. OMBELLlFÈnES. ~ 1 1 . Caucalidi Anthrisco affinis ? La petite branche que M. Passalacqua m'avait com- muniquée , n'a pas supporté le transport chez moi 5 elle est tombée en poussière. La détermination est faite seu- lement de mémoire. ORANGERS. 11. Citi'us AurantiunilAnn. f^arietas ffuctu amaro. — Orange amère. Un fruit unique; comme il ne m'était pas permis de le couper, il me reste encore quelque doute sur l'exac- titude de cette détermination. Il sei-ait pourtant à désirer que l'on puisse lever les doutes sur cet objet. D'après les recherches de Gallesio, les Romains ne connaissaient pas l'oranger 5 il a été introduit en Italie au commence- ment du quinzième siècle par les Génois , sans doute de Bassora et de la Syrie. On a cru même jusqu'ici nue c'étaient les Arabes qui avaient introduit l'oranger et d'auti'es Agrumi en Egypte et en Ethiopie. i3. Balanites œgyptiaca Delile. iEg. , t. 28. (Xime- Tiia œgyptiaca Linu. Mjrobolanus Chebulus Ves- ling. ) Des noyaux et des fruits entiers. Les premiers , d'une vui. 28 ( 423 ) dureté extrême , sont tous percés d'un trou au-dessous de leur moitié. La coupe transversale du noyau présente également sur les cinq angles les petits points que l'on remarque dans le fruit récent. La graine est rédujle à une espèce de membrane qui tapisse les parois de la loge. AMPELIDÉES. 14. Vitis vinifera Linn. Karietas monopyrena. — Chasselat. Baies très-bien conservées. myhtAcées. i5. Punica Granatum Linn. — Grenadier. Des fruits entiers. légumineuses. 16. Mimosa farnesiana Linn. Des têtes de fleurs réunies en chapelet (communi- quées par M. Jomard ). EUPHORBIACÉES. in. Ricinus communis Linn. — Ricin. Des graines. Nous en avions reçu précédemment par M. Jomard , qui étaient si bien conservées , que nous avons tenté des expériences de germination avec du chlore , mais infructueusement. ( 4^3 ) UUTICÉES. i8. Ficus Sjcomorus Liim, — Sycomore.— jFVci(i,j^^l^^ raonis de Cammerarius. ,^^,-„^ ^^^.^^ ^^^^ ftopificn'. J'en ai -vu une feuille très-bien conservée^ ■mais qui jiondantle Irajel chez moi est tombée en poussière. C'est le bois de cet arbre dont on faisait dans l'ancienne Egypte les cercueils des momies et d'autres meubles. CUCURBITACÉES. ig. Cucurbita. . . . Des graines d'une cucurbitacée. Elles n'appartiennent ni à la courge , ni au concombre , ni au melon 5 je me propose de continuer mes recherches pour déterminer l'espèce. COHIFÈRES. 20. Juniperus Phœnicea Linn. — Genévrier de Phœ- nicie. Des fruits parfaitement bien conservés à cinq (?) petits iiovaux. Je suis sûr de cette détermination , car j'ai pu voir l'oriîanisation des eraines. Extrait du Rapport de M. Villermé sur le mou- veinent de la population dans la ville de Paris. La connaissance des causes qui influent le plus puis- samment sur la durée moyenne de la vie de l'homme , ( 4-^4 ) cl sur la propagation de son ospèto , est du plus grand inlérèl , non-seulement en économie politique/H en mé- decine , mais aussi en pliysiologie ; et rieii ne parait devoir jeter plus de jour sur ce sujet que les recherclics de statistique. Nous croyons donc ne pas nous éloigner du but de ce journal, en mettant sous les yeux de nos lecteurs les résultats principaux que fournissent à cet égard les tableaux relatifs au mouvement de la popu- lation de Paris , présentés à l'Académie royale de Mé- decine par M. Villot , déjà si avantageusement connu par ses propres recberclies et par l'obligeance extrême avec laquelle il met à la disposition de tous ceux qui s'occupent de statistique les matériaux précieux ras- semblés dans le bureau dont il est le cbef. Pour mon- trer tout le parti que l'on peut tirer de celle série de tableaux authentiques , considérés sous le point de vue qui nous occupe ici , noire lâche sera bien facile , car il nous suffira de donner l'analyse du rapport fait par M. Villermé au nom d'une commission composée du MM. Jaçquemin, Desmarest , Fourler , Esquirol , Yvan , Degenetles et lui , et chargée par l'Académie de Médecine de l'examen des documens en question. La première partie de ce travail a rapport à la mortalité. Pour étudier avec fruit les circonstances qui paraissent agir sur la durée de la vie de l'homme , et pour arriver à une connaissance approximative du degré d'influence que chacune d'elles exerce , il ne fallait pas comparer les proportions de décès dans les lieux tels que les grandes villes cl les campagnes où les ditîé- renccs dans les localités , les mœurs, etc.,sonl si grandes et si nombreuses, que Ton ne pourrait que difficilement ( 42 ' ) démèlor les causes qui délermincnt plus spérialcmeut les variations que l'on observerait dans la mortalité. Il fallait au contraire comparer entre elles des populations placées à-peu-près dans les mêmes conditions générales , mais qui présentent cependant quelques différences im- portantes et bien tranchées. C'est effectivement ce que MM. Villot et Villermé ont fait en examinant com- parativement la proportion des décès dans les douze ar- rondissemens de la ville de Paris. Rapportée à la popvilation telle que celle-ci a été trou- vée par le dernier recensement , en 1817 , la proportion moyenne annuelle des décès à domicile a été pour les cinq années que comprend le travail de M. Villot , savoir : Airondissemens. Quartiers. Proportion. I sur Piujs le 1^ . Chaussée-d'Antin, Palais-Royal, Feydeau,"etfaub. Montmartre. 62 habitans. 3^. Montmartre, fa ub. Poissonnière, Saint-Eustache et du Mail.. . 60 i*"*. Roule, Champs-Elysées , place Vendôme et Tuileries. ...... 58 4^.Saint-Honoré , du Louvre, des . Marchés et de la Banque 58 6^. Porte St. -Denis , St.-Martin-des- Champs, des Lombards et du Temple 54 5*. Faubourg St. -Denis, Porte St. - Martin , Bonne-Nouvelle et Montorgueil 53 ( 4^6 ) Arrondissemens. Quartiers. Pr>oportions - I sur 'j^. Sainte-Avoie , Mont-de- Piété , Marché St,-Jean et des Arcis. Si 11^. Luxembourg, Ecole de Méde- cine, Sorbonne et Palais de Justice 5 1 ïo*'. Monnaie , St. - Thomas - d'A- quin , Invalides et faub. St.- Germain 5o 9*. IleSt. Louis, Hôtel-de- Ville, Cité et Arsenal 44 8^. St. -Antoine , Quinze-Vingts , Marais et Popincourt /\^ 12^. Jardin du Roi , St. -Marcel , St.- Jacques et Observatoire 4-^ Et dans tout Paris 5i (i) Pour s'assurer que des différences si grandes entre la mortalité des divers arrondissemeus ne dépendaient pas de quelque cause accidentelle , M. Villermé a examiné séparément les résultats de chaque année , et a reconnu qu elles se reproduisent tous les ans , comme le prouve le tableau suivant. (i) Ces proportions ont éii calculées par M. Villot lui-même. ( 4^7 ) Décès à domicile rapportés à la population de i H i n , dans chacun des douze arrondissemens . ARROND. En 1817, 1 sur ... habitans Ea i8i8. I sur... liabitans. En 1819, I sur.,, habitans. Eu 1820, I sur... habitans. En 1821 I sur... habitans. 4-= &\. o5 64- 21 67. o^ 59. 75 60. 1 1 Ga. 85 56. 61 45- 97 45. 27 57. 54 52. 54 46. 90 63. \b 63. o5 59. 07 54. 35 49. 64 50. G5 5-2. c/9 45. 83 43. 60 48. 6i 52. 3i 4i. «7 55. 58 62. 36 57. 80 59. 3o 5i. 91 52. 4" 5o. (36 4i. 56 44. 25 44. 64 49. 32 43. 71 58. 00 62. 91 56. 95 59. 98 53. 67 5i. 85 5i . 89 43. 48 45. 07 5o. o3 55. 26 4'^. 85 5o.8:>(i) 59. 3i 6i. 24 58.34 5i. 29 52. 20 147-46 38.47 39. 95 49- 29 48. i5 38. 76 « Ainsi l'action de causes constantes qui agissent toujours dans le même sens , et l^mportent sur les causes d'irrégularité, ditlerappoi'teur ,esttrop évidente ici pour qu'on puisse se refuser à l'admettre. Quelles sonl donc les causes qui sembleut assigner à chaque quar- tier de Paris un degré particulier de salubrité , qui font que dans tel arrondissement il ne meurt à domicile , ternvs moyen annuel , qu'un 62""® des habitans, tandis que dans tel autre arrondissement il en meurt jusqu'à un 43-°^ } « L'éloignement ou le voisinage de la Seine doit-il être compté au nombre de ces causes ? (i) La moyenne iiroportionncUe des cinq années donne ici plutôt Sg- f\\K 58. ( 4^8 ) « D'une part , les arrondlssemeus les plus éloignes du fleuve, les 2^, 3®, 5*^ tout euliuis , et le 8^ pour la presque totalité de sa population, nous offrent, les 2* et 3®, le minimum des décès ; le 5^ , une mortalité à- peu-près moyenne -, et le 8*^ , la plus forte mortalité. D'une autre part , les 4*^ et 9^ arrondissemens , et le lo*^, dont la plus grande partie occupe les bords de la rivière, nous présentent : le 4^ > très-peu de décès-, le 9*, un nombre très-considérable, et le lo*' , une mor- talité à très-peu-près moyenne. Les autres arrondisse- mens n'ont point , par rapport à la Seine , de situation bien déterminée. « Ainsi , Téloignement ou le rapprochement du fleuve n'a pas , sur la mortalité dans Paris , une influence qui soit sensible , du moins lorsqu'on compare entre eux les arrondissemens entiers. « La nature du sol , son abaissement à l'est et à l'ouest, ou vei's l'entrée et la sortie delà Seine, les hauteurs qui limitent Paris au nord et au midi , l'ex- position particulière à certains quartiers , les eaux di- verses dont on fait usage , en un mot, toutes les cir- constances qui peuvent modifier eu quelque chose le climat général de la ville dans une de ses parties , y apportent- elles , ainsi qu'on l'a tant de fois affirmé , des dillérences dans la mortalité ? « A l'exception des Champs-Elysées , des parties éloi- gnées des faubourgs et des jardins , le sol de Paris est partout ou presque partout formé , à sa surface , d'une croûte plus ou moins épaisse de débris de démolition , de terres rapportées , qu'un pavé recouvre encore entre les maisons. Conséquemment on ne peut attribuer à la ( 4^9 ) jiature différente du sol de tel ou ul arrondissement , une influence particulière (r). « Si rabaissement du sol vers rentrée et la sortie de la Seine , ou le long du cours et à une certaine distance de ce fleuve, a une influence réelle sur la mortalité , elle n'est pas appréciable. Les résultats des i^^, 4^ , 7* , cf , et 10*^ arrondissemens , dont le sol est le plus bas , en offrent la preuve. « Il en est de même des quartiers les plus élevés , car le minimum des décès a lieu dans le 2* arrondissement, et leur maximum dans le 12®. « L'étroitesse de la plupart des rues, leurs sinuosités et la hauteur des maisons , font qu'il n'y a point véri- tablement d'aspect bien dominant pour les habitations. Toutefois , les jardins multipliés du b® arrondissement, la largeur, la direction de ses rues principales, font que les vents d'Est y arrivent avec violence , et que les logeraens y reçoivent plus que dans les autres quartiers les rayons du soleil levant. Or une pareille exposition passe assez généralement pour être la plus salubre , et pourtant c'est le 8^ arrondissement qui , avec le 12* , nous oflVe le maximu?n des décès. D'une autre part , l'exposition au couchant est regardée comme la moins (i) On le peut d'autant moins que ce sol exploré clans une foule d'en- droits n'a montré jusqu'ici des restes ou dépôts de voieries que dans les lieux actuellement pavés oà il existe une croîite de terres rapportées et de débris de déraoiilion , épaisse au moins ilc cinq [)ieds : telles sont , sur la rive gauche de la Seine, la butte Saint -Hyacinthe, et sur la rive droite les buttes des Moulins, Notre-Dame-de-Borne-Nouvelle , et *N tu u - • •••,••■ "^ sa o o ; s F i • ^ 5 •: % ; : Ci o - - ks M oj- p^p^-^-^yi' ^1 Ci 00 UJ OT--^ OO^-l 10 tu (0 w o OiUJlO Û0V1» «4-^kJ W-H O. 13 s -Ht- ï II £ H 5 o r ^ . oo ■ o to O p - ~ tnjO y C>^'' J^ P ^1 oioc-i» ^; M4î;Oi-: mOi - « 05 w Cf) - vj Oi-fcxy; w tn - ^ n 0"= '* ^9 4i^ S5 "m o Oî oc " J^ ^ r l' J" i^ ^"^ -T T " •"" 4.^U W00N5 U5D Ci-^C o - w. IJ 004.» -. 4i» o o - 0".^ W 1 ce O m Ci 4»^ en 10 tu w u: t«-c»Ji» tu tu4^^ w c cnco^icc^io UTvj o C O a; c - W OJ tn o 0.-4--»!i; o u;<£; u o ço ys o c o Ot O 0>'.r i-^O ^ O tu o OC VI o OC 4ix ce - tn kJ V] 4--»4--x O - 4^ m « Olr;0 W tn*--^ 05 05 tuO tO 53 s UV1 ^;0 MO tu" OUÇiOVI 4iNV3 ;o tu vs o «5 M 054;-tO S o- § C 8 g i- B 5 B " n 2, = g = - Ci 4;. - vï tn tu et. k; O tritO tu O t; iJ tJ >• m - 014.»4--^ " - 1' = s - B •3 = £ C. • ( 445 ) ^3 ■â< ■" '^ .2 ^■'""^ c-> Os '- es ~ t^xi C~.iO Oî^ - o — ^ Oî - - ^1 m O q^^q Oîin ce «o_co oo va-va- _ <0 o Ô c^ ci Gft o c^oo Ciad" L^ - o C.^ >^0 ;o *0 CT 01 « - « CN ro 3 ^f^^ C? o^i^ " - ^*- - 00 ï o a a 00 a £ » «3 c^» r- f« ejis a a f« o 2 ^ ;o vt-'o t^ Ci — "^ ^ c^ o^ ^rco" ' a>tO O r^O ~ 33 OC - ~ o l>. ! 2S ? CT! o"o" CT di^^" o"^— u-T-,»" 1 ^2 '"'-" "^ ° '^•'^ Oi L^ c~, — 05 O i •-» c: o ( 446 ) Mémoire sur les Glandes de la tête des Serpens; Par J.-F. Meckel. Les glandes de la tête des seipens sont inléressantes particulièrement à cause du venin que quelques -unes d'enlr' elles sécrètent comme l'on sait. Elles cmt été en outre, depuis ces dernières années , l'objet des recherches dfe plusieurs anatomistes , nolannnent de MM. Tiède- niann (i) , Cloquet (2), Rudolphi (3), et Desmou- lîns (4) , qui les ont décrites en partie plus exactement , et en partie ont cherché diversement à les réduire les unes aux autres. Quelques-unes d'cnti^'elles avaient déjà été décrites plus ou moins complètement par des obser- vateurs antérieurs , tels que Charas (5) , Redi (6) , Ranby (7) , Fonlana (8), Russel (9) , et M. Cuvier (10) 5 maïs comme il règne peu d'accord entre les rapports (i) Uber dîc Speicheldrusen dcr Schlangen Munchncr Denksclirif- ten i8i3, p. sS. ■ (2) Sur les voies lacrymales des Scrpens. Jflém. du Muséum cThist. nat. , lom. vu , p. 62. (3) Seifert : Spicilegia adenologica. Berol. iSaS. (4) Sur le système nerveux de l'appareil laci-ymal des Serpeiis. Ma- geudie , Journal de Physiol. , t. iv , p. i'j\ et suiv. (5) Anat. de li Vipère. Mém. de l'Acad. , 1G66-99 , t. ni , part. 3, pag. 209. Nouvelles expériences sur la Vipère, Paris , 1670. (6) Osservazioai intorno aile Vipère. 0pp. NapoH , 1778 , t. m. (7) On the poisonous apparatus of the Rattle-Snake, Ph'd. Trans., no. 4f>i ) p- 377. (8) Sur le venin de la Vipère , t. i. (9) An account ofindian Serpents, 1796. (10) Anatomie comparée, l. m, p. 22/1. ( 447 ) anciens el plus récens , j'ai soumis cet objet à un nou- vel examen , dont j'oflVc ici le résultat , eu ayant égard aux travaux antérieius. 1**. Il y a à la tète des scrpens cinq paires de glandes qui à la vérité ne se rencontrent pas dans toutes les espèces , mais cependant dans plusieurs à la fois. Parmi ces glandes , la plus constante est une glande petite , allongée et arrondie , fort dure , lisse , dé- pourvue de lobes distincts , située à peu de distance de la peau , très- près de l'extrémité antérieure de la sur- face inférieure de la bouclie , peu éloignée de la ligne médiane , et s'ouvrant tout-à-fait antérieurement à côté de l'ouverture de la gaîne de la langue. C'est avec juste raison qu'on peut comparer celle-ci avec la. glande sub- linguale des autres animaux. Le seul auteur qui en fasse mention , M. Cui^ieiYa vue dans Içs ampbisbènes , où elle est la plus volumineuse, eu proportion 5 mais ni lui , ni aucun autre auteur n'en font mention dans les autres serpens , quoi ju'elle se retrouve dans tous les genres et dans toutes les espèces que j'ai examinés , à l'exception seulement duTyplilops, dans lequel elle pourx'ait bien m avoir échappé à cause de la petitesse des parties. Mais c'est à tort que M. Cuvier regarde ces glandes dans les ampliisbèues , connnc étant celles de la màclioire inférieure cj[ui auraient seulement changé leur situation ordinaire 5 car ces dernières existent si- multanément avec les autres ; elles sont bien dévelop- pées dans les amphisbènes , comme dans plusieurs auti'es serpens -, au reste , elles seront décrites plus bas. Une autre glande presqu'aussi constante est située en dedans ou en arrière ( souvent eu dedans cl en ( 4fS ) arrière , en même temps) de l'oeil ; elle est plus corr- sidcrable que la précédenle , blanchàlre , molle , divi- sée en lobes. Si je ne me trompe , c'est celle-là que Chants a déjà décrite et figurée dans la vipère et qu'il connaissait aussi dans la couleuvre. Il est vrai que M. Tiedcmann pense qu'il a connu les glandes ve- nimeuses de la vipère , mais ses descriptions et ses fi- gures ne s'accordent nullement avec celles-ci ; c'est avec les glandes oculaires qu'elles s'accordent. Celte glande a été décrite et figurée ensuite par ]MM. Tiedemann, Cloquet et Rudolphi; c'est la glande lacrymale de M. Cloquet. M. Tiedemann ne Ta point trouvée ni dans l'Am- pliisbacna , ni dans FAnguis ; mais en réalité elles y sont d'un volume considérable en proportion 5 dans. rAmpliisbs&na surtout elles sont plus grandes que l'œil, au côté interne duquel elles sont situées. C'cstainsi que je l'ai trouvée dans Y Atnphisbœna alba cifuliginosa. Elles sont également considérables dans V Erjxjaculus,\e Toi- trix scjlale, VElaps. — Ordinairement toute la glande. ou du moins sa plus grande partie , se trouve hors de l'orbite , etderrière lui 5 surtoutdans les genres Coluber , Tortrix et Erjx : moins dans les genres Boa , Python et dans les serpens venimeux. Elles proéminent cepen- dant encore distinctement dans le Trigonocéphale, et je ne puis concevoir, par cette raison , comment M. Ru- dolphi a pu ne pas l'apercevoir du tout dans le Tr. mutus. Comme elles ne sont pas fixées à la peau , il est Irès-facile de les découvi'ir lorsqu'elles occupent cet endroit , et il est hors de doute qu'elles n'aient déjà été vti'cs par Charas. M. DesmouUns , fidèle à son ancien ( 449 ) ■compatriote , n'aJmct lrt;s-naïvcmcnl qne ces seiiles glandes en disant expressément que dans nn grand nombre à' Ophidiens , notamment dans cinq espèces de Coluber, une de Scytalc , une d'Elaps , il n'a rion trou- vé ni à la tête , ni entr'elle et l'estomae qui put être comparé à quelque glande servant à la digestion , telle que la parotide , la sous-maxillaire , la sublinguale et l'amygdale , en sorte que la digestion ne s'opère qu'à l'aide du foie et du pancréas (i). Assertion qui n'aurait pas été permise à un auteur français , même autrefois , puisque des compatriotes, tels que MM. Cuvier et Clo- quât , ont déjà décrit et figuré d'autres glandes ; mais qui parait tout -à -fait inconcevable, aujourd'hui que les savans français sont habitués à se servir de la litté- rature de leurs voisins et notamment des Allemands. Une troisième glande un peu moins constante que les précédentes , de forme oblongue , se trouve située au coté externe des branches de la mâchoire inférieui'e ; les oi'itices de ses nombreux conduits excréteurs sont rangés en une ligne simple , le long du côté externe des dents de la mâchoire inférieure. C'est cette glande que M. Cuvier (2) a déjà décrite dans les genres Coluber et Boa , mais sans faire mention d'aucune autre. Plus lard MM. Tiedemann et Cloquet l'ont figurée dans le Co- luber natrix , et M. Rudolphi dans le Vipera berus. Le premier l'a trouvée non - seulement dans le Co- luber , mais aussi dans le Naja , le Vipera berus , l'Amphisbaîna , l'Anguis , où je l'ai de même X'enconlrée (i) Magendie , Journal de Physiol., t. iv, p. 275-9G. (a) Leçons d^Anat. comp. , t. m. (45o) conslainmcnl , développée sxirlont dans TAuguis , l'Am- phisbœna et le Coluber. Elle est en outre fort consi- dérable dans l'Eryx , les Torlrix, et parmi les scrpens venimeux , dans l'Elaps , tandis qu'elle est petite dans le Ci'olalus. Dans les autres serpens venimeux qui en sont pourvus elle est toujours plus petite que dans les serpens non venimeux , à l'exception de l'Elaps , où elle est énorme. Sa dimension en hauteur est toujours plus grande en arrière qu'en devant. Elle se compose toujours de plusieurs lobes allongés ou arrondis, perpendicu- laires , droits ou un peu courbes , et d'une dureté no- table. Dans le Coluber elle s'unit sur la ligne médiane avec sa congénère du côté opposé : elle répond incon- testablement par sa structure , sa forme et sa position , aux glandes buccales et labiales des mammifères. Vis-à-vis de cette glande , sur le côté externe des branches de la mâchoire supérieure s'en trouve une qua- trième qui lui ressemble parfaitement, et que j'ai déjà indiquée il y a long-temps dans la couleuvre (i) 5 plus tard elle a aussi étédécrite par M. Tiedemann . et figurée par lui et par M. Cloquèt. M. Tiedemann la prend pour la glande parotide ; mais sa situation , sa conformation externe et interne et son analogie avec la glande infé- rieure me porte plutôt à la regarder comme correspon- dant aux glandes labiales et buccales supérieures. M. Cuvier ne fait mention de cette glande ni dans les serpens , ni dans les sauriens , dans lesquels il ne décrit qu'une glande renfermée dans la substance de la (; ) Note ajoutée à la traduction allemande des leçons de M. Cuviw pai M. Mccktil. ( 45i ) iangiie , el la iroisième, c'esl-à-dire , la c;lp.nJe maxiliaîre inférieure: cependant je les ai ^u co(3xisier irès-dislinc- lement tontes les deux avec h glande lipgualc, dans l'Iguane. Elle se reirouve avec la prccédenlP non-sciilc- menldans le Colubcr, mais aussi dans le Python, le INaja , le Vippra berus , le Crolalus, l'Elaps , l'Amphisbcena , le Tortrix et l'Eryx. Mais aucune de ces deux glandes ne se reiîconlre aussi constamment qu'on pourrait le croire d'après les fails rapportés jusqu'ici. Dans le Vipera dubiajene trouve qu'une petite glande lenticulaire à l'angle de la bouche 5 probablement comme un indice des deux précédentes. Cette glande elle-même manque absolument dans les Trigonocéphales, autant que j'ai pu observer moi-même , et d'après l'assertion cxpresçe de M. Rudolphi. D'après M. Tiedcmann elle se retrouve dans l'Anguis ; mais j'avoue , que dans trois grands échantillons , malgré l'examen le plus scrupuleux , je n'ai pu en remarquer aucune trace , en sorte que si elle y existe réellement , elle doit être très-petite. Celte glande est considérable dans le Coluber , l'Amphisbscna , le Tortrix et l'Eryx; médiocre dans le Python , le Crotalus , le Vipera berus, le Naja. Dans l'Elaps elle est extrêmement petite , forte- ment unie au conduit excréteur sous-jacent de la glande venimeuse ; elle n'y correspond qu'au tiers antérieur " de l'ouverture de la bouche , tandis que dans les autres serpens elle en occupe toute la longueur. Le rapport du volume de ces deux glandes n'est pas partout ie même. Elles sont à-peu-près égales dans l'Amphisbaeua , le Tortrix, le Vipera berus. — Dans l'Eryx, le Pvthon pt l'Elaps c'est l'inférieure , dans le Coluber et le jNaja ( 450 c'est la supérieure qui est beaucoup plus grande , sur- tout dans le premier de ces genres , en sorte que je m'étonne qu'elle ait pu échapper à M. Cuwie'' , qui n'a remarqué que l'inférieure , laquelle est cependant plus petite que l'autre. Les plus remarquables , quoique les moins com- munes de toutes ces glandes , ce sont incontestable- ment les glandes venimeuses. Si on ne connaît pas leur disposition , il est difficile de concevoir commenfelles ont pu échapper à de bons anatomistes plus anciens 5 il paraît moins étrange que des anatomistes plus modernes mais peu exercés ne les aient point trouvées , bien qu'elles eussent été décrites et figurées depuis long- temps. Ces glandes sont toujours situées derrièreel au-dessous des yeux , au-dessus de la mâchoire supérieure, en- tourées et enveloppées complètement par un muscle très-fort qu'il faut couper pour les apercevoir. Elles sont allongées, leur tissu est lamcUeuxj leur intérieur est creusé d'une cavité assez marquée j elles se distinguent en outx'e de toutes les autres glandes par un conduit excréteur d'une longueur considérable. Celui-ci se di- rige en devant le long de la surface externe de la mâ- choire supérieure pour s'ouvrir au-devant et au -dessus de la dent venimeuse , dans la gaîne membraneuse qui l'enveloppe , de manière que le venin s'écoule dans l'ouverture supérieure de la dent. C'est probablement parce que les glandes venimeuses sont recouvertes de la manière indiquée , par une épaisse couche musculeuse , qu'elles sont restées cacbées aux observateurs plus anciens. ( 453 ) D'après Tyson (i), elles auraient été vues parfaiie- ment par Chai as et Redi , puisqu'il renvoie à ces au- teurs , en disant qu'il ne s'est point occupé des glandes en recherchant les dents venimeuses 5 mais , quoique , suivant MM. Tiedeinann et Rudolphi , la nature des glandes venimeuses fut suffisamment connue , depuis longues années , par les recherches de ces deux au- teurs , je crois cependant que ces deux excellens savans rendent ici plus que de la justice à leurs prédécesseurs. Il est vrai que /?e^t parle de deux glandes qu'il aurait vues dans toutes les vipères sous le fond des gaines qui renferment les dents venimeuses ( 0pp. Napol. , 1778 , III , 22 , 62 ) 5 mais il ne dit rien de certain sur leur connexion avec ces dernières. Il soupçonne que les con- duits salivaires , qui venaient d'être découverts , pour- raient être le chemin que prendrait le venin , qui s en- gendre probablement dans toute la tête , et que ces ca- naux conduisent peut-être dans la gaine. (Ibid., p. 27.) Mais il proteste absolument qu'il ne veut point soutenir comme certaine une chose qu'il n'a pas vue de lui-même. (P. 22. ) D'après sa description , je croirais plutôt qu'il connaissait les glandes labiales supérieures. Il est cer- tain qu'il n'a pas vu le conduit excréteur. Charas ne me parait avoir connu que les glandes ocu- laires et lacrymales ; ce n'est qu'à celles-ci que convient sa description : il dit qu'elles sont situées dans la partie postérieure des orbites, à la même hauteur que les yeux, derrière et au-dessous de ces derniers ; qu'elles sont composées de plusieurs lobes , couvertes eu partie par le (1) Philos. Tiansact. , n». lf\-\ , p. 4^- Vin. 3o ( 453 ) muscle temporal , et qu'elles oui le volume de roeiï voisin. ( P. 3o. ) Il paraît en outre avoir connu le véri- table conduit excréteur des glandes venimeuses , mais en le mettant à tort en communication avec les glandes qu'il venait de décrire -, car il dit que de leurs diflerens lobes naissait nu conduit situé au-dessous d'elles , et s'ouvrant dans les vésicules des gencives ( la gaîne des dents venimeuses). (Ibid., p. 3i. ) L'on sait que de sem- blables réunions artificielles ne réussissent que trop facilement entre des parties coupées et déchirées. Si la description et les figures ne me trompent pas , c'est Ranby (Philos. Transact. , n**. ^oi , p. 3^8 ) qui a le premier aperçu la glande venimeuse elle-même, car il décrit et il figure dans le serpent à sonnette une glande de la grosseur d'un petit pois , située à l'endroit que la glande venimeuse occupe réellement , et ne paraissriiit que lorsqu'on a ôté le muscle dilatateur de la bouche. Mais par contre , il n'a point vu son conduit excréteur , parce que , comme il dit , les conduits de glandes aussi petites peuvent rarement être vus avec certitude ^ mais il soupçonne qu'il s'ouvre entre la lèvre supérieure et la mâchoire supérieure. De même que Charas , il se dé- clare contre l'idée que i;cs glandes sécrètent le venin 5 ce- pendant les expériences de Redi ont depuis long -temps ilémontré le contraire. Fontana me paraît avoir été le premier qui ait décrit complètement et exaclemenl tout l'appareil de la sécré- tion vénéneuse. Ce fut ensuit:-» Russel , si je ne me trompe , qui donua également des descriptions et des figures exactes que j'ai vues il y a long-temps à Paris ( 454 ) et à Gouiugiie , mais que malheureusement je n'ai pas sous les yeux en ce moment. M. Cuvier R bien exposé cet objet. M. Tiedemann a aussi vu avec piécision dans le Naja et le Vipara bé- nis , toutes les parties dans leur connexion. Les des- criptions et les figures de M. Rudolphi sont exactes , mais il y manque la représentation de l^orifîce du conduit excréteur, et son rapport avec la dent vénéneuse. Au reste , si j'attribue à Fontana la découverte com- plète de l'appareil de la sécrétion vénéneuse , je dois ce- pendant m'écarter de Topiniou de M. Rudolphi, qui pense qu'il a aussi le premier montré le cliemin du ve- nin de l'ouvertare supérieure de la dent à son ouverture inférieure. Cette découverte appartient à l'excellent Tyson , et a déjà été constatée par Ranby. Le premier de ces deux auteurs dit expressément : qu'il a trouvé dans toutes ces dents , très-près de la ra- cine , une grande ouverture , et vers la pointe une fente considérable bien dislinctement visible -, que la dent est creuse entre ces deux ouvertui"es , ce qu'il a d'abord re- marqué plusieurs fois , en pressant légèrement les gen- cives avec le doigt 5 par celte pression on a vu distincte- Dient le 'venin s'écouler par la cavité de la dent et par la fente. Ranby décrit les deux ouvertures et la cavité ccmme Tyson , et il ajoule que les supérieures rece- vaient probablement le venin ( sécrété suivant lui dans la gaîne de la dent ) , taudis que les inférieures le ti'aus- metiaient dans la plaie. Ces expressions sont sans doute moins précises que celles de Tyson j mais les paroles de ce dernier in- ( ^^^G ) diquent clairement qu'il a le premier découvert la voit; du venin à travers la dent. Nous abordons maintenant la question de la signifi- cation de la glande vénéneuse. Elle peut être un organe d'une espèce particulière ou seulement une modification d'une autre glande. M. Cuvier professe la première opinion , car il dit expressément qu'elle se trouve liors des glandes sali- vaires , quoiqu'il ne parle point de celles dont elle pour- rait eue une modification. M. Desmoulins , qui prétend qu'à l'exception de la glande lacrymale il ne se trouve aucune autre glande à la tête des serpens, dithardiment : que la même glande sécrète ie venin , les larmes et la salive , et la regarde absolu- ment comme un oi'gane identique avec la glande la- crymale. Les expressions de M. Tiedemann , qui regarde les deux organes comme ne formant qu'un seul , pour- raient conduire à la même opinion ; c'est ce qui est prouvé par les paroles suivantes : « Les glandes de l'orbite étaient (dans le fripera naja ) fort grosses et épaisses , de couleur foncée et d'uh jaune sale. Les conduits excréteurs s'ouvraient dans les dents molaires ou vénéneuses. ( L. c. p. 28. ) 1) Les glandes situées derrière l'œil , ou les glandes vénéneuses ( dans le fripera bonis ) étaient fort grosses , épaisses et allongées -, bien plus grandes que dans la cou- leuvre, proportionnellement au volume du corps. Les conduits excréteurs s'ouvraient dans les dents molaii'es. (L. c. p. 29.) )) Mais malheureusement , un examen tant soit peu soi- gné prouve que la glande 'vénéneuse est entièrement C 4^7 ) distincte de la glande oculaire , et que ces deux or- ganes existent l'un à cote de Vautre. Elles ne commu- niquent nullement ensemble , ni par des conduits , ni par de la substance glanduleuse ; ce sont par conséquent des organes tout-à-fait indépendans l'un de l'autre , dont la séparation ne suppose pas même un anatomisle exercé. Déjà M. Rudolphi les a trouvées co-cxistantes toutes les deux dans le Vipera herus , et il a signalé l'in- exactitude de l'assertion de M. Tiedemann; mais il se trompe lorsqu'il n'admet pour le trigonocéphale (comme M. Desmoulins fait pour tous les serpens) que cette seule glande , remplaçant toutes les autres par son vo- lume , puisque , d'après mes observations , on y trouve encore la glande lacrymale et la^lande linguale. La circonstance que la glande labiale manque tota- lement ou à-peu-près dans plusieurs serpens venimeux , pourrait faire naître Fidée que les glandes venimeuses seraient des modifications de cette glande 5 mais la pré- sence simultanée de celle-ci et des glandes venimeuses dans le Kipera berus et dans le Naja, réfute suffisamment cette opinion. Tout ce que l'on peut dire , par conséquent , c'est que la glande venimeuse se développe aux dépens des autres , et surtout des glandes lacrymales , parce que la fonction de ces dernières est richement suppléée par elle. Elle est en effet une glande particulière , manquant aux autres ophidiens non venimeux. Mais de là il ne s'ensuit pas qu'elle ne puisse être comparée aux glandes des animaux supérieurs , surtout des mammifères. Sa position , sa figure , la longueur et la marclie de son conduit excréteur, le point où celui-ci ( 458 ) 3 ouvre dans la bouche, uie font plutôt admettre l'opinion que c'est elle qu'il faut regarder comme la glande paro- tide, puisque , d'après ce qui a été dit précédemment , je ne saurais prendre pour cette dernière les glandes la- biales supérieures. Une circonstance qui parle encore, sous quelque rapport , en faveur de celle manière de voir, c'est que dans la rage canine ce sont précisément les glandes salivaires qui sécrètent le virus , quoique d'un autre côté les glandes linguales existent aussi dans les serpeus , et sans êue venimeuses ; et quoique les simples glandes de la bouche puissent prendre part à l'activité sécrétoire anormale. Je me réjouis d'autant plvis d'avoir celte manière de voir, qu'elle a été exposée aussi , comme je trouve , par M. Rudolphi. Quant au nombre et au volume proportionnel des glandes , voici ce qui résulte des recherches précédentes : 1°. Plusieurs serpens venimeux, notamment le Cro- tale , le Naja , le Vipera bcrus , rEla[js lemniscalus , en possèdent le plus grand nombre, puisqu'oulre la glande venimeuse on y trouve aussi toutes les glandes salivaires j ils en ont par conséquent cinq paires. 2°. On en trouve quatre paires, i**. Dans le Vipera dubia qui ne possède, outre la glande venimeuse, que les glandes lacrymales , les glandes linguales , et im petit rudiment des glandes labiales à l'angle de la bouche. 2°. Dans le Coluber , le Python , l'Amphisbaena qui possèdent les quatre glandes salivaires innocentes. 3". Viennent ensuite l'Anguis fragilis et le Trigono- céphale : dans le premier il manque la glande labiale supérieure j dans le second il n'existe ni la supérieure. ( 4^9 ) ni riiifërieure de ces glandes. Ils n'oiii donc que trois paires. 4**. EtiGn dans le Typhlops crocolatus elles paraissent manquer totalement ou en partie : eu tout cas elles y sont très- imparfaitement développées. 5°. Le volume de ces glandes varie aussi là où elles se rencontrent. C'est ce rpii résulte déjà de la descrip- tion de chacune en particulier ; on peut établir comme résultat le plus général que les serpens non venimeux possèdent des glandes salivaires beaucoup plus volumi- neuses que les serpens venimeux j mais les uns et les autres offrent des transitions. Paimi les premiers , les glandes labiales qui manquent complètement dans le Trigonocéphale sont indiquées dans le Yipei\i berus , le Naja , le Crotale , l'Elaps , et ce qu'il y a d'intéres- sant ici , c'est que dans l'Elaps les inférieures sont énormes , et les supérieures manquent totalement, tan- dis que leur volume est à-peu-près égal dans les deux autres espèces. Dans le Python toutes les glandes sali- vaii'es sont moitis développées que dans les serpens venimeux qui en sont pourvus ; la glande labiale su- périeure manque dans l'Auguis , en sorte que ces deux espèces de serpens se rapprochent le plus l'un de l'autre encore sous ce rapport. {_Archit>.Jur Anat. und Phyiiol. , iBiG , l'f cahier.) ( 46o ) Description de deux espèces nouvelles d'oiseaux ^ appartenant aux genres Mouette et Cormoran ; Par M. Payraudeau. (Lue a la Société d'Histoire naturelle , séance du 12 mai 1826. ) Bien que la Corse , par sa position au centre de la Méditerranée , ne soit qu'à vingt-cinq lieues des côtes d'Italie , et à quarante au plus de celles de France ; au milieu , pour ainsi dire , du foyer de la civilisation , elle n'en est pas moins restée jusqti'à présent dans un état complet d'isolement relativement aux autres nations. Cette ile , aujourd'hui partie intégrante de la France, nous est aussi peu connue sous les rapports historiques , géographiques et statistiques , que sous le point de vue de son histoire naturelle. L'on conçoit difficilement qu'aussi rapprochée de nous, ellen'aitpas plus tôt piqué la curiosité des savans , surtout lorsque des pays beaucoup plus éloignés ont été visités par plusieurs naturalistes, que leurs productions diverses et leur constitution géolor- gique ont été étudiées avec soin , et que nous possédons sur ces mêmes pays des connaissances aiissi certaines que sur ceux qui sont les plus civilisés de l'Europe. Ce n'est que depuis peu d'années seulement que la Corse a paru mériter toute l'attention du gouvernement et des hommes qui cultivent les sciences naturelles. Nous sommes redevables d'une excellente carte géographique de cette île à MM. d'Hell et Jacotin. M. Gueymard l'a explorée en 1820, et comme géologue et comme miné- ralogiste. Avant et depuis lors, plusieurs botanistes en ( 46i ) ont faille théâtx'e de leurs excursions. La Zoologie seule n'avait point été comprise dans les investigations des naturalistes ; ce fut pour i-emplir cette lacune que j'en- trepris vers la fin de 1824 le voyage que je viens de ter- miner. Un séjour de plus d'un an m'a mis à même de parcourir ce pays dans tous les sens ; de voir jusqu'au moindre village 5 d'observer les mœurs, les usages , les coutumes de ses habitans ; l'état de l'agriculture , les progrès dont elle serait susceptible 5 les avantages que cette île peut offrir par sa position soit à notre marine mai-chande ou militaire , en temps de paix et en temps de guerre , par la multitude de ses golfes , de ses rades , la facilité et la sûreté de leurs mouillages , ou par le nombre et la beauté remarquable de ses forêts , capables d'alimenter les flottes les plus considérables pendant plu- sieurs siècles 5 l'on peut même dire qu'elles sont inépui- sables , puisque les arbres y croissent avec une extrême rapidité et s'y reproduisent , au fur et à mesure qu'on les y coupe , ou bien encore par les tempéra tu i-es diffé- rentes que l'on y trouve , et qui permettraient d'y accli- mater plusieurs espèces d'animaux , d'arbres et de plantes exotiques. Je suis étonné , par exemple , que l'on n'ait point songéjusqu'ici à y conduire un troupeau de chèvres du Thibet. La garance , l'olivier, le mûrier, pourraient y être cultivés avec le plus grand succès 5 la garance et l'olivier y sont indigènes 5 cet arbre n'a jamais à craindre dans cette île les rigueui's de l'hiver 5 cependant les habi- tans , à l'exception de ceux de deux cantons , de la Balagne cl de Bonifacio , ne retirent aucun parti d'un aussi grand avantage 5 ils ne prennent pas même la peine de le greffer. Le mûrier y prospère piomptement 5 il ue ( \^^ ) s'en trouve que dans les jardins. Des essais faits par quelques Français de la terre ferme , employés du gou- vernement , sur l'éducation des vers-à-soie , et dont les résultats n'ont point trompé les espérances, n'ont .pu servir d'exemple aux Corses et les faire sortir de leur léthargie. J'ai embrassé dans ce voyage toutes les Lranclies de la zoologie. J'ai rapporté environ trois cents espèces de mollusques ou d'annelides , dont plusieurs sont nou- velles 5 à-peu-près le même nombre d'insectes, parmi lesquels il s'en trouve aussi plusieurs nouveaux. J'ai re- cueilli plus de cent cinquante espèces de poissons , cin- quante de crustacés , beaucoup de reptiles , de mammi- fères , de pétrifications , et deux cent quarante-six es- pèces d'oiseaux. J'étais loin , en faisant ce voyage , de songer à trouver des choses nouvelles dans cette partie , vu la facilité qu'ont la plupart des oiseaux de parcourir d'immenses distances , dans un court espace de temps. Je compte publier incessamment la relation de mon voyage , et dès à présent je crois utile de faire connaître deux espèces nouvelles assez remarquables. L'une ap- partient au genre Mouette , et la seconde au genre Cormoran. La Mouette d'AuoouiN , Larus Âudouinii. Capile, collo , pectore , lateribus , ventre, abdomine, uropygio caudâ- que candidis ; dorso , scapularlis , alarum tectricibus et parvis remi- gibus ex griseo cserulescentibus ; maximis remigibus nigris apice albis , prima excepta intùs albâ ex macula ; rostro rubro duabus fasciis trans- versis nigris lineato ; palpebris aureis \ pedibos nigris. La tête, le cou , la poitrine , le ventre , les flancs , l'abdemen , le croupion et la queiie sont d'un blanc pur ^ ( 4^^3 ) les grandes rémiges ioiit noires et terminées par la même couleur avec une tache semblable sur les barbes intérieures de la première 5 le dos , les scapulaires , les couvertures des ailes et les rémiges secondaires sont d'un cendré bleuâtre 5 les ailes pliées dépassent , de trois pouces , le bout de la queue -, le bec est d'un rouge foncé portant deux ligues noires en travers 5 le bord des pau- pières est d'une nuance orangée 5 les pieds sont noirs ; les tarses mesurent deux pouces 5 la longueur totale , depuis la pointe du bec jusqu'à l'extrémité de la queue , est de dix-huit pouces. Tels sont Iç mâle et la femelle au plumage d'été. La livrée d'hiver ne m'est point con- nue, je pense, si elle présente quelques dilFérences , qu'elles doivent être fort légères. Cette espèce est assez abondante sur les côtes de la Sardaigne et de la Corse 5 particulièrement dans ce der- nier pays vers la partie méridionale , sur les golfes de Valinco , de Figari , de Ventileghe , de Sanla-Manza , de Porto-Vecchio et aux îles de Cibricagli , de Cavallo , de la Vezi et de la Magdelaine , situées en face de Porto- Vecchio , et à l'entrée des bouches de Bonifacio. L'ap- pareil du vol était très-développé chez cette Mouette comme chez ses congénères 5 il est permis de supposer et de croire qu'elle n'habite pas seulement les lieux que je viens de citer, qu'elle visite aussi toutes les côtes de la Méditerranée , et peut-être celles de l'Afrique oc- cidentale. Elle se nourrit do poissons , de mollusques et de crustacés. La femelle dépose ses œufs sur les rochers des bords de la mer, sur quelques plumes et brins d'herbes sèches ; (464) ils sont au nombre de trois ou quatre , et varient pour la couleur ; tantôt ils sont d'un blanc jaunâtre ou ver- dâtre , et parsemés de brun 5 tantôt d'un blanc pur , bleuâtre ou verdàtre , sans taches. Les jeunes de cette Mouette , peu de jours après être éclos , ont le duvet blanchâtre semé de brun sur les par- lies supérieures 5 le dessus , les côtés de la tête et le des- sous de la gorge présentent plusieurs taches noires 5 le bec est de cette couleur, à l'exception de l'extiémité qui est rougeàtre 5 les pieds sont noirs. Je dédie celte espèce à mon excellent ami, M. Aii- douiu . Le Cormoran de Desimarest , Carbo Desmarestii. Toto corpore nigro-virescente ; capite nou cristato ; membranâ gut- turale luteâ ; pedibus flavis ; rostro tenui , fusco, a cornmissurâ duo poUices ; ab acumine roslri ad extremum caudœ duopedes et sexdecem lineas ; rectricibus quatuordecim. ( Mas. ) Femina , supernè fusco-viridi albidoque variegatà ; inferuè albâ. Le plumage entier du mâle est d'un noir verdàtre sans auciui indice de huppe ; les pieds sont jaunes ; la poche gutturale est de cette couleur 5 le bec a deux pouces de- puis la commissure des deux mandibules jusqu'à la pointe 5 la longueur totale du bout du bec à l'extrémité de la queue est de deux pieds seize lignes ; les rectrices sont au nombre de quatorze. La femelle a les parties supéi'ieures variées de brun verdàtre et de blanchâtre 5 toutes les parties inféiieures sont d'un blanc pur. Ce Cormoran habite les côles de la Sardaigne , des lias d'Elbe , de Monte-Chris to ;, de Capiaïca et de la Corse ■■, ( 465 ) mais plus abondant aux environs des îlots de Cibricagli , de Cavallo , de la Vezi , de la Magdelaine que partout ailleurs. On le voit le plus souvent par troupes de quinze à vingt posés sur les rochers qui s'élèvent de quelques pieds au-dessus de la surface de la mer. Il est sédentaire. Sa nourriture consiste principalement en poissons ; il recherche aussi les petits crustacés et les mollusques. La propagation m'est inconnue. Je dédie cette espèce à M. Desraarest , dont les nom- breux travaux contribuent si puissamment, chaque jour, aux progrès des sciences naturelles. FIN DU HUITIEME VOLUME. TABLE PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. Pl. 19 ef 20. Organes sécréteurs des insectes. PI. ai. Divers organes d'insectes. Pi. 22, 23 Carie et coi'pes géologiques des environs de Château -Lan- don. PI. 24. Anatomie comparée des Graminées. PI. a5. Rapports de position du calcaire , du granit et de l'arkose près d'Aubenas. PI. 26. Analyse de la fleur de diverses Véroniques. PI. 27. Ajialyse delà fleur de divers genres de Personées et de Rhinan- tacées. PI. 28. Trilobilcs. Pl. 29. Corps organisés fossiles qui accompagnent les Trilobites , et coupe des terrains qui les renferment. Pl. 3o, Formes nouvelles de chaux carbonatée et d'argent sulfuré. Pl. Si. Anatomie du système nerveux de la tête et du cou et des muscles de la fdce cfeez l'homme. Pl. 32, 33. Altérations diverses de la physionomie humaine. Pl. 34. Coquilles fossiles du grès bigarré. Pl. 35, flg. I. BeRZELIA LANUGIHOSA. Fig. 2. BkDIJIA PIKirOLIAJ. Pl. 36 , fig. I. BncNiA soDiFLORA. Fig. 2. Staavia radiata. pl. 37 , fig. I. RaSPALIA MICROPHÏLLA. Fig. 2. BeRARDIA PALEACEA. Fig. 3. LiNCONlA ALOPECUROIDEA. Pl. 38,fig. I.AUDOUINIA CAPITATA. Fig. 2.TlTTMANNIA LATERIFLOBA, Fig. 3. Thamnsa umfloba. Pl. 39. Daim fossile d'Iilaude. FIN DE LA TABLE DE-S PLANCHES. TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALE, ZOOLOGIE'. ssais anatomiqucs et physiologiques sur la Physionomie ; var Charles Bell. ^45 Mémoire sur TAbsorption ; par Dav'iâ Barry. 3 i5 Additions au Mémoire de M. Girou de Buzarciagues , sur i'iu- fluence que le père et la mère exercent dans la reproduction des sexes. io8 McMoire sur les Glandes de la tête des Serpens ; par J.-F. Mec- kel. 446 Recherches anatomiqucs sur les Carahiques et sur plusieiu-s autres Insectes coléoptères ; par M. Léon Di'fuur, ( Suite et fin. ) 5 Observcitioi': sur la Larve du liipiphorus himaculalus ; par M. Farines a (4 Remarques sur quelques Oiseaux pélagiens, et particulièrement sur les Albatros ; par M. Marion de Piocé. 90 Description de deux espèces nouvelles d'Oiseaux appartenant aux genres Ttlouette et Cormoran ; pt^r M. Payraudeau. 4^*^ Kote sur la Naturalisation de la Cochenille eu Espagne ; par M. le colonel Bory de juint-J^iiirT^l. io5 Description du Squelette du Daim lossile d'Irlande ( Cervus me- gaceros), du Muséum de la Société royale de Dublin; par John Part. 38y Extrait du Rapport de M. Villermc sur le Mouvement de la popu- lation dans la ville de Paris. 423 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE, BOTANIQUE. Considérations sur la Production des Hybrides , des Variantes et des Variétés en général , et sur celles de la famille des Cucurhi- tacées en particulier ; par M. Sageret, 119,4 (468) Sur la Sf ructure de l'Ovule antérieurement à l'imprëgnation dans les plantes phanérogames , et sur la Fleur femelle des Cycadées et des Conifères ; par 31. Robert Brown. 211 Réponse à la Note sur les Graminées de M. J. J. C. de La Harpe, insérée dans le numéro de septembre iSaS; par M. Raspail. 76 Considérations générales sur le genre f^eronica et sur quelques genres des familles ou sections voisines j par M, Aug. Duvau. i63 Mémoire sur la famille des Bruniacées ; par M. Adolphe Bron- gniart, 35^ Recherches sur les Plantes trouvées dans les tombeaux égyptiens par M. Passalaequa ; par M. Kunth. 4^8 Etat de la Végétation au sommet du pic du midi de Bagnères ; par M. le baron Ramond. ( Extrait.) 96 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. Itinéraire géognostique de Fontainebleau à Château-Landon , et Composition du sol de la plaine de Château-Landon ; par 31, le ■vicomte Héricart Ferrand , Docteur en médecine. 54 Notice sur le terrain d'Alençon et de ses environs ; par 31. Hé- rault , Ingénieur en chef au corps royal des mines. loi Note sur la prétendue Mine d'étain de Ségur ; par 31. Brard. 1 1 1 De l'Arkose. Caractères minéralogiques et géologiques de cette roche ; par M. Alexandre Brongniart. 1 13 Quelques Observations sur les Trilobites et leurs Gisemens ; par 31. le comte de Rasoumowskj-, 186 Mémoire sur de nouvelles variétés de Chaux, carbonatée et d'Ar- gent sulfuré du Mexique ; par 31. S. de Bustamente. 2o5 Sur quelques Fossiles du grès bigarré ; par 31. Gaillardot , D.-M. 286 Notice sur l'Hétérosite , THureaulite (fer et manganèse phospha- tés ) , et sur quelques Minéraux du département de la Haute- Vienne ; par A/. Aliiiaud. 334 Sur la Bustamite , bisilicate de manganèse et de chaux du Mexi- que J par M. Alexandre Brongniart, 4" \ARIÉTÉS. Extrait du Programme des Prix proposés par l'Académie des Sciences pour les années 1827 et i8a8. 355 FIN DE LA TABLE DES MATIERES. I